MALI, GESCHICHTE: WIE DIE MEISTEN MANUSKRIPTE VON TIMBUKTU BEWAHRT WURDEN – Les islamistes partis, le secret des manuscrits de Tombouctou reste bien gardé

Die Islamisten sind weg, aber die Behütung der Manuskripte von Timbuktu bleibt geheim
Bamako (AFP) – 2013.02.20 13.46 – Von Anne LE COZ
Trotz der Flucht der bewaffneten Islamisten aus der Stadt Timbuktu bewahren die großen Familien, seit Jahrhunderten Vormünder für Tausende von alten Handschriften, noch das Geheimnis, wie sie diese Schriften vor der zerstörerischen Wut der islamistischen Fundamentalisten retten konnten.
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Les islamistes partis, le secret des manuscrits de Tombouctou reste bien gardé
BAMAKO (AFP) – 20.02.2013 13:46 – Par Anne LE COZ
Malgré le départ des islamistes armés de leur ville, les grandes familles de Tombouctou, gardiennes depuis des siècles de milliers de manuscrits anciens, hésitent encore à lever le secret qui leur a permis de sauvegarder ces écrits de la rage destructrice des fondamentalistes.

Des anciens manuscrits brulés dans la bibliothèque de Ahmed Baba à Tombouctou, le 29 janvier 2013
Reste von alten Handschriften, die in der Ahmed Baba Bibliothek in Timbuktu verbrannt wurden, 29. Januar 2013
Des anciens manuscrits brulés dans la bibliothèque de Ahmed Baba à Tombouctou, le 29 janvier 2013
Foto © AFP/Archives – by Eric Feferberg

Avant leur fuite fin janvier, les islamistes ont saccagé une partie de la grande bibliothèque publique Ahmed Baba, y brûlant quelque 3.000 manuscrits anciens, comme ils avaient détruit en avril des mausolées.
Lundi, l’Unesco a annoncé un plan d’action de 10 millions de dollars (7,5 millions d’euro) pour réhabiliter le patrimoine culturel du nord du Mali et sauvegarder les manuscrits de Tombouctou, témoins de l’essor intellectuel et spirituel aux XVe et XVIe siècles de cette cité classée au Patrimoine mondial.
Contrairement au Centre Ahmed Baba, la trentaine de bibliothèques privées de la ville a été épargnée. Surtout, leurs propriétaires avaient depuis plusieurs mois dispersé leurs collections pour les mettre à l’abri, renouant avec une tradition ancestrale du secret.
Dès l’entrée des islamistes dans Tombouctou en avril, Ismaël Diadié Haïdara al-Quti, descendant de la familiale impériale des Askia du Mali et d’Ali al-Quti, un Wisigoth islamisé de Tolède (Espagne), a fui avec les siens emportant avec lui “une dizaine de manuscrits”.
“On les avait cachés dans du linge et on a embarqué sur une pinasse (pirogue) pour descendre par le fleuve vers le sud”, témoigne son épouse, Hawa Touré, administratrice du Fonds Mahmud Kati (al-Quti), principale bibliothèque privée de Tombouctou, avec près de 13.000 manuscrits répertoriés.
“Après, on a cherché des gens qui pouvaient nous aider, des gens du commun, pas surveillés. Ils ont acheté des malles, des clés. Certains ont fui et ont embarqué les malles sur des pirogues, d’autres les ont enterrées dans le sable”.
Aujourd’hui, assure Hawa, son mari, en Espagne depuis plusieurs mois, est le seul à savoir “qui a caché les manuscrits et comment les retrouver”.
“Le temps du secret”
“Notre bibliothèque a déjà souffert de quatre dispersions en cinq siècles, depuis la fuite de mon ancêtre de Tolède en 1467 jusqu’à la dernière dispersion au XIXe pour protéger les manuscrits des fondamentalistes du royaume peul du Massina”, rappelle Ismaël Diadié Haïdara al-Quti, joint au téléphone par l’AFP.
“Malheureusement en 2012, nous nous sommes trouvés encore dans l’obligation de la disperser. C’est comme d’avoir monté une pierre et de la voir rouler en bas de la montagne”, dit-il.
A 55 ans, Ismaël, historien, poète et philosophe renommé, a passé près d’un tiers de sa vie à rechercher ces trésors dispersés pour pouvoir les réunir dans une bibliothèque ouverte en 2003, grâce à l’aide de la Coopération espagnole.
“Nos manuscrits sont en majorité des corans, mais aussi des textes juridiques ou scientifiques sur les mathématiques, l’astronomie, la médecine… La particularité de ces écrits, en arabe, en peul, en anglais ou en français, tient à leurs annotations marginales”, explique-t-il.
Certaines de ces annotations peuvent même être dissimulées sous la couverture des ouvrages. “Ce sont les secrets de famille, des jugements, mais aussi parfois des indications qui permettent au +gardien du secret+ de retrouver des manuscrits cachés”, explique Hawa.
“Aujourd’hui, personne ne te dira où il a caché les manuscrits”, assure d’une voix douce cette femme de 45 ans, réfugiée avec ses enfants dans un quartier populaire de Bamako. “Si les familles avaient accepté, comme le demandaient le ministère et les bailleurs de fonds, de mettre les manuscrits à disposition du Centre Ahmed Baba, ils seraient tous perdus”.
“Nous sommes revenus au temps du secret”, confirme son mari. “Quand j’ai décidé de mettre au jour cette bibliothèque, une partie de la famille a dit +non, c’est dangereux+. Moi, en tant qu’historien, je pensais qu’il fallait les montrer. Hélas, je me demande si ma famille n’avait pas raison”.
Sceptique sur le plan d’action international annoncé lundi, il juge que “l’Unesco doit repenser sa politique du patrimoine”.
“Ce n’est pas seulement d’argent dont il est besoin. Il faut que l’Unesco implique directement les bibliothécaires, définisse un cadre juridique, administratif et sécuritaire. S’ils ne font pas ça, ils vont encore échouer”, prévient-il.
En attendant, Ismaël gardera son secret: “Cela fait cinq siècles que notre bibliothèque passe par ces vertiges, nous ne sommes pas pressés”.
© 2013 AFP

Le président François Hollande (c), le président du Mali Dioncounda Traore (d) et la directrice géné
Präsident François Hollande (c), der Präsident von Mali Dioncounda Traore (d) und die Generaldirektorin der UNESCO Irina Bokova (g), 2. Februar 2013 in Timbuktu, betrachten durch Islamisten verursachte Schäden, die die Manuskripte verbrannt hatten
Le président François Hollande (c), le président du Mali Dioncounda Traore (d) et la directrice générale de l’Unesco Irina Bokova (g) constatent le 2 février 2013 à Tombouctou les dégâts causés par les Islamistes qui ont incendié les manuscrits
Foto © AFP/Archives – by Fred Dufour

Die Islamisten sind weg, aber Die Behütung der Manuskripte von Timbuktu bleibt geheim
Bamako (AFP) – 2013.02.20 13.46 – Von Anne LE COZ
Trotz der Flucht der bewaffneten Islamisten aus der Stadt Timbuktu bewahren die großen Familien, seit Jahrhunderten Vormünder für Tausende von alten Handschriften, noch das Geheimnis, wie sie diese Schriften vor der zerstörerischen Wut der islamistischen Fundamentalisten retten konnten.
Vor ihrer Flucht Ende Januar plünderten die Islamisten einen Teil der großen öffentlichen Bibliothek Ahmed Baba und verbrannten rund 3.000 alte Handschriften, wie sie im April auch Mausoleen zerstört hatten.
Montag hat die Unesco einen Aktionsplan von 10 Millionen Dollar (7,5 Millionen Euro) verabschiedet, um das kulturelle Erbe der Norden Malis zu rehabilitieren und die Timbuktu- Manuskripte zu bewahren, ene Zeugen der intellektuellen und spirituellen Entwicklung aus dem fünfzehnten und sechzehnten Jahrhundert, die diese Stadt zum Weltkulturerbe machten.
Im Gegensatz zum Ahmed Baba Centre wurden 30 private Bibliotheken der Stadt verschont. Wichtig ist, dass ihre Besitzer für mehrere Monate ihre Sammlungen verstreut hatten, in Wiederbelebung einer alten Tradition der Geheimhaltung.
Bei der Einreise der Islamisten in Timbuktu im April floh Ismail al-Diadié Haidara Quti, Nachkomme der kaiserlichen Familie von Askia in Mali und Ali al-Quti, einer westgotischen islamisierten Familie aus Toledo (Spanien), mit seiner Familie, und mit ihm “ein Dutzend Handschriften.”
“Sie waren in der Wäsche versteckt worden und wir fuhren auf einem Beiboot (Kanu) den Fluss hinunter in den Süden”, sagt seine Frau Hawa Touré, Direktorin des Fonds Mahmud Kati (al-Quti), der privaten Hauptbibliothek von Timbuktu mit fast 13.000 aufgelisteteten Handschriften.
“Dann haben wir Menschen angesprochen, die uns helfen könnten, das gemeine Volk, nicht überwachte Leute. Sie kauften Koffer, Schlüssel. Einige flohen und bestiegen Kanus mit den Koffern, andere begruben sie in den Sand.”
Heute, so versichert Hawa, ihr Mann, der in Spanien ist für mehrere Monate, ist er der einzige, “der weiss, wie die Handschriften versteckt wurden und wie sie zu finden sind.”
“Die Zeit der Geheimhaltung”
“Unsere Bibliothek hat bereits vier Dispersionen in fünf Jahrhunderten erlitten, seit der Flucht meines Vorfahren aus Toledo im Jahr 1467, bis zur letzten Dispersion im neunzehnten Jahthundert zum Schutz der Manuskripte vor den Fundamentalisten aus dem Fulani-Reich Masina”, erinnert sich Ishmael Diadié Haidara al- Quti, per Telefon von AFP erreicht.
“Leider waren wir im Jahr 2012 weiterhin verpflichtet, sie zu zerstreuen. Es ist wie mit dem Stein , den man den Berg hochschiebt, und ihn den Berg hinunterrollen sieht”, sagte er.
Nunmehr 55, verbrachte Ishmael, berühmter Historiker, Dichter und Philosoph, fast ein Drittel seines Lebens mit der Suche nach den verstreuten Schätzen und eröffnete eine Bibliothek im Jahr 2003, mit der Hilfe einer spanischen Zusammenarbeit.
“Unsere Handschriften sind meist aus dem Koran, aber auch juristische Texte oder wissenschaftliche Texte aus Mathematik, Astronomie, Medizin … Die Besonderheit dieser Schriften in Arabisch, Fulani, in Englisch oder Französisch, das sind ihre Randnotizen”, sagt er.
Einige dieser Anmerkungen konnten sogar unter den Bücherdeckeln versteckt werden. “Das sind Familiengeheimnisse, Beurteilungen, aber manchmal Hinweise darauf, wo der ‘Geheimnisbewahrer’ versteckte Manuskripte finden kann”, sagte Hawa.
“Heute wird niemand sagen, wo er die Manuskripte versteckt”, sagt diese 45-jährige Frau, die mit ihren Kindern in ein Armenviertel von Bamako floh. “Wenn die Familie gemacht hätte, was durch das Ministerium und den Gebern zu den Handschriften empfohlen wurde, sie dem Ahmed Baba Zentrum zu geben, würden sie alle verloren sein.”
“Wir kamen zurück in die Tage der Geheimnisse”, sagt ihr Ehemann. “Als ich mich entschloss, diese Bibliothek freizulegen, sagte ein Teil der Familie: Nein, es ist gefährlich. Ich entschied als Historiker, ich dachte, ich sollte alles zeigen. Ach, ich frage mich, ob meine Familie nicht recht hatte. ”
Skeptisch über den Internationalen Aktionsplan vom Montag, glaubt er, dass “die UNESCO ihre Politik des kulturellen Erbes überdenken sollte .”
“Es ist nicht nur Geld, das benötigt wird. Unesco muss direkt Bibliothekare einbeziehen, einen Rechtsrahmen, einen administrativen Rahmen und Sicherheit schaffen. Wenn sie das nicht tun, werden sie wieder scheitern”, warnt er.
Inzwischen behält Ismael sein Geheimnis: “Seit fünf Jahrhunderten geht unsere Bibliothek durch Schwindelgefühle, wir sind nicht in Eile.”
© 2013 AFP

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