MAROKKO: PSYCHISCH KRANKE IN DER HÖLLE DER TEUFELSAUSTREIBUNG – Au Maroc, des malades mentaux attendent d’être libérés de leurs "démons"

In Marokko warten psychisch Kranke, um von ihren “Dämonen” befreit zu werden
Bouya Omar (Marokko) ( AFP) – 2014.04.11 24:59 – Von Simon MARTELLI
Schreie zerreissen von Zeit zu Zeit die schwere Stille des geheimnisvollen Mausoleums von Bouya Omar in Marokko . Hinter hohen Mauern warten die unruhigen Seelen der psychisch Kranken darauf, von den “Dämonen”, die sie besitzen befreit zu werden. Hunderte Marokkaner, von denen ihre Angehörigen glauben, dass sie von Geistern gequält werden – von Schizophrenen bis zu den Drogensüchtigen – wurden von ihren Familien Bouya Omar anvertraut, damit diese ausgetrieben werden : die Legende verleiht dem im sechzehnten Jahrhundert dort begrabenen Marabout, dessen Geist noch immer über den Platz herrscht, magische Kräfte .
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Au Maroc, des malades mentaux attendent d’être libérés de leurs “démons”
Bouya Omar (Maroc) (AFP) – 11.04.2014 12:59 – Par Simon MARTELLI
Des cris déchirent de temps à autre le silence pesant du mystérieux mausolée de Bouya Omar, au Maroc. Derrière les hauts murs, des âmes troublées de malades mentaux attendent d’être délivrées des “démons” qui les possèdent. Des centaines de Marocains que leurs proches croient tourmentés par des esprits — depuis des schizophrènes jusqu’aux drogués — ont été confiés par leur famille à Bouya Omar afin d’être exorcisés: la légende prête des pouvoirs magiques à ce marabout du XVIe siècle, enterré sur place et dont l’esprit règnerait toujours sur les lieux.

Un malade mental dans le village Bouya Omar, à 86 km à l'est de Marrakech, le 20 mars 2014-
Psychisch Kranke im Dorf Bouya Omar , 86 km östlich von Marrakesch
Un malade mental dans le village Bouya Omar, à 86 km à l’est de Marrakech, le 20 mars 2014
afp.com – Fadel Senna

Mais beaucoup se demandent ce qui se passe à l’intérieur du sanctuaire. Des malades mentaux sont-ils guéris grâce aux pouvoirs prêtés à l’esprit du marabout ou vivent-ils “l’enfer”, comme l’affirme un ancien patient?
Les chiffres avancés par la presse locale sur le nombre de pensionnaires — un millier –, n’ont pu être vérifiés. Un journaliste de l’AFP qui a demandé à entrer dans le bâtiment s’en est vu refuser l’accès.
Des militants se montrent cependant catégoriques sur l’atmosphère qui y règne, à des années-lumière de la joyeuse animation de la place Jamâa el-Fna à Marrakech, pourtant distante de cinquante kilomètres à peine.
Les malades sont enchaînés, voire affamés et battus, au point d’en faire un “Guantanamo marocain”, avance Mohammed Oubouli, de l’Association marocaine des droits humains (AMDH, indépendant).
“Nous ne sommes pas contre les croyances des gens. (…) Ce qui nous ennuie, ce sont les souffrances endurées par ceux qui ont été amenés”, affirme ce responsable d’Al-Attaouia, la ville voisine.
Dans un rare témoignage, Mohammed, un ancien drogué originaire de Tanger (nord), affirme y avoir “vécu “l’enfer pendant une année” et perdu l’usage d’un œil.
Emmené en 2006 par sa famille, cet homme affirme à l’AFP avoir subi des “mauvais traitements” –violences physiques, vol d’argent–, avant qu’un frère ne vienne l’en extirper.
En décembre, l’Alliance marocaine pour la citoyenneté et les droits de l’Homme a attiré l’attention d’une délégation onusienne sur Bouya Omar, poussant le ministre de la Santé, El Houssine Louardi, à assurer vouloir fermer le centre… dans la mesure des possibilités.
“Je vais faire tout mon possible (…). Malheureusement, la décision n’est pas du ressort du ministère de la Santé”, a-t-il précisé.
– Djinn –
La difficulté à fermer Bouya Omar renvoie au profond ancrage de certaines croyances dans la société marocaine, comme celle des génies (“djinn”), bons ou mauvais, cités dans le Coran, quand bien même le texte sacré recommande de ne s’en remettre qu’à Dieu.
86% de la population marocaine croiraient aux esprits, selon une étude réalisée l’an dernier par le “Pew Research center”, un groupe d’experts américain.
Sur la dernière décennie, ces croyances populaires ont été encouragées notamment pour contrer l’idéologie radicale, d’après des sociologues.
A ce titre, le soufisme, version mystique apparue au VIIIe siècle et fortement imprégnée de rites et incantations, a connu un renouveau sous le règne de Mohammed VI comme moyen de promotion d'”un islam modéré et tolérant”, expliquent-ils.
“Le ministère de la Santé ne peut fermer Bouya Omar car il sert un objectif politique, en plus d’exister pour des raisons sociales et culturelles”, estime l’universitaire Zakaria Rhani.
Bouya Omar est “un sujet très complexe, très sensible”, reconnaît une source au sein du ministère des Affaires islamiques, qui renvoie à celui de la Santé la responsabilité du bâtiment.
“Comment peut-on gérer quelqu’un qui est violent? Il est emprisonné, parfois un peu pour le protéger, pour stopper sa force, qui est un peu une force aveugle, pour faire sortir l’esprit”, assure cette source sous couvert d’anonymat.
“On laisse les gens là-bas parce qu’on ne peut pas s’en occuper. C’est quelque chose d’ancien, qu’il faut maintenant modifier”, poursuit-elle.
Bouya Omar illustre également les carences en matière de prise en charge des maladies mentales, négligées depuis des décennies, jugent en effet des experts.
Il n’existe que 400 psychiatres dans tout le royaume, soit “moins que dans la seule ville de Genève”, en Suisse, explique le chef de service de l’hôpital psychiatrique Arrazi de Salé, ville jumelle de Rabat, Jalal Toufik.
Ce médecin déplore la perception “extrêmement négative” qui perdure au Maroc vis-à-vis des maladies mentales. “Le niveau de conscience est si faible que beaucoup interprètent les symptômes d’une dépression ou d’anxiété comme le signe d’une malédiction”, regrette-t-il.
“Ils comptent sur les marabouts et ne viennent nous voir longtemps après, quand ils sont en très mauvais état”.
© 2014 AFP

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Des Marocains devant le mausolée de Bouya Omar, le 20 mars 2014Un malade mental devant le mausolée de Bouya Omar, le 20 mars 2014
Marokkaner vor dem Mausoleum von Bouya Omar
Ein psychisch Kranker vor dem Mausoleum von Bouya Omar
Des Marocains devant le mausolée de Bouya Omar, le 20 mars 2014
Un malade mental devant le mausolée de Bouya Omar, le 20 mars 2014
afp.com – Fadel Senna

In Marokko warten psychisch Kranke, um von ihren “Dämonen” befreit zu werden
Bouya Omar (Marokko) ( AFP) – 2014.04.11 24:59 – Von Simon MARTELLI
Schreie zerreissen von Zeit zu Zeit die schwere Stille des geheimnisvollen Mausoleums von Bouya Omar in Marokko . Hinter hohen Mauern warten die unruhigen Seelen der psychisch Kranken darauf, von den “Dämonen”, die sie besitzen befreit zu werden. Hunderte Marokkaner, von denen ihre Angehörigen glauben, dass sie von Geistern gequält werden – von Schizophrenen bis zu den Drogensüchtigen – wurden von ihren Familien Bouya Omar anvertraut, damit diese ausgetrieben werden : die Legende verleiht dem im sechzehnten Jahrhundert dort begrabenen Marabout, dessen Geist noch immer über den Platz herrscht, magische Kräfte .
Aber viele fragen sich , was im Inneren des Heiligtums geschieht. Werden psychische Kranke durch die Macht des Geistes des Marabouts, die auf sie übetragen wird, geheilt, oder durchleben sie die “Hölle” , wie ein ehemaliger Patient erklärt ?
Die Zahlen der lokalen Presse über die Zahl der Insassen(1000) konnte nicht verifiziert werden . Einem AFP- Journalisten, der in das Gebäude wollte, wurde der Zutritt verweigert .
Menschenrechteaktivisten zeigen sich jedoch kategorisch über die Atmosphäre , die dort herrscht, nur fünfzig Kilometer und doch Lichtjahre entfernt von der freudigen Animation des touristischen Jamaa el- Fna-Platzes in Marrakesch.
Die Patienten werden angekettet, ausgehungert und geschlagen in diesem “marokkanischen Guantanamo”, wettert Oubouli Mohammed von der unabhängigen Marokkanischen Vereinigung für Menschenrechte (Association marocaine des droits humains , AMDH). “Wir sind nicht gegen den Glauben der Menschen . (…) Was uns stört, sind die Leiden derer, die dorthin gebracht werden.”.
In einem seltenen Beispiel behauptet Mohammed , ein ehemaliger Drogenabhängiger aus Tanger ( Norden), dort “die Hölle für ein Jahr” gelebt und die Verwendung von einem Auge gelebt zu haben.
Der im Jahr 2006 von seiner Familie dort hingebrachte Mann sagte gegenüber AFP, ” Missbrauch” erlitten zu haben – körperliche Gewalt , Diebstahl von Geld – bevor ein Bruder ihn befreien kam .
Im Dezember verwies das marokkanische Bündnis für Staatsbürgerschaft und Menschenrechte eine UN- Delegation auf Bouya Omar und der Minister für Gesundheit, El Houssine Louardi , versicherte, das Zentrum zu schließen .. . so es möglich sei.
“Ich werde alles, was ich kann, (…). Leider ist die Entscheidung nicht in der Verantwortung des Ministeriums für Gesundheit, ” hat er gesagt.
– Geister –
Die Schwierigkeit´des Schließens von Bouya Omar bezieht sich auf bestimmte Überzeugungen, die tief in der marokkanischen Gesellschaft verwurzelt sind, wie die über Geister ( “Dschinn” ) , gute oder schlechte, die auch im Koran erwähnt werden, obschon der heilige Text empfiehlt, sich nur auf Gott zu verlassen .
86% der marokkanischen Bevölkerung würde an Geister glauben, laut einer Studie aus dem vergangenen Jahr von der ” Pew Research Center “, einer amerikanischen Expertengruppe .
Im letzten Jahrzehnt sind diese Volksglauben ermutigt worden , insbesondere um radikalen Ideologien zu begegnen, nach Soziologen .
Solchermaßen erlebte der Sufismus, mystische Islamversion aus dem achten Jahrhundert und stark von Riten und Beschwörungen beeinflusst , eine Wiederbelebung während der Herrschaft von Mohammed VI, als Mittel zur Förderung “eines moderaten und toleranten Islams”, erklären sie .
” Das Gesundheitsministerium kann Bouya Omar nicht schließen, weil es einem politischen Zweck dient , zusätzlich zu den sozialen und kulturellen Gründe”, sagte die Akademikerin Zakaria Rhani.
Bouya Omar ist “ein sehr komplexes Thema , sehr empfindlich “, gibt eine Quelle im Ministerium für Islamische Angelegenheiten zu, das sich mit dem Gesundheitsministerium die Verantwortung für das Gebäude teilt.
“Wie kann man jemanden, der gewalttätig ist, verwalten? Er wird eingesperrt , manchmal ein wenig um ihn selbst zu schützen , vor seiner Stärke , die ein bisschen eine blinde Macht ist , und um den bösen Geist zu vetreiben”, sagt diese Quelle unter dem Deckmantel der Anonymität.
“Man lässt die Menschen dort, weil man sich nicht um sie kümmern kann. Dies ist etwas Altes , das sich jetzt ändern muss “, sagt sie .
Bouya Omar veranschaulicht auch die Lücken in der Versorgung für psychische Erkrankungen, jahrzehntelang vernachlässigt, glauben Experten.
Es gibt nur 400 Psychiater im Reich oder ” weniger als allein in der Stadt Genf” in der Schweiz, sagt Jalal Toufik, der Leiter des psychiatrischen Dienstes des Krankenhauses Arrazi in Salé , Rabats Partnerstadt.
Dieser Arzt bedauert die ” extrem negative ” Wahrnehmung, die in Marokko besteht vis -à-vis psychischen Erkrankungen. “Der Bekanntheitsgrad ist so niedrig, dass viele die Symptome von Depression oder Angst als ein Zeichen von einem Fluch interpretieren”, klagt er.
” Sie verlassen sich auf Marabouts und kommen zu uns erst lange danach , wenn sie in einem sehr schlechten Zustand sind. ”
© 2014 AFP

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