MALI: DANK EINES MALISCHEN SCHRIFTSTELLERS AN FRANKREICH und HARTE AFRIKANISCHE SELBSTKRITIK – Ce qui serait arrivé si la France n’était pas intervenue au Mali (opinion d’un ecrivain malien)

Was wäre passiert, wenn Frankreich nicht in Mali interveniert hätte?
SlateAfrique – 06.02.2013
Für den malischen Schriftsteller Manthia Diawara hat Frankreich nicht nur einem Land in Gefahr geholfen: es hat ganz Afrika wieder Hoffnung gegeben.
Ich empfand die französische Intervention in Mali als eine Dosis Realismus, die man mit großer Demütigung, sogar Scham hinnehmen muss.
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Ce qui serait arrivé si la France n’était pas intervenue au Mali
SlateAfrique – 06.02.2013
Pour l’écrivain malien Manthia Diawara, la France n’a pas seulement aidé un pays en péril: elle a redonné espoir à toute l’Afrique.
Une Malienne arborant les couleurs de la France
Foto AFP/ERIC FEFERBERG: Une Malienne arborant les couleurs de la France, le 2 février 2013 – Eine Malierin in den Farben Frankreichs, am 2. Februar 2013.

J’ai ressenti l’intervention française au Mali comme une dose de réalisme qu’il fallait prendre avec beaucoup d’humiliation voire de la honte, parce que je croyais que mon pays était différent de ceux que je considérais comme des Républiques bannières, où l’Occident doit toujours venir en aide; des pays qui ont échoué, où le peuple, en voyant les soldats blancs arriver, jubilent comme des enfants à la vue du Père Noël.
Voir les Maliens danser dans les rues, pour souhaiter la bienvenue à l’armée française, comme on l’avait fait lors de l’indépendance, était pour moi un arrêt sur l’image, qui me renvoyait à la fois à l’échec de notre indépendance, et prétendue souveraineté nationale, et au retour intégral sous l’hégémonie française, comme celle d’un père qui ne veut pas voir son fils grandir.

Bien entendu, il est plus facile pour le fils d’accepter l’aide escomptée du père, plutôt que de se mettre en question, lui-même. Ainsi que le disait Sembene Ousmane, il est plus aisé pour nous, Maliens et autres Africains, de continuer à tendre la main vers l’Occident, pour dire «merci, merci» que de se demander comment on en est arrivé là, et de blâmer les autres pour nos problèmes que de nous regarder en face.
Ces images de la France sauveuse de l’intégrité territoriale du Mali sont, ainsi, l’illustration parfaite de l’insouciance et de l’irresponsabilité des Maliens au nord et du sud. Faut-il croire que les actions politiques des rebelles du MNLA et djihadistes d’Ansar Dine du nord ont été teintées de mauvaise foi et d’opportunisme cynique, en s’associant à des terroristes d’AQMI, aux preneurs d’otages et aux trafiquants de drogues. Ainsi, ils ont invité les Occidentaux dans un débat, rapidement devenu plus grand que le Mali.

Quant aux putschistes du sud, issus d’une armée, déjà affaiblie et rancunière contre les forces démocratiques qui l’avaient déçue du pouvoir depuis 1992, et humiliée par sa défaite cinglante contre les rebelles venus de la Libye, ils ont commis des fautes graves en voulant se présenter comme porte-drapeau des voix contradictoires, sinon, irréconciliables au Mali.

Il faut compter d’abord avec la gauche radicale, du parti SADI d’Oumar Mariko, qui lutte contre la corruption des institutions nationales et qui veut maintenir les militaires au pouvoir pour se débarrasser de tous les «politiciens corrompus», puis avec les leaders religieux, prêts à prostituer leur foi pour revendiquer plus de pouvoir dans un Etat qu’ils considèrent «comme musulman à 95%»; jusqu’aux politiciens aigris, qui partageraient le lit avec n’importe quel diable, plutôt que celui de la démocratie, pour arriver au pouvoir.

Ce retour de la France sauveuse du Mali indique finalement que nous continuons délibérément à fermer nos yeux et nos oreilles face à l’impunité, la corruption, et aux crimes abominables contre les plus faibles de nos sociétés: les femmes, les homosexuels, les minorités et les enfants. Que celle ou celui qui n’a jamais péché dans le Mali que je viens de décrire, lève la main.
La France a eu raison de venir au secours du Mali, surtout pour sauvegarder ses intérêts dans la région stratégique du Sahel, et pour dire à qui veut l’entendre qu’il faut toujours compter avec elle, comme une des plus grandes puissances mondiales, sinon sur le plan économique, en tout cas sur le plan militaire et politique. Ce message est clair pour tout le monde aujourd’hui, mais surtout pour les Allemands et les Américains qui commençaient à croire qu’ils pouvaient se passer de la France.
François Hollande vient de démontrer aux Américains qu’il connaît l’Afrique et les Africains, mieux qu’eux; et d’infliger une leçon de poker à Barack Obama, dont la politique antiterroriste dans le Sahel est qualifiée de désastreuse.
Pendant les débats présidentiels aux Etats Unis, Mitt Romney avait mentionné trois fois le Mali, sans avoir une seule réaction de la part d’Obama. Calcul rhétorique du débat de la part du président sortant? Pourtant l’Amérique avait déjà jeté plus de 500 millions de dollars dans la région, pour la lutte contre le terrorisme (Africom, forces armées américaines en Afrique).

«Négocier quoi? Ta main gauche ou droite? Ta femme ou ta fille?»
Parmi les humanistes, les pacifistes, et les fervents défenseurs de la souveraineté nationale, qui pouvait blâmer la France d’intervenir au Mali? Les djihadistes coupaient les mains des personnes accusées de vol, égorgeaient leurs ennemis, détruisaient les mausolées et les bibliothèques, et violaient les femmes.
Qu’allait-il se passer, sans l’intervention de la France? La Cédéao passait tout son temps à parler, à dire une chose et son contraire, mais toujours sans agir. Elle aussi comptait, naturellement, sur les Européens et les Américains pour venir au secours du Mali.

D’ailleurs les Maliens ne voulaient pas de soldats noirs de la Cédéao dans leur pays. Ils préféraient des soldats français, parce que eux, au moins, n’étaient pas des voleurs et des violeurs comme on a pu le voir en Sierra Leone et au Congo.
Quant à l’ONU, elle prônait le dialogue, et idem pour l’Algérie. L’infatigable médiateur, Blaise Compaoré, se mit alors au travail, nuit et jour, pour trouver une solution pacifique à la crise malienne. Mais, pendant ce temps, les djihadistes avançaient jusqu’aux portes de Mopti, sans se priver des exactions barbares de la charia.

Il faut tenir compte, aussi, et c’est là où réside l’ironie de notre condition africaine, du fait que beaucoup de nations africaines se réjouissent du malheur de leurs voisins, comme étant le signe de leur exceptionnalisme, leur supériorité propre.
C’est comme s’ils se disaient:
«Nous sommes à l’abri de toute critique, tant que les malheurs des autres, nos voisins, sont étalés en public.»
Ou, comme disent les Bambaras (une ethnie au Mali), c’est du Niangon tiya, c’est-à-dire, ce qui est le propre de ceux qui tirent du plaisir dans le malheur d’autrui. C’est ce qu’on appelle le Schadenfreude en allemand.

Heureusement que la France est intervenue pour sauver Tombouctou et ses manuscrits et monuments historiques, des mains des barbares.

Le manifeste de François Hollande à Bamako
Mais, n’oublions pas que nous sommes, ici aussi, devant un récit bien construit, dont la logique nous empêche de prendre du recul, en nous bombardant avec des évènements qui se succèdent.

Tel un roman, on nous a présenté l’intervention française comme inévitable, du point de vue de la justice et de la morale. Le bien et le héros doivent triompher à la fin. Comme dans un roman, François Hollande, le sauveur du Mali, donne son discours sur le dénouement de l’histoire sur la place de l’indépendance à Bamako, où il avoue avec candeur:
«Je veux vous dire que je viens sans doute de vivre la journée la plus importante de ma vie politique.»
Même pour les plus cyniques lecteurs de ce roman, il faudrait avouer que nous sommes évidemment très loin du discours démagogique de Nicolas Sarkozy à Dakar. En mettant sa carrière politique en jeu, le discours de François Hollande à Bamako nous rappelle plutôt l’appel à la guerre du général de Gaulle, le 27 Octobre 1940, à Brazzaville, et son fameux discours du 30 Janvier, 1944, dans la même ville.
Mais, en parlant de fiction, il est intéressant de remarquer que les Congolais avaient érigé un monument en souvenir du général de Gaulle à Brazzaville, pour commémorer ces dates historiques.
Est-ce que François Hollande aussi aura droit à son monument à Bamako, 50 ans après nos indépendances? Faut-il rappeler aussi que Bamako fut cet autre lieu où le RDA (Rassemblement démocratique africain) était né en 1946, en réponse au discours de Charles de Gaulle à Brazzaville en 1944?
Il faut dire que, comme Brazzaville avait servi de tremplin pour l’homme du 18 Juin, pour relancer sa carrière militaire et politique, Bamako sera aussi la preuve incontournable de la montée de la côte de popularité du président Hollande en France, de son leadership mondial dans la guerre contre le terrorisme, et de sa détermination à défendre le droit de l’homme et la démocratie, à tout moment et partout.
Voilà tout ce que François Hollande a pu gagner en trois semaines de guerre au Mali, sans oublier la dette éternelle des Maliens envers lui. Dans de telles circonstances, qui peut encore accuser le président Hollande d’être après les ressources minérales d’un pays que les djihadistes et autres satans du terrorisme étaient prêts à réduire au barbarisme? Et qui peut encore demander à voir des images de la guerre pour ternir la bonne image des soldats français?

Quel rôle pour Dioncounda Traoré et le Mali?
Mais, si François Hollande et la France sont les plus gros gagnants du conflit fratricide au Mali, que dire des acteurs maliens et africains? Je me pose cette question, à moi-même, après ces trois semaines parsemées d’afropessimisme, de pleurs intérieurs, d’apitoiement sur moi-même et de plaintes contre les autres.

J’ai déjà mentionné les antagonistes du récit de l’intervention française, comme Ansar Dine, AQMI/Mujao et le MNLA au nord et au sud, les politiciens, les marabouts et, à leur tête, Amadou Haya Sanogo et les anciens putschistes.

Je pense que le président Dioncounda Traoré doit organiser, avec l’aide de la Cédéao et autres partenaires, les élections aussi rapidement que possible. Les élections doivent avoir lieu, avant d’entamer des négociations avec qui que ce soit.
Seul un gouvernement légitimement élu peut entamer des négociations crédibles et durables avec les rebelles qui contestent l’intégrité territoriale.
Le plus urgent, à part la poursuite des djihadistes qui sont à l’affut, c’est de restaurer l’ordre constitutionnel, en arrêtant ceux qui ont commis des crimes, au nord et au sud, contre l’humanité, ou contre l’Etat.
Il sera dans l’intérêt du nouveau gouvernement de négocier avec le MNLA, car leur cause ne va pas disparaître de soi. Ce à quoi Dioncounda Traoré doit résister, c’est d’être poussé par la France dans des négociations hâtives. Il a aussi raison de refuser de négocier avec Ansar Dine et les autres groupes religieux.
Le président Dioncounda Traoré rentrera dans l’histoire, à coté de Modibo Keita, s’il arrive à sortir le Mali de cette impasse, qui n’est pas sans rappeler l’éclatement de la Fédération du Mali, et à organiser des élections crédibles.

Quid de la place de la Cédéao?
Les gens de ma génération doivent se rendre à l’évidence que le nationalisme, tout seul, ne peut pas nourrir son homme, à plus forte raison de le rendre fier de lui-même; que la notion de souveraineté nationale doit se mesurer à l’aune de la valeur des citoyens, de ce qu’ils sont capables de produire comme matériel et culture nationales à protéger.

Nous avons enfermé la nouvelle génération dans un nationalisme aveugle, au lieu d’ouvrir ses yeux à la force de l’unité et la complicité entre les pays de la Cédéao; et nous l’avons poussé seulement vers la sauvegarde des intérêts nationaux, ethniques et personnels plutôt que de l’orienter vers des espaces et des utopies, au-delà du Mali ou du Sénégal.

Finalement, au lieu de forger l’idée de sacrifice de soi pour le bien être des autres, celui de notre voisin au Sénégal ou en Guinée, nous l’avons encouragé à célébrer la victoire de notre nation dans chaque malheur que nous voyons chez nos voisins de l’autre côté de la frontière.

Si le constat des faiblesses de nos Etats-nations n’était pas clair pendant l’effervescence des indépendances, il l’est aujourd’hui, après les interventions de la France pour sauver l’intégrité de la Côte d’Ivoire et du Mali. La célébration du discours de François Hollande sur la place de l’Indépendance à Bamako est aussi une grande leçon de sobriété pour nous.

Si on ne peut pas protéger les droits des minorités à l’intérieur de nos Etats-nations, pourquoi ne pas se poser la question sur l’existence de ces Etats-nations? Pourquoi continuer à garder les hommes et les femmes comme des prisonniers dans la nation, si elle ne peut pas satisfaire leurs besoins élémentaires de liberté de mouvement et d’expression, de droit au travail, à l’éducation et à la santé?

Après 50 ans de stagnation dans l’Etat-nation, pourquoi ne pas le dépasser et rêver d’une nouvelle Afrique où les hommes, les femmes, les pensées, les cultures et les marchandises circuleraient librement du nord au sud, de l’est à l’ouest?

Redéfinir la notion de l’Etat
Pour ce faire, il serait nécessaire de divorcer des Etats des nations. Les Etats auraient alors pour fonction principale le développement et le maintien des infrastructures de transport et mobilité, de l’économie, de la santé, de la culture, et de renforcer la sécurité et la protection des droits des individus.

Ce décuplement, dans lequel nous reléguerions le rôle de la nation aux blocs régionaux et à l’Union africaine, pour nous concentrer sur la définition des Etats et de leurs accents culturels et économiques, constituerait la base de la nouvelle définition du panafricanisme. Il nous permettrait aussi de mieux négocier en bloc avec les puissances étrangères, plutôt que bilatéralement avec les moyens faibles des Etats-nations.

Il est difficile de parler du panafricanisme à la génération qui a précédée celle des indépendances, parce qu’elle ne connaît ni l’histoire du RDA, de loi-cadre ou la balkanisation de l’Afrique occidentale française, ni les enjeux derrière la Fédération du Mali, ou de l’union Ghana-Guinée-Mali.

A cette génération, formée après les nombreux coups d’Etat, depuis les débuts des années 1960, la mention même du panafricanisme peut paraître dépassée ou illusoire; les valeurs sûres étant celles du nationalisme, du tribalisme et de l’intérêt individuel.

Les espoirs d’intégrations régionales et de l’Union africaine, ou la renaissance de ce qu’on peut appeler «l’idée de l’Afrique», reviennent aujourd’hui dans la houle d’une troisième génération, née vers 1970, et arrivée à maturité après la libération de Nelson Mandela, la chute du mur de Berlin: la fin de la guerre froide.

Cette troisième génération, comme on peut le voir dans la musique Hip Hop et chez les reggaemen comme Tikken Jah Fakoly, chante l’Afrique sans complexe et sans inhibitions des frontières de l’Etat-nation.

Cette nouvelle génération sait aussi que son désir de mobilité et de transaction la pousse au-delà des frontières nationales, souvent encombrées de politiques identitaires et de xénophobie.

C’est avec cette génération qu’il faut oser penser les nouvelles Afriques.

Ce que nous appelons divorce ou décuplement de l’Etat et la nation consisterait, donc, à atténuer la force de la nation et du nationalisme au niveau des grands centres d’attractions des populations diverses, comme Lagos, Dakar, Abidjan, Accra ou Ouaga, pour en faire des Etats forts et convoités dans des domaines spécifiques des finances, de la science et la technologie, dans la production industrielle, dans l’art et l’agriculture.

La nation, comme du temps de l’Union générale française, où la capitale de l’AOF était à Dakar, jouerait alors un rôle fédérateur entre ces états. Sa capitale pourrait être fixée dans un endroit stratégique, ou se déplacer par rotation, comme en Afrique du Sud.

Son rôle principal serait la protection des droits des minorités et leurs intégrations dans la société multiculturelle des états. Quand à la sécurité, elle serait à la charge des états et de la nation.

La nation aurait un rôle de garde-fou contre les excès des Etats, et veillerait sur la protection et l’intégration de tous le citoyens, partout ou ils souhaiteraient être dans la Cédéao.

Manthia Diawara,
Ecrivain malien et professeur de littérature à l’université de New York. Il a notamment publié Bamako, Paris, New York
© 2013 SlateAfrique

Was wäre passiert, wenn Frankreich nicht in Mali interveniert hätte?
Für den malischen Schriftsteller Manthia Diawara hat Frankreich nicht nur einem Land in Gefahr geholfen: es hat ganz Afrika wieder Hoffnung gegeben.

Ich empfand die französische Intervention in Mali als eine Dosis Realismus, die man mit großer Demut, sogar Scham hinnehmen muss, weil ich dachte, mein Land sei anders als diejenigen, die ich als “Bannerrepubliken” betrachtete, jene eben, die den Fahnen der anderen huldigen: Länder wo der Westen immer helfen muss; Länder, die versagt haben und wo die Menschen, die die weißen Soldaten ankommen sehen, sich freuen wie Kinder beim Anblick vom Nikolaus.
Die Malier in den Straßen tanzen zu sehen, um die französische Armee zu begrüßen – wie man es bei der Unabhängigkeit gemacht hatte – , war für mich ein Standbild, das mich einerseits an das Scheitern unserer Unabhängigkeit und der vorgeblichen nationalen Souveränität denken ließ und andererseits an die vollständige Rückkehr unter eine französische Hegemonie wie die eines Vaters, der seinen Sohn nicht erwachsen werden lassen will.

Natürlich ist es einfacher für den Sohn, die erwartete Hilfe vom Vater anzunehmen, anstatt sich selbst zu hinterfragen. Wie Sembene Ousmane sagte, ist es einfacher für uns, Malier und die anderen Afrikaner, weiterhin die Hand nach dem Westen auszustrecken und zu sagen: “Danke, danke”, als uns zu fragen, wie wir ankamen wo wir sind, und anderen die Schuld für unsere Probleme zu geben, als uns selbst ins Angesicht zu sehen.
Diese Bilder Frankreichs als Retter der territorialen Integrität Malis sind somit ein perfektes Beispiel für die Arglosigkeit und Verantwortungslosigkeit der Malier im Norden und Süden. Man muss glauben, dass die politischen Aktionen der MNLA-Rebellen und Dschihadisten von Ansar Dine in Nordmali in Böswilligkeit und zynischen Opportunismus getränkt waren, als sie sich mit AQIM- Terroristen, Geiselnehmern und Drogenhändlern verbündeten. So luden sie den Westen zu einer Debatte ein, die schnell größer als Mali wurde.

Zu den Putschisten im Süden: diese waren Teil einer Armee, die bereits geschwächt war und verbittert gegen die demokratischen Kräfte, welche sie seit 1992 von der Macht enttäuscht hatten, gedemütigt war durch die vernichtende Niederlage gegen die aus Libyen heimkehrenden Rebellen. Aber die Putschisten haben schwere Fehler begangen, als sie sich zu Bannerträgern gegensätzlicher, wenn nicht sogar mit Mali unvereinbarer Stimmen, aufschwingen wollten.

Zuerst muss die Rechnung mit der radikalen Linken aufgemacht werden, mit der SADI-Partei von Oumar Mariko, die gegen die Korruption der nationalen Institutionen kämpft und das Militär an der Macht halten will, um all die “korrupten Politiker” loszuwerden. Dann mit den religiösen Führern, die bereit sind, ihren Glauben zu prostituieren, um mehr Macht zu bekommen in einem Staat, den sie als “95% muslimisch” ansehen. Und schließlich mit den verbitterten Politikern, die, um an die Macht zu kommen, eher mit jedem Teufel das Bett teilen würden anstatt mit der Demokratie.

Die Rückkehr Frankreichs als Retter von Mali zeigt schließlich, dass wir unsere Augen und Ohren weiterhin willentlich schließen gegenüber der Straflosigkeit, der Korruption und den abscheulichen Verbrechen gegen die Schwächsten unserer Gesellschaft: Frauen, Homosexuelle, Minderheiten und Kinder. Derjenige, der noch nie in diesem Mali, das ich gerade beschrieben habe, gesündigt hat, hebe bitte die Hand!
Frankreich hatte Recht, zur Rettung Malis zu kommen, vor allem, um seine Interessen in der strategisch wichtigen Region der Sahel zu sichern, und um jedem, der es hören möchte, zu erzählen, dass immer mit Frankreich gerechnet werden muss, als einer der weltweit größten Mächte, wohl nicht wirtschaftlich sehr groß, aber zumindest militärisch und politisch. Die Botschaft ist heute für jeden klar, aber vor allem für die Deutschen und die Amerikaner, die zu glauben begannen, dass sie auf Frankreich verzichten könnten.
François Hollande zeigte nun den Amerikanern, dass er Afrika und die Afrikaner besser kennt als sie, er gab jenem Barack Obama Poker-Unterricht, dessen Antiterrorismuspolitik im Sahel als katastrophal angesehen wird.
Während der US-Präsidentschaftskandidaten Debatten hatte Mitt Romney dreimal Mali erwähnt, ohne eine einzige Antwort von Obama. Rhetorisches Kalkül der Debatte vom scheidenden Präsidenten? Doch Amerika hatte bereits mehr als 500 Millionen Dollar in die Region gepumpt im Kampf gegen den Terrorismus (Africom, das US-Militär in Afrika).

“Worüber verhandeln? Deine rechte oder Deine linke Hand? Deine Frau oder Deine Tochter?”

Unter den Humanisten, Pazifisten und glühenden Verteidigern der nationalen Souveränität, wer denn bloß könnte die Frankreich übel nehmen, in Mali zu intervenieren? Die Dschihadisten schnitten die Hände derjenigen ab, die sie des Diebstahls bezichtigten, sie schlachteten ihre Feinde, sie zerstörten Mausoleen und Bibliotheken, sie vergewaltigten Frauen.
Was wäre ohne die Intervention Frankreichs geschehen? Die ECOWAS redete die ganze Zeit lang und sagte eine Sache und ihr Gegenteil, aber ohne jemals etwas zu tun. Natürlich baute auch sie auf die Europäer und die Amerikaner, um Mali zu retten.

Außerdem wollten die Malier keine schwarzen Soldaten der ECOWAS in ihrem Land. Sie zogen die französischen Soldaten vor, weil die zumindest keine Diebe und Vergewaltiger waren, wie wir es bei schwarzen Truppen in Sierra Leone und im Kongo gesehen hatten.
Und die UNO? Sie predigte Dialog, und dito für Algerien. Der unermüdliche Vermittler Blaise Compaoré machte sich dann Tag und Nacht an die Arbeit, um eine friedliche Lösung der Krise in Mali zu finden. Aber inzwischen marschierten die Dschihadisten bis zu den Toren von Mopti, ohne sich barbarischer Missbräuche der Scharia zu enthalten.

Zu berücksichtigen ist ferner, und hier liegt die Ironie unserer afrikanischen Eigenart, dass viele afrikanische Nationen sich am Unglück ihrer Nachbarn erfreuen, als Zeichen ihrer eigenen Ausnahmestellung und Überlegenheit.
Es ist, als ob sie sagen wollten:
“Wir sind abseits jeder Kritik, solange das Unglück anderer, unserer Nachbarn, in der Öffentlichkeit breit getreten wird.”
Oder, wie sie in Bambara (eine ethnische Gruppe in Mali) sagen, es ist Niangon Tiya, das heißt, das ist charakteristisch für diejenigen, die Freude an dem Unglück der anderen haben. Dies wird in deutscher Sprache als Schadenfreude bezeichnet.

Glücklicherweise hat Frankreich interveniert, um Timbuktus Handschriften und historische Denkmäler aus den Händen der Barbaren zu retten.

Das Manifest von François Hollande in Bamako

Aber vergessen wir nicht, auch hier nicht, dass wir vor einer gut konstruierten Geschichte stehen, deren Logik uns durch den Beschuss mit ständig einander folgenden Ereignissen daran hindert, etwas Abstand zu gewinnen.

Wie einen Roman präsentierte man uns die französische Intervention, als unvermeidlich, gesehen vom Standpunkt der Gerechtigkeit und Moral. Das Gute und der Held müssen am Ende triumphieren. Wie in einem Roman hält François Hollande, der Retter Malis, seine Rede über den Ausgang der Geschichte auf dem Platz der Unabhängigkeit in Bamako, wo er freimütig gesteht:
“Ich möchte Ihnen sagen, dass ich keinen Zweifel daran habe, die wichtigsten Tage meines politischen Lebens zu erleben.”
Selbst die zynischsten Leser dieses Romans werden aber zugeben müssen, dass wir natürlich weit entfernt sind von dem demagogischen Nicolas Sarkozy in Dakar. Indem er seine politische Karriere auf das Spiel setzte, erinnert François Hollande’s Rede in Bamako uns eher an den Kriegsaufruf von General de Gaulle am 27. Oktober 1940 in Brazzaville (Kongo) und an seine berühmte Rede vom 30. Januar 1944 in der gleichen Stadt.
Aber da wir nun schon über Fiktion sprechen, ist es interessant, festzustellen, dass die Kongolesen später ein Denkmal zur Erinnerung an General de Gaulle in Brazzaville aufgestellt hatten, um dieser historischen Daten zu gedenken.
Hat auch François Hollande nun das Recht auf sein Denkmal in Bamako, 50 Jahre nach unserer Unabhängigkeit? Muss auch daran erinnert werden, dass Bamako dieser andere Ort war, wo die RDA (African Democratic Rally) im Jahr 1946 geboren wurde, in Reaktion auf die Rede von Charles de Gaulle in Brazzaville im Jahr 1944?
Man muss sagen, dass, wie Brazzaville als Sprungbrett für den Mann des 18. Juni gedient hatte, um seine militärische und politische Karriere zu fördern, ist Bamako auch ein unumkehrbarer Beleg für den unvermeidlichen Anstieg der Popularität des Präsidenten Holland in Frankreich, für seine Führung im globalen Krieg gegen den Terrorismus und seine Entschlossenheit, Menschenrechte und Demokratie zu verteidigen, jederzeit und überall.
Das ist alles, was François Hollande in drei Wochen Krieg in Mali gewinnen hat können, nicht zu vergessen die ewige Schuld von Mali ihm gegenüber. Wer kann ihn unter solchen Umständen noch beschuldigen, auf der Jagd nach den Bodenschätzen des Landes zu sein, das Dschihad-Terrorismus und andere Satane bereit waren, auf die Barbarei zu reduzieren? Und wer kann immer noch Bilder des Krieges verlangen, um das gute Image der französischen Soldaten zu trüben?

Welche Rolle für Dioncounda Traoré und Mali?

Aber wenn François Hollande und Frankreich die größten Gewinner des Bruderkrieges in Mali sind, was soll man über die malischen und afrikanischen Akteure sagen? Ich stelle diese Frage für mich, nach drei mit Afro-Pessimismus durchsetzten Wochen, inneren Tränen, Selbstmitleid und Beschwerden gegen die anderen.

Ich erwähnte schon die Antagonisten der Geschichte der französischen Intervention, wie Ansar Dine, AQIM / Mujao und MNLA im Norden, sowie im Süden Politiker, Marabouts, und an ihrer Spitze Amadou Sanogo Haya und die ehemaligen Putschisten.

Ich denke, der Präsident Traoré wird Wahlen organisieren müssen, mit der Unterstützung der ECOWAS und anderen Partnern, und so schnell wie möglich. Wahlen müssen vor der Aufnahme von Verhandlungen mit wem es auch sei stehen.
Nur eine rechtmäßig gewählte Regierung kann mit Rebellen, die die territoriale Integrität in Frage stellen, glaubwürdig und nachhaltig verhandeln.
Die dringendste Aufgabe, mit Ausnahme der Verfolgung von Dschihadisten, die auf der Flucht sind, ist, die verfassungsmäßige Ordnung wiederherzustellen, und diejenigen zu verhaften, die Verbrechen gegen die Menschlichkeit und gegen den Staat begangen haben, im Norden wie im Süden.
Es ist im Interesse der neuen Regierung, mit der MNLA zu verhandeln, weil ihre Sache nicht von allein verschwinden wird. Doch Dioncounda Traoré muss widerstehen, von Frankreich in hastige Verhandlungen geschoben zu werden. Er hat auch Recht, sich zu weigern, mit Ansar Dine und anderen religiösen Gruppen zu verhandeln.
Präsident Dioncounda Traoré wird in die Geschichte eintreten, neben Modibo Keita, wenn er Mali aus dieser Sackgasse holen kann, die durchaus auch an den Zusammenbruch der Mali-Föderation erinnert, und glaubwürdige Wahlen organisiert.

Über die Rolle der ECOWAS
Menschen meiner Generation müssen der Tatsache ins Auge sehen, dass der Nationalismus allein nicht seine Anhänger ernähren kann, geschweige denn sie stolz machen auf sich selbst; dass der Begriff der nationalen Souveränität an der Elle für den Wert des Bürgers gemessen werden muss: an der Elle dessen, was er an schützenswertem nationalen Material und Kultur zu produzieren in der Lage ist.

Wir haben die neue Generation in einen blinden Nationalismus eingeschlossen, anstatt ihr die Augen zu öffnen für die Stärke der Einheit und der Verbundenheit zwischen den ECOWAS-Ländern; und wir trieben sie an, nur die nationalen, ethnischen und persönlichen Interessen zu wahren, anstatt sich in Richtung der Räume und der Utopien zu orientieren, jenseits von Mali oder von Senegal.

Schließlich, anstatt die Idee der Selbstaufopferung für das Wohl der anderen zu schmieden, das unseres Nachbarn in Senegal oder in Guinea, haben wir sie ermutigt, den Sieg unserer Nation in jedem Unglück zu feiern, das wir bei unseren Nachbarn auf der anderen Seite der Grenze sehen.

Wenn es keine klare Bestandsaufnahme der Schwächen unserer Nationalstaaten in den Wirren der Unabhängigkeit gab, so gibt es sie doch heute, nach der Intervention Frankreichs für die Rettung der Integrität der Elfenbeinküste und Malis. Die von François Hollande auf dem Platz der Unabhängigkeit in Bamako gehaltene Rede ist auch eine ernüchternde Lektion für uns.

Wenn die Rechte von Minderheiten sich nicht innerhalb unserer Nationalstaaten schützen lassen, warum sollte man sich nicht die Frage über die Existenz dieser Nationalstaaten stellen? Warum weiterhin Männer und Frauen wie Gefangene in der Nation halten, wenn sie nicht deren Grundbedürfnisse Freiheit der Bewegung und Redefreiheit, Recht auf Arbeit, Bildung und Gesundheit erfüllen kann?

Warum nicht nach 50 Jahren der Stagnation im Nationalstaat über diesen hinauswachsen und von einem neuen Afrika träumen, wo Männer, Frauen, Gedanken, Kulturen und Waren sich frei von Norden nach Süden, von Osten nach Westen bewegen?

Den Staatsbegriff wieder neu definieren
Dazu wäre es notwendig, sich vom vom Nationalstaat zu verabschieden. Die Staaten hätten dann als primäre Funktion, die Verkehrsinfrastruktur und Mobilität, die Wirtschaft, die Gesundheit, die Kultur zu entwickeln und zu erhalten, sowie die Sicherheit und den Schutz der Rechte des Individuums zu erhöhen.

Diese Verzehnfachung, in der wir die Rolle der Nation den regionalen Blöcken und der Afrikanischen Union zuschieben würden, um uns auf die Definition der Staaten und ihrer kulturellen und wirtschaftlichen Akzente zu konzentrieren, würden die Grundlage der neuen Definition des Panafrikanismus bilden. Sie würde uns auch erlauben, besser en bloc mit ausländischen Mächten zu verhandeln, anstatt bilateral mit den geringen Mitteln der Nationalstaaten.

Es ist schwierig, mit den Generationen, die nach der Unabhängigkeit aufwuchsen, über Panafrikanismus zu sprechen, weil sie nicht die Geschichte der DDR kennen, nicht die des Rahmengesetzes oder die der Balkanisierung von Französisch-Westafrika, und auch nicht die Probleme hinter der Föderation Mali, oder des Bundes Ghana-Guinea-Mali.

Dieser Generation, ausgebildet nach den zahlreichen Staatsstreichen seit Anfang der 1960er Jahre, mag die bloße Erwähnung von Panafrikanismus veraltet oder illusorisch scheinen; die sicheren Werte sind dabei die des Nationalismus, des Tribalismus und des Eigeninteresses.

Hoffnungen auf regionale Integration und die Afrikanische Union, oder die Wiederbelebung dessen, was man “die Idee von Afrika” nennt, kehren heute in der Dünung einer dritten Generation zurück, um 1970 entstanden, und reif geworden nach der Freilassung von Nelson Mandela, dem Fall der Berliner Mauer: das Ende des Kalten Krieges.

Diese dritte Generation, wie sie sich in der Hip Hop Musik und bei den reggaemen wie Tikken Jah Fakoly zeigt, besingt Afrika ohne Komplexe und hemmungslos, was die Grenzen des Nationalstaats angeht.

Diese neue Generation weiß auch, dass ihr Wunsch nach Mobilität und Transaktionen sie über nationale Grenzen hinweg antreibt, oft blockiert von Identitätspolitiken und Fremdenfeindlichkeit.

Mit dieser Generation müssen wir es wagen, das neue Afrikas zu denken.

Was wir Verabschiedung oder Verzehnfachung des Staates und der Nation nennen, würde daher darin bestehen, die Stärke der Nation und des Nationalismus abzumildern in den großen Zentren, die verschiedene Bevölkerungsgruppen anziehen, wie Lagos, Dakar, Abidjan, Accra und Ouagadougou, um daraus starke und begehrte Staaten in bestimmten Bereichen wie Finanzen, Wissenschaft und Technik, in der industriellen Produktion, in Kunst und in Landwirtschaft zu machen.

Die Nation, wie zur Zeit der Französischen Union, wo die Hauptstadt von Französisch-Westafrika in Dakar lag, würde auch eine verbindende Rolle zwischen diesen Staaten spielen. Die Hauptstadt könnte an einem strategisch günstigen Ort liegen oder sich durch Rotation verändern, wie in Südafrika.

Seine Hauptaufgabe wäre der Schutz der Rechte von Minderheiten und deren Integration in die multikulturelle Gesellschaft der Staaten. Die Sicherheit wäre in die Verantwortung des Staates und der Nation überstellt.

Die Nation hätte eine Schutzrolle gegen die Exzesse der Staaten und würde über den Schutz und die Integration aller Bürger wachen, wo immer sie gern in der ECOWAS sein möchten.

Manthia Diawara,
malischer Schriftsteller und Professor für Literatur an der University of New York. Er hat “Bamako, Paris, New York” veröffentlicht.
© 2013 SlateAfrique

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