RUANDA 20 JAHRE VÖLKERMORD: (D) VERSÖHNUNG, 3 SOZIALREPORTAGEN – Rwanda 20 ans génocide (D) réconciliation

3.Ruanda: ein beliebtes Radio fördert die Versöhnung
Kigali (AFP) – 2014.09.04 08:30 – Von Stephanie Aglietti
Zweimal in der Woche hält die Zeit auf den Hügeln von Ruanda für 25 Minuten an. In Familien, unter Freunden, die Ruander kleben am Radio und folgen “Musekeweya” (“Neues Morgenlicht” in Kinyarwanda-Sprache), eine Radioseifenoper, die die Versöhnung fördert .
2. Ruanda: Kinder aus Vergewaltigungen, die vergessenen Opfer des Völkermords
Kigali (AFP) – 2014.04.08 07:00 – Von Stephanie Aglietti
“Ich sage, ich habe keinen Vater ” … Bei der Frage nach seinem Schöpfer zieht David , 19, es vor, zu verstecken , dass er einer von Tausenden von Kindern ausVergewaltigungen während des Völkermordes in Ruanda 1994 ist. Unmöglich zu wissen, wie viele Frauen während der Massaker zwischen April und Juli 1994 vergewaltigt wurden. Oder, wie viele Kinder die Früchte davon.
1. Mein Nachbar der Mörder , die Herausforderung der Versöhnung nach dem Völkermord in Ruanda
Kigali (AFP) – 2014.06.04 14.03 – By Hannah McNeish
Vor 20 Jahren massakrierte Frédéric Kazigwemo die Nahen von Cécile Mukagasana , seiner Nachbarin in dem kleinen Dorf Mbyo, wo, wie in vielen Gemeinden in Ruanda, Opfer und Täter miteinander leben und mühsam versuchen, sich zu versöhnen.
DEUTSCH (VON MIR ETWAS VERBESSERTE GOOGLE-ÜBERSETZUNGEN) EWEILS WEITER UNTER DEN FRANZÖSISHEN ORIGINALEN UND IHREN FOTOS

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1. Mon voisin l’assassin, le défi de la réconciliation post-génocide au Rwanda
Kigali (AFP) – 06.04.2014 14:03 – Par Hannah McNeish
Il y a 20 ans, Frédéric Kazigwemo massacrait les proches de Cécile Mukagasana, sa voisine dans le petit village de Mbyo où comme dans de nombreuses localités rwandaises, victimes et bourreaux cohabitent en tentant difficilement de se réconcilier. Entre avril et juillet 1994, environ 800.000 Rwandais, principalement issus de la minorité tutsi, furent massacrés en une centaine de jours par leurs voisins, collègues et parfois amis hutu.

Cécile Mukagasana (gauche) travaille aux côtés d'Espérence Kaziguemo, dont l'époux a massacré sa fam
Cécile Mukagasana (links) arbeitet neben Esperence Kaziguemo , deren Mann ihre Familie in dem Dorf Mbyo in Ruanda tötete
Cécile Mukagasana (gauche) travaille aux côtés d’Espérence Kaziguemo, dont l’époux a massacré sa famille, dans le village de Mbyo, le 12 mars 2014
afp.com – Phil Moore

Frédéric faisait partie des assassins. Avec un groupe de Hutu armés de machette et de lances, il a massacré plusieurs personnes, dont deux membres de la famille de Cécile.
“Au début, c’était difficile de vivre ici car le mari de cette femme a tué des membres de ma famille”, admet Cécile en tressant des paniers, assise à côté de l’épouse de Frédéric pendant que leurs enfants jouent dans l’herbe.
Frédéric a été jugé par un tribunal traditionnel gacaca et condamné à une peine réduite, après avoir admis sa culpabilité et présenté des excuses. Comme Cécile, il est revenu vivre à Mbyo, devenu un “village de la réconciliation” selon une ONG chrétienne.
Celle-ci y a aidé victimes et bourreaux à reconstruire leurs logements, souvent détruits, en échange du pardon et de la participation à des activités communes. Objectif: encourager la cohabitation entre victimes et bourreaux afin de favoriser la réconciliation, loin d’être évidente.
“Avant que je demande pardon, mon coeur n’était pas en paix (…) Je voyais parfois les visages de ceux que j’ai tués. Maintenant je ne les vois plus”, confie Frédéric.
Dans les villages de la campagne rwandaise, les victimes cohabitent, souvent contraintes et forcées, avec ceux qui ont parfois massacré toute leur famille 20 ans auparavant et sont revenus chez eux après être sortis de prison.
Plusieurs associations y ont mis sur pied des projets communautaires et des coopératives afin de faire oublier les désirs enfouis de vengeance, encore présents, même si tus.
– Traumatisme collectif –
“Les gacaca ont fait beaucoup pour la justice et pour juger les assassins, mais nous avons aussi besoin de réconciliation”, explique Dieudonné Gahizi-Ganza, fondateur de Best Hope Rwanda, une ONG qui conseille les victimes de viols ainsi que les enfants de victimes et d’assassins.
“Les traumatismes peuvent parfois être transmis d’une génération à l’autre”, note-t-il.
Jean-Baptiste Habyarimana, secrétaire exécutif de la Commission nationale pour l’Unité et le Réconciliation du Rwanda, rappelle qu'”après le génocide, il y avait plus de 300.000 orphelins et 500.000 veuves (…) Il n’est pas facile pour eux de s’en remettre”.
Vestine Mukandahiro, qui vit dans un faubourg de Kigali, a dû se réconcilier avec sa propre fille, née d’un viol durant le génocide. Elle avait 13 ans en 1994 quand la quasi-totalité de sa famille a été massacrée à la machette et qu’elle a été violée alors qu’elle s’enfuyait à travers champs.
“Après sa naissance, je ne pensais pas pouvoir vivre avec ma propre fille parce que chaque fois que je regardais son visage, je repensais au viol”, raconte-t-elle. Dans son village, elle est de surcroît traitée “comme une prostituée” pour avoir apporté “un enfant du malheur” dans la communauté.
De nombreux programmes ont permis d’éduquer les communautés afin de limiter largement ce type de stigmatisations.
Vingt ans après, le Rwanda poursuit le difficile travail de réconciliation malgré le poids des massacres, dont le souvenir imprègne toujours la société rwandaise et qui a été ravivé par l’approche des commémorations du génocide.
Les mots Hutu et Tutsi sont désormais tabous et bannis de tous les documents officiels, mais restent présents dans les esprits.
La génération post-génocide, qui n’a rien connu des massacres, doit elle aussi affronter le traumatisme collectif. Les seuls loisirs parascolaires qu’Yvette, 19 ans, parvient à citer sont des groupes de discussion sur le sida et les drogues et le “Club plus jamais”, où elle et ses camarades dissertent sur le génocide.
“Notre génération doit faire de gros efforts pour être certaine que ce qui est arrivé ne se reproduise jamais”, explique-t-elle.
© 2014 AFP

Des enfants de deux familles différentes jouent ensemble à Mbyo le 12 mars 2014
Kinder von zwei verschiedenen Familien , die zusammen spielen, in Mbyo, Ruanda
Des enfants de deux familles différentes jouent ensemble à Mbyo le 12 mars 2014
afp.com – Phil Moore

1. Mein Nachbar der Mörder , die Herausforderung der Versöhnung nach dem Völkermord in Ruanda
Kigali (AFP) – 2014.06.04 14.03 – By Hannah McNeish
Vor 20 Jahren massakrierte Frédéric Kazigwemo die Nahen von Cécile Mukagasana , seiner Nachbarin in dem kleinen Dorf Mbyo, wo, wie in vielen Gemeinden in Ruanda, Opfer und Täter miteinander leben und mühsam versuchen, sich zu versöhnen. Zwischen April und Juli 1994 wurden rund 800.000 Ruander , die meist aus der Tutsi- Minderheit, in hundert Tagen von ihren Hutu -Nachbarn , -Kollegen und manchmal -Freunden massakriert .
Frédéric war einer der Attentäter . Mit einer Gruppe von mit Macheten und Speeren bewaffneten Hutu tötete er mehrere Menschen, darunter zwei Mitglieder der Familie von Cecile.
“Am Anfang war es schwierig, hier zu leben, weil der Mann dieser Frau meine Familie umgebracht hatte”, gesteht Cecile. Sie sitzt beim Korbflechten neben der Frau von Frédéric , während ihre Kinder im Gras spielen.
Frédéric wurde von einem traditionellen Gacaca- Gericht nach Eingeständnis seiner Schuld zu einem reduzierten Satz verurteilt und entschuldigte sich. Wie Cecilia kehrte er nach Mbyo zurück, das sich laut einer christlichen NGO zu einem ” Dorf Versöhnung” entwickelt hat.
Diese half im Austausch für Vergebung und Beteiligung an gemeinsamen Aktivitäten Opfern und Schlähtern, ihre oft komplett vernichteten Häuser wieder aufzubauen. Ziel: Koexistenz von Opfern und Tätern zu ermutigen, die Aussöhnung zu fördern , die weit davon entfernt ist, Wirklichkeit zu sein.
“Bevor ich bitte um Verzeihung bat, hatte mein Herz keinen Frieden (…) Ich sehe manchmal die Gesichter derer, die ich getötet habe. Jetzt sehe ich sie nicht mehr “, sagt Frédéric.
In den Dörfern im ländlichen Ruanda, leben Opfer (oft gezwungenermaßen) nebeneinander mit denen, die vor 20 Jahren manchmal ganze Familie massakrierten und zurückkehrten, nachdem sie aus dem Gefängnis entlassen worden waren.
Mehrere Verbände haben dort Community-Projekte und Genossenschaften aufgebaut, um die verborgenen Wünsche der Rache, noch vorhanden, obwohl stumm, vergessen zu lassen.
– Kollektive Traumata –
“Die Gacaca-Gerichte taten viel für Gerechtigkeit und Verurteilung der Mörder , aber wir brauchen auch Versöhnung “, sagte Dieudonné Gahizi – Ganza , Gründer von Best Hope Rwanda (Beste Hoffnung Ruanda), einer NGO , die Opfer von Vergewaltigungen und Kinder der Opfer und der Mörder berät. “Traumata können manchmal von einer Generation auf die andere übertragen werden”, stellt er fest.
Jean-Baptiste Habyarimana , Exekutivsekretärin der Nationalen Kommission für Einheit und Versöhnung in Ruanda, sagte, dass “es nach dem Völkermord über 300.000 Waisen und 500.000 Witwen gab (…) Es ist nicht leicht für sie, darüber hinweg zu kommen. ”
Mukandahiro Vestine , die in einem Vorort von Kigali lebt , hatte sich mit ihrer eigenen Tochter zu versöhnen, die aus einer Vergewaltigung während des Genozids geboren wurde. Sie war im Jahr 1994 13 Jahre alt, als fast alle ihrer Familie mit einer Machete getötet wurden, und sie vergewaltigt während der Flucht über die Felder .
” Nach ihrer Geburt dachte ich, dass ich mit meiner Tochter nicht leben können würde , weil jedes Mal, wenn ich in ihr Gesicht sah , dachte ich an die Vergewaltigung “, sagt sie . In ihrem Dorf wird sie weiter behandelt “wie eine Prostituierte”, weil sie “ein Kind des Unglücks” in die Gemeinde gebracht hat.
Viele Programme haben dazu beigetragen, Gemeinden zu erziehen, diese Art von Stigmatisierung weitgehend zu begrenzen.
Zwanzig Jahre später stemmt Ruanda weiterhin die harte Arbeit der Versöhnung trotz des Gewichts der Massaker, deren Erinnerung die ruandische Gesellschaft immer noch durchdringt und mit dem Herannahen der Gedenkfeiern des Völkermords wiederbelebt wurde.
Die Wörter Hutu und Tutsi sind jetzt tabu und in allen offiziellen Dokumenten verboten, aber in den Köpfen bleiben sie vorhanden .
Die Post- Genozid -Generation , die die Massaker nicht erlebt hat, muss sich auch dem kollektivenTrauma stellen. Die einzige außerschulische Freizeit von Yvette , 19 , sind Diskussionsgruppen zu AIDS und Drogen und der “Club Nie Wieder” , wo sie und ihre Klassenkameraden den Völkermord besprechen.
“Unsere Generation muss große Anstrengungen unternehmen , um sicherzustellen, dass das, was passierte, nie wieder passieren wird”, sagt sie.
© 2014 AFP

2. Rwanda: les enfants des viols, victimes oubliées du génocide
Kigali (AFP) – 08.04.2014 07:00 – Par Stéphanie AGLIETTI
“Je dis que je n’ai pas de père”… Quand on l’interroge sur son géniteur, David, 19 ans, préfère cacher qu’il est l’un des milliers d’enfants nés d’un viol commis durant le génocide de 1994 au Rwanda. Impossible de savoir combien de femmes furent violées durant le massacre qui, entre avril et juillet 1994, fit environ 800.000 morts, essentiellement dans la minorité tutsi. Ni combien d’enfants exactement en sont le fruit. Les victimes qui ont échappé à la mort préfèrent se taire, le sujet restant largement tabou, vingt ans après.

Paula, 19 ans, dont la mère a été violée durant le génocide de 1994, dans le jardin de la maison de
Paula , 19, deren Mutter während des Genozids 1994 vergewaltigt wurde, am Stadtrand von Kigali
Paula, 19 ans, dont la mère a été violée durant le génocide de 1994, dans la banlieue de Kigali, le 14 mars 2014
afp.com – Phil Moore

Il n’existe “pas de statistiques (…) pour avoir une idée, sinon précise, à tout le moins approximative” du nombre de femmes violées durant le génocide, estimait en 1996 un rapport de l’ONU, mais “les violsŽétaient systématiques, utilisés comme +arme de guerre+ (…) la règle étant le viol et l’exception le non-viol”.
Après la “surprise” et la “colère”, David n’a “pas eu d’autre choix que d’accepter” d’être le fruit d’un viol, parvenant même à évoquer son père: “Ma mère a la peau très claire et moi je suis plus sombre, j’aimerais bien voir à quoi il ressemble”.
“Il est au courant qu’il est né d’un viol, mais ne connaît pas tous les détails; il a arrêté de poser des questions”, explique Ester, sa mère: “mon fils ne parle pas beaucoup, il est difficile de savoir ce qu’il pense vraiment”.
Tutsi, Ester a fui Kigali au début des massacres. A Cyangugu, localité frontalière de la République démocratique du Congo (RDC), une femme a proposé de la cacher, avec d’autres femmes, dans une maison, avant de les dénoncer au chef des miliciens hutu locaux: “nous avons passé une nuit terrible dans cette maison”, raconte-t-elle seulement.
Ester n’a osé parler qu’à sa petite soeur, pas même à sa mère. “Après l’avoir mis au monde, je me suis dit que je n’avais d’autre choix que d’aimer mon enfant”, explique-t-elle. Mais elle n’a révélé son histoire à son fils qu’après avoir découvert que son bourreau lui avait transmis le virus du sida. David, lui, est séronégatif.
– Sujet tabou –
“Le viol est toujours un sujet tabou (…) mais on commence à en parler. Les choses bougent, même si beaucoup reste à faire”, constate Samuel Munderere, un des responsables de l’ONG Survivor Fund (Surf), qui aide les femmes violées et leurs enfants. “Beaucoup d’enfants ne connaissent pas leur histoire car leurs mères refusent d’en parler”.
Nyiramwiza, 19 ans, a elle aussi “décidé de ne plus poser de questions” sur son père. “La première fois que j’ai posé la question, c’était il y a 8 ans (…) Ma mère n’a rien dit et s’est mise à pleurer”, se souvient la jeune fille au regard dur et au sourire rare.
Augustine, sa mère, explique ne “pas vouloir perturber” sa fille. Celle-ci est née peu avant le déclenchement du génocide du viol d’un milicien hutu qui avait fait d’Augustine, tutsi, son esclave sexuelle durant un an.
Durant le génocide, Augustine, 42 ans, sera à nouveau violée “par plusieurs hommes durant plusieurs jours”. Elle aussi contracte le sida et donne encore naissance à un garçon, Saligoma.
“Après le génocide, je détestais tout le monde et je me détestais”, explique cette femme aux larmes silencieuses, dont le reste de la famille a péri dans les massacres. “Je n’aimais pas mes enfants car ils me renvoyaient à ce que j’avais vécu”.
Nyiramwiza est en bonne santé et poursuit des études. Mais son frère refuse de se faire dépister, a accumulé échecs scolaires et séjours dans la rue et est “très agressif”, selon sa mère.
Inconsciemment, ces enfants “ont toujours honte d’être enfants de miliciens”, selon Emilienne Kambibi, conseillère à l’ONG Surf. Héritant du traumatisme de leur mère, rejetés par leur communauté, les enfants nés de viols sont confrontés au quotidien à leur passé.
Ils “sont souvent rejetés” par leurs familles, explique Jean-Pierre Dusingizemungu, président de l’association de rescapés Ibuka.
En outre, ils ne sont pas considérés comme des rescapés du génocide car ils sont nés après, et donc pas éligibles au Fonds d’assistance aux rescapés (FARG) qui pourrait notamment financer leurs études.
“Le FARG devrait les aider, ils ont une histoire directement liée au génocide, ce sont nos enfants”, plaide M. Dusingizemungu.
© 2014 AFP

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Paula, 19 ans, dont la mère a été violée durant le génocide de 1994, dans la banlieue de Kigali, le Laura, 33 ans, violée durant le génocide de 1994 et qui a donné naissance à une fille, Sofia, dans s
Paula , 19, deren Mutter während des Genozids 1994 vergewaltigt , in den Garten des Hauses am Stadtrand von Kigali , wo sie lebt mit ihrer Mutter
Laura , 33, die während des Genozids 1994 vergewaltigt wurde und später ihre Tochter Sofia gebar, in ihrem Haus am Stadtrand von Kigali
Paula, 19 ans, dont la mère a été violée durant le génocide de 1994, dans le jardin de la maison de la banlieue de Kigali où elle vit avec sa mère, le 14 mars 2014
Laura, 33 ans, violée durant le génocide de 1994 et qui a donné naissance à une fille, Sofia, dans sa maison de la banlieue de Kigali, le 14 mars 2014
afp.com – Phil Moore

2. Ruanda: Kinder aus Vergewaltigungen, die vergessenen Opfer des Völkermords
Kigali (AFP) – 2014.04.08 07:00 – Von Stephanie Aglietti
“Ich sage, ich habe keinen Vater ” … Bei der Frage nach seinem Schöpfer zieht David , 19, es vor, zu verstecken , dass er einer von Tausenden von Kindern ausVergewaltigungen während des Völkermordes in Ruanda 1994 ist. Unmöglich zu wissen, wie viele Frauen während der Massaker zwischen April und Juli 1994 vergewaltigt wurden. Oder, wie viele Kinder die Früchte davon. Die Opfer, die dem Tod entronnen waren, schweigen lieber, denn auch zwanzig Jahre später bleibt das Thema weitgehend tabu.
Es gibt “keine Statistiken, ( …), um eine, wenn nicht genaue, zumindest annähernde Vorstellung zu bekommen” von der Zahl der während des Genozids vergewaltigten Frauen, sagte ein UN-Bericht im Jahr 1996. Aber ” Vergewaltigungen wurden systematisch als Kriegswaffe eingesetzt (…) Vergewaltigung war die Regel, nicht die Ausnahme “.
Nach der “Überraschung” und “Wut” hat David “keine andere Wahl , als zu akzeptieren”, das Ergebnis von Vergewaltigung zu sein, schafft es sogar, seinen Vater zu erwähnen: ” Meine Mutter hat sehr helle Haut und ich bin dunkel. Ich würde gerne mal sehen , wie er aussieht. ”
“Er weiß, dass er aus der Vergewaltigung geboren wurde, kennt aber nicht,alle Details und hat aufgehört, Fragen zu stellen “, sagt Ester, seine Mutter : “Mein Sohn redet nicht viel , so ist es schwierig, zu wissen, was er wirklich denkt . ”
Die Tutsi Ester floh aus Kigali in den frühen Massakern. In Cyangugu, Grenzstadt in der Demokratischen Republik Kongo ( DRC) , schlug eine Frau vor, sie mit anderen Frauen in einem Haus zu verstecken. Dann verriet sie alle an den lokalen Hutu-Milizen-Chef : “Wir hatten eine schreckliche Nacht in diesem Haus “, sagt Ester nur .
Ester wagte nur, mit ihrer kleinen Schwester darüber zu sprechen, nicht einmal mit ihrer Mutter. “Nach der Geburt sagte ich mir , dass ich keine andere Wahl hatte als mein Kind zu lieben”, erklärt sie. Aber sie wollte ihre Geschichte ihrem Sohn ursprünglih nicht offenbaren, erst nach der Entdeckung, dass ihr Peinigerihm das AIDS-Virus übertragen hat. David ist es seronegativ.
– Tabuthema –
“Vergewaltigung ist immer noch ein Tabu-Thema (…) , aber wir beginnen zu reden. Die Dinge sind in Bewegung , auch wenn noch viel zu tun bleibt”, sagt Samuel Munderere , ein Aktivist der NGO Survivor Fund (Surf), die vergewaltigten Frauen und ihren Kindern hilft. “Viele Kinder kennen ihre Geschichte nicht, weil ihre Mütter sich weigern, zu sprechen. ”
Nyiramwiza , 19, hat sich auch ” entschieden, keine Fragen zu stellen” über ihren Vater . “Das erste Mal fragte ich mit 8 Jahren (…) Meine Mutter sagte nichts und begann zu weinen “, erinnert sich das Mädchen mit hertem Blick und seltenem Lächeln.
Augustine (42), ihre Mutter, sagt, sie wollte ihre Tochter „nicht verstören“. Diese wurde kurz vor Ausbruch des Völkermords geboren aus einer Vergewaltigung durch einen Hutu-Milizionär, der Augustine, Tutsi , seine Sex-Sklavin für ein Jahr gemacht hatte.
Während des Genozids wird Augustine “von mehreren Männern mehrere Tage lang” wieder vergewaltigt. Sie zieht sich auch AIDS zu und gebiert noch einen Jungen , Saligoma .
“Nach dem Völkermord hasste ich alle und ich hasste mich selbst “, sagte die Frau mit stillen Tränen , der Rest der Familie kam in den Massakern um. “Ich hasste meine Kinder, weil sie mich an das erinnerten, was ich erlebt hatte. ”
Nyiramwiza ist gesund und in Weiterbildung. Aber ihr Bruder weigert sich, getestet zu werden , kumulierte Schulversagen und bleibt auf der Straße und sei “sehr aggressiv” , so seine Mutter.
Unbewusst “schämen sich diese Kinder immer, Kinder der Milizionäre zu sein”, nach Emilienne Kambibi , Opferberaterin der NGO Surf. Erben der Trauma ihrer Mutter , von ihren Gemeinden abgelehnt , sind die aus Vergewaltigungen geborenen Kinder täglich konfrontiert mit ihrer Vergangenheit .
Sie werden von ihren Familien “werden häufig abgelehnt” , erklärt Jean-Pierre Dusingizemungu , Präsident der Vereinigung der Überlebenden in Ibuka .
Darüber hinaus werden sie nicht als Überlebende des Völkermords angesehen, weil sie erst danach geboren wurden, und haben keinen Anspruch auf Unterstützung durch den Fonds für die Überlebenden ( FARG ), der insbesondere die Finanzierung des Studiums übernehmen könnte.
“Der FARG sollte ihnen helfen , sie haben eine Geschichte in direktem Zusammenhang zum Völkermord, sie sind unsere Kinder “, argumentiert Herr Dusingizemungu .
© 2014 AFP

3. Rwanda: une émission de radio populaire prône la réconciliation
Kigali (AFP) – 09.04.2014 08:30 – Par Stéphanie AGLIETTI
Deux fois par semaine pendant vingt-cinq minutes, le temps s’arrête sur les collines du Rwanda. En famille, entre amis, les Rwandais, collés au poste radio, suivent “Musekeweya”, l'”Aube nouvelle” en langue kinyarwanda, feuilleton radiophonique qui prône la réconciliation. Cette émission, diffusée entre autres sur la station officielle Radio Rwanda, prend le contre-pied de la tristement célèbre Radio des Mille Collines et ses appels à l’élimination de la minorité tutsi durant le génocide, perpétré par des extrémistes hutu il y a tout juste 20 ans.

Enregistrement du populaire feuilleton radiophonique Musekeweya, à Kigali le 29 septembre 2013--
Aufzeichnung des beliebten Hörspiels Musekeweya in Kigali
3 Enregistrement du populaire feuilleton radiophonique Musekeweya, à Kigali le 29 septembre 2013
afp.com – Ayoze O’Shanahan

La radio des Mille Collines a joué un rôle majeur dans la planification et la mise en œuvre du génocide qui, en à peine 100 jours à partir d’avril 1994, a fait environ 800.000 morts, essentiellement au sein de la minorité tutsi.
Depuis 2004, Musekeweya se donne elle pour mission d’éduquer les populations et d’éradiquer la violence.
Pour y parvenir, l’émission de théâtre radiophonique relate le quotidien des habitants de deux villages fictifs — Bumanzi et Muhumuro — qui, après des années de conflit instrumentalisé par les autorités, tentent de panser leurs plaies.
Depuis dix ans, le feuilleton décortique l’origine des comportements destructeurs des deux villages en s’appuyant sur les travaux du psychologue et survivant de la Shoah Ervin Staub, qui, dans son livre “Les racines du Mal; Essai sur les génocides et les violence collectives”, a analysé le processus menant à la violence de masse, ses racines psychologiques et sociales.
Recherche d’un bouc émissaire, déshumanisation… Si les mots “Hutu” et “Tutsi”, aujourd’hui tabous au Rwanda, ne sont jamais prononcés, le conflit qu’ont connu les deux villages se pose en miroir du génocide qui s’est déroulé dans le pays il y a deux décennies.
“On a beaucoup suivi (les ordres des dirigeants) pendant le génocide”, explique Aimable Twahirwa, à la tête du projet réalisé par l’ONG néerlandaise La Benevolencija.
“Notre rôle est de responsabiliser les gens”, d’en faire des “témoins actifs” qui peuvent “oser dire +non+ aux actions qui mènent à la violence”, poursuit-il.
Dix ans plus tard, les personnages ont atteint “l’étape du dialogue, de la réconciliation, malgré quelques problèmes que les personnages peuvent surmonter”, détaille Charles Lwanga Rukundo, l’un des scénaristes de l’émission.
“Le génocide a laissé des séquelles, comme le traumatisme, mais nous montrons que malgré cela, il est possible de dialoguer, de demander pardon”, poursuit-il.
– Des rebelles parmi les auditeurs –
Suspense, humour, histoires d’amour, l’émission utilise tous les ingrédients d’une série à succès. Selon une étude diligentée par La Benevolencija en 2013, 84 % des Rwandais qui ont accès à un poste de radio dans le pays suivent chaque semaine Musekeweya.
Et ce qui a fait la force de la Radio des Mille Collines reste valable : “La radio est un média qui touche tout le monde, c’est un compagnon des Rwandais, surtout dans les milieux ruraux”, assure M. Twahirwa.
“A l’heure de l’émission, j’allume la radio pour mes clients au bar et lorsque j’oublie, ils me le rappellent”, confirme Jean-Paul Nabanda, 34 ans, gérant d’un débit de boissons à flanc de colline dans la petite ville de Musanze, dans le nord du pays.
A 10 kilomètres de là, à Remera-Ruhondo, le prêtre polonais Zdzislaw Zywica, présent depuis 30 ans au Rwanda, voit l’impact du feuilleton sur sa communauté de croyants.
“Chaque semaine, les gens discutent, échangent au sujet de l’émission”, dit-il. Pour le prêtre, le succès de cette série radiophonique repose sur sa “pédagogie”, car elle “s’inspire de la vie quotidienne des Rwandais”.
“On s’est même rendu compte que des FDLR (Force démocratiques de libération du Rwanda, une rébellion hutu rwandaise qui compte d’ex-génocidaires dans ses rangs) écoutaient cette émission depuis les forêts” de l’est de la RDC voisine où ils opèrent, renchérit M. Twahirwa, s’appuyant sur des témoignages d’ex-rebelles, récoltés dans un camp de démobilisation dans l’ouest du Rwanda.
L’histoire de Musekeweya, “c’est comme ce qu’il s’est passé ici au Rwanda, lorsqu’il y a eu un conflit entre les hommes”, explique pudiquement Jean Pierre, chauffeur de vélo-taxi de 25 ans. “Musekeweya est venu comme un enseignement, pour que la tragédie de 1994 ne se reproduise pas”.
© 2014 AFP

Enregistrement du populaire feuilleton radiophonique Musekeweya, à Kigali le 29 septembre 2013-Enregistrement du populaire feuilleton radiophonique Musekeweya, à Kigali le 29 septembre 20133 Aufzeichnung des beliebten Hörspiels Musekeweya in Kigali
3 Enregistrement du populaire feuilleton radiophonique Musekeweya, à Kigali le 29 septembre 2013
afp.com – Ayoze O’Shanahan

3.Ruanda: ein beliebtes Radio fördert die Versöhnung
Kigali (AFP) – 2014.09.04 08:30 – Von Stephanie Aglietti
Zweimal in der Woche hält die Zeit auf den Hügeln von Ruanda für 25 Minuten an. In Familien, unter Freunden, die Ruander kleben am Radio und folgen “Musekeweya” (“Neues Morgenlicht” in Kinyarwanda-Sprache), eine Radioseifenoper, die die Versöhnung fördert . Diese Sendung, unter anderem auf dem offiziellen Sender Radio Ruanda ausgestrahlt, ist heute der Gegenpart zum berüchtigten Radiosender Mille Collines (Radio Tausend Hügel), welcher die Beseitigung der Minderheit der Tutsi während des Völkermordes der Hutu- Extremisten vor 20 Jahren forderte.
Radio Mille Collines spielte eine wichtige Rolle in der Planung und Durchführung des Völkermords.
Seit 2004 gibt Musekeweya sich die Mission , Menschen zu erziehen und Gewalt auszurotten.
Dafür erzählt das Hörspiel das Leben der Bewohner zweier fiktiver Dörfer – Bumanzi und Muhumuro – , die nach Jahren des durch die Behörden angeheizten Konflikts versuchen, ihre Wunden zu lecken .
Seit zehn Jahren seziert die Serie die Herkunft des destruktiven Verhaltens der beiden Dörfer. Dabei stützt man sich auf die Arbeit des Psychologen und Holocaust-Überlebenden Ervin Staub, der in seinem Buch ” Die Wurzeln des Bösen ; Essay über Völkermord und kollektive Gewalt ” den Prozess hin zu Massengewalt, seine psychischen und sozialen Wurzeln,analysiert.
Suche nach einem Sündenbock , Entmenschlichung … Wenn die Worte ” Hutu ” und ” Tutsi ” (in Ruanda heute Tabus) auch nie ausgesprochen werden, spiegelt der Konflikt, den die beiden Dörfer erleben, doch den Völkermord zwei Jahrzehnten wieder.
“Wir haben viele Befehle (von Offizieren ) während des Völkermordes befolgt “, sagte Aimable Twahirwa , Leiter des Projekts von der niederländischen NGO Benevolencija .
“Unsere Aufgabe ist es, Menschen zu befähigen“, aus ihnen “aktive Zeugen” zu machen, die “wagen, Nein zu sagen zu Aktionen, die zu Gewalt führen “, sagt er.
Zehn Jahre später haben die Charaktere “die Ebene des Dialogs, der Versöhnung, erreicht, trotz einiger Probleme, die die Charaktere überwinden kann “, erklärt Charles Lwanga Rukundo , einer der Autoren der Show.
“Der Genozid hat Spuren hinterlassen, wie die Traumata, aber wir zeigen, dass es trotzdem möglich ist, zu interagieren , um Vergebung zu bitten “, sagt er.
– Rebellen unter den Zuhörern –
Spannung, Humor , Liebesgeschichten: die Show nutzt alle Zutaten einer erfolgreichen Serie. Laut einer Studie von Benevolencija aus dem Jahr 2013 verfolgen 84% der Ruander mit Zugang zu Radio Woche für Woche Musekeweya .
Und die Stärke von Radio Mille Collines ausmachte, bleibt gültig : “Radio ist ein Medium , das alle angeht , es ist ein Begleiter der Ruander , vor allem in ländlichen Gebieten “, sagt Herr Twahirwa .
“Bei der Sendung drehe ich das Radio für meine Kunden in der Bar an und wenn ich es vergesse, erinnern sie mich dran”, sagt Jean -Paul Nabanda , 34, Geschäftsführer einer Kneipe in der kleinen Stadt Musanze im Norden.
10 Meilen entfernt in Remera – Ruhondo sieht der polnische Priester Zdzislaw Zywica, in Ruanda seit 30 Jahren, den Einfluss der Serie auf die Gemeinschaft der Gläubigen.
“Jede Woche diskutieren die Menschen über das Thema “, sagte er. Für den Priester beruht der Erfolg der Radio-Reihe auf der Grundlage seiner “Pädagogik”, weil sie ” sich auf das tägliche Leben der Ruander aufbaut. ”
” Es wurde sogar berichtet, dass FDLR (Demokratische Kräfte zur Befreiung Ruandas , ruandischen Hutu-Rebellenorganisation , die Ex- Völkermorder in ihren Reihen hat ) diese Show hören in den Wäldern ” des östlichen Nachbarn Demokratische Republik Kongo , wo sie tätig sind, fügt Herr Twahirwa hinzu, basierend auf Zeugenaussagen von ehemaligen Rebellen in einem Demobilisierungslager in Westruanda.
Die Geschichte in Musekeweya “ist wie das, was hier passiert ist in Ruanda, wo es einen Konflikt zwischen den Menschen gab”, sagte Jean Pierre, Fahrradtaxifahrer von 25 Jahren, bescheiden. ” Musekeweya kam wi eine Lehre, damit die Tragödie 1994 nicht noch einmal passiert.”
© 2014 AFP

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