NIGERIA, REPORTAGE: Der Horror nach der religiösen Gewalt in Jos – l’horreur dans les puits de Kuru Karama

Nigeria: der Horror in den Brunnen von Kuru Karama
Nigeria: l’horreur dans les puits de Kuru Karama

KURU KARAMA (Nigeria) (AFP) – 22.01.2010 14:54
Deutsche Übersetzung vom Blogautoren Andreas Fecke

Der Horror in der Tiefe der Brunnen. Im kleinen, von der durch interethnische und religiöse Auseinandersetzungen verwüsteten Stadt Jos nicht weit entfernten Dorf Kuru Karama, hievt man Dutzende Körper aus den Brunnen. Das Dorf mit den Lehmhäusern ist nur noch ein verwüstetes Feld von Ruinen und Schluchzern. Von einem Haufen Hühnern und Ziegen umgeben holen Freiwillige einer muslimischen Hilfsorganisation auf penible Weise Leichen aus aus diesen Trinkwasserbrunnen. Opfer des tödlichen Wahns, der die Hauptstadt des Zentralstaates des Plateau Jos und ihre Umgebung gerüttelt hat.
L’horreur au fond des puits. Dans le petit village nigérian de Kuru Karama, non loin de la ville de Jos dévastée par des affrontements inter ethniques et religieux, on remonte des dizaines de corps des puits. Le village de maisons en terre n’est plus qu’un champ de ruines et de sanglots.
Entourés d’une nuée de poules et de chèvres, des volontaires d’une association de secours musulmane sortent péniblement des cadavres de ces puits d’eau potable. Des victimes des journées de folie meurtrière qui ont secoué Jos, la capitale de l’Etat central du Plateau, et ses environs.

1-Kuru Karama, près de Jos au Nigeria, le 21 janvier 2010
Foto (c)AFP: Verbranntes Gebäde in Kuru Karama
Un bâtiment incendié à Kuru Karama, près de Jos au Nigeria, le 21 janvier 2010

“Bis jetzt haben wir 62 Körper hochgeholt, aber da sind noch viel mehr, und ich denke, dass man die Brunnen mit Dans zuschütten muss, weil die Körper verwesen”, erklärt gegenüber AFP der Verantwortliche der muslimischen Hilfsorganisation Ibrahim Tanimu. Seine Männer laden die Körper auf kleine Lastwagen. “Wir fahren sie nach Jos zurück, um sie zu beerdigen”, sagt er.
“Nous avons jusque-là remonté 62 corps, mais il y en a encore beaucoup et je pense qu’il va falloir combler ces puits avec du sable car les corps sont en décomposition”, déclare à l’AFP Ibrahim Tanimu, le responsable d’une organisation de secours islamique.
Ses hommes entassent les corps dans des petits camions. “On les ramène à Jos pour les enterrer”, dit-il.

Die Einschusslöcher und die tiefen Schnitte durch Macheten sind sichtbar. Noch wurde keine offizielle Bilanz der viertägigen Konfrontationen in Jos und Umgebng veröffentlicht, aber dem Internationalen Rote Kreuz zufolge wurden mindestens 160 Personen getötet und 18.000 sind vertrieben.
Les impacts de balles et de profondes entailles de machettes sont visibles. Aucun bilan officiel des affrontements qui ont embrasé Jos et ses environs pendant quatre longs jours depuis dimanche dernier, n’a encore été publié, mais selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), au moins 160 personnes ont été tuées et 18.000 déplacées.

2-Kuru Karama, près de Jos au Nigeria, le 21 janvier 2010
Foto (c)AFP: Patrouille der nigerianischen Armee
L’armée nigériane patrouille suite à des affrontements à Kuru Karam, près de Jos, au NIgeria, le 21 janvier 2010

In wenigen Stunden nur ist aus dem mit 3000 Einwohnern großen landwirtschaftlichen Flecken Kuru Karama, 30 Kilometer südlich von Jos gelegen, ein Geisterdorf geworden. Alles wurde zerstört, niedergebrannt. Sogar die Moschee: aufgerissenes Zinkdach, ockerbrane Mauern, schwarz gestreift von den Flammen. Die zwei Lautsprecher für den Ruf zum Gebet liegen auseinandergenommen auf der Erde. Auf einer weissen Mauer bezeugt ein handgeschroebenes Schild, dass dort einmal ein Polizeirevier war. Überall zeugen zerbeulte Töpfe, geschwärzte Matratzen, herumgestrete Kleidung, aufgeschlitzte Getreidesäcke und Blutspuren von der Gewalt, die über dieses mehrheitlich von Muslimen und einer christlichen Minderheit bewohntes Dorf hereingebrochen ist.
En quelques heures Kuru Karama, un gros bourg agricole de 3.000 personnes à 30 km au sud de Jos, est devenu un village fantôme. Tout a été détruit, incendié. Même la mosquée: toit en zinc éventré, murs ocre jaune zébrés de noir par les flammes. Les deux hauts-parleurs pour l’appel à la prière gisent, démantelés, par terre.
Sur un mur blanc, un panneau écrit à la main témoigne qu’il y avait là un poste de police.
Partout des casseroles cabossées, des matelas noircis, des vêtement éparpillés, des sacs de grains éventrés, et des traînées de sang témoignent de la violence qui s’est abattue sur ce bourg agricole, majoritairement musulman mais avec une minorité chrétienne.

“Ich habe zehn Familienmitglieder verloren, darunter mein Vater und mein Bruder Mohammed. Er ist erst vor einer Woche aus der Ukraine zrückgekommen, wo er für die nigerianische Botschaft gearbetitet hatte”. Die Stimme Adamu Musas bricht: gerade bringt man ihm den aus einem Brnnen geholten Körper seines 73-jährigen Vaters. “Ich war in der Bundeshauptstadt Abuja, als mein Bruder mich anrief und sagte, dass das Dorf angegriffen wird. Plötzlich war das Gespräch weg. Ich glaube, dass er da getötet worden ist”, erzählt der Busfahrer Musa, und sein Körper bebt vor Schluchzern. In den Ruinen miaut eine Katze. “Die kann ich nicht hierlassen”, sagt Hassan, ein Freiwilliger aus Abuja, und trägt die erschreckte Katze streichelnd fort.
“J’ai perdu dix membres de ma famille, dont mon père et mon frère Mohammed. Il venait juste de rentrer il y a une semaine d’Ukraine où il travaillait pour l’ambassade du Nigeria”. La voix d’Adamu Musa se brise: on vient de ramener chez lui le corps de son père de 73 ans, remonté d’un puits.
“J’étais à Abuja (la capitale fédérale) quand mon frère m’a appelé pour me dire que le village était attaqué. Ca a coupé brusquement. Je pense que c’est alors qu’il a été tué”, raconte Musa, un chauffeur de bus, le corps secoué de sanglots.
Dans les ruines d’une échoppe, un chaton noir miaule. “Je ne peux pas le laisser là”. Hassan, un volontaire venu d’Abuja, emporte l’animal terrorisé en le caressant.

3-Kuru Karama, près de Jos au Nigeria, le 21 janvier 2010
Foto (c)AFP: Kadaver eines Gewaltopfers, aus einem Brunnen geholt
Le cadavre d’une victime d’affrontements extrait d’un puit à Kuru Karama, près de Jos, au NIgeria, le 21 janvier 2010

“Man kann noch nicht sagen, wie viele Tote”, sagt der Chef des gemarterten Dorfes Umar Baza der AFP. Für ihn sind die Mörder slbstverständlich Christen, mit Beihilfe der lokalen Polizei. “Als wir erfuhren, was in Jos los war, habe ich die Chefs der beiden Gemeinden versammelt. Einige Stunden später allerdings sind jugendliche Christen mit Gewehren und Macheten herumgezogen. Wir waren schnell überfordert”, sagt der Bürgermeister.
“On ne peut pas encore dire combien de morts”, dit à l’AFP le chef du village martyr, Umar Baza. Pour lui, les tueurs sont évidemment des chrétiens aidés par la police locale. “Quand on a appris ce qui se passait à Jos, j’ai réuni les chefs des deux communautés. Mais quelques heures plus tard, des jeunes chrétiens ont déferlé avec des fusils et des machettes. On a vite été débordés, raconte le maire.

Auf der Strasse nach Jos stoppt der von einem Panzerfahrzeug der Armee eskortierte Zug von 25 Autos und Kleinlastern. Noch mal fünf Körper zum Einsammeln, in einem Kanal unweit des Dorfes. 300 Meter neben den Totenbrunnen schauen christliche Dorfbewohner as ihren Fenstern auf die Freiwilligen, die Körper auf Haufen legen, die einmal ihre Nachbarn waren.
Sur la route de Jos, le convoi de 25 voitures et camionnettes, escorté par un blindé de l’armée, s’arrête. Encore cinq corps à ramasser dans un canal d’irrigation non loin du village.
A 300 mètres des puits de la mort, des villageois chrétiens regardent depuis chez eux les volontaires empiler les corps de ceux qui furent leurs voisins.

© 2010 AFP

Leave a Reply