ÄGYPTEN; MASSENPROTEST (Part III): STREIK – DIENSTAG MILLIONENMÄRSCHE – EL BARADEI: "NEUE ÄRA" – Egypte, contestations (Part III): grève générale mardi, El Baradei: "une ère nouvelle"

Manifestants sur la place Tahrir, au centre du Caire, au soir du 1er février 2011Foto (c) AFP: Place Tahrir, au centre du Caire, au soir du 1er février 2011

Soldats et manifestants le 30 janvier 2011 place Tahrir au Caire
Foto (c) AFP: Soldaten und Demonstranten 30. Januar 2011 Tahrir-Platz in Kairo

=> PART II, 28.01. – 30.01.: ÄGYPTEN, MASSENREVOLTE (Part II): CHAOS, (nette) ARMEE, AUSGANGSSPERRE, NEUE REGIERUNG; WEITER PROTESTE – Egypte (II): la contestation s’amplifie, L’anarchie règne, couvre-feu, nouveau gouvernement
=> PART IV, 02.02. – 05.02.: ÄGYPTEN, MASSENPROTEST (Part IV): GEWALT GEGEN JOURNALISTEN – Egypte, contestations (Part IV): violence contre journalistes

=> Mit 11 Anti-Mubarak- Karikaturen: PART V, 06.02. – .. REBELLION ÄGYPTEN (Part V) – NICHT-RÜCKTRITT MUBARAKs – VOLK KOCHT, FREITAG MONSTERDEMONSTRATION – Egypte,(Part V) rebellion, le cauchemar d’Al-Qaïda – PORTRAIT Omar Souleimane

1. Ägypten: El Baradei versprach eine “neue Ära” für Demonstranten
KAIRO (AFP) – 2011.01.30 20.37
Mohamed ElBaradei, am Sonntag, nach sechs Tagen der Revolte, von der ägyptischen Opposition ernannt zu “verhandeln” mit dem Regime von Präsident Hosni Mubarak, ging vor die Demonstranten in Kairo und versprach eine “neue Ära”. Trotz der Samstag durch den Präsidenten angekündigten Veränderungen und Nominierungen, sowie der Gewalt, die mindestens 125 Tote und Tausende Verletzte seit Dienstag forderte, scheint die Mobilisierung nicht zu schwächen.
2. Touristen vermeiden Ägypten, die Vereinigten Staaten beginnen, ihre Bürger zu evakuieren
PARIS (AFP) – 2011.01.30 07.13
Die Vereinigten Staaten beschlossen Sonntag, ihre Staatsangehörigen aus Ägypten evakuieren, während andere Länder in der Regel vor Reisen in das Land der Pharaonen warnen. Horden von ängstlichen Touristen, Expatriates und Ägypter stürmten Sonntag den Flughafen von Kairo, versuchten mit allen Mitteln, das Land zu verlassen.
Plan du Caire et carte d'Egypte au 6e jour de la mobilisation contre le régime du président égyptie3. Mubarak, auf einem Drahtseil, spielt ein riskantes Alles-oder-Nichts mit der Armee
KAIRO (AFP) – 2011.01.30 08.43
Der ägyptische Präsident Hosni Mubarak spielt ein riskantes alles oder nichts auf die Unterstützung der Armee vor einer immer kritischeren Situation, sagen Spezialisten.
4. Ägypten: Generalstreik und Dienstag Riesenmärsche, um Mubarak zu verjagen
KAIRO (AFP) – 2011.01.31 21.54
Die Protestbewegung in Ägypten hat Montag zum Generalstreik und einem riesigen Marsch am Dienstag aufgerufen. Montagmorgen, Tausende von Menschen waren wieder am Tahrir-Platz (Platz der Befreiung), dem Epizentrum des Aufstandes im Zentrum von Kairo, versammelt. Die Demonstranten sind auf Mund-zu-Mund Propaganda angewiesen, um ihre Aufrufe zu verbreiten, das Internet ist noch blockiert und die Mobile-Messaging-Dienste noch gestört.In einer offiziellen Erklärung am frühen Abend an das “große volk Ägyptens,” sagte die Armee, es stelle “legitime” Forderungen und versicherte ihm, sie “keine Gewalt gegen das ägyptische Volk einsetzen.”
5. Von den Islamisten bis zu den Säkularen: El Baradei als Chef einer disparaten Koalition
KAIRO (AFP) – 2011.01.31 14.25
Der Friedensnobelpreis Mohamed ElBaradei wird zum Aushängeschild der Revolte gegen Präsident Hosni Mubarak, aber stützt sich auf eine disparate Koalition zwischen der säkularen Opposition und der Muslimbruderschaft, inklusive einer nebulösen Internetgalaxie.
6. Ägypten: Mobilisierung von nie da gewesenem Ausmaß für die Abdankung von Mubarak
KAIRO (AFP) – 2011.02.01 18.46
Hunderttausende von Ägyptern eroberten die Straßen Dienstag für die größte Mobilisierung in acht Tagen des Protests gegen Präsident Hosni Mubarak. Unter Ausnutzung der Unterstützung der allmächtigen Armee, die sich verpflichtete, nicht das Feuer auf sie zu eröffnen, demonstrierten Männer, Frauen , Kinder und Alte für den Abgang von Herrn Mubarak, der sich an die Macht zu klammern scheint und sofort zurückgewiesene Dialoge und Reformen vorschlägt.
7. Tahrir-Platz, die große Anti-Mubarak Kirmes
KAIRO (AFP) – 2011.02.01 09.13
Nach einem Tag mit Singen, Parolen und Anti-Mubarak Rufen, bereiteten Tausende von Demonstranten sich Dienstag Nacht auf eine weitere Nacht in Zelten oder auf dem Rasen des Platzes der Befreiung vor.
Auf der Brücke Kasr el-Nil waren sie viele, nachts, zu Fuß nach Hause unterwegs, von ihrem Tag begeistert, sie lachten nach ihrer Mobilisierung von bisher ungekanntem Umfang gegen das Regime von Präsident Hosni Mubarak.

8. Ägypten: Mubarak bleibt bis September, das Volk will seinen sofortigen Abgang
KAIRO (AFP) – 2011.01.02 23.14
Der ägyptische Präsident Hosni Mubarak sagte am Dienstag, er würde bis zu den Präsidentschaftswahlen im September im Amt bleiben, trotz Protest von mehr als einer Million Menschen, die seine sofortige Abreise fordern.

ALLE DEUTSCHEN (VON MIR ETWAS VERBESSERTEN GOOGLE-ÜBERSETZUNGEN) WEITER UNTER DEM LETZTEN FOTO (UNTERE HÄLFTE)

1er ARTICLE SUR HUIT: Egypte : ElBaradei promet “une ère nouvelle” aux manifestants
LE CAIRE (AFP) – 30.01.2011 20:37
Mohamed ElBaradei, désigné dimanche par l’opposition égyptienne pour “négocier” avec le régime du président Hosni Moubarak après six jours de révolte, est allé au-devant des manifestants au Caire en promettant “une ère nouvelle”.
Malgré les nominations annoncées samedi par le président, et les violences qui ont fait au moins 125 morts et des milliers de blessés depuis mardi, la mobilisation ne semblait pas faiblir.

Mohamed ElBaradei parmi les manifestants le 30 janvier 2011 au Caire
Foto (c) AFP: Mohamed ElBaradei unter den Demonstranten 30. Januar 2011 in Kairo
Mohamed ElBaradei parmi les manifestants le 30 janvier 2011 au Caire

Le gouvernement égyptien s’est montré ferme dimanche soir, ordonnant à la police de retourner dans les rues du pays, qu’elle avait subitement désertées vendredi, cependant que le couvre-feu en vigueur au Caire, à Suez et Alexandrie a été prolongé d’une heure, de 15H00 (13H00 GMT) à 08H00 (06H00 GMT).
Les Etats-Unis ont plaidé pour une “transition”. Le président Barack Obama a appelé à “transition vers un gouvernement répondant aux aspirations” des Egyptiens. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton a encouragé M. Moubarak à faciliter “une transition en bon ordre”, tout en assurant qu’il n’était pas question de suspendre l’aide à l’Egypte, principal allié des Etats-Unis dans le monde arabe.
Le pays est “au début d’une ère nouvelle”, a affirmé M. ElBaradei dans la soirée, en s’adressant par haut-parleur aux milliers de manifestants réunis place Tahrir, dans le centre de la capitale, malgré le couvre-feu.
“Je vous demande de patienter, le changement arrive”, a-t-il déclaré aux manifestants qui scandaient : “Le peuple veut la chute du président !”.
Cernée par les chars, la place Tahrir, “place de la Libération”, vit depuis mardi au rythme d’une contestation sans pareil depuis l’arrivée de M. Moubarak en 1981. Sur le sol, les manifestants ont peint ces mots en énormes carctères : “Va-t-en, espèce de lâche, agent des Américains !”.
La chaîne satellitaire al-Jazira, qui fait trembler certains gouvernements arabes par sa couverture des protestations, a été interdite dimanche en Egypte, une “violation du droit à l’information”, a déploré Human Rights Watch.
Dans la matinée, le président a visité le centre opérationnel de l’armée, au lendemain de la nomination d’un vice-président, le premier en 30 ans, le chef des Renseignements Omar Souleimane, et d’un nouveau Premier ministre, Ahmad Chafic.

Des manifestants brandissent un dessin de Moubarak sur la place Tahrir au Caire, le 30 janvier 2011
Foto (c) AFP: Die Demonstranten schwangen eine Zeichnung von Mubarak am Tahrir-Platz in Kairo, 30. Januar 2011
Des manifestants brandissent un dessin de Moubarak sur la place Tahrir au Caire, le 30 janvier 2011

Malgré ces changements, la Coalition nationale pour le changement, groupement de plusieurs formations d’opposition, dont les Frères musulmans, a chargé M. ElBaradei, ancien chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), de “négocier avec le pouvoir”.
Le président de l’Assemblée, Fathi Sorour, a annoncé que les résultats des élections législatives de fin 2010 seraient bientôt “corrigés”. Le scrutin avait été boycotté par les principales forces d’opposition, qui avaient dénoncé des fraudes.
Dans la nuit de samedi à dimanche, des milliers de détenus se sont par ailleurs échappés après des émeutes dans plusieurs prisons. L’armée a annoncé l’arrestation de plus de 3.000 évadés et de fauteurs de troubles.
Dimanche, la protestation paralysait en partie le pays : de nombreux distributeurs de billets étaient vides, les banques et la Bourse, qui a enregistré de fortes baisses mercredi et jeudi avant le congé hebdomadaire, sont restées fermées.
Après de nombreux pillages au Caire, des comités de citoyens armés de fusils ou de gourdins surveillaient les quartiers de cette métropole de 20 millions d’habitants, où la police recommençait à patrouiller dimanche, selon l’agence Mena.
La révolte, qui a commencé le 25 janvier, onze jours après la fuite de l’ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali sous la pression de la rue, continuait à susciter l’inquiétude. L’ambassade des Etats-Unis au Caire a annoncé qu’elle allait évacuer ses ressortissants à partir de lundi.
De nombreux voyagistes ont suspendu les départs des vacanciers, au plus fort de la saison touristique. L’Arabie saoudite, la Libye, le Liban, l’Inde, la Grèce, la Turquie, l’Irak et l’Azerbaïdjan, dont un citoyen, employé de l’ambassade, a été tué samedi au Caire, ont dépêché des avions pour assurer le rapatriement de leurs ressortissants.
A l’aéroport du Caire, la confusion régnait, des hordes de touristes, d’expatriés et d’Egyptiens angoissés tentant à tout prix de quitter le pays.
L’acteur égyptien Omar Sharif, actuellement au Caire, s’est dit “solidaire du peuple” égyptien.
En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que son pays voulait préserver la paix avec l’Egypte, seul pays arabe avec la Jordanie à avoir signé un traité de paix avec l’Etat hébreu.
Le mouvement Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a annoncé la fermeture du terminal de Rafah, à la frontière avec l’Egypte, provoquant des craintes de pénuries dans le territoire palestinien.
Au Soudan, des milliers d’étudiants ont bravé les forces de sécurité pour manifester, sur le modèle de l’Egypte. Et des manifestations de soutien ont eu lieu devant plusieurs ambassades d’Egypte, notamment à Amman et Beyrouth.
© 2011 AFP

Des touristes le 30 janvier 2011 devant le musée du Caires
Foto (c) AFP: Urlauber 30. Januar 2011 an der Kairoer Museum
Des touristes le 30 janvier 2011 devant le musée du Caire

2. Les touristes évitent l’Egypte, les Etats-Unis évacuent leurs ressortissants
PARIS (AFP) – 30.01.2011 19:13
Les Etats-Unis ont décidé dimanche d’évacuer leurs ressortissants d’Egypte, tandis que les autres pays déconseillaient en général de se rendre dans le pays des Pharaons, en proie à une révolte populaire contre le régime d’Hosni Moubarak.
Des hordes de touristes, d’expatriés et d’Egyptiens angoissés ont pris d’assaut dimanche les guichets de départ de l’aéroport du Caire, cherchant à tout prix à quitter le pays.
En Europe, hormis la Grèce et la Suisse, les gouvernements n’ont pourtant pas appelé à quitter l’Egypte ou organisé de rapatriement, tout en déconseillant de s’y rendre et en suivant de près l’évolution de la situation.
De nombreux voyagistes ont suspendu les départs des vacanciers, au plus fort de la saison touristique, et la Libye, l’Inde, la Grèce, la Turquie, l’Irak et l’Azerbaïdjan, dont un citoyen a été tué samedi au Caire, ont dépêché des avions pour assurer le rapatriement de leurs ressortissants.
L’ambassade des Etats-Unis au Caire a “informé les citoyens américains en Egypte qui souhaitent partir que le Département d’Etat prend ses dispositions pour assurer le transport vers des lieux sûrs en Europe”.
Le gouvernement américain recommande à ses ressortissants de ne pas se rendre en Egypte et, pour ceux qui y sont déjà, à “penser à partir”. Les familles des personnels de l’ambassade ont été autorisées à quitter le pays.
La plupart des Etats européens n’ont pas décidé d’évacuation, alors que la majorité des touristes se trouvent dans les stations balnéaires de la Mer Rouge ou les sites antiques de la vallée du Nil, épargnés par des manifestations concentrées au Caire, à Suez et Alexandrie, dans le nord du pays.
“Nous sommes en capacité de réagir” si besoin est. (…) Nous sommes totalement mobilisés, notamment pour l’information permanente de nos compatriotes sur place”, a déclaré le ministère français des Affaires étrangères.
Le groupe de matériaux de construction français Lafarge a cependant décidé d’évacuer l’ensemble de ses expatriés ainsi que leurs familles.
Londres a recommandé aux Britanniques se trouvant au Caire, Alexandrie et Suez de quitter ces villes, tout en jugeant que la situation n’avait “pas atteint un stade où nous envisagerions d’affréter des avions et d’évacuer un grand nombre de personnes”.
Berlin a demandé à plusieurs compagnies aériennes de voir “quelles capacités supplémentaires d’avions de ligne peuvent être mises en place depuis le Caire”.
Israël a rapatrié les familles de ses diplomates en poste, Vienne essayait d’organiser le retour des Autrichiens qui le veulent et l’Australie a recommandé à ses citoyens de quitter le pays.
L’espace aérien restait ouvert et plusieurs voyagistes, comme les suédois Apollo et Frididsresor, le finlandais Aurinkomatkat, ou le belge Jetair, ont pris l’initiative de rapatrier leurs clients.
“L’évolution en Egypte est négative et nous voulons éviter de placer les voyageurs dans une situation où leur confort, leur expérience de vacances, ou même leur sécurité est en danger”, a expliqué Jetair.
La compagnie aérienne saoudienne Saudi Arabian Airlines a organisé une navette pour rapatrier les ressortissants saoudiens, organisant 26 vols durant le week-end.
Les voyagistes français, belges et scandinaves ont suspendu des départs vers l’Egypte, et les tour-opérators modifiaient au besoin leurs programmes pour éviter Alexandrie et Le Caire, où une chaîne humaine montait la garde pour éviter le pillage du musée égyptien, riche en trésors de l’Antiquité.
De nombreux touristes ont préféré reporter leur voyage et les réservations se sont taries pour l’Egypte, dont le tourisme est une des principales sources de revenus, avec 14,7 millions de visiteurs en 2010.
Les Russes “continuent de partir vers les stations balnéaires, tout en signant une note dans laquelle ils disent être conscients de la situation. Beaucoup de touristes renoncent à leur voyage, alors qu’ils se trouvent déjà à l’aéroport”, a expliqué le porte-parole de l’Agence fédérale russe pour le tourisme (Rostourism), Oleg Mosseev.
Le contingent des touristes présents en Egypte comprenait notamment 30.000 Britanniques, 25.000 Russes, 6.500 Ukrainiens, 4.000 Belges, 6.500 Polonais, 15.000 Suédois ou 2.500 Finlandais et plusieurs dizaines de milliers de touristes français.
© 2011 AFP

Capture d'écran de la télévision égytienne montrant Hosni Moubarak avec le vice-président Omar SoulFoto (C) AFP: Screenshot télévision égytienne : Hosni Moubarak , vice-président Omar Souleimane (2end Right), le chef d’état major Sami Anan (r), et le ministre sortant de la défense Mohammed Hussein Tantawi (l) le 30 janvier 2011

3. Moubarak sur la corde raide, joue un va-tout risqué sur l’armée
LE CAIRE (AFP) – 30.01.2011 20:43
Le président égyptien Hosni Moubarak joue un va-tout risqué sur le soutien de l’armée face à une situation de plus en plus critique, la foule réclamant sans relâche son départ et Washington poussant désormais à une “transition en bon ordre”, estiment des spécialistes.
En prenant samedi le patron des services secrets comme vice-président et un autre général comme Premier ministre, le chef de l’Etat égyptien s’est tourné vers les militaires, pour donner une image de fermeté à son régime ébranlé.
Mais malgré ces nominations et l’appel à la troupe pour tenter de restaurer l’ordre, la révolte qui a fait au moins 125 morts en Egypte en moins d’une semaine s’est poursuivie dimanche.
La secrétaire d’Etat Hillary Clinton a franchi un pas dans les pressions en appelant à une “une transition en bon ordre”, estimant que M. Moubarak n’avait pas encore fait les efforts nécéssaires de démocratisation.
Le président américain Barack Obama a réaffirmé le souhait d’une “transition vers un gouvernement répondant aux aspirations” des Egyptiens.
L’opposant Mohamed ElBaradei, chargé par l’opposition, dont les Frères musulmans, de négocier avec le régime, a jugé que les Etats-Unis “perdent leur crédibilité” en appelant à la démocratisation tout en continuant de soutenir “un dictateur”, appelant de fait Washington à lâcher son allié de longue date.
Dans le même temps, M. Moubarak a visité dans la journée le centre opérationnel des forces armées, afin de suivre l’évolution de “la maîtrise de la sécurité”, selon la télévision nationale.
Pour Amr el-Chobaki, du centre al-Ahram d’études politiques, les nominations à la vice-présidence du général Omar Souleimane, et au poste de chef du gouvernement du ministre de l’Aviation civile, le général Ahmad Chafic, auront du mal à calmer la colère populaire.
“Ce ne sont pas les personnes de MM. Souleimane et Chafic qui posent problème, mais la manière dont ils ont été nommés. Le peuple n’a pas été consulté, M. Moubarak a fait cela à l’ancienne”, estime-t-il.
Or “on assiste à un retour du peuple égyptien. Il faut parler de réformes, il faut s’adresser aux jeunes qui ont payé un prix très lourd” dans la révolte, souligne-t-il.
Derrière un affichage sécuritaire fort, ces nominations pourraient aussi traduire un affaiblissement de M. Moubarak, qui avait toujours refusé de nommer un vice-président pouvant lui faire de l’ombre.
“Moubarak est aujourd’hui dans l’impasse. Les seuls sur qui il puisse compter sont les militaires”, estime Rabab al-Mahdi, politologue à l’Université américaine du Caire.
La nomination des deux généraux vise à “resserrer l’allégeance de l’armée à sa personne”, selon elle, et à tirer la leçon de la Tunisie où l’armée a lâché le président Zine El Abidine Ben Ali. Mais le pari n’est pas gagné d’avance.
Même si M. Souleimane est très proche de M. Moubarak, il est depuis longtemps considéré comme un prétendant possible à la succession du raïs, âgé de 82 ans.
Un télégramme diplomatique américain, révélé par Wikileaks, considérait dès 2007 M. Souleimane comme une possible “personnalité de transition”.
M. Chafic est pour sa part apprécié dans certains milieux d’opposition, et lui aussi considéré comme “présidentiable”.
Certains signes révèlent en outre de profonds conflits au sein du régime.
La télévision a ainsi annoncé la démission du Parti national démocrate (PND au pouvoir) du magnat de la sidérurgie Ahmad Ezz, éminence grise de Gamal Moubarak, l’ambitieux fils du raïs et son successeur potentiel.
La presse gouvernementale de dimanche se déchaînait contre cet homme d’affaires considéré il y a encore quelques jours comme intouchable, aujourd’hui accusé de “sabotage” par le quotidien al-Akhbar.
© 2011 AFP

Une colonne de chars de l'armée place Tahrir au Caire, le 30 janvier 2011
Foto (c) AFP: Eine Kolonne von Panzern Tahrir-Platz in Kairo, 30. Januar 2011
Une colonne de chars de l’armée place Tahrir au Caire, le 30 janvier 2011

4. Egypte: grève générale et marche géante pour chasser Moubarak
LE CAIRE (AFP) – 31.01.2011 21:54
Le mouvement de contestation en Egypte a lancé un appel à la grève générale lundi et à une marche géante mardi, une semaine après le début d’une révolte sans précédent pour chasser le président Hosni Moubarak, qui a fait au moins 125 morts. Dans un communiqué officiel adressé en début de soirée au “grand peuple d’Egypte”, l’armée a jugé “légitimes” ses revendications et assuré qu’elle ne recourrait “pas à l’usage de la force contre le peuple égyptien”.
Lundi matin, des milliers de personnes étaient rassemblées sur la place Tahrir (place de la Libération), épicentre de la révolte dans le centre du Caire. Les manifestants comptent sur le bouche-à-oreille pour diffuser leur appel, l’internet restant bloqué et le service de messagerie mobile perturbé.
Certains manifestants y ont passé la nuit malgré le couvre-feu en vigueur dans la capitale, à Suez (est) et à Alexandrie (nord) de 15H00 (13H00 GMT) à 08H00 (06H00 GMT).
Autour de la place, cernée par des chars, les militaires contrôlaient les identités des manifestants sans empêcher leur accès.
Des membres de comités populaires vérifient qu’aucun policier en civil ne s’infiltre parmi les manifestants. “Ils veulent entrer et briser notre unité”, a indiqué un membre d’un comité populaire.
Non loin de là, des soldats frottaient vigoureusement leurs chars couverts de graffitis anti-Moubarak, sous le regard de leurs supérieurs.
Dans la nuit de dimanche à lundi, le président Moubarak, qui fait face à un mouvement de contestation sans précédent en 30 ans de pouvoir, a chargé son nouveau Premier ministre Ahmad Chafic de promouvoir la démocratie par le dialogue avec l’opposition.
Dans une déclaration lue à la télévision, M. Moubarak, 82 ans, a réclamé “de nouvelles mesures, durables, pour plus de réformes politiques, constitutionnelles et législatives par le dialogue avec toutes les parties”.
Il a appelé le nouveau gouvernement à “rétablir la confiance” dans l’économie et à “lutter de manière décisive contre toutes les formes de corruption”.
Le président américain Barack Obama avait auparavant appelé à “transition vers un gouvernement répondant aux aspirations” des Egyptiens.
Le président de l’Assemblée, Fathi Sorour, a annoncé que les résultats des élections législatives de fin 2010 seraient bientôt “corrigés”. Le scrutin avait été boycotté par les principales forces d’opposition qui avaient dénoncé des fraudes.
L’opposant et prix Nobel de la Paix Mohamed ElBaradei est allé au-devant des manifestants au Caire dimanche soir en promettant “une ère nouvelle”.
“Je vous demande de patienter, le changement arrive”, a-t-il dit via un porte-voix aux milliers de manifestants réunis place Tahrir.
Le gouvernement a fait preuve de fermeté dimanche, ordonnant à la police de retourner dans les rues du pays qu’elle avait désertées vendredi, et prolongeant d’une heure le couvre-feu. La chaîne satellitaire al-Jazira a été interdite en Egypte.
Lundi, M. Moubarak a nommé le général Mourad Mowafi, ancien gouverneur du Sinaï-Nord, à la tête des services de renseignements, pour remplacer l’influent Omar Souleimane, promu samedi vice-président, une fonction abolie il y a 30 ans et qui pourrait ouvrir la voie à une transition.
Au septième jour de manifestations, le pays est en partie paralysé. Les banques et la Bourse sont fermées pour une deuxième journée consécutive et la place du Caire sera de nouveau fermée mardi, selon la télévision publique.
L’agence de notation Moody’s a dégradé lundi d’un cran la note de l’Egypte, et envisagé de l’abaisser encore à moyen terme. La plupart des distributeurs de billets sont vides.
Le secrétaire général de l’Opep, Abdallah El-Badri, a estimé que les tensions en Egypte pourraient affecter le passage stratégique du canal de Suez et générer une “pénurie” de pétrole. M. El-Badri a affirmé que l’Opep serait alors prête à accroître sa production.
Mais les médias officiels égyptiens ont toutefois assuré lundi que le canal fonctionnait “à pleine capacité” et n’avait pas été affecté par la situation.
Plusieurs groupes, dont le français Lafarge, la banque Crédit Agricole, la compagnie pétrolière russe Loukoïl, le producteur de gaz Novatek et le groupe énergétique allemand RWE, ont décidé d’évacuer les famille de leur personnel expatrié et tout ou partie de leurs salariés étrangers.
Israël, inquiet de préserver ses liens avec l’Egypte, seul pays arabe avec la Jordanie à avoir signé un traité de paix avec l’Etat hébreu, a demandé dans un message secret aux Etats-Unis et à des pays européens de soutenir le régime égyptien, selon le quotidien Haaretz.
La révolte, entamée le 25 janvier, 11 jours après la fuite de l’ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali sous la pression de la rue, pèse sur les marchés: la Bourse de Paris a notamment ouvert lundi en baisse de 0,13%.
Le mouvement de contestation a lancé un appel à la grève générale lundi. Le trafic ferroviaire a été interrompu lundi.
Une “marche d’un million” de personnes est prévue mardi à Alexandrie, deuxième ville d’Egypte, à l’appel du mouvement de contestation qui réclame la chute du régime, a-t-on appris auprès d’une membre du comité de soutien à l’opposant Mohamed ElBaradei.
© 2011 AFP

Manifestation au Caire, le 30 janvier 2011
Foto (c) AFP: Demonstration in Kairo, 30. Januar 2011
Manifestation au Caire, le 30 janvier 2011

5. Des islamistes aux laïcs, ElBaradei à la tête d’une coalition disparate
LE CAIRE (AFP) – 31.01.2011 14:25
Le prix Nobel de la Paix Mohamed ElBaradei s’impose comme la figure de proue de la révolte contre le président Hosni Moubarak, mais s’appuie sur une coalition disparate allant de l’opposition laïque aux Frères musulmans, en passant par une nébuleuse d’internautes.
L’ancien diplomate a fait une apparition remarquée mais un peu embarrassée dimanche soir dans le centre du Caire, devant des centaines de manifestants se bousculant pour entendre la bonne parole de cet orateur médiocre porté à la fois par des laïcs et des islamistes.
Barbus, vieux gauchistes, militants pro-démocratie, le mouvement de contestation sans précédent contre le régime du président Hosni Moubarak rassemblent des profils divers de la société égyptienne, avec en filigrane une forte présence de la confrérie des Frères musulmans.
“Ils organisent, ils préparent la nourriture (aux manifestants), distribuent de l’eau, nettoient le quartier, ils ont emmené ces haut-parleurs”, se félicite Saïd Khalil, large sourire et zabiba, cette marque creusée sur le front de musulmans se prosternant régulièrement pour la prière.
“Ici, vous allez voir des extrémistes, des modérés, des chrétiens, des musulmans, toute sorte de gens. C’est la première fois que nous sommes tous unis depuis la révolution de Saad Zaghloul”, lance Naguib, un autre manifestant en référence au leader de la contestation de 1919 contre le pouvoir colonial britannique.
“A la télévision américaine, ils n’arrêtent pas de dire que si Moubarak quitte le pouvoir, les Frères musulmans vont prendre le contrôle. Mais ce n’est pas le cas, c’est bien le peuple qui s’unit pour ses droits”, renchéri Tamer, un manifestant américano-égyptien.
Pour Tewfik Aclimandos, spécialiste de l’Egypte au Collège de France, M. ElBaradei “n’a pas de troupes à lui, c’est à la fois sa force et sa faiblesse. Il n’est l’otage de personne, mais il ne peut pas inverser un rapport de force tout seul”.
Son aura tient notamment au fait “qu’il n’a aucune compromission avec le régime, qu’il est intègre”, ajoute-t-il.
Dans la foulée du soulèvement populaire en Tunisie, le Mouvement des jeunes du 6 avril, un forum d’internautes plaidant depuis près de trois ans pour des réformes démocratiques, a lancé la semaine dernière un appel à manifester sur le site de socialisation Facebook.
Mohamed ElBaradei, ancien patron de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et prix Nobel en 2005, a noué des liens étroits avec ces jeunes militants, opérant comme eux sur la toile afin de moissonner des soutiens à sa cause.
Faute d’appartenir à un parti d’opposition reconnu, il s’est aussi rapproché des Frères musulmans, première force d’opposition, interdite mais tolérée dans les faits, qui plaident avec lui pour un changement de régime et assurent qu’ils respecteront la démocratie.
Les Frères, et des groupes d’opposition, ont mandaté ce week-end Mohamed ElBaradei pour “négocier avec le pouvoir” afin de trouver une sortie de crise en Egypte, confirmant le rôle clé auquel l’ancien diplomate de 68 ans sera appelé à jouer au cours des prochaines semaines.
“Comme en Tunisie, les manifestants semblent représenter un vaste mouvement sans leadership, sans agenda clair et aucune façon de prendre le pouvoir. Jusqu’à présent, la contestation s’appuie fermement sur la classe moyenne”, note Jon Alterman, du Centre pour les études stratégiques et internationales (CSIS), à Washington.
“Il est possible que le radicalisme mène au chaos, ou que des groupes radicaux inclus dans une coalition élargie prennent le contrôle du gouvernement”, note-il, précisant que les décisions clés seront prises au cours des “six à douze prochains mois”, si différents groupes tentent de “profiter des opportunités créées par le changement”.
© 2011 AFP

6. Egypte: mobilisation d’une ampleur sans précédent pour le départ de Moubarak
LE CAIRE (AFP) – 01.02.2011 18:46
Des centaines de milliers d’Egyptiens ont envahi mardi les rues pour la plus importante mobilisation en huit jours de contestation contre le président Hosni Moubarak appelé plus que jamais à partir après 30 ans au pouvoir.
A la faveur du soutien de la toute-puissante armée, qui s’est engagée à ne pas tirer sur eux, hommes, femmes, enfants et vieillards ont manifesté pour exiger le départ de M. Moubarak qui semble s’accrocher au pouvoir en proposant un dialogue et des réformes aussitôt rejetés.
Aucun incident violent n’a été enregistré lors des manifestations tenues à l’appel de l’opposition pour la “marche d’un million” au Caire et à Alexandrie contre leur président accusé de tous les maux -pauvreté, chômage, violation des libertés, corruption et verrouillage politique.
Mohamed ElBaradei, la figure la plus en vue de l’opposition, a appelé M. Moubarak à partir “au plus tard vendredi”, en se prononçant pour “une sortie honorable” du président, 82 ans, de plus en plus en difficulté.
Face à l’épreuve de force persistante, les Etats-Unis sont entrés en contact avec les deux camps: un ex-diplomate américain Frank Wisner devait rencontrer au Caire de hauts dirigeants du régime, alors que l’ambassadrice des Etats-Unis Margaret Scobey s’est entretenue au téléphone avec M. ElBaradei qui a reçu en outre un appel téléphonique de l’ambassadeur britannique.
Dans le même temps, ils ont ordonné le départ du personnel non essentiel de leur ambassade, alors que le mouvement de contestation, du jamais vu depuis 1981, même s’il continue de manière pacifique, a fait depuis le 25 janvier au moins 300 morts selon un bilan non confirmé de l’ONU, et des milliers de blessés.
Dans le centre du Caire, la grande place Tahrir (place de la Libération), épicentre du mouvement, a été prise d’assaut par une marée humaine. L’atmosphère y était très festive, les manifestants, dansant et chantant en conspuant le président égyptien.
Les passants applaudissaient à la vue de deux mannequins représentant M. Moubarak pendu, avec l’étoile de David sur sa cravate et des liasses de dollars dans les poches.
“Je pense que les gouvernements, partout, doivent nous appuyer. Nous attendons qu’ils disent qu’il est parti, qu’il est dans l’avion. C’est notre rêve”, dit l’une des manifestantes, Basma Mahmoud, 30 ans.
L’armée a fermé le matin les accès à la capitale et à d’autres villes, et des hélicoptères ont survolé régulièrement le centre du Caire. Le trafic ferroviaire avait été interrompu pour empêcher un déferlement sur la capitale.
A Alexandrie, deuxième ville du pays sur la Méditerranée, des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées devant la mosquée Qaëd Ibrahim et la gare ferroviaire.
A Suez (est), 15.000 personnes ont défilé, alors qu’elles étaient 40.000 à Mansoura, 5.000 à Tanta et 10.000 à Mahalla, dans le Delta.
Quelques heures après l’entrée en vigueur du couvre-feu (13H00 GMT jusqu’à 06H00 GMT), la foule commençait à se disperser au Caire en bon ordre, sous le regard de l’armée.
De même à Alexandrie, les gens commençaient à rentrer chez eux, alors que l’insécurité règne dans le pays en raison des pillards apparus aux premiers jours de la contestation après le retrait de la police. Celle-ci, haïe par les manifestants sur lesquels elle avait tiré, est réapparue lundi.
Pour mobiliser les manifestants, les groupes issus de la société civile, soutenus par M. ElBaradei, une partie de l’opposition laïque et les Frères musulmans, force d’opposition la plus influente, ont compté sur le bouche à oreille, Internet restant bloqué et le service de messagerie mobile perturbé.
L’annonce d’un nouveau gouvernement et la proposition du vice-président Omar Souleimane d’un dialogue avec l’opposition ont été rejetées par les manifestants et l’opposition, pour qui seul le départ de M. Moubarak viderait les rues d’Egypte.
Après une semaine de protestations, les contrecoups économiques de la révolte se font sentir. Les touristes, l’une des principales sources de revenus pour l’Egypte, ont renoncé à venir, et les étrangers prennent la fuite.
Banques et Bourse restent fermées, alors le carburant manquait et les Egyptiens faisaient leurs provisions.
Après Moody’s lundi, l’agence de notation Standard and Poor’s a abaissé d’un cran la note de l’Egypte. Mais le Fonds monétaire international s’est dit prêt à aider l’Egypte. L’Unesco a lancé un appel à la sauvegarde du patrimoine de l’Egypte, réclamant des mesures pour protéger “les trésors” du pays.
Craignant pour sa part un possible futur pouvoir en Egypte hostile à son pays, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a appelé la communauté internationale à “exiger” le respect du traité de paix égypto-israélien.
© 2011 AFP

Des Egyptiens de Corée du Sud manifestent à Séoul le 31 janvier 2011
Foto (c) AFP: Südkorea: Exil-Ägypter demonstriren in Seoul, 31.01.2011
Des Egyptiens de Corée du Sud manifestent à Séoul le 31 janvier 2011

7. Sur la place Tahrir, la grande kermesse anti-Moubarak
LE CAIRE (AFP) – 01.02.2011 21:13
Après une journée passée à chanter, crier et à lancer des slogans anti-Moubarak, des milliers de manifestants se préparaient mardi soir à une nouvelle nuit sous les tentes ou sur les pelouses de la place de la Libération.
Sur le pont Kasr el-Nil, ils étaient des milliers, à la nuit tombée, à rentrer chez eux à pieds, ravis de leur journée, riant, confiants dans l’issue victorieuse de leur mobilisation d’une ampleur inédite contre le régime du président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 29 ans.
Leila Salameh, 31 ans, et quatre de ses amies, lunettes sur le front et jeans serrés, repartent vers le quartier huppé de Zamalek tout proche.
“Moubarak doit partir de lui-même, sans faire d’histoires. Et la constitution doit changer”, dit-elle. “Il est trop vieux, ils sont tous trop vieux dans ce régime. Tout cela doit changer… Et cela va changer ! Nous le savons maintenant. C’est irrémédiable”.
Une famille passe à côté d’elle. La fillette juchée sur les épaules de son père agite un drapeau égyptien et chante l’un des slogans favoris de la foule: “Armée, peuple, unis comme les doigts de la main !”
Non loin, un adolescent qui a écrit “Egypte” en noir sur son front distribue aux passants une photocopie sur laquelle il a reproduit les photos des cinq derniers présidents américains, avec la date de leur entrée en fonction.
En vis-à-vis, il a placé la photo du président égyptien, toujours en place au fil des ans, immuable face à chaque locataire de la Maison Blanche.
On range les banderoles, on replie les drapeaux, et on assure être prêts à revenir demain, et les jours d’après, “aussi longtemps qu’il faudra”, jure un vieil homme.
Une femme voilée de vert se tient immobile, sur un plot de béton, et tient simplement à bout de bras un morceau de carton sur lequel elle a inscrit: “Un meilleur avenir pour mes enfants”.
Mohamed Farag, un pharmacien de 34 ans, a parcouru 50 km avec sa voiture, malgré les pénuries d’essence et les barrages, pour être au rendez-vous de la place Tahrir ou Libération.
“Moubarak a opprimé son peuple trop longtemps”, dit-il. “Je le hais. Il voulait transformer ce pays en dynastie, comme la Syrie ou la Jordanie. Nous voulons un nouveau chef, mais je ne sais vraiment pas qui”.
Mohamed Souleiman, un ingénieur, s’insurge contre les déclarations du pouvoir affirmant que la confrérie islamiste des Frères musulmans manipule le mouvement, auquel celle-ci s’est ralliée tardivement.
“Il n’y a pas plus de 1% des gens ici qui soit avec les Frères musulmans. C’est Moubarak qui parle d’eux pour faire peur à l’Europe et aux Etats-Unis”, affirme-t-il.
Dans un coin, une vingtaine d’hommes improvisent une ronde, reprenant en coeur les slogans d’un vieil homme appuyé sur une béquille: “Moubarak, Gamal (le fils du président), vous êtes des agents américains!” ou “Le peuple veut la chute du président!”
Sur le panneau indicateur qui signale la direction du siège de la Ligue arabe, on a collé un grand dessin: un char d’assaut qui, au lieu de tirer des obus, envoie des fleurs.
Mohamad Ibrahim, un professeur de 50 ans contraint de faire le taxi pour joindre les deux bouts, tient son fils adolescent par la main et crie sa colère.
“Je veux croire qu’il y a une raison pour que la statue de la Liberté soit à New York! Aidez-nous! Je ne veux pas que mon fils devienne un criminel!” braille-t-il.
A l’adresse des pays occidentaux, il ajoute: “N’ayez pas peur! Nous sommes pacifiques. Nous respecterons Camp David, nous ne ferons pas la guerre à Israël. Nous voulons juste vivre!”
© 2011 AFP

8. Egypte: Moubarak reste jusqu’en septembre, la foule veut son départ immédiat
LE CAIRE (AFP) – 01.02.2011 23:14
Le président égyptien Hosni Moubarak a annoncé mardi qu’il resterait au pouvoir jusqu’à la présidentielle de septembre, malgré une manifestation de plus d’un million de personnes réclamant son départ sans délai.
L’annonce de M. Moubarak a été aussitôt rejetée par les milliers de manifestants rassemblées, malgré le couvre-feu, dans le centre du Caire, qui ont réclamé son départ immédiat.
“Le président est très têtu, mais nous sommes plus têtus que lui. Nous ne quitterons pas la place” Tahrir (Libération), épicentre de la mobilisation au Caire, a déclaré un leader de la contestation dans un haut-parleur.
Le président américain Barack Obama devait s’exprimer sur la situation en Egypte le soir, après une déclaration d’un haut responsable américain jugeant l’annonce de Moubarak “importante”, mais soulignant qu’elle pourrait ne pas suffire à satisfaire les manifestants.
M. Moubarak, 82 ans, au pouvoir depuis 29 ans, s’est engagé dans un discours télévisé à préparer lors des huit mois de mandat qui lui restent une transition pacifique, notamment en modifiant la Constitution afin de faciliter les candidatures pour la présidentielle.
“Je le dis en toute sincérité, et sans tenir compte de la situation actuelle, je ne comptais pas me présenter à un nouveau mandat présidentiel”, a déclaré M. Moubarak, qui en est à son cinquième mandat de six ans. “J’ai passé assez de temps à servir l’Egypte et son peuple”.
“Ce pays, j’y ai vécu, j’ai fait la guerre pour lui, et l’histoire me jugera”, a-t-il ajouté. L’Egypte est “la nation que j’ai défendue et dans laquelle je vais mourir”.
“Ma première responsabilité maintenant est de ramener la sécurité et la stabilité à la patrie pour assurer la transition pacifique du pouvoir”, a-t-il poursuivi, en accusant “certaines forces politiques d’avoir cherché l’escalade et attisé le feu lors des manifestations”.
M. Moubarak a appelé le Parlement à “débattre d’un amendement aux articles 76 et 77 de la Constitution pour changer les conditions de la candidature à la présidentielle et limiter les mandats”.
Selon le New York Times, M. Obama a demandé à M. Moubarak de ne pas se présenter à la prochaine présidentielle, dans un message transmis par un diplomate américain qui s’est rendu au Caire.
De son côté, l’ambassadrice des Etats-Unis Margaret Scobey s’est entretenue au téléphone avec Mohamed ElBaradei, la figure la plus en vue de l’opposition, qui a appelé M. Moubarak à partir “au plus tard vendredi”.
Dans la journée plus d’un million d’Egyptiens ont envahi les rues à travers le pays, selon les services de sécurité, la plus importante mobilisation depuis le début le 25 janvier de la contestation qui a fait au moins 300 morts selon un bilan non confirmé de l’ONU, et des milliers de blessés.
Accusant M. Moubarak d’être responsable des maux du pays -pauvreté, chômage, violation des libertés, corruption et verrouillage politique, les manifestants ont défilé sans heurts, dans une ambiance souvent festive, l’armée s’étant engagé à ne pas utiliser la force contre eux.
© 2011 AFP

Capture d'écran du discours du président Moubarak à la télévision, le 1er février 2011
Foto (c) AFP: Capture d’écran du discours du président Moubarak à la télévision, le 1er février 2011
Screenshot von Präsident Mubarak Rede im Fernsehen, auf 1. Februar 2011

1. Ägypten: El Baradei versprach eine “neue Ära” für Demonstranten
KAIRO (AFP) – 2011.01.30 20.37
Mohamed ElBaradei, am Sonntag, nach sechs Tagen der Revolte, von der ägyptischen Opposition ernannt zu “verhandeln” mit dem Regime von Präsident Hosni Mubarak, ging vor die Demonstranten in Kairo und versprach eine “neue Ära”. Trotz der Samstag durch den Präsidenten angekündigten Veränderungen und Nominierungen, sowie der Gewalt, die mindestens 125 Tote und Tausende Verletzte seit Dienstag forderte, scheint die Mobilisierung nicht zu schwächen.
Die ägyptische Regierung hat am Sonntagabend die Polizei auf die Straßen des Landes zurückgeschickt, die diese Freitag plötzlich verlassen hatte, jedoch die Ausgangssperre in Kraft in Kairo, Alexandria und Suez verlängert um eine Stunde von 03.00 Uhr (1300 MEZ) bis 8:00 Uhr (0600 MEZ).
Präsident Barack Obama forderte “Übergang zu einer Regierung, die die Bestrebungen” der Ägypter respektiert. Außenministerin Hillary Clinton forderte Herr Mubarak auf, “einen geordneten Übergang” zu erleichtern, während sie sicherstellte, dass es keine Frage der Aussetzung der Hilfe für Ägypten gibt, dem wichtigsten Verbündeten der Vereinigten Staaten in der arabischen Welt.
Das Land ist “am Anfang einer neuen Ära”, sagte ElBaradei am Abend, er sprach über einen Lautsprecher für die Tausenden von Demonstranten am Tahrir-Platz im Zentrum der Hauptstadt, dort versammelt trotz einer Ausgangssperre .
“Ich bitte Sie zu warten, Veränderung geschieht”, sagte er den Demonstranten, die skandierten: “Das Volk will den Sturz des Präsidenten!”.
Umgeben von Tanks, Tahrir-Platz, “Platz der Befreiung”: Riesenplakate “Hau ab, Feigling, Agent der Amerikaner!”.
Der Satellitensender al-Dschasira, der einige arabische Regierungen zittern lässt durch seine Berichterstattung über Proteste in Ägypten, wurde am Sonntag verboten. “Verletzung des Rechts auf Information”, beklagte sich Human Rights Watch.
Am Morgen besuchte der Präsident die Einsatzzentrale der Armee, im Anschluss an die Ernennung eines Vizepräsidenten, des ersten seit 30 Jahren, des Geheimdienstchefs Omar Suleiman, und eines neuen Premierministers, Ahmad Chafic.
Trotz dieser Veränderungen hat der National Coalition for Change, ein Zusammenschluss mehrerer Oppositionsgruppen, einschließlich der Muslim-Bruderschaft, Herrn ElBaradei, ehemaligen Leiter der Internationalen Atomenergiebehörde (IAEO), ernannt zu “verhandeln mit der Macht”.
Parlamentspräsident Fathi Sorour sagte, dass die Ergebnisse der Parlamentswahlen Ende 2010 bald “korrigiert” werden. Die Wahl wurde von führenden oppositionellen Kräften, die von Betrug sprachen, boykottiert.
In der Nacht von Samstag auf Sonntag sind Tausende von Häftlingen auch nach Ausschreitungen in mehreren Gefängnissen entkommen. Das Militär meldete später die Verhaftung von mehr als 3.000 Flüchtlingen und Störenfrieden.
Sonntag hatten die Proteste das Land teilweise gelähmt: Viele Geldautomaten waren leer, die Banken und die Börse, die starke Rückgänge registrierte Mittwoch und Donnerstag, blieben geschlossen.
Nach umfangreichen Plünderungen in Kairo, Bürgerinitiativen, mit Gewehren bewaffnet oder Schlagstöcken, sorgten für Ordnung in den Stadtteilen der Metropole mit 20 Millionen Einwohnern, wo die Polizei wieder auf Patrouille ging am Sonntag abend.
Die Revolte gibt weiter Anlass zur Besorgnis. Die US-Botschaft in Kairo sagte, sie würde seine Staatsangehörigen am Montag evakuieren.
Viele Reiseveranstalter haben Reisen der Urlauber auf der Höhe der Saison suspendiert. Saudi-Arabien, Libyen, Libanon, Indien, Griechenland, Türkei, Irak und Aserbaidschan schickten Flugzeuge, um die Rückführung ihrer Staatsangehörigen zu gewährleisten.
Am Flughafen von Kairo herrschte Verwirrung: Horden von Touristen, Expatriates und Ägypter versuchen ängstlich um jeden Preis, das Land zu verlassen.
Der ägyptische Schauspieler Omar Sharif, jetzt in Kairo, äußerte seine “Solidarität mit den Menschen” von Ägypten.
In Israel sagte Ministerpräsident Benjamin Netanjahu, sein Land wollte den Frieden mit Ägypten halten, das einzige arabische Land mit Jordanien, das einen Friedensvertrag mit Israel unterzeichnete.
Hamas, die Gaza kontrolliert, hat die Schließung des Rafah-Terminals an der Grenze zu Ägypten angekündigt, und hat damit Angst vor Versorgungsengpässen in den Palästinensergebieten ausgelöst.
© 2011 AFP

2. Touristen vermeiden Ägypten, die Vereinigten Staaten beginnen, ihre Bürger zu evakuieren
PARIS (AFP) – 2011.01.30 07.13
Die Vereinigten Staaten beschlossen Sonntag, ihre Staatsangehörigen aus Ägypten evakuieren, während andere Länder in der Regel vor Reisen in das Land der Pharaonen warnen. Horden von ängstlichen Touristen, Expatriates und Ägypter stürmten Sonntag den Flughafen von Kairo, versuchten mit allen Mitteln, das Land zu verlassen.
In Europa mit Ausnahme von Griechenland und der Schweiz haben die Regierungen noch nicht aufgerufen, Ägypten zu verlassen oder organisierte Rückführung unternommen, aber abgeraten.
Viele Reiseveranstalter haben Reisen der Urlauber auf der Höhe der Saison suspendiert und Libyen, Indien, Griechenland, Türkei, Irak und Aserbaidschan haben Flugzeuge gesendet, um die Rückführung ihrer Staatsangehörigen zu gewährleisten.
Die US-Regierung berät seine Bürger nicht nach Ägypten zu reisen, und für diejenigen, die schon da sind, bietet das State Departement “Transport zu sicheren Orten in Europa” an. Die Familien der Botschaftsmitarbeiter durften das Land verlassen.
Die meisten europäischen Staaten haben beschlossen, noch nicht zu evakuieren, während die meisten Touristen in Ferienorten am Roten Meer und den antiken Stätten des Niltals konzentriert sind, durch die Ereignisse in Kairo, Suez und Alexandria im Norden unberührt.
“Wir sind in der Lage zu reagieren”, falls erforderlich. (…) Wir sind voll mobilisiert, darunter die ständige Information unserer Landsleute, “sagte Französisch Außenministerium.
Der Baustoffkonzern Lafarge Französisch, aber entschlossen, alle ihre Expatriates und deren Familien zu evakuieren.
Berlin hat mehrere Fluggesellschaften gefragt, um zu sehen, “was für zusätzliche Kapazitäten von Verkehrsflugzeugen nach Kairo umgesetzt werden können.”
Die Saudi Arabian Airlines Saudi Arabian Airlines hat einen Shuttle organisiert, um saudische Staatsbürger zu repatriieren, 26 Flüge am Wochenende.
Viele Touristen wählen zu verschieben ihre Reisen und Buchungen nach Ägypten, wo der Fremdenverkehr eine wichtige Einnahmequelle ist, mit 14,7 Millionen Besuchern im Jahr 2010.
Die Russen “gehen weiterhin an die Badeorte, nach Unterzeichnung eines Memorandums, in dem sie sagen, sie sind sich der Lage bewusst. Viele Touristen aber lassen ihre Reise sausen, wenn sie bereits am Flughafen sind”, sagte der Sprecher der russischen Föderalen Agentur für Tourismus (Rostourism), Oleg Mosseev.
Die vorliegende Quote von Touristen in Ägypten vor allem inbegreift 30.000 Briten, 25.000 Russen, 6.500 Ukrainer, 4.000 Belgier, 6.500 Polen, 15.000 oder 2.500 Finnen und Schweden und Zehntausende von Touristen Französisch.
© 2011 AFP

3. Mubarak, auf einem Drahtseil, spielt ein riskantes Alles-oder-Nichts mit der Armee
KAIRO (AFP) – 2011.01.30 08.43
Der ägyptische Präsident Hosni Mubarak spielt ein riskantes alles oder nichts auf die Unterstützung der Armee vor einer immer kritischeren Situation, sagen Spezialisten.
Durch die Ernennung des Chefs vom Geheimdienst als Vice President und einen General als Premierminister, wandte sich der Leiter der ägyptischen Regierung zu den Militärs, um ein Bild der Entschlossenheit seines erschütterten Regime zu geben.
Außenministerin Hillary Clinton hat Druck durch den Aufruf für “einen geordneten Übergang” gemacht, und sie sagt, dass Herr Mubarak hat noch nicht die notwendigen Anstrengungen für die Demokratisierung zur Kenntnis genommen.
Der Gegner Mohamed ElBaradei, Verhandlungsführer der Opposition, meint, dass die USA “an Glaubwürdigkeit verlieren” mit der Forderung nach Demokratisierung und dabei weiterhin zu unterstützen den “Diktator”.
Laut Amr el-Chobaki, al-Ahram-Zentrum für politische Studien, die Ernennungen auf die Vize-Präsidentschaft von General Omar Suleiman, und auf den Posten des Chief Minister von General Ahmed Shafik, haben es schwer, zu beruhigen den Volkszorn.
“Problematisch sind nicht die Herren Chafic und Suleiman, sondern wie sie ernannt wurden. Die Menschen sind nicht konsultiert worden, Herr Mubarak machte es auf die alte Tour” , sagte er.
Doch in der Revolte “Wir sind Zeugen einer Rückkehr des ägyptischen Volkes. Wir müssen reden über Reformen, wir müssen junge Menschen, die einen hohen Preis gezahlt haben, ansprechen”, sagt er.
Diese Ernennungen reflektieren vielleicht auch eine Schwächung des Herrn Mubarak, der sich immer geweigert hatte, einen Vizepräsidenten zu ernennen, der ihn in den Schatten stellen könnte.
“Mubarak ist jetzt blockiert. Die einzigen Menschen, auf die er zählen kann, ist das Militär”, sagte Rabab al-Mahdi, ein Politologe an der American University in Kairo.
Die Ernennung von zwei Generälen soll stärken “die Loyalität der Armee zu seiner Person”, sagte er, und soll Lehre ziehen aus Tunesien, wo die Armee verließ Präsident Zine El Abidine Ben Ali. Aber die Wette ist nicht von vornherein gelaufen.
Obwohl Herr Suleiman ist sehr nah an Herr Mubarak, galt er lange Zeit als eine mögliche Bewerber um den Nachlass des Rais.
Ein US-Diplomaten Telegramm, durch Wikileaks enthüllt, nannte Mr. Suleiman im Jahre 2007 als mögliche “Übergangsfigur.”
Herr Chafic ist seinerseits in einigen Gruppen der Opposition geschätzt, und gilt auch als “präsidiabel”.
Einige Zeichen zeigen auch die tiefen Konflikte innerhalb des Regimes.
Das Fernsehen hat den Rücktritt aus der Nationaldemokratischen Partei (NDP in Kraft) des Stahlmagnaten Ahmed Ezz angekündigt, graue Eminenz von Gamal Mubarak, dem ehrgeizigen Sohn des Rais und sein potenzieller Nachfolger.
© 2011 AFP

4. Ägypten: Generalstreik und Dienstag Riesenmärsche, um Mubarak zu verjagen
KAIRO (AFP) – 2011.01.31 21.54
Die Protestbewegung in Ägypten hat Montag zum Generalstreik und einem riesigen Marsch am Dienstag aufgerufen. Montagmorgen, Tausende von Menschen waren wieder am Tahrir-Platz (Platz der Befreiung), dem Epizentrum des Aufstandes im Zentrum von Kairo, versammelt. Die Demonstranten sind auf Mund-zu-Mund Propaganda angewiesen, um ihre Aufrufe zu verbreiten, das Internet ist noch blockiert und die Mobile-Messaging-Dienste noch gestört. In einer offiziellen Erklärung am frühen Montagabend an das “große Volk Ägyptens,” sagte die Armee, es stelle “legitime” Forderungen und versicherte ihm, sie werde “keine Gewalt gegen das ägyptische Volk einsetzen.”
Einige Demonstranten haben die Nacht trotz der Ausgangssperre in Kraft in der Hauptstadt verbracht, wie in Suez (Osten) und Alexandria (Norden).
Rund um den Platz, umgeben von Panzern, kontrollierte das Militär die Identitäten von Demonstranten ohne sie am Zugang zu hindern.
Die Mitglieder der Volkskomitees stellen sicher, dass keine verdeckten Offiziere unter die Demonstranten sickern. “Sie wollen unsere Einheit zerschlagen”, sagte ein Mitglied eines Bürgerkommitees.
In der Nähe, Soldaten reiben kräftig ihre mit Anti-Mubarak-Graffiti bedeckten Tanks, unter den Blicken ihrer Vorgesetzten.
In der Nacht vom Sonntag auf Montag, wies Präsident Hosni Mubarak seinen neuen Ministerpräsidenten Ahmed Shafik an zur Förderung der Demokratie durch den Dialog mit der Opposition.
In einer Erklärung im Fernsehen verlesen, verspricht Mubarak, 82, “neue, dauerhafte Maßnahmen, für mehr politische Reformen, Verfassungs- und Gesetzesänderungen im Dialog mit allen Parteien.”
Er forderte die neue Regierung auf zur “Wiederherstellung des Vertrauens” in der Wirtschaft und auf “entschiedenen Kampf gegen alle Formen der Korruption.”
Montag, Mubarak ernannte General Mowafi Mourad, ehemaliger Gouverneur von Nord-Sinai, zum neuen Leiter des Geheimdienstes.
Am siebten Tag der Proteste ist das Land teilweise gelähmt. Banken und Börsen sind für einen zweiten Tag in Folge geschlossen und der Platz in Kairo wird wieder geschlossen am Dienstag, nach staatlichem Fernsehen.
Die Ratingagentur Moody’s stufte Ägypten Montag einen Punkt herunter und hat Pläne zur weiteren Verringerung, mittelfristig. Die meisten Geldautomaten sind leer.
Der Generalsekretär der OPEC, Abdullah al-Badri, sagte, dass die Spannungen in Ägypten die strategischen Passage des Suez-Kanals beeinflussen und einen “Mangel” des Öls erzeugen könnten. Herr El-Badri sagte, dass die OPEC bereit wäre, ihre Produktion zu erhöhen.
Aber die ägyptischen Beamtenversicherten laut Medien am Montag, dass der Kanal, in Betrieb “an der Kapazitätsgrenze”, nicht von der Situation betroffen sei.
Mehrere Gruppen, darunter Französisch Lafarge, die Bank Credit Agricole, der russische Ölkonzern Lukoil, Gasproduzent Novatek und der deutsche Energiekonzern RWE, haben beschlossen, die Familien ihrer Bediensteten und einige oder alle ihrer ausländischen Mitarbeiter zu evakuieren .
Israel ist bemüht, seine Beziehungen zu Ägypten zu bewahren und hat die USA und die europäischen Länder in einer geheimes Nachricht gebeten, das Regime Mubarak zu unterstützen, laut israelischer Tageszeitung Haaretz.
Die Protestbewegung hatte aufgerufen zum Generalstreik am Montag. Der Eisenbahnverkehr wurde am Montag unterbrochen.
Ein “Marsch der Millionen” Menschen ist für Dienstag in Alexandria, Ägypten zweitgrößter Stadt, angekündigt.
© 2011 AFP

5. Von den Islamisten bis zu den Säkularen: El Baradei als Chef einer disparaten Koalition
KAIRO (AFP) – 2011.01.31 14.25
Der Friedensnobelpreis Mohamed ElBaradei wird zum Aushängeschild der Revolte gegen Präsident Hosni Mubarak, aber stützt sich auf eine disparate Koalition zwischen der säkularen Opposition und der Muslimbruderschaft, inklusive einer nebulösen Internetgalaxie.
Der frühere Diplomat hatte einen schon erstaunlichen, aber ein wenig verlegenen Auftritt Sonntagabend in der Innenstadt von Kairo, vor Hunderten von Demonstranten, die sich drängeln, das gute Wort dieses mittelmäßigen Redners zu hören, der getragen wird sowohl von weltlichen wie Islamisten.
Bärtige, alte Linke, Pro-Demokratie-Aktivisten, die beispiellose Protestbewegung beinhaltet die verschiedenen Profile der ägyptischen Gesellschaft, mit einer hohen Gegenwart von der Muslimbruderschaft.
“Sie organisieren die Nahrung (der Demonstranten), bereiten die Verteilung von Wasser vor, reinigen den Bereich, und sie brachten diese Lautsprecher”, sagt Said Khalil, breites Lächeln und Zabibah, die Markierung auf der Stirn von Muslimen, die sich regelmäßig im Gebet niederwerfen.
“Hier, du siehst Extremisten, Moderate, Christen, Muslime, alle möglichen Leute sind zu sehen. Dies ist das erste Mal, dass wir alle vereint sind, seit der Revolution von Saad Zaghloul”, scherzte Naguib, ein weiterer Demonstrant mit Bezug den Anführer der Proteste von 1919 gegen die britische Kolonialherrschaft.
“Im amerikanischen Fernsehen sagen sie, dass, wenn Mubarak aus dem Amt geht, die Muslim-Bruderschaft übernehmen wird. Aber das ist nicht der Fall, es ist das Volk, das sich für seine Rechte vereint “, fügt Tamer, ein ägyptisch-amerikanischer Demonstrant, hinzu.
Für Aclimandos Tewfik, Ägyptenspezialist am College de France, Herr ElBaradei “hat keine eigenen Truppen, das ist sowohl seine Stärke und Schwäche. Er ist niemandes Geisel, aber er kann nicht umgekehrt ein Kräfteverhältnis alleine wenden. ”
Seine Aura kommt daher, dass “er nicht mit dem Regime kompromitiert ist, er hat Integrität”, fügt er hinzu.
Im Zuge des Aufstandes in Tunesien hatte die Jugendbewegung des 6. April, ein Forum des Internet, die seit fast drei Jahren für demokratische Reformen streiten, letzte Woche einen Aufruf zu Protesten auf der Social Networking Site Facebook lanciert.
Mohamed ElBaradei, ehemaliger Chef der Internationalen Atomenergiebehörde (IAEA) und Nobelpreisträger im Jahr 2005 hat enge Verbindungen mit diesen jungen Militanten geschmiedet, er arbeitet wie sie im Internet, um Unterstützung für seine Sache zu gewinnen.
Als Mitglied keiner anerkannten Oppositionspartei suchte er ebenfalls die Nähe der Muslimbruderschaft, die erste Oppositionspartei, die wie er einen Regimewechsel fordern und versichern, dass sie einhalten Demokratie.
Die Bruderschaft und verschiedene Oppositionsgruppen haben an diesem Wochenende Mohamed ElBaradei beauftragt, “mit den Autoritäten zu verhandeln”, um eine Lösung der Krise in Ägypten zu finden. Das bestätigt die Schlüsselrolle, die der ehemalige Diplomat von 68 Jahren in den kommenden Wochen spielen wird.
“Wie in Tunesien, die Demonstranten erscheinen als eine breite Bewegung, ohne Führung, keine klare Agenda und keine Möglichkeit, die Macht zu übernehmen. Bis jetzt ist der Protest fest auf den mittleren Klasse basiert”, sagte Jon Alterman des Zentrums für Strategische und Internationale Studien (CSIS) in Washington.
“Es ist möglich, dass Radikalismus zum Chaos führt, oder dass radikale Gruppen, in einer breiteren Koalition aufgenommen, die Kontrolle über die Regierung erlangen”, sagt er und fügt hinzu, dass wichtige Entscheidungen unternommen würden “die nächsten sechs bis zwölf Monate”, ob verschiedene Gruppen versuchen, “die durch Veränderung geschaffenen Chancen zu nutzen.”
© 2011 AFP

6. Ägypten: Mobilisierung von nie da gewesenem Ausmaß für die Abdankung von Mubarak
KAIRO (AFP) – 2011.02.01 18.46
Hunderttausende von Ägyptern eroberten die Straßen Dienstag für die größte Mobilisierung in acht Tagen des Protests gegen Präsident Hosni Mubarak. Unter Ausnutzung der Unterstützung der allmächtigen Armee, die sich verpflichtete, nicht das Feuer auf sie zu eröffnen, demonstrierten Männer, Frauen , Kinder und Alte für den Abgang von Herrn Mubarak, der sich an die Macht zu klammern scheint und sofort zurückgewiesene Dialoge und Reformen vorschlägt.
Keine gewalttätigen Zwischenfälle waren während der Demonstrationen zu verzeichnen,nach Aufruf der Opposition zum “Marsch der Millionen” in Kairo und Alexandria gegen ihren Präsidenten, dem alle Übel der Armut, Arbeitslosigkeit, die Verletzung der Freiheiten , Korruption und Politik Verriegelung vorgeworfen werden.
Mohamed ElBaradei, die prominenteste Figur der Opposition, forderte Herrn Mubarak auf, “bis spätestens Freitag” das Land zu verlassen, mit Wunsch für einen “ehrenvollen Abgang” des Präsidenten, 82 Jahre, der mehr und mehr in Schwierigkeiten ist.
Angesichts des anhaltenden Showdowns kamen die USA in Kontakt mit beiden Seiten: ein ehemaliger US-Diplomat, Frank Wisner, sollte in Kairo hohe Verantwortliche des Regimes treffen, während US-Botschafterin Margaret Scobey am Telefon mit Herrn El Baradei sprach, der auch einen Anruf von dem britischen Botschafter empfangen hat. Gleichzeitig ordnete sie die Heimreise von essentiellem Personal ihrer Botschaft an.
Im Zentrum von Kairo, war der Tahrir-Platz (Platz der Befreiung), das Epizentrum der Bewegung, von einer Menschen Flut gestürmt. Die Atmosphäre war sehr festlich, Demonstranten tanzten und sangen in Spott auf den ägyptischen Präsidenten. Passanten jubelten beim Anblick von zwei Dummys in Vertretung von Herrn Mubarak, die hingen mit dem Davidstern auf seiner Krawatte und Bündel von Dollars in den Taschen.
“Ich denke, Regierungen überall sollten uns unterstützen. Wir hoffen, dass sie sagen, er ist weg, er ist im Flugzeug. Es ist unser Traum”, sagte eine der Demonstrantinnen, Basma Mahmoud , 30.
Die Armee schloss am Vormittag Zugang zur Hauptstadt und anderen Städten, und Hubschrauber flogen regelmäßig über die Innenstadt von Kairo. Der Eisenbahnverkehr wurde angehalten, um eine “menschliche Überschwemmung” der Hauptstadt zu verhindern.
In Alexandria, der zweitgrößten Stadt am Mittelmeer, waren Hunderttausende von Menschen außerhalb der Moschee Qaida Ibrahim und dem Bahnhof versammelt.
In Suez (Ost), 15.000 Menschen marschierten, während sie 40.000 wurden in Mansoura, 5000 in Tanta und 10.000 in Mahalla im Delta.
Wenige Stunden nach Beginn der Ausgangssperre (1300 GMT bis 0600 GMT), begann die Menge in Kairo sich in Ordnung zerstreuen, unter den Augen der Armee.
Auch in Alexandria begannen die Menschen nach Hause zurückzukehren, während Unsicherheit in dem Land entstand, weil Plünderer in den frühen Tagen des Protests nach dem Rückzug der Polizei aktiv wurden.
Die Ankündigung einer neuen Regierung und der Vorschlag von Vizepräsident Omar Suleiman eines Dialoges mit der Opposition wurden von den Demonstranten zurückgewiesen, für die nur das Ausscheiden von Herrn Mubarak die Straßen Ägyptens leeren wird.
Nach einer Woche der Proteste sind die wirtschaftlichen Auswirkungen der Revolte zu spüren. Die Touristen, eine der Haupteinnahmequellen für Ägypten, kommen nicht mehr, und Ausländer flohen.
Banken und Börse sind geschlossen, dann gibt es Benzinmangel und die Ägypter fangen an zu horten.
Nach Moody’s am Montag, senkte die Rating-Agentur Standard and Poor’s das Rating Ägyptens um eine Stufe. Aber der IWF sei bereit, Ägypten zu helfen. Die Unesco hat einen Appell ins Leben gerufen, das Erbe Ägyptens zu sichern und forderte Maßnahmen, um “die Schätze” des Landes zu schützen.
© 2011 AFP

7. Tahrir-Platz, die große Anti-Mubarak Kirmes
KAIRO (AFP) – 2011.02.01 21.13
Nach einem Tag mit Singen, Parolen und Anti-Mubarak Rufen, bereiteten Tausende von Dem

Leave a Reply