ERITREA: DIKTATUR ABER JUNGE OPPOSITION MOBILISIERT IM EXIL – Erythrée: le téléphone, nouvelle arme de l’opposition

1. Eritrea: das Telefon, neue Waffe der Opposition im Exil
London (Vereinigtes Königreich) (AFP) – 05.05.2013 08.16 Uhr – von Beatrice START
Befeuert vom Arabischen Frühling, mobilisieren Eritreer im Exil gegen das Isaias Afewerki Regime, einem der abgeschottetzen der Welt, demonstrieren in Europa offen – eine Premiere – und bombardieren ihre Landsleute daheim mit Telefonaten.
2. Eritrea: mindestens 10.000 politische Gefangene, nach Angaben von Amnesty International
NAIROBI (AFP) – 09.05.2013 16.33 Uhr
Eritrea hat “mindestens 10.000” politische Gefangene, von denen viele unter “entsetzlichen, unvorstellbaren Bedingungen” leben, prangerte Amnesty International in einem Bericht am Donnerstag an, nur wenige Tage vor dem 20. Jahrestag der Unabhängigkeit des Landes.
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1. Erythrée: le téléphone, nouvelle arme de l’opposition en exil
LONDRES (Royaume-Uni) (AFP) – 05.05.2013 08:16 – Par Béatrice DEBUT
Galvanisés par le Printemps arabe, des Erythréens en exil se mobilisent contre le régime d’Issaias Afeworki, l’un des plus fermés au monde, en manifestant en Europe à visage découvert – une première – et en bombardant de coups de téléphone leurs compatriotes restés au pays.

Manifestation d'Erythréens devant l'ambassade de leur pays à Londres le 22 février 2013
Demonstration der Eritreer vor der Botschaft ihres Landes in London 22. Februar 2013
Manifestation d’Erythréens devant l’ambassade de leur pays à Londres le 22 février 2013
afp.com – Justin Tallis

Chaque semaine, des membres de la diaspora enregistrent un message politique d’une minute diffusé à au moins quelque centaines d’Erythréens, appelés au hasard, via un central téléphonique.
“Il est temps de retrouver notre liberté et notre dignité”, affirme l’un de ces messages en direction du petit Etat de la Corne de l’Afrique. Dans un autre enregistrement, la mère d’une prisonnière politique célèbre, Aster Yohannes, rappelle le sort de sa fille, arrêtée en 2003 et dont elle est sans nouvelles depuis.
A l’origine de ce mode d’action singulier se trouve une nouvelle génération d’exilés qui refusent de s’engager derrière le mot d’ordre d’un parti, explique Léonard Vincent, spécialiste de l’Erythrée.
Ils représentent “la force montante de l’opposition”, les partis d’opposition, tous en exil, étant “ultra minoritaires et querelleurs”, ajoute-t-il.
Ces exilés n’ont pas fait la guerre de l’indépendance, acquise officiellement en 1993. Mais “leur guerre à eux, c’est le malheur actuel de la nation érythréenne”, poursuit-il, alors qu’environ 1.500 Erythréens, selon les derniers chiffres de l’ONU, fuient chaque mois leur pays pauvre, après avoir déboursé des sommes astronomiques allant jusqu’à 30.000 euros selon des témoignages.
Ces opposants, dispersés de par le monde (Australie, Allemagne, Royaume-Uni, Etats-Unis…) et organisés via internet, réclament l’application de la Constitution de 1997 qui prévoit des élections. Ils exigent aussi la libération des prisonniers politiques, estimés entre 5.000 et 10.000 selon Human Rights Watch. Des revendications qu’ils diffusent, via les messages téléphoniques, tous les vendredis depuis fin 2011.
En un peu plus de deux ans, quelque 100.000 appels ont été passés, y compris auprès de membres du régime. Et paradoxalement, “ce sont parfois les gens qui ne nous aiment pas qui relayent le message” à leur corps défendant. “Ils n’ont pas peur” de parler, étant des rouages du système autoritaire, raconte Selam Kidane, à l’origine de ce projet baptisé Arbi Harnet (Vendredi libre).
Ces appels permettent aux habitants d’entendre une voix discordante sans les mettre en danger, explique-t-elle. Les Erythréens n’ont pas à “chercher un site internet clandestin ou une station de radio”, ce qui représente une réelle prise de risque dans un pays dirigé d’une main de fer par Issaias Afeworki, au pouvoir depuis plus de vingt ans, et où les libertés d’expression et de presse sont inexistantes selon les ONG.
Arbi Harnet n’aurait pu voir le jour sans le courage d’un Erythréen qui a sorti clandestinement de son pays l’annuaire, raconte Selam, mère de famille d’origine érythréenne installée à Londres.
Concrètement, “grâce à ces appels, nous avons recruté une petite équipe sur place qui collent des affiches”, explique-t-elle.
De faux avis de décès sont placardés sur le modèle des avis traditionnels en Erythrée, confirme Léonard Vincent, auteur du livre “Les Erythréens”. Sur ces affichettes, “la photo est fictive et le message subversif, genre +Réveillez-vous, on vous a volé votre liberté+. C’est très nouveau que des gens extrêmement courageux osent s’organiser clandestinement”, constate-t-il, tout en relativisant l’impact des appels.
Ces messages n’ont aucune chance de déboucher sur un soulèvement populaire dans un pays de 5 millions d’habitants où “il ne reste que les vieux, les enfants et les esclaves” du service militaire, estime-t-il. En revanche, Arbi Harnet peut créer “une force d’appoint potentielle pour des gens qui, à l’intérieur du système, voudraient prendre le pouvoir”.
“Le mouvement a démarré avec le Printemps arabe”, raconte une opposante impliquée dans le projet à ses débuts, Miriam September, de son nom de militante. Et après la mutinerie militaire avortée du 21 janvier 2013 à Asmara, “il y a eu un élan sans précédent” au sein de la diaspora, affirme cette trentenaire installée en Allemagne. Les dons pour financer les appels ont augmenté, selon Selam, et des centaines d’Erythréens ont manifesté à visage découvert dans des capitales étrangères.
“C’en est assez, je ne peux pas me cacher pendant que mon peuple se fait tuer”, témoigne Mussa Beshir, lors d’une récente manifestation à Londres.
L’énorme défi désormais, estime Léonard Vincent, est “de tenir sur la longueur le temps que la situation bascule dans le pays”.
© 2013 AFP

2. Erythrée: au moins 10.000 prisonniers politiques, selon Amnesty International
NAIROBI (AFP) – 09.05.2013 16:33
L’Erythrée compte “au moins 10.000” prisonniers politiques, vivant pour beaucoup dans “des conditions atroces, inimaginables”, dénonce Amnesty International dans un rapport jeudi, à quelques jours du 20e anniversaire de l’indépendance de ce pays.
L’opposition politique est interdite, les médias indépendants réduits au silence et les minorités religieuses persécutées dans ce petit pays de 6 millions d’habitants de la Corne de l’Afrique, bordant la Mer Rouge.
“Le gouvernement a usé de manière systématique d’arrestations arbitraires et de détention sans jugement pour écraser l’opposition, réduire au silence toute dissidence et punir quiconque refusant de se plier” au système répressif, selon Claire Beston, spécialiste de l’Erythrée pour l’organisation de défense des droits de l’Homme.
“Au moins 10.000” personnes “ont disparues, emprisonnées au secret”, mais il est impossible de connaître le nombre exact, selon le rapport. Les prisonniers sont enfermés dans des cellules souterraines ou des containers.
“La torture est monnaie courante lors des interrogatoires, à titre de punition ou pour faire pression”.
“Dans la plupart des cas, les familles des prisonniers ne reçoivent aucune information, et souvent elles n’entendent plus jamais parler d’eux après leur arrestation”.
“Quiconque critique le président Issaias Afeworki (au pouvoir depuis l’indépendance) est emprisonné sans procès, souvent dans les conditions les plus dures”.
“Vingt ans après la célébration euphorique de l’indépendance, l’Erythrée est un des Etats les plus répressifs et secrets du monde”, écrit Claire Beston.
Le ministère érythréen des Affaires étrangères a rejeté jeudi ce rapport d’Amnesty International, parlant d'”accusations outrancières”, et “niant formellement” avoir emprisonné des milliers de personnes.
“Le tableau sordide dépeint par ce rapport ne correspond pas à la réalité”, affirme le ministère dans un communiqué.
Les rebelles érythréens, dirigés par Issaias Afeworki, avaient obtenu l’indépendance de l’Ethiopie au terme d’une guerre civile de 30 ans, conclue en 1991. Un référendum d’auto-détermination avait suivi deux ans plus tard, et l’indépendance avait été proclamée le 24 mai 1993.
Après avoir suscité beaucoup d’espoirs de démocratisation et de développement économique dans la communauté internationale, qui avait massivement aidé l’Erythée nouvellement indépendante, le régime d’Asmara a basculé dans l’autoritarisme.
Une guerre meurtrière contre l’Ethiopie avait de nouveau éclaté en 1998-2000 pour la souveraineté sur un minuscule territoire frontalier. Selon les analystes, ce conflit avait servi au régime érythréen à renforcer sa poigne de fer sur le pays.
Reporter sans Frontières classe l’Erythrée comme le pire pays dans le monde pour les atteintes à la liberté de la presse, derrière la Corée du Nord.
© 2013 AFP

Un jeune garçon manifeste contre le président érythréen à Londres le 22 février 2013
Ein Junge demonstriert gegen den eritreischen Präsidenten in London 22. Februar 2013
Un jeune garçon manifeste contre le président érythréen à Londres le 22 février 2013
afp.com – Justin Tallis

1. Eritrea: das Telefon, neue Waffe der Opposition im Exil
London (Vereinigtes Königreich) (AFP) – 05.05.2013 08.16 Uhr – von Beatrice START
Befeuert vom Arabischen Frühling, mobilisieren Eritreer im Exil gegen das Isaias Afewerki Regime, einem der abgeschottetzen der Welt, demonstrieren in Europa offen – eine Premiere – und bombardieren ihre Landsleute daheim mit Telefonaten.
Jede Woche nehmen die Mitglieder der Diaspora eine politische einminütige Nachricht auf und verschicken sie an mindestens einige hundert Eritreer, zufällig über eine Vermittlungsstelle angewählt.
“Es ist Zeit, um unsere Freiheit und Würde wieder zu erlangen”, sagte eine der Nachrichten an das kleine Land am Horn von Afrika. In einer anderen Aufnahme spricht die Mutter einer berühmten politischen Gefangenen, Aster Yohannes, über das Schicksal seiner Tochter, die im Jahr 2003 verhaftet wurde und von der sie nichts gehört hat seitdem.
Der Ursprung dieses einzigartigen Wirkmechanismus ist eine neue Generation von Exilanten, die sich verweigern, sich hinter dem Slogan einer Partei zu engagieren, sagt Leonard Vincent, Spezialist von Eritrea.
Sie stellen “die steigende Stärke der Opposition dar”, denn die Oppositionsparteien, alle im Exil, sind als “ultra Minderheiten und streitsüchtig bekannt”, fügt er hinzu.
Diese Exilanten waren nicht aus dem Krieg der Unabhängigkeit, offiziell im Jahr 1993 beendet. Aber “ihr Krieg ist die aktuelle Misere der eritreischen Nation”, sagt er, während jeden Monat etwa 1.500 Eritreer, nach den neuesten Zahlen der UN, die Flucht aus ihrem verarmten Land vollziehen, nach Zahlung von astronomischen Summen bis zu 30.000 € nach Zeugenaussagen.
Diese Gegner, verstreut auf der ganzen Welt (Australien, Deutschland, Großbritannien, USA …) und organisiert über das Internet, fordern die Umsetzung der Verfassung von 1997, die Wahlen garantiert. Sie fordern auch die Freilassung der politischen Gefangenen, bei zwischen 5.000 und 10.000 laut Human Rights Watch geschätzt. Forderungen, ausgestrahlt via Telefon-Nachrichten jeden Freitag seit Ende 2011.
In etwas mehr als zwei Jahren wurden rund 100.000 Anrufe getätigt, einschließlich an Mitglieder des Regimes. Paradoxerweise “sind es manchmal Menschen, die uns nicht lieben, die die ungewollte Nachricht weitergeben”. “Sie haben keine Angst” zu sprechen, weil sie die Rädchen des autoritären Systems sind, sagt Selam Kidane, der Erfinder dieses Projektes namens Arbi Harnet (Freier Freitag).
Diese Anrufe erlauben Leuten, eine abweichende Stimme zu hören, ohne sie in Gefahr zu bringen, sagte sie. Eritreer haben so nicht zu “finden eine geheime oder Internet-Radio-Station vor Ort”, das wäre eine echte Risikobereitschaft in dem Land mit eiserner Hand von Isaias Afeworki regiert, seit über zwanzig Jahren, und wo die Meinungs-und Pressefreiheit sind nicht-existent, nach NGOs.
Arbi Harnet wäre nicht möglich gewesen ohne den Mut eines Eritreischen, der das Telefonbuch aus dem Land geschmuggelt hatte, sagt Selam, eine Familienmutter eritreischen Ursprungs mit Wohnsitz in London.
Genauer gesagt, “dank dieser Anrufe können wir ein kleines Team vor Ort haben, die Plakate kleben”, erklärt sie.
Falsche Todesanzeigen basierend auf dem Modell der traditionellen in Eritrea werden plakatiert, bestätigt Leonard Vincent, Autor von “Die Eritreer”. Auf diesen Plakaten, “das Bild ist fiktiv und der Nachrichtentyp subversiv, wie + Wachen Sie auf, man stiehlt Ihnen Ihre Freiheit +. Dies ist sehr neu, dass äußerst mutige Menschen das heimlich zu organisieren wagen”, sagt er während er doch die Auswirkungen der Anrufe herunterspielt.
Diese Nachrichten haben keine Chance, einen Volksaufstand auszulösen in einem Land mit 5 Millionen Einwohnern, wo “es gibt nur alte Menschen, Kinder und Sklaven”, sagt er. Allerdings kann Arbi Harnet erstellen “ein extra Stärkepotenzial für Menschen, die innerhalb des Systems die Macht übernehmen würden.”
“Die Bewegung begann mit dem Arabischen Frühling”, sagte ein Gegner. Und nach der gescheiterten militärischen Meuterei 21. Januar 2013 in Asmara, “hat es eine beispiellose Dynamik” in der Diaspora gegeben, sagt der dreißigjährige, in Deutschland installiert. Spenden zur Finanzierung der Anrufe haben zugenommen, nach Selam, und Hunderte Eritreer haben offen in ausländischen Hauptstädten demonstriert.
“Das ist genug, ich kann mich nicht verbergen, während meine Leute getötet werden”, erinnert sich Mussa Beshir, kürzlich bei einer Veranstaltung in London.
Die große Herausforderung ist jetzt, sagte Leonard Vincent, “so lang durchzuhalten wie die Situation im Land wackelt”.
© 2013 AFP

2. Eritrea: mindestens 10.000 politische Gefangene, nach Angaben von Amnesty International
NAIROBI (AFP) – 09.05.2013 16.33 Uhr
Eritrea hat “mindestens 10.000” politische Gefangene, von denen viele unter “entsetzlichen, unvorstellbaren Bedingungen” leben, prangerte Amnesty International in einem Bericht am Donnerstag an, nur wenige Tage vor dem 20. Jahrestag der Unabhängigkeit des Landes.
Die politische Opposition ist verboten, unabhängige Medien sind zum Schweigen gebracht und religiöse Minderheiten verfolgt in diesem kleinen Land von 6 Millionen Menschen am Horn von Afrika, das an das Rote Meer grenzt.
“Die Regierung hat systematisch willkürliche Festnahmen und Inhaftierungen ohne Gerichtsverfahren verwendet, um die Opposition zu vernichten, Dissidenten zum Schweigen zu bringen und alle zu bestrafen, die sich nicht beugen wollen” dem repressiven System, nach Angaben von Claire Beston, Spezialistin für Eritrea in der Menschenrechtsorganisation.
“Mindestens 10.000” Menschen sind “verschwunden, werden ohne Kontakt zur Außenwelt festgehalten,” aber es ist unmöglich, die genaue Zahl zu kennen, nach dem Bericht. Die Gefangenen werden in unterirdischen Zellen oder Containern aufbewahrt.
“Folter ist an der Tagesordnung während der Verhöre, als Strafe oder Druck.”
“In den meisten Fällen erhalten die Familien der Gefangenen keinerlei Informationen, und oft hören sie nichts mehr von ihnen nach ihrer Verhaftung.”
“Wer Präsident Isaias Afewerki (seit der Unabhängigkeit an der Macht) kritisiert, wird ohne Gerichtsverfahren inhaftiert, oft unter härtesten Bedingungen.”
“Zwanzig Jahre nach der euphorischen Feier der Unabhängigkeit ist Eritrea einer der repressivsten und geheimnisvollsten Staaten in der Welt”, schreibt Claire Beston.
Das eritreische Außenministerium hat am Donnerstag diesen Bericht von Amnesty International zurückgewiesen und spricht von “empörenden Anschuldigungen” und “verneint formell,” Tausende von Menschen eingesperrt zu haben.
“Das in diesem Bericht gemalte schmutzige Bild entspricht nicht der Realität”, erklärte das Ministerium in einer Erklärung.
Eritreische Rebellen, von Isaias Afewerki angeführt, hatte die Unabhängigkeit von Äthiopien nach einem 30-jährigen Bürgerkrieg, abgeschlossen im Jahr 1991, erlangt. Ein Referendum über die Selbstbestimmung wurde zwei Jahre später durchgeführt und die Unabhängigkeit wurde am 24. Mai 1993 verkündet.
Nach dem Aufflammen vieler Hoffnungen der Demokratisierung und der wirtschaftlichen Entwicklung in der internationalen Gemeinschaft, die dem neuen unabhängigen Eritrea massiv geholfen hatte, ist das Regime in Asmara in den Autoritarismus abgeglitten.
Ein tödlicher Krieg gegen Äthiopien war in den Jahren 1998-2000 wieder ausgebrochen wegen der Souveränität über ein winziges Grenzgebiet. Analysten sagen, dieser Konflikt habe dem eritreischen Regime dazu gedient, seinen eisernen Zugriff auf das Land zu verstärken.
In der Rangliste der Angriffe auf die Pressefreiheit von Reporter ohne Grenzen steht Eritrea ganz unten, als das schlimmste Land der Welt hinter Nordkorea.
© 2013 AFP

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