AFRIQUE: DISCOURS 2012 HILLARY CLINTON – en francais – SENEGAL et AFRIQUE DU SUD

tri ICI : Traductions francaises de deux discours entiers de la Secrétaire d’État Hillary Clinton lors de sa tournée africaine 2012 (=> reportage ici, 8 articles, + Videos anglais des discours).
Traduction #1 est une traduction google, soigneusement ameliorée par l’auteur de ce blog; traduction #2) est fournie par l’Ambassade des USA au Senegal.

deu => deutsche Übersetzungen der Reden, traductions allemandes des discours

1. Marcher globalement: Le Partenariat États-Unis – Afrique du Sud, et plus
University of Western Cape, Cape Town, South Africa, August 8 — The United States – South Africa Partnership: Going Global
2. Discours “Bâtir des partenariats durables en Afrique”, Dakar, Senegal
University of Cheikh Anta Diop, Dakar, Senegal — Remarks on Building Sustainable Partnerships in Africa

Malawi - Hillary Rodham Clinton dances with Emille Phiri, chair of the Lumbadzi Milk Bulking GroupMalawi – Hillary Clinton dance avec Emillle Phiri, chef de la Coopérative laitière Lumbadzi


1. Le Partenariat États-Unis – Afrique du Sud: Going Global
University of Western Cape, Cape Town, South Africa, August 8 — The United States – South Africa Partnership: Going Global

Remarks
Hillary Rodham Clinton
Secretary of State
University of Western Cape
Cape Town, South Africa
August 8, 2012

Remarques
Hillary Rodham Clinton
Secrétaire d’État
Université de Western Cape
Le Cap, Afrique du Sud
8 août 2012

Merci à vous tous. S’il vous plaît, restez assis. Je tiens à remercier l’archevêque pour ses remarques introductives, – et de dire Amen -, parce qu’il a préparé le terrain pour un temps de que j’ai l’honneur de partager avec vous, réflexion au sujet du genre d’avenir que nous recherchons pour les étudiants de cette grande l’université et pour tous les jeunes de l’Afrique du Sud et dans le monde. Je vous remercie donc, archevêque, et merci à tous les autres invités distingués, y compris

l’Ambassadeur des États-Unis à l’Afrique du Sud, l’ambassadeur Gips, et l’ambassadeur d’Afrique du Sud à Washington, l’ambassadeur Rasool, un natif de la province du Cap occidental et une personne étroitement associée à cette université. En fait, quand il a été suggéré que je prononce un discours en Afrique du Sud et quand nous avons demandé l’Ambassade sud-africaine à Washington où, il n’y avait qu’une seule réponse – (rires) – : l’Université du Western Cape. (Applaudissements.)

Et bien sûr, c’est une institution tout à fait approprié, en dépit des préjugés de l’ambassadeur – (rires) -, car cette prestigieuse université, diversifiée et riche d’histoire, a joué un rôle important dans la naissance de la nouvelle Afrique du Sud. À une époque où l’apartheid a été profondément enracinées, le corps professoral et le personnel de la Western Cape a pris une position courageuse contre la division des races. Au fil des ans, ils étaient dans l’avant-garde de la lutte pour la justice, donnant même des pensées concernant une nouvelle constitution. Ce n’est que juste, que cette université et cette zone d’Afrique du Sud, qui a connu à la fois le désespoir de l’apartheid et la naissance de la liberté nouvelle, a été appelé une fois le Cap des Tempêtes, avant qu’elle ne devienne le Cap de la Bonne-Espérance.

Ma premiere visite en Afrique du Sud, c’était en 1994 pour l’inauguration de Nelson Mandela, bien sûr quelqu’un qui est un grand leader et un héros pour beaucoup, y compris moi-même. J’était donc assise à l’inauguration et j’ai regardé, comment des jets de la Force de défense sud-africaine traversaient le ciel, leurs traînées teintés de toutes les couleurs du nouveau drapeau national. Pendant des décennies, ces avions ont été un symbole de la puissance du système de l’apartheid. Mais ce jour-là, ils ont baissés leurs ailes pour saluer leur nouveau commandant en chef.

Pour ceux d’entre nous qui ont assisté à la cérémonie, ce fut un moment torride. Il y avait là un homme qui avait passé 27 ans comme prisonnier politique, pas loin d’ici, et maintenant il a prêté serment en tant que président. Et le voyage du président Mandela a représenté quelque chose d’encore plus grand – le voyage de son pays, le voyage de vos parents et grands-parents et arrière grands-parents, une longue, mais régulière marche vers la liberté pour tous les habitants du pays. Etre présente à la naissance de cette nouvelle démocratie a été une expérience que non seulement moi, mais le monde entier, ne saura jamais oublier.

Nous sommes maintenant 18 ans de ce moment emblématique. Si vous êtes un étudiant ici à l’UWC, vous étiez probablement juste un enfant en bas âge à l’époque. Quelques-uns d’entre vous n’étaitent même pas encore nés. Vous n’avez pas seulement grandi dans une Afrique du Sud démocratique – vous avez grandi avec une Afrique du Sud démocratique. Aujourd’hui, votre pays est différente de celle que j’ai visité en 1994, et différents sont aussi les défis que vous devez affronter et les opportunités qui sont là pour les saisir.

En ce moment crucial, les États-Unis d’Amérique s’engagent à vous soutenir. En tant que président, Barack Obama avait déclaré de façon si mémorable au Ghana en 2009, que les nations d’Afrique ont besoin de partenariat, non de favoritisme, qu’elles n’ont pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes. Et les États-Unis cherchent à construire des partenariats durables aidant les pays africains, y compris celui-ci, répondre à vos propres aspirations.

Je suis ici pour un voyage qui m’a mené en Afrique de l’Ouest, en Afrique de l’Est, à la Corne, et maintenant vers le sud. Dans chaque lieu, j’ai vu les partenaires de l’Amérique qui prennent en charge des solutions de problèmes difficiles. Au Sud-Soudan, le gouvernement d’une nouvelle nation depuis un an, a pris une décision courageuse pour redémarrer la production de pétrole, pour le bénéfice de ses habitants. En Ouganda, j’ai rencontré des soldats, qui combattent les terroristes en Somalie et qui travaillent à mettre fin au règne de la terreur de Joseph Kony avec son Armée de résistance du Seigneur. Au Malawi, j’ai rencontré non seulement un nouveau président féminine, Joyce Banda, mais aussi un groupe de remarquables jeunes filles formant leurs compétences et la confiance en elle-memes, et un groupe de femmes du village améliorants leurs revenus et l’avenir de leurs familles en se regroupant dans une coopérative laitière .

À chaque arrêt, j’ai décrit comment la stratégie globale de l’administration Obama avec l’Afrique repose sur quatre piliers, que l’archevêque vient de mentionner aussi: premièrement, la promotion des chances et du développement, d’autre part, stimuler la croissance économique, du commerce et de l’investissement, en troisième lieu, avancer la paix et la sécurité, et, quatrièmement, le renforcement des institutions démocratiques.

Nous travaillons avec votre pays sur tous les quatre d’entre eux. Je viens de terminer le deuxième dialogue stratégique entre nos deux pays avec le ministre des Affaires étrangères Mashabane. Au cours de l’année, de nombreux fonctionnaires de nos deux gouvernements, à travers de nombreux organismes, travaillent ensembles sur des questions importantes.

Et puis nous nous réunissons chaque année pour examiner les progrès dans notre coopération. Permettez-moi de vous donner brièvement quelques faits saillants, qui aident dresser un portrait de la profondeur et l’ampleur de notre relation bilatérale.

Aujourd’hui, à la Clinique de Delft du Sud, les Etats-Unis ont signé un document avec l’Afrique du Sud qui marque une transition majeure dans la lutte continue contre le VIH / SIDA en Afrique du Sud. L’Afrique du Sud deviendra le premier pays en Afrique à planifier plus, gérer plus, et payer plus de vos propres efforts la lutte contre l’épidémie, tandis que les États-Unis continueront à fournir un soutien financier et technique grâce à notre programme PEPFAR.

Nous avons également amené une délégation de dirigeants de sociétés américaines comme FedEx et Chevron et Boeing et General Electric, qui cherchent à étendre leur travail en Afrique du Sud. Ils ont rencontré leurs homologues du milieu des affaires en Afrique du Sud, près de 200 représentants qui cherchent à renforcer nos liens commerciaux.

Nous avons lancé un nouveau partenariat public-privé de 7,5 millions de dollars pour améliorer la qualité des enseignants, programme qui rassemble nos gouvernements, des fondations et des entreprises. Nous avons annoncé le début des subventions d’un “programme de garantis de chances”, qui aidera des personnes défavorisées sud-africaines de devenir des étudiants aux États-Unis. Nous avons établi un Centre mondial de détection des maladies, qui sera dirigé conjointement par des experts de la santé de nos deux pays. Nous avons établi un nouveau programme pour aider les juges et les systèmes judiciaires lutter plus efficacement contre la violence sexiste, et pour aider l’Afrique du Sud de soutenir d’autres pays dans la région qui cherchent à faire la même chose. Et plus tard aujourd’hui, nous allons conclure un accord avec la Ville de Cape Town pour fournir un accès Internet haut débit à Khayelitsha province – ou au canton.

Alors, c’est tout à fait une liste, et il y en aurait plus à dire, mais en bref, cela représente le travail que nous faisons ensemble, un travail allant au cœur de notre relation, qui vise à améliorer la vie des gens, travailler pour éradiquer la maladie, améliorer et mettre fin à la pauvreté, travailler avec vous pour vous aider à résoudre les défis auxquels vous êtes confrontés.

Mais il y a un aspect différent de notre relation qui ne reçoit pas une attention suffisante, et c’est, comment nous pouvons travailler avec l’Afrique du Sud et avec toutes les nations de l’Afrique, pour résoudre les défis et les problèmes non seulement à l’intérieur de vos frontières, mais à travers le continent, et en effet à travers le monde.

bannerwomenNotre mission commune est essentielle pour notre sécurité et la prospérité commune et pour la nature fondamentale du monde du 21e siècle. Il s’agit de votre monde, celui que vous allez hériter.

Songez à certaines des problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui – une économie anémique mondiale, la criminalité transnationale et le terrorisme, le changement climatique, les maladies, la famine, la prolifération nucléaire. Aucun de ces problèmes peuvent être résolus par un pays agissant seul ou même par plusieurs pays agissant de concert. Chaque problème exige un réseau mondial de partenaires – gouvernements, entreprises, organisations internationales et régionales, institutions universitaires, groupes de la société civile, et même des individus -, qui travaillent tous de concert. Et il ne peut pas y être un solide réseau mondial sans de fortes partenaires africains.

Maintenant, j’ai souvent entendu dire que les problèmes africains ont besoin de solutions africaines. Eh bien, je suis ici pour dire que certains de nos problèmes mondiaux demandent des solutions africaines aussi. (Applaudissements.) Et peu de pays sur ce continent peuvent porter un poids aussi lourd ou etre aussi efficaces comme partenaires ou dirigeants que l’Afrique du Sud. (Applaudissements.) Vous êtes un pouvoir démocratique avec la possibilité d’influer sur l’Afrique et le monde. Vous avez mené sur la non-prolifération à l’Agence internationale d’énergie atomique et sur le changement climatique lors de la conférence de Durban. Vous avez mené sur la coopération économique au sein du G-20. Vous avez mené sur la participation des femmes en politique. Et une femme sud-africaine va bientôt devenir président de la Commission de l’UA, une première dans l’histoire de cette organisation. (Applaudissements.)

Alors, tout cela, ce sont des bonnes nouvelles pour les gens de l’Afrique du Sud, de ce continent, et du monde. Mais, respectueusement, je dis que nous et vous pouvons, devrions et devons faire davantage. Il y a deux jours, j’ai eu l’honneur rendre visite au président Mandela et à son épouse Graça Machel, à leur domicile à Qunu. L’homme, qui a tant fait pour façonner l’histoire d’une Afrique du Sud libre, qui n’a jamais cessé de penser à l’avenir de l’Afrique du Sud. Vous, la jeune génération, êtes appelés non seulement à préserver l’héritage de la liberté qui a été laissé à vous par Madiba et par d’autres hommes et femmes courageux. Vous êtes appelés à construire sur cet héritage, afin d’assurer que votre pays accomplit sa propre promesse, qu’il prend sa place en tant que chef de file parmi les nations et en tant que force pour la paix, les chances, l’égalité et la démocratie. Vous êtes appelés à vous lever toujours pour les droits humains ici et partout dans le monde.

C’est un voyage que mon propre pays connait bien. Bien que l’Amérique et l’Afrique du Sud sont certainement des nations différentes ayant des antécédents différents, nous avons une connexion profonde et durable. Comme vous, les Américains savent ce qu’il faut pour commencer à panser les plaies de l’oppression et la discrimination. Nous avons eu des chefs et l’archevêque en a cité un – notre premier président, George Washington -, mais aussi Soujourner Truth et Frederick Douglass, Abraham Lincoln, Martin Luther King, Jr., et tant d’autres qui nous ont inspiré et qui nous ont incité à vivre à la hauteur de nos valeurs, à garder la foi en nos idéaux énoncés lors de notre début. Nous savons que est difficile, et ce n’est pas seulement maintenant, il est sans fin, ce travail. Mais comme vous, nous sommes contraints par l’histoire de notre nation à nous lever pour les valeurs que nous attribuons aux avances, dans le monde entier et à la maison.

Maintenant, les discussions sur la montée des puissances émergentes comme l’Afrique du Sud commencent habituellement – et finissent trop souvent – avec des gens qui diesent tout simplement: «Avec une grande puissance vient une grande responsabilité.” Il est utile d’examiner ce que cela signifie vraiment. Certains critiques n’hésitent pas à dire que, quand l’Amérique dit que des puissances émergentes ont une grande responsabilité, elle parle d’une grande responsabilité de faire tout ce que l’Amérique veut. Eh bien, je ne crois qu’à cause de votre histoire, l’Afrique du Sud a l’obligation d’être une force constructive dans la communauté internationale, tout comme les États-Unis ne. Mais cette obligation n’a rien à voir avec ce que l’Amérique ou toute autre personne veut que vous fassiez. Elle a tout à voir avec qui vous êtes. Ici, en Afrique du Sud, vous avez réalisé quelque chose que peu de pays ont déjà fait. Vous avez prouvé qu’il ne prend pas trop longtemps pour combler une guerre civile totale, pour combler le fossé entre les gens qui ont grandi en apprenant à détester les uns les autres. Vous avez montré que les droits des minorités peuvent être protégés même dans les endroits, où la majorité a passé des décennies et des décennies à vivre dans l’oppression. Vous rappelé au monde que la voie à suivre n’est pas celle de la vengeance, mais celle de la vérité et la réconciliation.

Bien sûr, vous savez mieux que moi combien de travail doit être fait. L’Afrique du Sud fait face à de redoutables défis économiques, sociaux et politiques, mais vous avez jeté les bases d’une société plus prospère, plus inclusif, plus pacifique, plus démocratique. Et le monde a besoin de vous pour contribuer beaucoup parce que vous avez déjà accompli beaucoup de choses. Pour les nations comme les nôtres, les Etats-Unis et l’Afrique du Sud, faire ces choses qui reflètent nos valeurs, nos histoires, pour notre propre peuple seulement, cela ne peut jamais être assez. Nous devons regarder au-delà de nos frontières.

Alors permettez-moi de souligner quelques-unes des façons, comment les Etats-Unis et l’Afrique du Sud peuvent travailler ensemble pour promouvoir les opportunités et le développement, stimuler la croissance économique, le commerce et l’investissement, avancer la paix et la sécurité, et renforcer les institutions démocratiques. Tout d’abord, les chances et le développement. Même quand l’Afrique du Sud répond à ses défis à la maison, vous prenez en charge les efforts de vos voisins pour lutter contre la pauvreté, pour améliorer la santé, pour créer les conditions pour une croissance plus inclusive et durable. Vous travaillez avec le gouvernement du Malawi pour aider les agriculteurs apprendre à utiliser leurs terres de manière plus efficace et augmenter leurs revenus. Vous êtes le soutien du Sud-Soudan dans ses efforts pour former ses juges et renforcer son système judiciaire et bien plus encore.

Les Etats-Unis et l’Afrique du Sud pouvons partager nos expériences, rassembler nos connaissances, tirer parti de nos ressources de manière à ce que nous obtiennent des résultats meilleurs et plus nombreux. Par exemple, nous travaillons en partenariat avec l’Université de Pretoria pour former des dirigeants des secteur public et privé dans d’autres pays africains à élaborer des stratégies agricoles. C’est le genre de partenariat dont nous voulons voir davantage, non seulement avec l’Afrique du Sud, mais avec d’autres pays africains qui deviennent des donateurs ainsi que les bénéficiaires de l’aide. Tanzanie et Ghana, par exemple, aident dans l’amélioration de la sécurité alimentaire tout au long de l’Est et l’Afrique de l’Ouest. Le Nigeria a donné des approvisionnements alimentaires pour aider ses voisins dans le Sahel. Nous ne sommes limités que par notre imagination. Mais bien sûr, notre objectif doit être la chance pour tous, le développement pour ceux qui en ont le plus besoin pour soulever eux-mêmes et leurs familles et les communautés de la pauvreté. Si cela reste notre objectif, il existe des moyens illimités pour nous de collaborer ensemble.

Le deuxième pilier de notre stratégie – la croissance économique, le commerce et l’investissement – est un autre sujet où le monde se tourne vers l’Afrique du Sud pour qu’il joue un rôle constructif dans la promotion d’une architecture économique mondiale qui profite à tous. Maintenant, bien sûr, c’est facile de parler et le diable est toujours dans les détails, que nous discutons des tarifs abusifs ou la vitesse de la libéralisation du commerce ou des contenus locaux et ou les exigences d’actionnariat, de proprieté. Mais nos intérêts communs sont plus importants que les différences. Nous voulons tous les deux des règles nationales et internationales qui protègent nos travailleurs, tout en attirant l’investissement étranger. Nous voulons tous les deux une croissance propre et durable qui ne pollue pas notre eau ou notre air. Nous voulons tous les deux la transparence et une repartition des chances sans corruption. Nous voulons tous les deux créer des emplois à la maison tout en favorisant une reprise économique mondiale qui, comme le président Kennedy a dit, soulève tous les bateaux.

C’est pourquoi l’administration Obama reste déterminé à renouveler l’African Growth and Opportunity Act – pacte croissance et chances – avec l’Afrique du Sud inclus avant l’acte expire en 2015. (Applaudissements.) Nous sommes heureux que le Congrès a agi la semaine dernière d’étendre la Third-Country Fabric Provision (fourniture de tissus de pays tiers) jusqu’en 2015, ce qui aura d’énormes avantages pour les entrepreneurs, en particulier les femmes, dans de nombreux pays voisins d’Afrique du Sud, et aussi de créer des emplois aux États-Unis . Le président Obama va signer ce projet de loi dès qu’il atteint son bureau.

Mais des mesures telles que l’African Growth and Opportunity Act ne sauront pas atteindre leur plein potentiel, et l’Afrique n’atteindra pas toutes ses promesses, que si les pays africains brisent les barrières avec leurs voisins. Comme nous l’avons vu au Nord et enAmérique du Sud et en Asie de l’Est, tout le monde profite lorsque les voisins ouvrent leurs marchés à l’autre et prennent des mesures pour stimuler le commerce et les investissements régionaux.

Mais malheureusement, il y a encore moins d’échanges commerciaux entre les pays d’Afrique sub-saharienne que dans toute autre région du monde. Les dirigeants sud-africains ont dit des mots d’encouragement sur l’intégration régionale; maintenant la région se tourne vers eux pour qu’ils les aident dans l’effort d’abattre les barrières, qui rendent souvent plus facile l’exportatation de marchandises à l’autre bout du monde que chez vos voisins sur le continent. Le président Zuma prend le défi en faisant la promotion d’un ambitieux corridor d’infrastructures nord-sud, en mobilisant les gouvernements, le secteur privé et les organisations régionales pour réaliser cette vision qui est si souvent restée inaccessible – l’autoroute de Cape Town jusqu’au Caire. Eh bien, avec l’Afrique du Sud en tête, peut-être je serai en mesure de revenir dans quelques années et effectivement rouler dessus. (Rires.)

Le troisième domaine de notre ordre du jour partagé, c’est la paix et la sécurité. Maintenant, l’Afrique du Sud et les États-Unis n’ont pas toujours les memes points de vue dans ce domaine, en particulier en ce qui concerne les crises en Libye et en Côte d’Ivoire. Mais les différences entre nous dans ces moments sont plutot tactiques, et non sue les principes. Et cela ne doit pas occulter nos nombreux objectifs communs, comme soutenir la transition politique en Somalie jusqu’à la lutte contre la piraterie, comme s’attaquer à la menace du terrorisme et l’extrémisme violent à travers le Sahel renforcer la paix entre le Soudan et le Sud-Soudan.

Dans un domaine particulièrement important, l’Afrique du Sud a établi la norme pour le monde: enrayer la prolifération nucléaire. En tant que premier pays à renoncer volontairement à des armes nucléaires, l’Afrique du Sud parle avec une rare autorité. Qui peut convaincre plus que vous que l’abandon de l’arme nucléaire est un signe de force, pas une faiblesse? Et vous pouvez aider à assurer – (applaudissements) – et vous pouvez aider à assurer que n’importe quel pays qui poursuit des programmes d’armes nucléaires cueillera seulement d’avantage de pression et d’avantage d’isolement. Cela signifie que l’Afrique du Sud peut jouer un rôle encore plus important sur des questions comme l’arrêt de poursuite d’armes nucléaires par l’Iran ou la prévention que des matières nucléaires ne tombent entre les mains de terroristes.

Et l’Afrique du Sud est également soutenue par et soutient les institutions régionales africaines dans la promotion de la paix et de la sécurité. Nous avons travaillé en étroite collaboration avec l’Union africaine, qui a émergé comme une force de plus en plus actif pour relever les défis de sécurité, de la Somalie a travers le Mali au Soudan et Sud-Soudan. Et je remercie l’UA pour tous ses efforts, dirigés par l’ancien président Thabo Mbeki, afin d’aider le courtier de l’accord pétrolier conclu par les deux côtés la semaine dernière. Les organisations régionales comme la SADC ou la CEDEAO sont engagés comme nous parlons dans les efforts de paix et de réconciliation à Madagascar et en Guinée-Bissau. Des arrangements plus informels, comme la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs, rassemblent les dirigeants pour lutter contre le conflit au Congo oriental. L’Afrique du Sud joue un important rôle de leadership et de soutien dans tout cela.

Maintenant, le quatrième domaine est la protection des droits de l’homme et la démocratie. Américains et Sud-Africains, sans différences, nous nous engageons pour la proposition selon laquelle tous les peuples du monde entier doivent vivre dans la dignité, réaliser leurs rêves, exprimer leurs opinions librement, prier comme ils l’entendent. Nous voulons voir tout cela se concrétiser.

Or, etre à la hauteur de ces principes, ce n’est pas toujours facile. Aucun pays est impeccable, y compris le mien. À l’heure actuelle, de nombreuses démocraties de l’hémisphère sud, y compris l’Afrique du Sud, sont engagés dans un débat vigoureux. D’une part, ils veulent promouvoir les valeurs démocratiques et le respect des droits de l’homme dans d’autres pays. Mais d’autre part, ils se méfient de l’intervention qui porte sur les affaires internes de ces autres nations.

En fin de compte, nous sommes tous appelés à répondre à la question sur la façon comment nous vivons ces principes que nous partageons, et il n’y a pas de solutions faciles, et un pays ne peut pas répondre à cette question de la même manière comme un autre. Mais nous devons tous reconnaître que n’importe où, que dans n’importe quel endroit où les droits de l’homme sont bafoués et la démocratie – une véritable démocratie – est niée, la communauté internationale doit faire pression pour aider à apporter des changements positifs. Personne ne comprend cela mieux que les gens de l’Afrique du Sud.

Donc, nous nous félicitons de l’appui en Afrique du Sud la semaine dernière pour la résolution à l’Assemblée générale des Nations Unies condamnant la Syrie et le règne de la terreur brutale du régime d’Assad. J’espère que ce vote sera le fondement d’un nouveau niveau de coopération sur l’une des questions les plus urgentes de notre temps.

Plus largement, au sein du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et à d’autres lieux, nous comptons sur vous pour aider à diriger l’effort pour protéger les droits universels de l’homme pour tous. Lorsque de vieux amis deviennent un pouvoir corrompu et répressif, une décision prise par l’Afrique du Sud de se tenir du côté de la liberté n’est pas seulement un signe que vous donnez à vos anciens alliés. C’est un rappel à vous-mêmes et au monde que vos valeurs ne s’arrêtent pas à vos frontières. Et j’apprécie particulièrement le rôle de leadership que l’Afrique du Sud et d’autres démocraties africaines du sud comme la Zambie et le Botswana peuvent jouer en soutenant les nouvelles démocraties. L’Egypte, la Tunisie, le Sud-Soudan, la Libye, le Kirghizistan et d’autres sont à la recherche de conseils et de modèles. Et vous pouvez pointer vers une université comme celle-ci, qui a insisté sur la liberté d’enseigner de qui que ce soit qu’elle choisi comme étudiant. Vous pouvez pointer sur des syndicats indépendants, qui se sont levés pour les droits des travailleurs et des groupes de la société civile, qui ont fourni des conseils juridiques et un soutien essentiel à d’autres. Vous pouvez pointer vers les journalistes courageux qui ont insisté pour dire la vérité même quand elle a incité la colère du gouvernement.

Et ici, en Afrique, la communauté internationale a clairement fait savoir que les citoyens du Zimbabwe ont le droit d’avoir leurs voix et leurs votes entendues et prises en compte, dans une élection libre et équitable. Merci aux efforts du président Zuma et de la SADC, ainsi qu’à la société civile du Zimbabwe, qu’un projet d’une nouvelle constitution est presque terminée. Maintenant, ces mêmes dirigeants peuvent aider à accélérer les progrès vers la finalisation et l’adoption de cette nouvelle constitution par un référendum crédible et vers la tenue d’une élection libre et juste surveillé par la communauté internationale. (Applaudissements.) Et si les dirigeants du Zimbabwe vont répondre à ces engagements, les Etats-Unis seront prêts à égaler, action pour action. (Applaudissements.)

Ainsi, dans chacun de ces quatre domaines – le développement, la croissance économique, la paix et la sécurité, la démocratie et des droits de l’homme – l’Afrique du Sud incarne déjà un si grand nombre des valeurs dont le monde est à la recherche. Et nous nous réjouissons à l’approfondissement de notre coopération. Mais rappelons-nous que l’influence d’aucun pays est un droit d’aînesse – pas de l’Amérique, et non plus de l’Afrique du Sud. (Applaudissements.) Nous avons notre propre travail à continuer, d’aller de vers et d’essayer de réaliser l’union irréalisable, de vivre à la hauteur de nos valeurs, d’utiliser notre influence et pouvoir pour aider les autres à réaliser leurs rêves. Et si l’Afrique du Sud veut atteindre la pleine mesure de son ambition, vous devez aussi faire face à (et résoudre!) vos propres défis en matière de santé et d’éducation, de l’inégalité économique, le chômage, les relations raciales, la violence sexiste, ces questions que vous vivez avec.

Ce sont des domaines dont nous aussi sommes confrontés, et nous sommes prêts à travailler avec vous, mais seules les personnes d’Afrique du Sud peuvent prendre les décisions sur la façon dont vous allez résoudre ces problèmes et surmonter ces défis.

Seuls les Sud-Africains peuvent lutter contre la corruption. Seuls les Sud-Africains peuvent empêcher l’utilisation des institutions de sécurité étatiques à des fins politiques. Seuls les Sud-Africains peuvent défendre vos institutions démocratiques, en empêchant l’érosion d’une presse libre, en exigeant des partis d’opposition forts et un pouvoir judiciaire indépendant. Seuls les Sud-Africains peuvent vraiment préserver et étendre l’héritage de la génération Mandela.

Et ce sont des tâches non seulement pour les gouvernements. Ce sont des tâches pour chaque citoyen – dirigeants politiques, les enseignants, les fonctionnaires, les entrepreneurs, les militants communautaires. Et il ya une responsabilité particulière pour les jeunes de l’Afrique du Sud, y compris tous les étudiants qui sont ici aujourd’hui.

Un jour, bientôt, vous devrez prendre des décisions concernant votre avenir – le choix de votre carrière, réfléchir pour savoir si de fonder une famille. Ce sont des choix très personnelles qui façonnent la vie que vous menez.

Mais vous serez également appelé à définir la nature même de votre citoyenneté et l’approche de votre pays à vos concitoyens et au monde. Vous déciderez si l’Afrique du Sud se déplace vers l’avant et non vers l’arrière. Vous déciderez si l’Afrique du Sud cherche à effacer les anciennes lignes de démarcation dans la politique mondiale. Vous déciderez si l’Afrique du Sud cherche à mettre de côté les soupçons et les instincts anciens, pour embrasser de nouveaux partenariats adaptés aux défis du 21ème siècle. Notre partenariat – non seulement entre nos gouvernements, mais entre nos deux peuples – peut se développer de plus en plus fortement si nous deux nous souviennent de nos histoires respectives etdles obligations qu’elles imposent, si nous maintenons le cap sur l’avenir et progressent vers l’ensemble.

Il y a près de 50 ans, Robert F. Kennedy – un sénateur américain, le procureur général et le champion des droits civiques – est venu au Cap et a donné un discours émouvant sur la place de l’Afrique du Sud dans le monde. Il a peint une image vivante de l’avenir qu’il envisageait, celle où chaque nation respecte les droits universels de l’homme, promoit la justice sociale, accélère le progrès économique, libère toutes les personnes à poursuivre leurs talents.

L’Afrique du Sud, at-il dit, peut jouer un “rôle éminent” dans la création de ce monde. Et il a appelé en particulier les jeunes de cette époque, en disant: «Ce monde exige des qualités de la jeunesse; Pas un moment de vie, mais un état d’esprit, une qualité de l’imagination, une prédominance du courage sur la timidité”

Une de mes héroïnes personnelles et une de mes prédécesseurs en Première dame, Eleanor Roosevelt, a dit que les droits de l’homme commencent réellement dans les petits endroits près de chez soi. Il est facile de parler des grandes questions radicales, de nous engager aux abstractions des droits de l’homme. Il est plus difficile – beaucoup plus difficile – de voir, au plus profond de nos cœurs et nos esprits, vraiment l’autre, le voir vraiment aussi si cet autre est d’une race différente, d’une autre origine ethnique, religion, tribu, origine nationale, et de reconnaître en lui notre humanité commune.

J’ai été dans et autour de la politique depuis longtemps. Il est facile de perdre de vue l’humanité commune de ceux qui s’opposent à vous. Vous arrivez à sentir que votre voie est la voie juste, que votre ordre du jour est la seule qui permettra de sauver les gens. Et tout d’un coup, vous commencez à déshumaniser l’opposition et l’autre.

La plus grande leçon que j’ai appris à propos de cela est venue de Nelson Mandela. Quand je suis arrivée à cette inauguration en 1994, il fut un temps de conflit politique important dans mon propre pays. Mon mari était président. Les gens disaient des choses terribles au sujet de nous deux – personnellement, politiquement, tous les moyens que vous pourriez penser. (Rires.) Et je commençais à devenir assez dur à l’intérieur. Je commençais à penser: «Qui pensent-ils qu’ils sont? Que puis-je faire pour leur faire pareil? “(Rires.)

Après cette inauguration que j’ai décrit au début, moi et d’autres dignitaires de partout dans le monde ont été invités à un excellent déjeuner sous une immense tente à la maison du Président. J’avais pris le petit déjeuner le matin avec le président de Klerk, et je suis revenue pour déjeuner avec le président Mandela. (Rires.) Oh, il y avait tellement de gens importants là-bas. Notre délégation était dirigée par notre vice-président. Il y avait des rois et des premiers ministres et des présidents, tout un assemblage étincelant.

Et le président Mandela était là pour nous accueillir tous et nous souhaiter la bienvenue à ce déjeuner. Et il dit: «Je sais que vous êtes tous des gens très importants, et je vous invite tous dans notre nouveau pays. Je vous remercie d’être venus. Mais les trois personnes les plus importantes pour moi, ici dans cette vaste assemblée, sont trois hommes qui étaient mes geôliers sur l’île de Robben.” Je me suis assise tout droit. (Rires.) Je me tournai vers la personne à côté de moi: “Qu’est-ce qu’il t’a dit?” (Rires.) Il a dit que les personnes les plus importantes ici sont trois de ses geôliers.

Et il dit: «Je veux qu’ils se mettent debout.” Et trois hommes blancs d’âge moyen se levent. Il les appela par leurs noms. Il a dit: “Au milieu des conditions terribles dans lesquelles j’ai été détenu pendant de nombreuses années, chacun de ces hommes me considérait comme un être humain. Ils m’ont traité avec dignité et respect. Ils m’ont parlé; ils m’ont écouté. Et quand je suis sorti de prison, je savais que je devais faire un choix. Je pourrais continuer, dans mon coeur et pour toujours, l’amertume et la haine de ce qui avait été fait avec moi, et je serais toujours en prison. Ou je pourrais commencer à concilier les sentiments à l’intérieur de moi-même avec mes frères humains. ”

C’est cela le véritable héritage du Président Mandela, celui qui nous appelle tous à terminer le travail qu’il a commencé, pour surmonter les obstacles, les injustices, les maltraitances que tout le monde – chacun d’entre nous – va rencontrer à un moment donné dans sa vie. C’est vraiment ce que l’Afrique du Sud est appelée à faire, à continuer la lutte, mais la lutte pour la dignité humaine, la lutte pour le respect, la lutte pour elever les gens et donner aux enfants une chance – chaque garçon et fille – de réaliser son potentiel donné de Dieu, dans ce beau pays qui a été si heurté.

C’est un fardeau d’être un Américain ou un Sud-Africain, parce que les gens attendent de vous d’etre vraiment à la hauteur de ces normes. Les gens nous nous voient sur un niveau de normes plus elevé, n’est-ce pas? Et nous devons à tous ceux qui sont venus avant nous, tous ceux qui se sont sacrifiés et ont souffert, de faire de notre mieux pour continuer à travailler chaque jour pour répondre à ces normes. Mais nous le devons surtout à notre avenir.

Beaucoup de choses ont changé depuis que Robert Kennedy est venu à Cape Town et que Nelson Mandela a quitté l’île de Robben. Mais certaines n’ont pas changé. Le monde que nous voulons construire ensemble exige toujours les qualités de la jeunesse et une prédominance du courage sur la timidité. Donc, dans cet esprit, laissez-nous travailler ensemble de sorte que les valeurs qui ont façonné nos deux pays peuvent également façonner un monde plus pacifique, plus prospère et plus juste.

Je vous remercie tous beaucoup. (Applaudissements.)
FIN DISCOURS #1

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton (d) rencontre Nelson Mandela, le 6 août 2012 dans lLa secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton (d) rencontre Nelson Mandela, le 6 août 2012 dans le village de Qunu
Foto (c) AFP – by Jacquelyn Martin

hillary dakar
Hillary Clinton, Dakar, Senegal, 01.08.2012, Université Cheikh Anta Diop

2. Discours “Bâtir des partenariats durables en Afrique”, Dakar, Senegal
University of Cheikh Anta Diop, Dakar, Senegal — Remarks on Building Sustainable Partnerships in Africa

Remarks
Hillary Rodham Clinton
Secretary of State
University of Cheikh Anta Diop
Dakar, Senegal, August 1, 2012

Discours de la Secrétaire d’Etat Hillary Rodham Clinton
Université Cheikh Anta Diop
Dakar, Sénégal, 1er août 2012
sourcetexte

Bonjour. C’est un honneur et un plaisir pour moi d’être ici aujourd’hui et je voudrais tout d’abord remercier Monsieur le Ministre des Affaires étrangères. Nous sommes fiers que vous ayez accompli une partie de votre éducation dans notre pays et nous sommes très heureux de vous voir occuper de telles fonctions aujourd’hui. Et je voudrais vous remercier d’avoir cité l’une de mes maximes et recommandations favorites, sur ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti sur cette terre. Je vous exprime toute ma reconnaissance, Monsieur le Ministre Cissé. Je tiens également à remercier Monsieur le Recteur Ndiaye pour le chaleureux accueil qui m’a été réservé dans cette prestigieuse université.

J’étais impatiente d’être ici, dans cette institution qui a formé tant d’éminents citoyens du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest, et d’être en compagnie de tout un panel de la société sénégalaise – membres du gouvernement, chefs religieux, membres de la communauté des affaires et de la société civile, jeunes gens et étudiants – autant de personnes qui représentent la riche mosaïque de la démocratie au Sénégal.

J’ai gardé de bons souvenirs de ma première visite au Sénégal, en compagnie de ma fille Chelsea, en 1997. Déjà hier soir, et aujourd’hui même, j’ai rencontré des personnes dont j’avais fait la connaissance lors de cette visite. J’ai rencontré tant d’hommes et de femmes impressionnants qui oeuvrent à l’amélioration de la santé rurale, à la protection de la santé des filles, au développement de l’économie.

Même à cette époque, il y a 15 ans, j’avais senti toutes les promesses et le potentiel que vous étiez en train de réaliser, et j’étais pleine d’enthousiasme. Je me rappelle la visite de l’Ile de Gorée, avec en souvenir le chapitre le plus sombre de notre longue histoire commune, et je me souviens d’avoir ressenti un tel désespoir, devant ce que les êtres humains sont capables de s’infliger les uns aux autres, mais d’avoir ensuite rencontré des gens qui oeuvraient à bâtir un avenir plein d’espoir et de promesses.

En rentrant à la Maison Blanche, j’ai dit à mon mari qu’il devait aller au Sénégal. Et, parfois, il arrive que les maris écoutent ! Alors, dès l’année suivante, je suis revenue avec lui. Pendant 12 jours, il a effectué la tournée la plus longue jamais faite en Afrique par un président américain, même à ce jour. Et il a rencontré des personnes oeuvrant pour la paix et des entrepreneurs, des étudiants et des hommes et des femmes d’Etat.

Ici, au Sénégal, Bill a parlé d’une renaissance africaine. Sur l’Ile de Gorée, il a prononcé ces mots : « Aussi sûr que l’Amérique se trouve au-delà de l’horizon derrière moi, je m’engage devant les populations africaines à franchir cet océan pour bâtir un nouveau partenariat basé sur l’amitié et le respect. » Et c’est ce qu’il a fait. Il a respecté cet engagement avec des initiatives comme la Loi sur la Croissance et les Opportunités en Afrique (AGOA Act), qui a permis d’initier l’ouverture des marchés américains aux marchandises africaines, marquant un changement dans nos relations, passant de l’aide au commerce : « Trade not Aid ». Son successeur, le président George W. Bush, s’est rendu au Sénégal et dans d’autres pays africains pour la première fois en 2003. Lui aussi s’est engagé à renforcer le partenariat entre nos pays. Sous l’égide du président Bush, les Etats-Unis ont lancé deux programmes historiques, le PEPFAR, le Plan présidentiel d’aide d’urgence à la lutte contre le VIH/SIDA, et le MCC, le Millenium Challenge Corporation, destinés à lier notre aide à des améliorations en termes de gouvernance et d’obligation redditionnelle.

Puis, le président Obama, un fils de l’Afrique et de l’Amérique, a dynamisé et personnalisé l’engagement de l’Amérique au cours de son discours historique de 2009 devant le Parlement du Ghana. Il a exposé une vision de nos relations axées sur le renforcement d’institutions solides enracinées dans la démocratie. Il a prononcé cette phrase restée célèbre : « L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts. Elle a besoin d’institutions fortes. » Et je pense assurément que le Sénégal a montré à quel point cela était vrai. Le président Obama a également reconnu que par le passé, les puissances occidentales avaient trop souvent considéré l’Afrique comme un fournisseur de ressources à exploiter, ou comme une cause caritative en mal de parrainage. Il a lancé ce défi aux Africains comme aux Américains : l’Afrique a besoin de partenariat, pas de parrainage. Et nous avons essayé d’aller de l’avant à partir de ce défi à relever.

Tout au long de ma tournée à travers l’Afrique cette semaine, je parlerai de ce que nous entendons par là, d’un modèle de partenariat durable qui ajoute de la valeur, au lieu d’en prendre. Voilà l’engagement de l’Amérique envers l’Afrique. La stratégie globale de l’Administration Obama pour l’Afrique sub-saharienne repose sur quatre piliers : le premier pilier est la promotion des opportunités et du développement ; le deuxième pilier, la stimulation de la croissance économique, des échanges et des investissements ; le troisième pilier, le soutien à la paix et la sécurité et le quatrième pilier, le renforcement des institutions démocratiques. Notre partenariat avec le Sénégal incarne ces quatre piliers.

Premièrement, en ce qui concerne le développement, nous nous appuyons sur les avancées de programmes tels que l’AGOA, le PEPFAR et le MCC, et nous tenons compte des leçons apprises au cours des décennies passées. Nous poursuivons une approche appelée appropriation nationale du développement. Cela signifie que les efforts entrepris par le pays lui-
même pour sortir sa population de la pauvreté, améliorer la santé et l’éducation, stimuler l’économie, sont dirigés, planifiés et enfin mis en oeuvre par votre propre gouvernement, vos propres communautés, votre propre société civile, votre propre secteur privé.

En fait, je sais que parfois, l’expression « appropriation nationale » est sujette à caution. D’aucuns s’inquiètent, pensant que cela signifie que les donateurs sont censés ne jamais interrompre le versement des fonds, qui se poursuivrait indéfiniment, tandis qu’une poignée de ministres sans obligation de rendre des comptes choisiraient selon leur bon vouloir comment dépenser cet argent, ou, à l’inverse, prenant cela pour une façon d’abandonner nos partenaires. D’autres, encore, craignent qu’appropriation nationale ne rime en fait avec contrôle gouvernemental, gel de la société civile et du secteur privé. Et bien, je pense qu’il est normal de poser ces questions, car comme beaucoup de bailleurs de fonds, les Etats-Unis n’ont pas toujours fait au mieux en matière de promotion et d’explication de leurs intentions. Aussi, au cours de mes déplacements en Afrique, je mettrai en exergue les progrès que nous avons faits pour que cette expression se traduise dans la réalité.

Ainsi, lorsque je serai en Afrique du Sud, j’annoncerai que l’Afrique du Sud va prendre en charge la gestion de ses programmes VIH/SIDA qui traitent presque 6 millions de personnes par an. Les Etats-Unis ont été un partenaire et un bailleur de fonds, et continueront à fournir de l’aide, mais le gouvernement et le peuple sud-africains ont dit : « Il s’agit de notre problème et nous devons nous y atteler nous-mêmes, avec nos citoyens. »
Ici, au Sénégal, nous oeuvrons dans le cadre de l’accord du MCC et avec l’USAID, pour nous assurer que nous répondons aux besoins qui nous parviennent par le biais de nos experts et des vôtres. Ainsi, lorsque je me suis rendue dans un Centre de santé ce matin, j’ai vu ce que nous faisions avec vous dans le domaine du paludisme et de la tuberculose, mais j’ai également entendu que le Sénégal avait besoin d’un accroissement de l’aide dans le domaine de la mortalité maternelle et de la santé des mères, de davantage d’aide pour la survie des enfants et, comme tous les pays du monde, de plus en plus d’aide pour les maladies chroniques telles que le diabète et l’hypertension.

Alors, au lieu que ce soit nous, qui sommes assis aux Etats-Unis, à Washington, dans nos bureaux, qui décidions ce dont le Sénégal a besoin ou ce que le Sénégal veut, nous sommes déterminés à travailler avec vous pour écouter, apprendre et ensuite produire des résultats ensemble. Mais nous sommes également convaincus que la bonne gouvernance et la politique pèseront dans la balance. Le développement durable repose sur des dirigeants politiques qui font les bons choix pour lutter contre la corruption et créer des emplois, donner la priorité aux investissements dans les domaines de la santé et de l’éducation, mettre en place des systèmes fiscaux équitables, des budgets transparents et d’autres mesures responsables.

Le président de la République, au cours de l’entretien extrêmement constructif et exhaustif que nous avons eu aujourd’hui, m’a parlé des mesures qu’il prend dans chacun de ces domaines. En effet, cela va bien au-delà des portefeuilles des ministres de la Santé ou du Développement. Cela suppose des directives qui viennent du sommet. Aussi ai-je abordé ces questions avec les Premiers ministres et les présidents, de même qu’avec la société civile et avec le secteur privé. Mais en dernier ressort, dans une démocratie telle que le Sénégal, les décisions doivent revenir au peuple, avec un peuple exerçant ses droits de citoyens, pour avoir le genre de services dont vous savez que vous avez besoin, pour vous-mêmes et vos familles. Nous saluons l’accent mis par le président Macky Sall sur la transparence et l’obligation redditionnelle du gouvernement, et sur l’indépendance du pouvoir judiciaire. Nous pensons que ses projets pour dynamiser la production agricole et réformer les règles de la propriété foncière seront d’une importance capitale. Nous souhaitons également l’aider à remplir son engagement à résoudre le conflit qui dure depuis tant d’années dans le sud du pays. Nous sommes prêts à contribuer de quelque manière que ce soit à la traduction devant la justice de l’ancien président tchadien Habré. Tous ces engagements sont des engagements importants, qui montrent le genre de gouvernement et de pays qu’est le Sénégal, et qu’il a l’intention d’être. Et les Etats-Unis se tiennent prêts à apporter leur aide, en tant que partenaire et en tant qu’ami.

Nos investissements au Sénégal reposent sur un accord « Compact » de 540 millions de dollars, fourni dans le cadre du Millenium Challenge Corporation, l’un des plus importants au monde. Je vais vous dire ce que cet accord est censé réaliser, selon les grandes lignes de la rude compétition que le Sénégal a dû affronter pour bénéficier de ce fonds. Il vise à aider le Sénégal à réhabiliter ses routes, bâtir des ponts, irriguer quelque 36500 hectares de terres cultivables et faciliter l’accès des produits au marché pour les agriculteurs. Par ailleurs, cette année, l’Agence des Etats-Unis pour le Développement international (USAID) investit 19 millions de dollars dans la construction d’écoles et la formation d’enseignants, 17 millions de dollars dans le renforcement de l’approvisionnement alimentaire et 55 millions dans l’amélioration de la santé publique. J’ai vu les fonds consacrés à la santé publique en action ce matin au Centre de Santé, car ce que j’ai vu relève d’une planification bien organisée, qui permet de proposer en un seul endroit les services dont les populations ont besoin. Cela peut vous sembler évident, mais le Sénégal est à la pointe du progrès en la matière. Tant de pays ont encore des services de santé qui sont éparpillés. Ainsi, une femme enceinte qui fait une visite de contrôle, mais qui souhaite également avoir une moustiquaire imprégnée pour se protéger du paludisme, devra aller dans deux endroits différents. Alors que dans ce Centre de santé, selon le modèle mis en place par le Sénégal, les choses se font de façon beaucoup plus efficace et cela produit des résultats plus rapidement. En travaillant de concert, le Sénégal a réduit la mortalité infantile de 40 pour cent au cours des cinq dernières années.
Mais il reste encore beaucoup à faire.

Le deuxième pilier de notre stratégie est la dynamisation de la croissance économique, des échanges et des investissements. Les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et le Sénégal ont augmenté de 20 pour cent l’année dernière. Nous commençons à faire de réels progrès, mais comme je l’ai dit au président, nous savons que nous devons faire davantage pour que ce chiffre soit encore plus élevé. Le FMI a récemment indiqué que la résilience démocratique du Sénégal vous a placé en bonne position pour arriver à la croissance à long terme, et les Etats-Unis veulent contribuer à votre réussite. En fait, nous pensons que si l’on veut faire un bon investissement, dans ce qui est encore une situation économique mondiale très difficile, il faut aller en Afrique. En Afrique se trouvent sept des dix économies du monde qui connaissent la croissance la plus rapide. Mais trop d’hommes et de femmes d’affaires à travers le monde ne le savent pas. Nous allons donc agir pour essayer de nous assurer que les hommes et les femmes d’affaires et les investisseurs aux Etats-Unis aient connaissance des opportunités au Sénégal et dans le reste de l’Afrique.

Mais si l’on veut être éloquent, il n’y a pas que les chiffres et les statistiques qui comptent. La croissance doit se traduire en une prospérité largement partagée. On ne pourra pas parler de réussite si un petit groupe de personnes s’enrichissent. Ce que vous voulez voir est une croissance durable et généralisée à long terme. Et je ne manquerai pas de souligner ce point partout où je m’arrêterai.

Nous encourageons une plus grande intégration économique entre voisins, au sein d’une même région. En regardant l’Afrique sub-saharienne et les obstacles à la croissance, on s’aperçoit qu’un grand nombre de ces obstacles sont les barrières qui existent entre voisins. Si les pays et les régions d’Afrique échangeaient autant entre eux que les pays d’Amérique latine ou d’Asie, la croissance serait encore plus rapide. Alors, comment pouvons-nous travailler avec vous, avec vos entreprises, avec vos gouvernements, pour tenter de mettre en place une plus grande intégration afin d’alimenter une croissance économique plus rapide ?

Nous travaillons également avec des pays riches en ressources, que nous aidons à veiller à ce que leurs richesses minières et énergétiques améliorent réellement la vie de leurs citoyens. Le temps où des gens venaient de l’extérieur pour extraire les richesses de l’Afrique pour leur propre profit sans rien laisser, ou si peu, derrière eux, doit être révolu au 21ème siècle.

Le troisième pilier est un engagement en matière de sécurité commune et de résolution régionale des problèmes. Là encore, les Etats-Unis et le Sénégal travaillent en étroite collaboration, oeuvrant pour lutter contre le terrorisme, s’attaquant aux menaces régionales comme le trafic des stupéfiants, appuyant la paix et la sécurité dans la région et dans le monde. Et je voudrais tout particulièrement saluer et remercier le Sénégal pour ses contributions aux missions de maintien de la paix, depuis la Côte d’Ivoire et la République Démocratique du Congo, en passant par Haïti. J’entends parler en termes très élogieux du professionnalisme, de l’expertise des militaires sénégalais. Et pour cela, nous tenons à vous rendre hommage. Nous avons également salué le leadership de l’Union africaine dans la promotion de la paix, de la sécurité et de la démocratie. L’Union africaine a envoyé des messages forts sur les nouvelles normes africaines, en suspendant Madagascar, la Guinée-Bissau et le Mali après leurs coups d’Etat, et en appelant au rétablissement des gouvernements civils élus. Je suis d’ailleurs impatiente de discuter de l’avenir de l’Union africaine avec sa présidente nouvellement élue, en Afrique du Sud, la semaine prochaine.

Avec la participation du Sénégal, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est également affirmée comme leader dans la réponse aux crises politiques et sécuritaires. La CEDEAO a soutenu la démocratie en s’opposant au régime illégitime de Gbagbo, lorsque celui-ci s’est accroché au pouvoir après avoir perdu les élections en Côte d’Ivoire. Cette organisation coordonne les réponses régionales aux menaces transnationales, telles que les stupéfiants, la piraterie et le trafic des armes légères. Nous travaillons ensemble à la formation de la police, des procureurs et des forces de sécurité, afin de contribuer au renforcement de l’état de droit et au respect des droits de l’homme. Il convient tout particulièrement de souligner le quatrième pilier dans le cadre de notre approche ici, au Sénégal, car il est au coeur du modèle américain de partenariat : il s’agit de notre soutien indéfectible à la démocratie et aux droits de l’homme, de notre aide aux nations et aux populations dans la réalisation de leurs propres aspirations.

A tous égards, les démocraties font de meilleurs voisins et de meilleurs partenaires. Elles ont de plus grandes capacités à travailler ensemble pour résoudre les problèmes communs. Elles innovent davantage. Elles fournissent aux gens une voie qui leur permet de consacrer leurs énergies à un engagement politique, économique et civique qui freine l’avancée de l’extrémisme. En outre, les sociétés ouvertes offrent davantage d’opportunités aux échanges économiques, éducatifs, culturels et interpersonnels, qui sont le fondement de la paix. Je sais qu’il y a parfois un argument selon lequel la démocratie est un privilège réservé aux pays riches, et que les économies en développement doivent placer la croissance économique avant tout et se préoccuper ensuite de la démocratie.

Mais l’histoire nous enseigne une autre leçon. A long terme, on ne peut avoir de libéralisation économique sans libéralisation politique. Sans état de droit, les personnes qui ont une bonne idée pour créer une affaire, ou qui ont de l’argent à investir, ne peuvent avoir confiance dans le fait que les contrats seront honorés et la corruption punie, ou que les règles seront transparentes et les litiges résolus équitablement, et beaucoup des gens finiront par se tourner vers d’autres opportunités, ailleurs, certains allant même jusqu’à émigrer en dehors de leur pays d’origine.

L’an dernier, la Banque mondiale a rapporté que le respect de la liberté économique et des libertés civiles et politiques contribuait à expliquer pourquoi certains pays atteignaient mieux les objectifs économiques à long terme que d’autres. Aussi, au lieu de considérer la réforme démocratique comme une question qui peut être reléguée au second plan, nous estimons qu’elle est essentielle, qu’elle fait partie du socle fondamental sur lequel se bâtit le développement durable.

Si quelqu’un doute du fait que la démocratie peut s’épanouir sur le sol africain, qu’il ou elle vienne au Sénégal. Les Américains admirent le Sénégal, qui est l’un des seuls pays ouest-africains à ne jamais avoir connu de coup d’Etat militaire. Nous nous sommes tenus fermement derrière le peuple sénégalais lorsque vous avez défendu votre démocratie et votre Constitution au cours des récentes élections présidentielles. Ce fut un exemple particulièrement éloquent pour l’Afrique et pour le monde. Nous avons vu une poignée de musiciens et de jeunes activistes déclencher un mouvement de masse avec un slogan simple : « Y En A Marre ». Nous avons vu diverses organisations de la société civile se mobiliser ensemble, inscrire et éduquer les électeurs. Nous avons vu des étudiants protester dans les rues en clamant : « Ma carte, mon arme ». Nous avons vu des militaires et des forces de police respecter les principes démocratiques en restant en dehors de la vie politique. Nous avons vu de longues files de citoyens faisant la queue pour voter. Nous avons vu des activistes de la société civile surveiller plus de 11.000 bureaux de vote, envoyer les décomptes des voix et les rapports sur les irrégularités par SMS à un centre indépendant à Dakar. Nous avons vu ce qui a peut-être été le programme de surveillance le plus sophistiqué jamais déployé en Afrique ou ailleurs dans le monde. Et, au final, nous avons assisté à un transfert pacifique du pouvoir. Nous avons vu la démocratie réaffirmée. Nous avons vu les traditions du Sénégal préservées. Et nous nous sommes joints au reste du monde pour saluer le peuple sénégalais et lui dire tout notre respect.

Sur un plan plus personnel, je dois ajouter que j’ai été tout particulièrement impressionnée par le fait que les électeurs sénégalais aient élu 65 femmes sur les 150 sièges qui composent la nouvelle Assemblée nationale. Vous le savez certainement, mais cela fait du Sénégal un pays qui a l’un des pourcentages de femmes dans des organes législatifs directement élus les plus élevés du monde. Ce qui est bien entendu parfaitement logique, car les démocraties doivent être ouvertes et intégrer l’ensemble de leurs populations, hommes et femmes, non seulement en ce qui concerne le vote, mais pour avoir la chance de participer et de diriger. Et les femmes sénégalaises ont eu un rôle de premier plan pendant les élections, notamment grâce à la Plateforme de Veille des Femmes pour des Elections pacifiques, un réseau qui regroupe plus de 60 organisations. La “Salle de Veille” a été un centre névralgique d’une telle importance en termes d’information et d’activisme, que le président Sall a tenu à s’y rendre dès le lendemain de l’annonce de sa victoire. Il sera essentiel dans les jours à venir de soutenir cette participation, car vous savez que les choses ne peuvent se faire du jour au lendemain. Cela prend du temps. Mais vous avez des dirigeants que vous avez élus et qui ont pris des engagements publics en faveur des changements que vous souhaitez. Et je sais, d’après le travail que nous faisons avec vos nouveaux dirigeants, qu’ils sont totalement déterminés à ce que ces changements interviennent. Nous nous tiendrons donc à leur côté et avec vous, tandis que vous commencez le dur travail consistant à concrétiser et traduire sous forme de résultats la rhétorique qui sous-tend toute campagne politique.

La résilience de la démocratie se répercute à présent à travers tout le continent. Nous avons assisté au retour de l’ordre constitutionnel au Niger et en Guinée, après des coups d’Etat. Nous avons assisté à des élections crédibles au Bénin, au Cap-Vert, au Liberia, au Nigeria, en Zambie et au Togo l’année dernière. Nous avons vu des médias plus libres, des systèmes judiciaires plus équitables, des assemblées législatives plus efficaces et des sociétés civiles plus dynamiques.

Prenez la Côte d’Ivoire, par exemple, qui a dû affronter l’année dernière une menace sérieuse qui pesait sur la démocratie, et qui cette année en récolte les bénéfices économiques. La Banque mondiale, le FMI et le Club de Paris ont consenti un effacement de presque 4 milliards de dollars de la dette. Et si le PIB de ce pays a chuté de plus de 6 pour cent en 2011 pendant les crises qu’il a traversées, il devrait faire un bond de plus de 8 pour cent cette année. La Côte d’Ivoire, qui est aujourd’hui en paix et dont l’ordre démocratique a été restauré, a pu débloquer un financement général pour des projets d’infrastructures qui avaient été longtemps retardés, notamment de nouveaux ponts, des barrages hydroélectriques et bien d’autres projets. Par conséquent, la démocratie et la paix sont payantes.

Cette semaine, nous nous joignons tous au peuple ghanéen qui pleure feu son président Mills, un homme et un dirigeant de qualité. Mais nous saluons également le transfert pacifique, constitutionnel et sans heurts du pouvoir au président Mahama. Le peuple ghanéen se rendra aux urnes avant la fin de l’année et aura l’occasion de rajouter un haut fait à l’une des plus grandes histoires de la démocratie en Afrique.

Cette année, j’ai eu le privilège d’assister à la deuxième cérémonie d’investiture de la présidente Ellen Johnson Sirleaf, au Liberia, un pays qui n’est sorti que récemment d’années de guerre et de ruine économique. Il y a eu des signes inquiétants qui ont laissé penser que cette dernière élection pouvait rallumer les braises du conflit, mais les dirigeants du Liberia, de même que ses jeunes institutions démocratiques, ont fait preuve de solidité et ont permis au pays de rester sur la bonne voie.

Je sais toutefois combien il peut être dur de garder confiance dans un système démocratique lorsque votre candidat ou votre parti favori perd une élection. J’ai gagné des élections et j’en ai perdu. Je sais que le fait de boycotter ou de faire obstruction n’est pas la solution pour faire avancer un programme ou résoudre un problème. C’est une recette qui conduit à l’impasse et au conflit. On me demande souvent, partout dans le monde, comment j’ai pu accepter de servir au sein de l’administration du président Obama, alors que nous avions lutté si fort l’un contre l’autre dans la campagne présidentielle. J’ai essayé de le battre, il a essayé de me battre, et c’est lui qui a réussi. Et je fais toujours la même réponse : c’est parce que nous aimons tous les deux notre pays. Parce que c’est là tout l’enjeu de la démocratie, et du patriotisme.

Cela, vous le savez, ici au Sénégal ! Et nous espérons voir cet esprit et cette expérience s’implanter dans un nombre encore plus grand de pays de la région. Car aussi fiers que nous puissions l’être de voir ces élections réussies et ces transitions pacifiques, il y a encore beaucoup trop d’endroits dans cette région et sur tout le continent où la démocratie est menacée, où les droits de l’homme sont violés, où l’état de droit est ébranlé. Il y a encore beaucoup trop d’Africains qui vivent sous le joug de dirigeants autocratiques davantage soucieux de conserver leur mainmise sur le pouvoir que de promouvoir le bien-être de leurs citoyens. L’extrémisme violent, la criminalité transnationale et la corruption galopante constituent autant de menaces pour la démocratie.

Nous avons assisté à un certain recul, car en moins d’une décennie, le nombre de démocraties électorales en Afrique sub-saharienne a chuté, passant de 24 en 2005 à juste 19 aujourd’hui. La situation est bien meilleure que ce qu’elle était il y a vingt ans, mais elle est toutefois loin d’être satisfaisante……..

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One thought on “AFRIQUE: DISCOURS 2012 HILLARY CLINTON – en francais – SENEGAL et AFRIQUE DU SUD”

  1. SUITE DISCOURS SENEGAL

    Ici, au Sénégal, il y a des éléments d’inquiétude dans la situation qui prévaut chez vos voisins. En Guinée-Bissau, aucun président élu n’a pu arriver au terme d’un mandat plein de cinq ans et, en avril dernier, un coup d’Etat miliaire a une fois de plus interrompu un régime constitutionnel. Nous remercions le Sénégal pour sa contribution aux troupes de la Force de stabilisation de la CEDEAO dans ce pays. L’économie déjà mal en point est en train de s’effondrer. Selon les prévisions, la production de noix de cajou chutera de moitié. Et qu’est-ce qui fleurit ? Le trafic de stupéfiants. La corruption généralisée, la cupidité, sont florissantes. Nous voyons une tendance extrêmement inquiétante se dessiner, selon laquelle la Guinée-Bissau, si le peuple de Guinée-Bissau – avec l’aide de ses voisins et de la communauté internationale – ne s’y oppose pas farouchement, pourrait devenir un Etat totalement dépendant des trafiquants de drogue d’Amérique latine. Quelle terrible évolution ! Le président Sall et moi avons parlé longuement de ce que nous pourrions faire pour apporter davantage d’aide, et nous nous tenons prêts à le faire, car le peuple de Guinée-Bissau mérite certainement ce qu’il y a de mieux.

    Le Mali, selon les principaux indicateurs, se trouvait sur la bonne voie, jusqu’à ce qu’une poignée de militaires ne s’emparent du pouvoir il y a un peu plus d’un mois, juste avant le déroulement des élections nationales. Selon certaines estimations, cela pourrait entrainer un retard pour l’économie malienne de quasiment une décennie. Cela a créé un vide dans le Nord, où la rébellion et l’extrémisme se sont propagés, menaçant non seulement les vies des personnes et les trésors du passé, mais la stabilité de la région. Et de récents rapports de Human Rights Watch font état de préoccupations concernant des allégations de torture et d’assassinats extrajudiciaires commis par les mutins. A présent, le président intérimaire est revenu et nous encourageons l’ensemble des parties à mettre de côté leurs différences, à travailler au retour de la démocratie, à prévoir l’organisation d’élections pour le mois d’avril de l’année prochaine, à préserver l’intégrité territoriale du pays, et à rejeter les appels à l’extrémisme violent. L’Union africaine a suspendu le Mali, la CEDEAO a imposé des sanctions, les Etats-Unis ont interrompu leur financement, mais nous avons maintenu l’aide humanitaire essentielle aux programmes de santé et aux programmes alimentaires, et nous avons apporté une contribution à hauteur de 10 millions de dollars pour aider les 260.000 réfugiés maliens qui ont été déplacés.

    De plus, nous sommes tout à fait conscients de la crise alimentaire de grande ampleur qui sévit dans les pays du Sahel, et nous consacrons plus de 355 millions de dollars à tenter de remédier à la crise alimentaire et à l’afflux de réfugiés dans le Sahel.
    J’ai également dépêché certains de mes plus proches collaborateurs auprès du Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés, qui s’est rendu au Mali, au Burkina Faso et dans d’autres pays pour procéder à une évaluation des besoins. Mais l’aide au gouvernement ne pourra être et ne sera pas reprise tant que les militaires n’acceptent pas le contrôle des civils et qu’un gouvernement démocratiquement élu n’est pas installé.

    Ces deux pays, le Mali et la Guinée-Bissau, ne sont cités qu’à titre d’exemples. Malheureusement, on pourrait en citer davantage.

    Lorsque les emplois sont rares et qu’une petite élite s’enrichit alors que la majorité de la population lutte pour sa survie, les gens – et tout particulièrement les jeunes – peuvent canaliser leurs frustrations dans des changements sur le plan social, économique et politique. Ce qui est la bonne manière de procéder. Mais ils peuvent également être attirés par la violence, le conflit, l’extrémisme, sous l’effet de la frustration et de la colère, en voyant ce qui se passe autour d’eux. Il est temps – il est même grand temps – que tous les dirigeants acceptent de rendre des comptes, de traiter leurs populations avec dignité, de respecter leurs droits, de proposer des opportunités économiques et des services pour tous.

    Comme je l’ai dit lors du Sommet de l’Union africaine à Addis Abeba l’été dernier, les dirigeants qui s’accrochent au pouvoir à tout prix, qui étouffent toute contestation, pour s’enrichir et enrichir leurs familles et leurs partisans, pour qui la démocratie se limite à une élection unique, sont du mauvais côté de l’histoire.
    Voilà à quoi nous assistons en Afrique du Nord, et ailleurs, où les gens finissent par dire « Stop. Y En A Marre ».

    Ainsi, les liens entre la démocratie et le développement sont-ils un élément constitutif du modèle américain de partenariat. Je reconnais que par le passé, nos politiques ne se sont pas toujours alignées sur nos principes. Mais aujourd’hui, nous bâtissons des relations, ici en Afrique de l’Ouest et à travers tout le continent, qui ne sont pas simplement transactionnelles ou transitoires. Elles sont bâties pour durer. Et elles reposent sur un socle de valeurs démocratiques communes et sur le respect partagé des droits de l’homme universels pour tous les hommes et toutes les femmes.

    Nous voulons apporter de la valeur ajoutée à nos partenaires et nous voulons apporter de la valeur ajoutée dans la vie des populations. Aussi les Etats-Unis seront-ils en faveur de la démocratie et des droits de l’homme universels, même lorsqu’il serait plus facile ou plus profitable de regarder de l’autre côté, pour ne pas tarir le flot des ressources. Tous les partenaires ne font pas ce choix, mais nous le faisons et nous continuerons à le faire.

    Je suis également consciente que certaines personnes, aux Etats-Unis, disent que nous ne devrions pas nous inquiéter, que nous devrions juste nous préoccuper des intérêts économiques ou sécuritaires immédiats de l’Amérique, et ne pas nous soucier autant de l’implantation lente et difficile de la démocratie ailleurs dans le monde. Mais je trouve cette conception étroite et peu clairvoyante. En effet, il n’y va pas seulement de l’intérêt du peuple du Sénégal ou d’autres pays, il y va également de notre intérêt d’avoir des partenaires forts et stables dans le monde, et les démocraties sont de loin les partenaires les plus solides et les plus stables. Il ne s’agit donc pas d’altruisme. Il s’agit d’un engagement stratégique en faveur d’une prospérité partagée, d’une sécurité commune.

    Au cours des élections qui ont eu lieu récemment ici, beaucoup de jeunes et d’étudiants ont parlé d’un nouveau type de citoyen sénégalais qui se dessinait : actif, engagé et oeuvrant pour la démocratie. Ce pays est jeune et ce continent est jeune. Et nous savons que les jeunes sont aujourd’hui reliés entre eux, d’une façon qui n’était même pas imaginable ne serait-ce qu’il y a quelques années. Ainsi, un jeune qui étudie dans cette université sait ce qui se passe non seulement en Afrique du Sud, mais dans l’Asie du Sud. Vous pouvez voir ce que font d’autres gens, de quelle façon ils participent, et vous commencez à vous dire : Et nous ? Et notre talent ? Notre potentiel ? Notre avenir?

    Je suis ici pour vous dire que nous avons foi dans la jeunesse sénégalaise et la jeunesse africaine. Et nous sommes convaincus que le talent est universel, mais que les opportunités ne le sont pas. Alors, à quoi cela renvoie-t-il ? Nous sommes persuadés que maintenant, quelque part au Sénégal, un jeune garçon ou une jeune fille pourrait être un scientifique qui contribue à la découverte d’un remède pour une forme rare de cancer, pourrait être président dans 30 ou 40 ans, pourrait être un entrepreneur créateur d’une entreprise qui emploie des centaines, voire des milliers d’autres Sénégalais. Nous en sommes convaincus. Et nous pensons que le meilleur moyen de mettre cela à l’épreuve est de faire ce que le Sénégal est en train de faire, à savoir de poursuivre le travail réalisé dans le domaine de l’éducation, de la santé, du développement, tout particulièrement dans les zones rurales, ainsi que pour l’égalité de genre, afin que les talents de la moitié de la population de votre pays ne soient pas perdus – tandis que vous bâtissez ce nouvel avenir.

    Nous voulons promouvoir vos aspirations et nos valeurs communes. Nous voulons aider un plus grand nombre de personnes, dans un plus grand nombre d’endroits, à réaliser leurs propres potentiels reçus de Dieu. Nous voulons que cela soit notre mission commune. Tel est le travail que nous sommes appelés à faire au 21ème siècle.

    C’est une course, une course entre l’espoir et la peur, une course entre le potentiel réalisé et le désespoir enraciné dans chaque pore de notre corps. C’est une course que nous livrons, entre ceux qui croient, comme vous et nous, qu’il y a un avenir illimité pour ceux qui sont prêts à travailler ensemble.

    Je voudrais dire merci au Sénégal. Merci de ce que vous avez fait dans votre propre pays. Merci d’être un modèle dans la région, un champion de la démocratie, une force de paix, de prospérité et de progrès. Et merci d’être un partenaire et un ami des Etats-Unis d’Amérique.

    Merci et Dieu vous bénisse.
    FIN DISCOURS #2

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