AFRIKANISCHER FUSSBALL Die Probleme – KRITISCHES INTERVIEW m. ACHILLE MBEMBE – CAN 2012 – Achille Mbembe analyse les carences du football africain

Der Afrikacup 2012 ist ein “Turnier der Zwerge”
SlateAfrique – 07.02.2012
Als Fan des runden Balls, analysiert der kamerunische Intellektuelle Achille Mbembe die Mängel und Probleme des afrikanischen Fussballs. Insbesondere die der unbezähmbaren Löwen (der Nationalmannschaft Kameruns, Ed), die in diesem Wettbewerb fehlen.
SlateAfrique- Viele Beobachter des afrikanischen Fußballs haben den Eindruck, dass das Niveau des CAN sinkt, dass guter Fußball an Geschwindigkeit verliert. Ist das eine Realität?

DEUTSCH (VON CO-AUTORIN ARAMATA) WEITER UNTER DEM FOTO

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La CAN 2012 est un «tournoi de nains»

SLATE Afrique – 07/02/2012
Fan de ballon rond, l’intellectuel camerounais Achille Mbembe analyse les carences du football africain. En particulier celles des Lions indomptables, grands absents de cette compétition.
Propos recueillis par Pierre Cherruau
Slate Afrique – Nombre d’observateurs du football africain ont l’impression que le niveau de la CAN est en baisse; que le beau football serait en perte de vitesse. Est-ce une réalité?
Achille Mbembe – Il y a des progrès indéniables en matière d’organisation du jeu, de sens tactique ou de recherche de l’efficacité. Certaines équipes ont développé un réel fond de jeu même si elles ne parviennent pas encore à véritablement rivaliser avec les sélections européennes ou sud-américaines. C’est notamment le cas du Ghana ou de la Côte d’Ivoire. Ces deux équipes regorgent en outre de joueurs doués techniquement, qui ont une bonne vision du jeu, qui font preuve d’une relative fluidité dans la circulation du ballon ou encore dans l’exécution des balles arrêtées.
Ceci dit, ces progrès ne sont pas toujours systémiques. Ils n’ont pour l’instant débouché sur aucune percée notable et soutenue des équipes africaines sur la scène mondiale. Nous demeurons dans une logique de coups de dés.
SlateAfrique – D’aucuns considèrent que la CAN est avant tout un marché où les recruteurs européens viennent puiser, ce qui explique que cette compétition soit organisée tous les deux ans. Est-ce l’une des raisons d’être de la CAN?
A.M – La CAN est la plus importante vitrine du football continental. On doit comprendre que le foot mondial ne peut pas être un sport véritablement planétaire sans la CAN. Qu’elle soit organisée tous les deux ans ne date pas d’aujourd’hui. D’ailleurs, ce rythme sera modifié bientôt.
Comme pour tous les tournois, les prospecteurs y viennent dans l’espoir de dénicher des joueurs de talent. Le vrai problème, c’est que les talents africains ne sont pas achetés à un juste prix. Ils sont vendus à l’encan. À qualité égale, et à quelques rares exceptions près, un joueur africain coûte trois à quatre fois moins cher qu’un joueur sud-américain ou européen. Seuls des facteurs extra-sportifs et extra-économiques pourraient expliquer une telle structure inégalitaire des prix. Elle ne changera pas tant que les équipes africaines ne seront pas à même de rivaliser avec l’Europe et l’Amérique du Sud sur la scène mondiale.
SlateAfrique – Comment expliquer que de grandes nations footballistiques telles que le Cameroun, le Nigeria ou l’Egypte ne participent pas à cette CAN ?
A.M – Le Cameroun est rongé par le désordre, la corruption et l’improvisation. Tout ou presque tout y est fait à l’envers, au mépris du sens commun. C’est à peu près la même situation au Nigeria. L’Egypte, quant à elle, a connu les soubresauts politiques que nous connaissons, et qui sont loin d’être résolus.
SlateAfrique – Leur absence provoque-t-elle une baisse de niveau de la compétition? Et aussi un moindre intérêt des spectateurs ?
A.M – Il y a eu des matches serrés et de très belle facture. Mais au regard de leurs palmarès, un tournoi sans ces équipes ne jouit pas de la même mystique que si elles y prenaient part. C’est pourquoi le tournoi 2012 est un «tournoi de nains». Il manque de charisme.
Le président camerounais «tient son peuple par les couilles»
SlateAfrique – Existe-t-il un lien entre la mal gouvernance et les performances de ces équipes? Dans le cas du Cameroun en particulier, les interventions des politiques ont-elles conduit à un déclin des «Lions Indomptables»?
A.M – Corruption et vénalité ont fait système. À tous les niveaux, c’est l’enkystement. Les joueurs – professionnels dans l’ensemble – font face à une kleptocracie dont la règle cardinale de fonctionnement est la négligence calculée. Le gouffre entre la culture professionnelle dans leurs clubs respectifs et l’inimaginable pagaille qui caractérise la gestion de l’équipe nationale est immense.
Qu’il s’agisse de la fédération ou du gouvernement, tout ou presque tout fonctionne à l’improvisation, à l’envers, contre toute idée du bon sens. Tout est instable, sujet à d’interminables palabres et négociations qui sapent l’énergie tout en installant un univers paranoïaque. Qu’il en soit ainsi ne relève en rien du hasard. Le désordre institutionnel est devenu méthode, culture et gagne-pain. On a beau avoir du talent. Dans un tel marécage, il est difficile de faire équipe et de se concentrer sur l’essentiel.
SlateAfrique – Qu’en est-il de la personnalité de Samuel Eto’o?
A.M – Il détient l’un des palmarès sportifs les plus impressionnants dans le monde du foot. Il est aussi riche que le Chef de l’État, à la différence que sa fortune, il l’a gagnée honnêtement. Du coup, il suscite toutes sortes de projections et de fantasmes aussi bien parmi la masse qu’au sein des élites dirigeantes. Nombreux sont ceux qui souhaiteraient faire partie de sa clientèle et bénéficier de ses faveurs. Il attire donc autour de lui beaucoup de parasites.
D’autre part il n’a ni la force morale, ni le pesant intellectuel d’un Joseph-Antoine Bell (NDLR: ex-gardien des Lions indomptables et des Girondins de Bordeaux). Avec d’autres joueurs de la sélection, il partage à plusieurs égards l’éthos de la classe dirigeante camerounaise – le culte de l’argent facile, un narcissisme disproportionné, une pratique libidinale de l’existence et une bonne dose de paranoïa.
SlateAfrique – Comment le peuple camerounais réagit-il à cette CAN sans ses Lions?
A.M – Les gens regardent les matches à la télé. Ils voient avec un mélange d’envie, de jalousie et de ressentiment les stades modernes construits par le Gabon et la Guinée Équatoriale. Pour noyer cette énième humiliation, ils rient, boivent, bavent et profèrent des jurons. Beaucoup ne comprennent pas pourquoi ni comment on en est arrivé là. De nombreux autres sont résignés. L’autocrate les tient par les couilles depuis bientôt trente ans – le syndrome de la «négraille» prostrée que décrivit si bien Aimé Césaire, il y a si longtemps.
SlateAfrique – Comment expliquer les performances des équipes du Gabon et de la Guinée Équatoriale lors de cette CAN (Elles ont atteint les quarts de finale)? Est-ce dû au pouvoir de l’argent ? Une grande partie des joueurs de Guinée Équatoriale ont été naturalisés. Est-ce que cette politique d’achat des joueurs ne fausse pas la compétition ?
A.M – Non. Pas du tout. Il faut ouvrir les frontières. Pour se faire un rang dans la hiérarchie mondiale, l’Afrique a besoin de se constituer comme un vaste espace de libre circulation des biens, des marchandises et des idées. Ceci vaut aussi pour le foot.
© 2012 SlateAfrique

Foto (c) AFP: Achille Mbembe, à Saint-Malo, en juin 2011

Der Afrikacup 2012 ist ein “Turnier der Zwerge”
SlateAfrique – 07.02.2012
Als Fan des runden Balls, analysiert der kamerunische Intellektuelle Achille Mbembe die Mängel des afrikanischen Fussballs. Insbesondere die der unbezähmbaren Löwen (der Nationalmannschaft Kameruns, Ed), die in diesem Wettbewerb fehlen.
SlateAfrique- Viele Beobachter des afrikanischen Fußballs haben den Eindruck, dass das Niveau des CAN sinkt, dass guter Fußball an Geschwindigkeit verliert. Ist das eine Realität?
Achille Mbembe – Es gibt einige unbestreitbare Fortschritte bei der Organisation des Spiels, taktische oder die Effizienz betreffende. Einige Teams haben ein wirkliches Basis-Spiel entwickelt, auch wenn sie immer noch nicht wirklich mit europäischen oder südamerikanischen Auswahlen konkurrieren können. Dies ist insbesondere der Fall bei Ghana oder der Elfenbeinküste. Beide Teams sind auch voll von technisch versierten Spielern, die eine gute Vision des Spiels haben, die eine relative Fluidität im Passspiel oder bei der Ausführung von gestoppten Bällen zeigen.
Das heißt, diese Fortschritte sind nicht immer systemisch. Sie haben bisher zu keinem bedeutenden und nachhaltigen Durchbruch der afrikanischen Mannschaften auf der Weltbühne geführt. Wir bleiben in einer Logik des Würfelspiels.
SlateAfrique – Manche glauben, dass der CAN in erster Linie ein Markt ist, in dem die europäischen Werber fischen, weshalb dieser Wettbewerb alle zwei Jahre abgehalten wird. Ist das eine der tieferen Ursachen für den CAN?
Achille Mbembe – Der CAN ist das größte Schaufenster des afrikanischen Fußballs. Es sollte klar sein, dass der globale Fußball ohne den CAN nicht eine wirklich planetarische Sportart sein kann. Dass er alle zwei Jahre stattfindet, ist nicht neu. Darüber hinaus wird dieser Rhythmus bald geändert werden.
Wie bei allen Turnieren kommen die Aquisiteure hierher in der Hoffnung, talentierte Spieler zu entdecken. Das eigentliche Problem ist, dass afrikanische Talente nicht zu einem fairen Preis gekauft werden. Sie werden versteigert. Bei gleicher Qualität und mit wenigen Ausnahmen, kostet ein afrikanischer Spieler drei-bis viermal weniger als ein Spieler aus Südamerika oder Europa. Nur außer-sportliche und außer-ökonomische Faktoren können eine solche Struktur ungleicher Preise erklären. Diese wird sich nicht ändern, so lange die afrikanischen Mannschaften nicht in der Lage sind, mit Europa und Südamerika auf der Weltbühne zu konkurrieren.
SlateAfrique – Wie kommt es, dass große Fußball-Nationen wie Kamerun, Nigeria und Ägypten nicht bei diesem CAN auftreten?
Achille Mbembe – Kamerun wird von Unordnung, Korruption und Improvisation geplagt. Alles oder fast alles wird verkehrt herum getan, unter Missachtung des gesunden Menschenverstandes. Dies ist ungefähr die gleiche Situation in Nigeria. Ägypten hat unterdessen politische Umwälzungen erlebt, wie bekannt, und diese sind längst nicht gelöst.
SlateAfrique – Verursacht ihr Fehlen eine Abnahme des Wettbewerbsniveaus? Und auch ein geringeres Interesse der Zuschauer?
Achille Mbembe – Es gab einige enge Spiele und einige sehr schöne. Aber in Anbetracht ihrer Erfolgsgeschichte erfreut sich ein Turnier ohne diese Teams nicht der gleichen Mystik, als wenn sie beteiligt wären. Darum ist das 2012-Turnier ein “Turnier der Zwerge.” Ihm fehlt Charisma.
SlateAfrique – Gibt es einen Zusammenhang zwischen schlechter Regierungsführung und der Leistungsfähigkeit dieser Teams? Im Fall von Kamerun im Besonderen, haben dort politische Eingriffe zu einem Niedergang der “unbezähmbaren Löwen” geführt?
Achille Mbembe – Korruption und Bestechlichkeit sind Teil des Systems. Auf allen Ebenen besteht die Einkapselung. Die Spieler – meist Profis – stehen vor einer Kleptokratie, deren Grundregel die berechnete Vernachlässigung ist. Die Kluft zwischen der professionellen Kultur in ihren jeweiligen Vereinen und dem unvorstellbaren Durcheinander, das das Management der Nationalmannschaft charakterisiert, ist immens.
Ob im Verband oder in der Regierung, alles oder fast alles funktioniert durch Improvisation, auf den Kopf gestellt, gegen jeden gesunden Menschenverstand. Alles ist instabil, man neigt zu endlosen Diskussionen und Verhandlungen, die Energie verbrauchen und gleichzeitig ein paranoides Universum erstellen. Das hängt aber keinesfalls vom Zufall ab. Die institutionelle Unordnung hat sich zur Methode, Kultur und Einkommensquelle entwickelt. Man kann noch so viel Talent haben. In solch einem Sumpf ist es schwierig, sich zusammenzuschließen und sich auf das Wesentliche zu konzentrieren.
SlateAfrique – Was ist mit der Person von Samuel Eto’o?
Achille Mbembe – Er hat eine der beeindruckendsten Erfolgsgeschichten in der Welt des Fußballs hinter sich. Er ist so reich wie das Staatsoberhaupt, mit dem Unterschied, dass sein Vermögen ehrlich erworben ist. Also erzeugt er alle Arten von Projektionen und Fantasien sowohl unter den Massen und als auch innerhalb der herrschenden Eliten. Viele Leute würden gern zu seinem Umkreis gehören und seine Gunst genießen. Er zieht deshalb um sich herum eine Menge Parasiten an.
Auf der anderen Seite hat er weder das moralische noch das intellektuelle Gewicht eines Joseph-Antoine Bell (Anmerkung der Redaktion: Der ehemalige Torhüter der unbezähmbaren Löwen und der Mannschaft von Bordeaux). Mit anderen Spielern der Auswahl teilt er in mehrfacher Hinsicht das Ethos der herrschenden Klasse in Kamerun – den Kult des leichten Geldes, einen unverhältnismäßigen Narzissmus, eine libidinöse Praxis der Lebensführung und eine gesunde Portion Paranoia.
SlateAfrique – Wie erfährt das kamerunische Volk diesen CAN ohne seine Löwen?
Achille Mbembe – Die Menschen sehen die Spiele im Fernsehen. Sie sehen mit einer Mischung aus Neid, Eifersucht und Groll die modernen Stadien, von Gabun und Äquatorial-Guinea gebaut. Um diese wiederholte Demütigung zu ertränken, lachen sie, trinken, sabbern und stossen Flüche aus. Viele verstehen nicht, warum oder wie wir dorthin gelangt sind. Viele andere haben resigniert. Der Autokrat hält sie seit fast 30 Jahren an den Eiern fest – das Syndrom der völlig niedergeschlagenen “négraille “, das Aimé Césaire so gut beschrieb, vor so langer Zeit.
SlateAfrique – Wie sind die Leistungen der Teams aus Gabun und Äquatorial-Guinea im CAN (sie erreichten das Viertelfinale) zu erklären? Liegt es an der Macht des Geldes? Ein Großteil der Spieler von Äquatorialguinea wurde eingebürgert. Verzerrt diese Politik des Einkaufs von Spielern den Wettbewerb nicht?
Achille Mbembe – Nein. Überhaupt nicht. Man muss die Grenzen öffnen. Um einen Rang in der globalen Hierarchie zu bekommen, muss Afrika einen riesigen Raum der Freizügigkeit von Waren, Gütern und Ideen bilden. Dies gilt auch für den Fußball.

Interview von Pierre Cherruau

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