RUANDA, VÖLKERMORD-PROZESS in Paris (II): "SCHULDIG. 25 JAHRE HAFT." – Génocide rwandais: Simbikangwa condamné à 25 ans de réclusion

Portrait d'artiste de Pascal Simbikangwa, à la cour d'assises de Paris, le 4 février 2014
Pascal Simbikangwa am Schwurgericht von Paris, 4. Februar 2014
Portrait d’artiste de Pascal Simbikangwa, à la cour d’assises de Paris, le 4 février 2014
afp.com – Benoit Peyrucq

Die ersten 4 Gerichtsreportagen – Les reportages 1-4
=> RUANDA: REPORTAGEN zum VÖLKERMORD-PROZESS IN FRANKREICH – Rwanda, génocide, le procès Simbikangwa à Paris
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5. Ruanda-Prozess: Ordinäre Mörder belasten den Angeklagten
Paris ( AFP) – 24/02/2014 05.01 – Von Stephane ORJOLLET
Im Jahr 1994 war Théoneste Habarugira zwanzig Jahre alt. Hutu und Bauer in der Präfektur Gisenyi , massakriert er, bewaffnet “mit einem Schläger und einer Granate”, Tutsis. Montag kam er vor das Schwurgericht von Paris, um Pascal Simbikangwa, dem ersten Ruander vor Gericht in Frankreich im Zusammenhang mit dem Völkermord, in diese Morde zu verwickeln.
6. Ruanda: divergierende Visionen des Völkermordes im Prozess Simbikangwa
Paris ( AFP) – 26/02/2014 08.47 – Von Stephane ORJOLLET
In Ruanda hatte Pascal Simbikangwa während der 100 Tage des Genozids nicht eine einzige Leiche gesehen. Man muss sagen, er verließ sein kleines Zimmer ja auch kaum, mit all den Flüchtlingen, darunter Tutsi , die er im Wohnzimmer hatte… Mittwoch erklärte der Hauptmann im Schwurgericht von Paris endlich , wie er die Massaker, die 800.000 Tutsis getötet hatten, verpasste.
7. Ruanda-Prozess: ein langer Alptraum durch den Völkermord
Paris ( AFP) – 2014.03.04 07.41 – Von Stephane ORJOLLET
Die Parade von Zeugen setzte sich Montag fort mit insbesondere Tutsi- Familien, die von dem Angeklagten beherbergt wurden, ihn zu Hause aber auch Waffen lagern sahen.
8. Ruanda-Prozess: oft unberechenbare Zeugen
Paris ( AFP) – 2014.03.06 08.33 – Von Stephane ORJOLLET
“Es verletzt ein grundlegendes Axiom der Strafjustiz: fragen Sie nie eine Frage, von der Sie die Antwort nicht vorher kennen”, seufzt ein Anwalt . Die Akteure des ersten zum Völkermord in Ruanda in Frankreich gehaltenen Prozesses kämpfen mit Problemen der Zeit und der Sprache und Kultur der ruandischen Zeugen. In diesem Prozess ohne Opfer – einzig NGOs sind die Zivilparteien – ist ihr Wort von kapitaler Bedeutung. Und manchmal verwirrend .
9. Ruanda-Prozess: Anklage fordert lebenslänglich
Paris ( AFP) – 2014.03.12 07.39 – Von Stephane ORJOLLET
Die Staatsanwaltschaft forderte Mittwoch vor dem Schwurgericht von Paris lebenslange Haft wegen Völkermordes gegen Pascal Simbikangwa, dem ersten Ruander, der in Frankreich im Zusammenhang mit der Tragödie 1994 verhandelt und auch als “Völkermord-Leugner” gegeißelt wird.
10. Ruanda-Prozess: Verteidigung besteht auf Zweifeln und fordert die Juroren zur Revolte auf
Paris ( AFP) – 2014.03.13 17.26 – Von Stephane ORJOLLET
Die Verteidigung von Pascal Simbikangwa hat am Donnerstag das „Kartenhaus“ der Zeugenaussagen methodisch in Frage gestellt, um die Jury zu bitten, ihn in einer Revolte gegen “den politischen Aspekt” des Prozesses freizusprechen.
11. Völkermord in Ruanda : Simbikangwa zu 25 Jahren Gefängnis verurteilt
Paris ( AFP) – 2014.03.14 21.48 – Von Stephane ORJOLLET
Pascal Simbikangwa, der sagt, er habe den Völkermord in Ruanda durchlebt, ohne eine einzige Leiche gesehen zu haben, wurde Freitag zu 25 Jahren Haft verurteilt für seine Rolle in dieser Tragödie, 20 Jahre nach den Massakern, bei denen die Rolle Frankreichs allgemein kritisiert wurde. Das Schwurgericht von Paris erkannte den Ex-Offizier Präsidentengarde , der jetzt 54 Jahre alt ist, schuldig für Völkermord und Verbrechen gegen die Menschlichkeit , nach einem sechswöchigen fließenden Prozess und einer Jurorenberatung von 12 Stunden.
DEUTSCH (VON MIR ETWAS VERBESSERTE GOOGLE-ÜBERSETZUNGEN) WEITER IN DER UNTEREN HÄLFTE UNTER DEN 5 FRZ ORIGINALEN

=> THEMA RUANDA VÖLKERMORD – RWANDA GÉNOCIDE in AFRIKANEWS ARCHIV — bitte weiterblättern, feuilleter svp.

Die ersten 4 Gerichtsreportagen – Les reportages 1-4
=> RUANDA: REPORTAGEN zum VÖLKERMORD-PROZESS IN FRANKREICH – Rwanda, génocide, le procès Simbikangwa à Paris
ICI 5.-11.
5. Procès Rwanda: des tueurs ordinaires incriminent l’accusé
Paris (AFP) – 24.02.2014 17:01 – Par Stéphane ORJOLLET
En 1994, Théoneste Habarugira avait une vingtaine d’années. Hutu, agriculteur dans la préfecture de Gisenyi, il a massacré des Tutsi, armé “d’un gourdin et une grenade”. Lundi, il est venu devant la cour d’assises de Paris impliquer dans ces tueries Pascal Simbikangwa, premier Rwandais jugé en France en lien avec le génocide. Gisenyi, dans le nord-ouest du Rwanda, c’est la région d’origine de l’accusé et du président hutu Juvénal Habyarimana, dont l’assassinat le 6 avril 1994 allait être l’événement déclencheur des massacres.

Des journalistes dans la salle d'audience où se tient le procès de Pascal Simbikangwa, à Paris le 4
Journalisten im Gerichtssaal des Prozesses Pascal Simbikangwa, Paris
Des journalistes dans la salle d’audience où se tient le procès de Pascal Simbikangwa, à Paris le 4 février 2014
afp.com – Martin Bureau

“Le 7 dans l’après-midi il (Simbikangwa) est venu à une réunion à Kibihekane qui préparait une attaque. Il a dit qu’il fallait tuer les Tutsi (…). Il a dit que nous devions éliminer l’ennemi où qu’il soit”, raconte le témoin au jury chargé de juger des faits qui se sont produits il y a 20 ans, à des milliers de kilomètres.
Tous les notables de la région disaient pareil, alors il l’a fait. “Sur les barrières (installées sur les routes et chemins du pays) on demandait les cartes d’identité et quand ils montraient Tutsi, alors on tuait”.
Par la suite, il affirme avoir vu l’accusé diriger depuis un 4×4 blanc – ancien officier, Pascal Simbikangwa est paraplégique depuis un accident en 1986 – des entrainements de miliciens “Interahamwe”, dont Théoneste Habarugira se dit lui même membre “important”.
“Nous effectuions du pillage, et au retour étions rémunérés en boisson”, poursuit-il via un interprète.
En juillet 1994, il a fui au Zaïre (aujourd’hui République démocratique du Congo) voisin dans le sillage du régime génocidaire défait par la rébellion tutsi du Front patriotique rwandais, toujours au pouvoir à Kigali. Il a intégré les groupes armés “dans la forêt”, avant d’être capturé en 1996 lors d’une incursion au Rwanda. Après six mois d’un camp de rééducation, il a été jugé, condamné à 22 ans de prison, dont il a purgé “près de sept”.
– Rééducation –
La défense cherche les contradictions dans son récit, mais contrairement à de précédents témoins, celui-ci ne s’embrouille ni ne varie. Alors Me Fabrice Epstein l’accroche sur sa période de rééducation qui lui a permis “avec les bons dirigeants de retrouver la bonne direction”. Mais le témoin assume: “Oui c’est ça” qui lui a fait comprendre que “ce qu’on pensait être bien quand on le faisait” était en fait “de mauvaises actions”.
Jean de Dieu Bihintare, 52 ans aujourd’hui, a un parcours similaire. Lui aussi était à la réunion de Kibihekane où il a vu le capitaine Simbikangwa, mais ne l’a pas entendu parler, étant arrivé en retard. Lui aussi a suivi les consignes de “barrer la route à l’ennemi” tutsi, affecté à des barrages où il “faisait (son) travail”. Il “n’était pas possible qu’il y ait un ordre des autorités et que toi simple citoyen tu ne l’exécutes pas”. Il a payé ses actions de six ans de prison. Pour la défense, Me Alexandra Bourgeot exhume un jugement du Tribunal pénal international pour le Rwanda soulignant que le témoin avait menti sur un point en déposant devant cette juridiction.
Le président Olivier Leurent se tourne vers l’accusé. “De ma vie je n’ai jamais mis les pieds à Kibihekane”, un village proche de celui de ses parents. Quant à quitter Kigali dès le lendemain de la mort du président, “est-ce que vous pensez que cette connerie est possible”?
“Que voulez-vous ajouter d’autre sur les mensonges du témoin?” lance le président, s’attirant la réponse que le capitaine Simbikangwa martèle à chaque témoignage défavorable.
“Ils ont mis en prison deux millions de personnes. Ces gens racontent les récitations d’après la victoire du FPR”, endoctrinés ou intimidés.
En 100 jours, d’avril à juillet 1994, quelque 800.000 personnes, principalement des Tutsi, ont été tuées durant le génocide. Accusé de “complicité”, Pascal Simbikangwa risque la perpétuité.
© 2014 AFP

6. Rwanda: visions divergentes du génocide au procès Simbikangwa
Paris (AFP) – 26.02.2014 20:47 – Par Stéphane ORJOLLET
Au Rwanda, pendant les 100 jours du génocide, Pascal Simbikangwa n’a pas vu un seul cadavre. Il faut dire qu’il sortait peu de sa chambre, avec tous les réfugiés, notamment tutsi, qu’il avait dans le salon.
Mercredi, à la cour d’assises de Paris qui le juge pour complicité de génocide, le capitaine a longuement expliqué comment il avait pu passer à côté des massacres qui ont fait 800.000 morts.
Mais attention, il ne veut pas passer pour négationniste, juste se défendre: “J’ai dit que je n’ai pas vu de cadavres, je n’ai pas dit qu’il n’y avait pas de cadavres”.
Alors qu’il y avait trois “barrières” dans un rayon de 200 mètres autour de sa maison, il assure n’avoir vu aucun mort. C’est pourtant là qu’on filtrait et massacrait. Dès le début du génocide, “des cadavres d’hommes, de femmes, d’enfants gisaient autour des barrages”, avait ainsi témoigné le général canadien Roméo Dallaire, commandant de la force de l’ONU qui échoua à prévenir ou empêcher les massacres.
“Il s’agit de moi, pas de Dallaire, peut-être il passait par des coins et des recoins”, lance l’accusé au président Olivier Leurent, qui s’étonne que, seul parmi tous, il ne se soit rendu compte de rien.
Le capitaine multiplie les explications. A cause de son dos (il est paraplégique) quand il sortait avec son chauffeur et ses gardes il s’allongeait dans la voiture… Le ministère des Travaux publics était tout entier mobilisé pour ramasser les morts… Dans son quartier résidentiel de Kiyovu on avait peu tué…
“A Kigali, quelles étaient vos occupations?” demande le président.
“J’écrivais, je restais dans ma chambre, parce que le salon était plein de réfugiés”, jusqu’à une cinquantaine le 8 avril, au deuxième jour des tueries.
Car Pascal Simbikangwa a sauvé des gens, notamment deux familles de voisins tutsi. Le fait n’est pas contesté et l’acte d’accusation précise qu’il “ne suffit pas à exclure une éventuelle participation” à d’autres crimes.
– Devoir d’homme –
L’accusé poursuit. Il n’a fait “que (son) devoir d’homme” et les rares fois où il sortait c’était pour aller au ravitaillement ou chercher “des gens qui (l’)appelaient au secours”.
“Qui?”, demande le président. Pascal Simbikangwa commence à énumérer. “Ah mais vous êtes beaucoup sorti alors!”
Diogène Nyirishema et Salomon Habiyakare, gardiens de maisons d’expatriés dans les rues voisines, n’ont pas la même perception que l’accusé de la situation à Kiyovu.
Il décrivent des scènes de peur et de violences, avec attaque de miliciens contre au moins une maison “d’inyenzi”, les cancrelats comme on appelait alors les Tutsi, proche de celle de l’accusé, qui fit cinq morts. Et un barrage redouté de la garde présidentielle, dit “des Chinois”, situé à une centaine de mètres de chez l’accusé. “On voyait des gens tirer sur eux (les Tutsi)” et “des véhicules venaient ramasser les morts tous les jours”, dit Diogène Nyirishema.
Tous deux disent avoir été réquisitionnés par les militaires pour tenir des barrières dans leurs rues et que Pascal Simbikangwa, considéré dans le quartier comme une autorité, a distribué “deux fusils”, un à chacun de leurs barrages, où on leur disait de “ne pas laisser passer les +inyenzi+”. Finalement, ils n’ont pas eu à tuer.
Mais sur plusieurs points, leurs récits ne collent pas. Pour l’un, Simbikangwa passait régulièrement sur les barrages du quartier, distribuant conseils et ravitaillement. L’autre assure qu’il ne l’a plus vu après la distribution d’armes.
Les avocats de la défense énumèrent tour à tour les différences entre les déclarations à la barre des témoins et celles devant les enquêteurs. “J’ai l’impression que vous donnez souvent une première version puis une deuxième”, lance Me Fabrice Epstein.
Le président demande à l’accusé ses observations. Le capitaine Simbikangwa allume son micro. “Merci monsieur le président. J’ai eu l’impression d’assister à un cinéma. Je n’ai jamais rencontré cet homme. Comment expliquer autrement que par la manipulation, la corruption, la terreur, le fait qu’il change du jour au lendemain?”
© 2014 AFP

7. Procès Rwanda: un long cauchemar à travers le génocide
Paris (AFP) – 04.03.2014 19:41 – Par Stéphane ORJOLLET
Le défilé des témoins se poursuit lundi au premier procès jamais organisé en France sur le génocide au Rwanda, avec notamment des familles tutsi sauvées par l’accusé, mais qui l’ont également vu stocker des armes chez lui.
Ils sont deux Pascal, un jeune Tutsi et le capitaine Simbikangwa. Ensemble ils ont traversé les trois mois du génocide de 1994 au Rwanda. Mais si l’ex-officier hutu affirme ne s’être quasiment rendu compte de rien, son protégé, lui, a vécu “l’enfer”.
Pascal est le troisième des frères Gahamanyi, réfugiés chez Pascal Simbikangwa à Kigali au début du génocide, à témoigner devant la cour d’assises de Paris qui juge l’ancien officier rwandais pour “complicité de génocide”, premier procès du genre en France.
Sauf que là où ses petits frères Albert et Michel, évacués assez rapidement de la capitale grâce au capitaine, remercient l’accusé de leur avoir “sauvé la vie”, Pascal se replonge dans ce long cauchemar, quand “matin et soir j’étais candidat à la mort”. Sans un regard pour l’accusé.
Tout commence au matin du 8 avril 1994, deux jours après l’assassinat du président hutu Juvénal Habyarimana. La famille Gahamanyi – père haut fonctionnaire tutsi, mère hutu – est terrée chez elle. Un groupe de militaires investit la maison. Tous fuient mais Pascal est pris, jeté à terre, fusils sur la tempe. Sa mère revient, supplie. “Où est ton Tutsi ?”, hurlent les soldats. Ils voient leur fin. Mais un des militaires stoppe tout : leur voisin, le capitaine Simbikangwa.
La famille se répartit dans le voisinage. Les trois fils atterrissent chez le capitaine. Et là “pour moi c’est l’enfer qui commence”, lâche Pascal. Deux de ses agresseurs du matin sont là, gardes du corps de son hôte. “Ils m’ont harcelé tout le temps que je suis resté là bas.”
Et ça dure. Il a eu 18 ans le 14 avril 1994 mais fait plus que son âge et “plus tutsi” que ses frères de 14 et 15 ans. “Personne n’osait me prendre” en voiture pour m’exfiltrer, dit-il. “Ils disaient tu es +inyenzi+ (cancrelat, comme les extrémistes hutu appelaient alors les Tutsi, NDLR), tu n’iras pas loin, on va se faire tuer tous.”
– ‘Tu es le prochain’ –
Il espère que son protecteur l’emmènera plus tard, mais “ça a duré jusqu’en juillet”, les 100 jours de terreur pendant lesquels 800.000 personnes, en grande majorité tutsi, ont été massacrées.
Pascal Simbikangwa sort le matin “comme s’il allait au travail”, revient déjeuner. Pendant sa sieste, les gardes du corps sortent. “Ils revenaient couverts de sang, ils me disaient +tu es le prochain+.” Leur patron était-il au courant? “Probablement, il n’avait pas de réaction.”
Une fois, se souvient le témoin, le capitaine revient avec une cinquantaine de fusils d’assaut à l’arrière de son pick-up. Le lendemain, il repart avec les armes, disant se rendre dans sa région d’origine de Gisenyi (nord-ouest). Pascal n’est pas du voyage, mais le sera d’autres fois.
Quand ils sortent à Kigali, le capitaine encourage les miliciens aux barrages : “Ne laissez pas passer les +inyenzi+”. “On le reconnaissait, il passait facilement.” Ils croisent ces cadavres, que l’accusé assure n’avoir jamais vus, ce que Pascal Gahamanyi juge “pas possible”.
Il restera, terrorisé, dans le sillage de son protecteur jusque dans la fuite de dizaines de milliers de réfugiés hutu vers le Zaïre voisin (aujourd’hui République démocratique du Congo). Là, on avertit le jeune Pascal Gahamanyi qu’un frère de Simbikangwa, militaire, a décidé de le tuer. Il s’enfuit, rejoint le Rwanda, finit par retrouver ses parents, ses frères et une soeur qui ont tous miraculeusement survécu.
L’avocat général, Aurelia Devos, lui demande pourquoi à son avis l’accusé l’a sauvé. Long silence. “Je ne sais pas”, même s’il le remercie. “La plupart des Tutsi qui ont été protégés l’ont été par quelqu’un qui avait du pouvoir, de l’autorité”.
“Avec tout ce que j’ai fait pour ce garçon…”, réagit Pascal Simbikangwa, s’indignant du “spectacle pitoyable” de cette “récitation”. “J’avais cru l’avoir sorti de la tombe plusieurs fois. Avec ce qu’il a fait ici, malheureusement je pensais mal.”
© 2014 AFP

8. Au procès Rwanda, des témoins souvent imprévisibles
Paris (AFP) – 06.03.2014 08:33 – Par Stéphane ORJOLLET
“Ça viole un axiome de base du pénal: ne jamais poser une question dont on ne connaît pas la réponse”, soupire un avocat. Les acteurs du premier procès lié au génocide rwandais à se tenir en France se heurtent à des problèmes de temps, de langue et de culture avec les témoins rwandais.
Dans ce procès sans victimes – il n’y a que des ONG parties civiles – leur parole est capitale. Et parfois déroutante.
Premier problème, les hésitations de la mémoire concernant des faits qui remontent à vingt ans. Si le principe en est admis par tous, défense comme accusation se saisissent volontiers des contradictions. D’autant plus facilement que nombre des témoins ont été interrogés à de multiples reprises dans différentes procédures, parfois eux-mêmes comme accusés, au Rwanda ou devant la justice internationale et que les procès-verbaux figurent au dossier.
“Je ne peux pas dire que ce que j’ai omis de dire n’était pas vrai”, admet ainsi un ancien milicien à propos d’une précédente déposition. “Mais ce que j’ai dit était la vérité”, lance-t-il aussitôt à propos du témoignage qu’il vient de livrer à la cour d’assises de Paris.
“Honorable, aidez-moi et ne me tendez pas de piège”, dit un autre quand le président Olivier Leurent pointe une contradiction. “Expliquez-lui que nous ne sommes pas là pour lui tendre des pièges mais pour essayer de comprendre pourquoi à un moment il a dit oui et à un autre moment il a dit non”.
Quant à Valérie Bemeriki, ancienne figure de la Radio mille collines qui purge une peine de prison à vie à Kigali, elle revendique de se souvenir au fur et à mesure de certains détails et de “les noter sur (ses) cahiers”, suscitant l’indignation ironique de la défense.
– “Dans un tournant” –
Autre obstacle, la langue. Certains témoins déposent via un traducteur, qui peut se heurter à des problèmes. Chargé d’une question sur la quantité d’armes que l’accusé, l’ex-capitaine de la garde présidentielle Pascal Simbikangwa, aurait distribuées dans son quartier de Kigali et à qui, un interprète avoue son désarroi: “en kinyarwanda, le mot fusil est invariable”.
Comme le fait l’accusé, des témoins répondent assez régulièrement à une autre question que celle qui a été posée, obligeant à revenir à la charge. Mais sans forcément plus de succès. “Vous savez, c’est mieux quand vous répondez aux questions quand même”, finit par lâcher à Pascal Simbikangwa le président, pourtant très soucieux de le laisser s’exprimer.
Alors, on cherche à soigneusement fermer les questions, mais sans toujours obtenir le oui ou non espéré. “Est-ce que de la maison où vous vous trouviez on peut voir la maison de Pascal Simbikangwa?”, demande le président à un témoin. “C’est dans un tournant”.
Les parties au procès doivent s’adapter. Une des techniques de base aux assises, faire répéter un point jugé important pour bien le marteler auprès du jury, s’attire en général une réponse du type: “J’ai déjà répondu à cette question”, “je ne vais pas me répéter” ou “c’est ce que j’ai dit”.
Une attitude très directe qui se retrouve au fil des témoins, parfois non exempte d’une certaine rudesse. Interrogé sur l’endroit où auraient été stockées des armes dans la maison de l’accusé, un homme qui s’était réfugié chez le capitaine Simbikangwa lance ainsi: “Je vous prie de vous référer au croquis des enquêteurs. Pour moi c’était à gauche mais je ne suis ni maçon ni architecte pour vous répondre”.
© 2014 AFP

9. Perpétuité requise au premier procès en France sur le génocide rwandais
Paris (AFP) – 12.03.2014 19:39 – Par Stéphane ORJOLLET
L’accusation a requis mercredi devant la cour d’assises de Paris la perpétuité pour génocide contre Pascal Simbikangwa, premier Rwandais poursuivi en France en lien avec le drame de 1994, fustigé comme “génocidaire négationniste”.
Ce maximum doit permettre “que la peine fasse sens, pour les morts, pour les vivants, pour les générations futures”, a lancé l’avocat général Bruno Sturlese, au terme de quelque sept heures de réquisitoire à deux voix.
L’accusé, ex-capitaine de la garde présidentielle en fauteuil roulant depuis un accident en 1986 et qui n’a cessé de nier en minimisant son rôle pendant les six semaines de procès, était entré dans le box pour complicité de génocide et de crimes contre l’humanité.
Mais l’avocat général a justifié sa demande de requalification du premier chef d’accusation en “génocide”. “Le code pénal met explicitement au même niveau les instigateurs que les exécutants. Cela me semble moral. Et l’attitude de Pascal Simbikangwa s’apparente à celle d’un instigateur.”
“Il a galvanisé, armé, ceux dont il savait qu’ils étaient devenus des chiens enragés (…) des massacreurs, des purificateurs. C’est un choix conscient et délibéré dans la ligne de son engagement politique”, un engagement “radical, extrémiste” pour le régime hutu.
Plus tôt, l’avocat général avait souligné devant le jury la portée “historique à plus d’un titre” du procès, l’importance de juger “une page effrayante, une de plus, du livre noir de l’humanité”, écrite il y a deux décennies à plus de 6.000 kilomètres.
Mais il a aussi souligné qu’il s’agissait de “la première fois qu’une cour d’assises en France est saisie d’un tel chef d’accusation, du crime des crimes, le génocide”.
Kigali a souvent reproché à la France d’avoir soutenu le régime génocidaire hutu et protégé ses responsables. Pascal Simbikangwa avait été arrêté en octobre 2008 à Mayotte dans une affaire de faux papiers. Le verdict de son procès tombera à quelques semaines des commémorations des 20 ans du génocide.
– ‘Instruments de mort’ –
Aurélia Devos, vice-procureur et chef du pôle crimes contre l’humanité créé à Paris en 2012, est longuement revenue sur les faits reprochés à l’accusé, abandonnant finalement ceux dans sa région natale de Gisenyi (nord-ouest), où sa présence à une réunion cruciale d’organisation des massacres “ne peut être considérée démontrée”.
Elle s’est donc concentrée sur ses actions à Kigali, l’accusant d’avoir encouragé et armé les miliciens tenant des barrières, “instruments de mort chargés de filtrer, d’éliminer” les Tutsi.
“Ces armes distribuées par Pascal Simbikangwa ont tué, elles ont tué et il le savait et il le voulait”, a-t-elle dit, “distribuer ces armes à des (miliciens) interahamwe aux barrières, c’est donner l’ordre de tuer”. Et de le dépeindre comme “un de ceux qui pour rien au monde n’auraient pas voulu aller jusqu’au bout”, après l’assassinat du président hutu Juvénal habyarimana le 6 avril 1994, déclencheur des massacres.
Avant de requérir, Bruno Sturlese a déclaré à l’accusé : “Vous n’avez pas quitté votre rôle de génocidaire négationniste, et c’est dommage” que cela “a contraint à tenir des propos insoutenables”.
Tout au long du procès le capitaine Simbikangwa a nié jusqu’à avoir vu un seul cadavre pendant les 100 jours au cours desquels 800.000 personnes, principalement des Tutsi, ont été massacrées d’avril à juillet 1994.
© 2014 AFP

10. Procès Rwanda: la défense insiste sur les doutes, appelle à la révolte des jurés
Paris (AFP) – 13.03.2014 17:26 – Par Stéphane ORJOLLET
La défense de Pascal Simbikangwa, premier Rwandais jugé en France pour le génocide de 1994, a méthodiquement mis en cause jeudi le “château de cartes” des témoignages pour demander aux jurés de l’acquitter en se révoltant contre “l’enjeu politique”.
Au lendemain d’un réquisitoire implacable de l’accusation, qui a requis la perpétuité contre un “génocidaire négationniste”, les avocats Alexandra Bourgeot et Fabrice Epstein ont entrepris de fragiliser les témoignages des Rwandais qui ont défilé pendant deux semaines à la barre.
Car dans ce dossier sans victimes directes (seules cinq ONG sont parties civiles), les témoignages sont capitaux. “Et on n’a jamais vu témoins aussi fragiles”, attaque Me Bourgeot. “Et vous n’avez pas à faire avec, pas parce que c’était il y a 20 ans, qu’ils viennent de loin ou ne parlent pas la langue”, a rétorqué l’avocate.
“Il ment comme un arracheur de dents”. “Bon, décidément on n’arrivera pas à savoir hein”. “En tout cas, ça ne colle pas”. “Il a subi la lobotomisation à la rwandaise”. L’avocate refait le tour des témoins, soulignant volontiers le côté “fastidieux” de l’exercice. Elle insiste sur les plus fragiles, et il y en eut, avec l’objectif de les décrédibiliser tous, même les plus embarrassants, et il y en eut aussi.
“Comment vous faites le tri? Il y en a qu’on détecte tout de suite. Mais comment on fait avec ceux qui mentent bien? Vous devez rendre une justice exemplaire. Il n’y a pas de tri à faire. Vous allez devoir rendre une décision et cette décision elle devra être solide, pas un château de cartes”.
– “Certitudes de complaisance” –
“Rien ne permet d’établir avec certitude ces infractions. Ce n’est pas à la défense de vous fournir un scénario, c’est à l’accusation de fournir la preuve”, renchérit Me Epstein, fustigeant “la pensée unique qui a régné dans ces audiences”.
Il dénonce une entreprise de salissement de son client. “Il faut à l’accusation un coupable à la hauteur de l’accusation. Et comme c’est le premier, pas un petit coupable, (…) non un très méchant”.
Mais “pour condamner il faut avoir des preuves, pas des demi-preuves (…) des preuves éclatantes. Or, le doute doit profiter à l’accusé, vous ne pouvez vous satisfaire de certitudes de complaisance”. “Tout ce que vous avez, c’est la rumeur et la mauvaise réputation”.
Et d’avertir les jurés qu’ils devront motiver leur décision, en s’en prenant violemment à l’accusation. “On vous demande un jugement exemplaire. (…) sinon l’Etat français il ne sera pas content, l’Etat de Kigali non plus”.
“Mais vous ne jugez pas la France de 1994”, accusée par le Rwanda post-génocide d’avoir soutenu et protégé le régime hutu génocidaire. “Vous comprenez bien que l’enjeu est politique”.
Alors, l’avocat en appelle à la révolte des six jurés populaires, laissant entendre que les trois magistrats professionnels pourraient les “manipuler”. “Ne vous laissez pas impressionner. Votre bulletin de vote sera brûlé après chaque tour. J’ai besoin de cinq +non+, ce +non+ des grands hommes quand ils ont décidé de cesser d’être petits”.
Hors prétoire il sera plus direct. “Depuis le début le président (de la cour Olivier) Leurent a envie de se faire l’accusé. Il faut le dire simplement, ce n’est pas quelque chose qu’on peut dire devant une cour d’assises, mais on peut le dire en sortant”.
© 2014 AFP

11. Génocide rwandais: Simbikangwa condamné à 25 ans de réclusion
Paris (AFP) – 14.03.2014 21:48 – Par Stéphane ORJOLLET
Pascal Simbikangwa, qui dit avoir traversé le génocide rwandais sans voir un seul cadavre, a été condamné vendredi à 25 ans de réclusion criminelle pour son rôle dans cette tragédie, 20 ans après les massacres dans lesquels le rôle de Paris a été très critiqué.
La cour d’assises de Paris a reconnu l’ex-officier de la garde présidentielle, aujourd’hui âgé de 54 ans, coupable de génocide et de complicité de crimes contre l’humanité, au terme d’un procès fleuve de six semaines et d’un délibéré de 12 heures.
“Le fait qu’il conteste avoir vu le moindre cadavre (revient à) manifestement minimiser son rôle et sa connaissance des massacres qui se déroulaient sous ses yeux”, a jugé la cour. Pour elle, Simbikangwa a bien distribué des armes aux miliciens Interahamwe qui tenaient les barrages dressés dans Kigali et “donné des instructions pour que les Tutsi soient systématiquement exécutés sur le champ”.
Elle a aussi estimé “invraisemblable, au vu de son parcours politique, qu’il soit resté inactif” après l’assassinat au soir du 6 avril 1994 du président Juvénal Habyarimana, dont il était proche.
“L’authenticité de mon innocence n’a plus besoin de preuves”, avait pourtant lancé en guise de derniers mots au jury celui qui est cloué depuis 1986 dans un fauteuil roulant suite à un accident de la route.
L’accusation avait réclamé dans un réquisitoire implacable la perpétuité contre un “donneur d’ordre”, “génocidaire négationniste”. L’avocat général Bruno Sturlese avait d’ailleurs demandé la requalification des faits en “crime de génocide”, finalement retenu par la cour, alors que l’accusé était entré dans le box poursuivi pour “complicité”.
Au fil des audiences, le capitaine Simbikangwa, qui niait en bloc, était apparu toujours passionné de politique, restant sur la plupart des positions des extrémistes hutu, tout en cherchant systématiquement à minimiser son rôle et sa compréhension des massacres à l’époque.
Et, à la stupéfaction générale, il a répété sans fléchir n’avoir vu aucun cadavre pendant les 100 jours d’horreur au cours desquels 800.000 personnes, principalement tutsi, ont été massacrées entre avril et juillet 1994.
– ‘Qu’est-ce que j’ai à gagner?’ –
Vendredi matin, il avait même estimé que ce point constituait la “seule question” pesant contre lui. Car “la justice française n’a rien sur moi”, disait-il. Et de s’enflammer une dernière fois: “Mais qu’est-ce que j’ai à gagner en disant que je n’ai pas vu de corps?”
Sans grand choix face à cette intransigeance, ses défenseurs, Mes Fabrice Epstein et Alexandra Bourgeot, avaient adopté une stratégie offensive: mettre en cause la fiabilité des témoins rwandais, essentiels dans ce dossier sans victimes directes (seules cinq ONG sont parties civiles). Et ce doute semé, rappeler au jury qu’il doit profiter à l’accusé.
Puis ils avaient dénoncé le caractère “politique” du procès juste avant les commémorations des 20 ans du génocide, alors que la France est régulièrement accusée par les autorités post-génocide de Kigali d’avoir soutenu et protégé le régime hutu génocidaire. Et avaient appelé, en vain, les jurés citoyens à se “révolter” contre cette instrumentalisation politique en acquittant l’accusé.
Paradoxalement, ce sont des témoignages de Tutsi que le capitaine Simbikangwa a sauvés à Kigali qui auront été les plus embarrassants pour lui, plusieurs disant l’avoir vu stocker des armes chez lui et les distribuer. Un voisin, âgé alors de 18 ans et qui l’a suivi tout du long, a évoqué de longues semaines “en enfer”.
La cour a estimé que (le fait que des) “témoins ont eu la vie sauvée par Pascal Simbikangwa rend leurs déclarations d’autant plus crédibles”.
Arrêté pour trafic de faux papiers dans l’île française de Mayotte, Pascal Simbikangwa était jugé au titre de la “compétence universelle” prévue pour les crimes les plus graves.
Vingt-sept informations judiciaires sur le Rwanda sont actuellement traitées au “pôle génocide” du parquet de Paris, dont deux sont proches de la fin de l’instruction.
© 2014 AFP

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5. Ruanda-Prozess: Ordinäre Mörder belasten den Angeklagten
Paris ( AFP) – 24/02/2014 05.01 – Von Stephane ORJOLLET
Im Jahr 1994 war Théoneste Habarugira zwanzig Jahre alt. Hutu und Bauer in der Präfektur Gisenyi , massakriert er, bewaffnet “mit einem Schläger und einer Granate”, Tutsis. Montag kam er vor das Schwurgericht von Paris, um Pascal Simbikangwa, dem ersten Ruander vor Gericht in Frankreich im Zusammenhang mit dem Völkermord, in diese Morde zu verwickeln.
Gisenyi im Nordwesten von Ruanda ist die Herkunftsregion des Angeklagten und des Hutu- Präsidenten Juvenal Habyarimana, dessen Ermordung am 6. April 1994 das auslösende Ereignis der Massaker werden sollte.
“Am 7. in am Nachmittag kam er ( Simbikangwa ) zu einer Sitzung in Kibihekane, wo wir einen Angriff vor bereiteteten. Er sagte, man muss die Tutsi töten. (…) Er sagte, dass wir den Feind beseitigen sollten, wo immer er ist”, sagte der Zeuge zu der Jury, die Fakten beurteilen soll, die 20 Jahre zuvor tausende von Kilometern entfernt passierten.
Alle Honoratioren der Region sagten das gleiche, also tat er es. ” An den Sperren ( auf den Straßen und dem Land installiert) fragten wir nach Personalausweisen und wenn sie Tutsi anzeigten, dann töteten wir. ”
Danach sagt er, er sah den Angeklagten von einem weißen Jeep aus – der ehemalige Offizier Pascal Simbikangwa war querschnittsgelähmt seit einem Unfall im Jahr 1986 – das Training der Miliz “Interahamwe” dirigieren, von der Théoneste Habarugira sich selbst ein “wichtiges” Mitglied nennt.
“Wir unternahmen Plünderzüge und wurden danach in Getränken bezahlt “, sagt er über einen Dolmetscher .
Im Juli 1994 floh er nach Zaire (heute Demokratische Republik Kongo) im Zuge des völkermörderischen Regimes, das von den Tutsi- Rebellen der Patriotischen Front Ruandas, die noch heute an der Macht in Kigali ist, besiegt worden war. Er schloss sich den bewaffneten Gruppen “im Wald” an, bevor er im Jahr 1996 bei einem Einbruch in Ruanda gefasst wurde. Nach sechs Monaten Umerziehungslager wurde er zu 22 Jahren Gefängnis verurteilt , von denen er “fast sieben” abgesessen hat.
– Rehabilitation –
Die Verteidigung versucht, Widersprüche in seiner Geschichte zu etablieren, aber im Gegensatz zu früheren Zeugen ist er schwankend oder verwirrt. Also greift Verteidiger Fabrice Epstein an seine Rehabilitationsphase, die ihm erlaubte, “mit den richtigen Führern die richtige Richtung zu finden. ” Aber der Zeuge betont: ” Ja, das stimmt”, das ließ ihn erkennen, dass “was man dachte, gut zu sein“ waren tatsächlich “böse Taten.”
Jean de Dieu Bihintare , 52 heute , hatte einen ähnlichen Weg . Er war auch bei dem Treffen in Kibihekane, wo er den Haupzmann Simbikangwa sah, aber nicht gehört hatte, weil er zu spät gekommen war. Auch er folgte den Anweisungen “Blockiert dem (Tusi)Feind die Wege” und tat an den Sperren, wo er zugeordnet “war, (seine ) Arbeit.” Es “war nicht möglich, dass es einen Befehl der Regierung gibt, und ein einfacher Bürger wie du führt ihn nicht aus.” Er bezahlte seine Handlungen mit sechs Jahren Gefängnis. Für die Verteidigung gräbt Alexandra Bourgeot ein Urteil des Internationalen Strafgerichtshofs für Ruanda aus und betont, dass der Zeuge in einem Punkt vor diesem Gericht gelogen hatte .
Präsident Olivier Leurent wendet sich an den Angeklagten .
Der sagt: “In meinem Leben habe ich noch nie einen Fuß nach Kibihekane gesetzt “, das Nachbardorf seiner Eltern. Und: Kigali unmittelbar nach dem Tod des Präsidenten zu verlassen, “denken Sie, diese Scheiße ist möglich?”
“Was haben Sie weiteren Lügen des Zeugen hinzuzufügen?” Der Präsident zieht die Antwort, die Simbikangwa für jeden Belastungszeugen parat hat:
“Sie hatten ihn im Gefängnis mit zwei Millionen Menschen. Diese Leute sagen Rezitationen nach dem Sieg der RPF” und derer Gehirnwäsche oder Einschüchterung.
In 100 Tagen von April bis Juli 1994 wurden rund 800.000 Menschen, vor allem Tutsi , während des Völkermordes getötet. Der ” Komplizenschaft ” angeklagt, riskiert Pascal Simbikangwa lebenslänglich.
© 2014 AFP

6. Ruanda: divergierende Visionen des Völkermordes im Prozess Simbikangwa
Paris ( AFP) – 26/02/2014 08.47 – Von Stephane ORJOLLET
In Ruanda hatte Pascal Simbikangwa während der 100 Tage des Genozids nicht eine einzige Leiche gesehen. Man muss sagen, er verließ sein kleines Zimmer ja auch kaum, mit all den Flüchtlingen, darunter Tutsi , die er im Wohnzimmer hatte… Mittwoch erklärte der Hauptmann im Schwurgericht von Paris endlich , wie er die Massaker, die 800.000 Tutsis getötet hatten, verpasste.
Aber Vorsicht, er will nicht Verleugner sein, nur sich selbst verteidigen : “Ich sagte, dass ich keine Leichen gesehen hab, ich habe nicht gesagt , dass es keine Leichen gab.”
Zwar gab es drei “Sperren” in einem Radius von 200 Metern rund um das Haus, trotzdem gewährleistet er, dass er den Tod nicht sah . Doch genau dort wurde gefiltert und massakriert . Von Beginn des Völkermordes an “lagen die Leichen von Männern, Frauen und Kindern rund um die Straßensperren”, hatte der kanadische General Romeo Dallaire , Commander der UN- Force, die die Massaker nicht zu verhindern oder zu stoppen in der Lage gewesen war, ausgesagt.
“Es geht um mich, nicht um Dallaire; vielleicht ging er hinter Ecken und Winkel”, scherzte der Angeklagte gegenüber Präsident Olivier Leurent , der überrascht war, dass nur einer von allen nichts gesehen hatte.
Der Hauptmann multipliziert seine Erklärungen: Wegen seines Rückens (er war querschnittsgelähmt) lag er im Auto, als er mit seinem Fahrer und seinen Wachen ausging … Das Ministerium für öffentliche Arbeiten wurde vollständig mobilisiert, um die Toten zu sammeln … In seiner Wohngegend von Kiyovu wurde kaum getötet …
“In Kigali , was arbeiteten Sie da? ” , fragt der Präsident.
“Ich schrieb, so blieb ich in meinem Zimmer, denn der Raum war voll von Flüchtlingen”, bis zu fünfzig am 8. April , dem zweiten Tag der Morde .
Pascal Simbikangwa beherbergte Menschen, darunter zwei Familien von Tutsi- Nachbarn. Die Tatsache ist unbestritten, und die Anklageschrift sagt, dass dies “aber nicht ausreicht, um eine mögliche Teilnahme in anderen Verbrechen auszuschließen” .
– Pflicht des Mannes –
Der Angeklagte geht weiter. Er machte nur “( seine ) Pflicht als Mann” und bei den seltenen Gelegenheiten , wo er ausging, war es, um Versorgung zu holen oder “Menschen zu suchen, (die ) um Hilfe rufen . ”
“Wen?”, fragt der Präsident. Pascal Simbikangwa beginnt aufzuzählen . ” Ah , aber Sie sind dann oft ausgegangen ! ”
Diogene Nyirishema und Salomo Habiyakare, die Hausmeister von Expatriates-Häusern in den umliegenden Straßen, haben nicht die gleiche Wahrnehmung der Situation in Kiyovu .
Sie beschreiben Szenen der Angst und Gewalt , mit Milizangriffen gegen mindestens ein Haus von “inyenzis”, Kakerlaken , wie die Tutsi damals genannt wurden, ganz nahe dem des Angeklagten, mit fünf Toten. Und eine Sperre der gefürchteten Präsidentengarde , “Chinesen” genannt, ein paar hundert Meter von dem Angeklagten entfernt. “Wir sahen Menschen auf sie ( Tutsi ) schießen” und “Fahrzeuge kamen jeden Tag, um die Toten einzusammeln”, sagte Diogenes Nyirishema .
Beide sagen, dass sie vom Militär beschlagnahmt wurden , um Sperren in ihren Straßen zu bewachen, und dass Pascal Simbikangwa, der in der Nachbarschaft als eine Autorität betrachtet wurde, ” zwei Gewehre” verteilte, eins an jedem ihrer Dämme, wo ihnen gesagt wurde, “die Inyenzi nicht passieren zu lassen”. Letztlich hatten sie nicht zu töten.
Aber in einigen Punkten passen ihre Geschichten nicht. Für den einen war Simbikangwa regelmäßig an Sperren in der Nachbarschaft , für die Verteilung von Proviant und Ratschlägen. Der andere versichert, daß er ihn nach der Verteilung der Waffen nicht mehr gesehen hatte.
Die Verteidiger wiederum listet die Unterschiede zwischen den Aussagen der Zeugen vor Gericht und vorher bei den Ermittlern. “Ich habe den Eindruck, dass Sie oft eine erste Version geben und dann eine zweite”, sagt Herr Fabrice Epstein.
Der Präsident bat den Angeklagten um seine Beobachtungen. Hauptmann Simbikangwa schaltet sein Mikrofon an. “Vielen Dank Herr Vorsitzender . Ich hatte den Eindruck, hier einen Film zu sehen . Ich habe diesen Mann nie gesehen. Wie sonst als durch Manipulation, Korruption , Terror, kann man die Tatsache erklären, dassdie Aussagen sich über Nacht verändern? ”
© 2014 AFP

7. Ruanda-Prozess: ein langer Alptraum durch den Völkermord
Paris ( AFP) – 2014.03.04 07.41 – Von Stephane ORJOLLET
Die Parade von Zeugen setzte sich Montag fort mit insbesondere Tutsi- Familien, die von dem Angeklagten beherbergt wurden, ihn zu Hause aber auch Waffen lagern sahen.
Sie sind zwei Pascal, ein junger Tutsi und der Hauptmann Simbikangwa . Gemeinsam gingen sie durch die drei Monate des Völkermords von 1994 in Ruanda. Aber wenn der ehemalige Hutu-Offizier fast nichts gesehen haben will, sagte sein Schützling, er habe die “Hölle ” durchlebt.
Pascal ist der dritte der Gahamanyi Brüder, die Pascal Simbikangwa als Flüchtlinge in Kigali zu Beginn des Völkermords aufnahm, vor dem Schwurgericht von Paris.
Nur, wo seine jüngeren Brüder Albert und Michel, die dank des Hauptmanns die Hauptstadt schnell genug verlassen konnten, dem für die „Lebensrettung“ dankten, taucht Pascal in diesen langen Alptraum ein, wo ” am Morgen und Abend ich Kandidat für den Tod war. ” Ohne einen Blick auf den Angeklagten .
Alles beginnt am Morgen des 8. April 1994 , zwei Tage nach der Ermordung von Präsident Juvenal Habyarimana Hutu . Die Gahamanyi-Familie – hoher Tutsi-Funktionär der Vater, die Mutter Hutu – ist in ihrem Haus verschanzt . Eine Gruppe von Militärs durchsucht die Häuser. Alle fliehen, aber Pascal wird geschnappt, niedergerissen , Waffen auf seine Stirn gerichtet. Seine Mutter kommt zurück, um zu betteln. “Wo ist dein Tutsi ? “, schreien die Soldaten. Sie sehen sich am Ziel. Aber einer der Soldaten stoppt alles: ihr Nachbar, Hauptmann Simbikangwa .
Die Familie wird in der Nachbarschaft verteilt. Drei Söhne landeten beim Hauptmann. Und da “beginnt für mich die Hölle”, sagt Pascal locker . Zwei Angreifer vom Morgen sind dort, Leibwächter seines Wirtes. ” Sie belästigten mich die ganze Zeit , die ich dort war. ”
Und es dauert. Er war 18 am 14. April 1994, aber wirkte mehr als sein Alter und “mehr Tutsi” als seine Brüder von 14 und 15 Jahren. “Niemand wagte, mich im Auto mitzunehmen, um mich hinauszuschmuggeln , sagte er. “Sie sagten, Du bist inyenzi (Kakerlake), Du kommst nicht weit, wir werden alle töten. ”
– “Du bist der nächste ” –
Er hofft, dass sein Beschützer ihn später mitnehmen würde, aber “es dauerte bis Juli”, die ganzen 100 Tage des Terrors.
Pascal Simbikangwa geht jeden Morgen “als ob er zur Arbeit ginge“, kommt zum Mittagessen wieder. Während seiner Nickerchen gehen die Bodyguards aus . “Sie kamen zurück mit Blut bedeckt , sagten mir, ‘du bist der nächste’ . ” Deren Chef. war er sich bewusst? “Wahrscheinlich, er reagierte ja nicht. ”
Eines Tages, so der Zeuge, kam der Kapitän wieder mit fünfzig Gewehren hinten auf seinem Pickup. Am nächsten Tag ging er mit den Waffen und sagte, in seine Heimatregion Gisenyi (Nord -West) zu fahren. Pascal ist nicht dabei, aber später mal.
Als sie nach Kigali gehen , fordert der Hauptmann von den Soldaten an den Sperren: ” Verpassen Sie nicht die Inyenzi”. “Man erkannte ihn , er passierte leicht.” Sie überqueren die Leichen, die der Angeklagte nie gesehen haben will, was Pascal Gahamanyi als “nicht möglich” beurteilt.
Es wird im Terror im Gefolge seines Beschützers bleiben und bei der Flucht von Zehntausenden von Hutu-Flüchtlinge ins benachbarte Zaire (heute Demokratische Republik Kongo). Hier warnt man den jungen Pascal Gahamanyi, einen Bruder von Simbikangwa , Militär, habe beschlossen, ihn zu töten. Er flüchtete nach Ruanda , fand schließlich seine Eltern , Brüder und eine Schwester, die alle wie durch ein Wunder überlebt hatten.
Die Generalanwalt Aurelia Devos stellt die Frage, warum seiner Meinung nach der Angeklagte ihn gerettet hatte. Langes Schweigen. “Ich weiß nicht”, obwohl er ihm dankt. “Die meisten der Tutsi , die beschützt waren, wurden es von jemandem, der Macht, Autorität hatte. ”
“Mit allem, was ich für diesen Jungen getan hab… “, antwortet Pascal Simbikangwa , empört über das “erbärmliche Schauspiel”, dieser “Rezitation” . “Ich dachte, ihn mehrmals aus dem Grab geholt zu haben. Mit dem, was er hier getan hat, war das leider falsch , was ich dachte. ”
© 2014 AFP

8. Ruanda-Prozess: oft unberechenbare Zeugen
Paris ( AFP) – 2014.03.06 08.33 – Von Stephane ORJOLLET
“Es verletzt ein grundlegendes Axiom der Strafjustiz: fragen Sie nie eine Frage, von der Sie die Antwort nicht vorher kennen”, seufzt ein Anwalt . Die Akteure des ersten zum Völkermord in Ruanda in Frankreich gehaltenen Prozesses kämpfen mit Problemen der Zeit und der Sprache und Kultur der ruandischen Zeugen. In diesem Prozess ohne Opfer – einzig NGOs sind die Zivilparteien – ist ihr Wort von kapitaler Bedeutung. Und manchmal verwirrend .
Das erste Problem ist das Zögern der Erinnerung für Ereignisse, die vor 20 Jahren passierten. Wenn das Prinzip auch von allen akzeptiert wird, greifen sowohl Verteidigung wie Anklage gerne und schnell Widersprüche auf. Umso mehr, als dass viele Zeugen mehrfach befragt wurden, in verschiedenen Verfahren, manchmal selbst als Angeklagte in Ruanda und vor dem Internationalen Gerichtshofs und die Aussagenprotokolle Teil der Akte sind.
“Ich kann nicht sagen, dass nicht wahr war, was ich da sagte” , gibt ein ehemaliger Milizionär zu einer früheren Aussage zu. “Aber was ich hier sagte, war die Wahrheit “, sagt er sofort zu seiner eben gemachten Aussage vor dem Schwurgericht von Paris.
“Euer Ehren, helfen Sie mir und stellen Sie mir keine Falle”, sagte ein anderer , als Präsident Olivier Leurent einen Widerspruch aufdeckt. ” Erklären Sie ihm, dass wir nicht da sind, um Fallen für ihn zu stellen, aber um zu versuchen zu verstehen, warum er in einem Moment ja sagte und ein anderes Mal nein.”
Valerie Bemeriki , eine ehemalige Größe von Radio Mille Collines, die lebenslang verbüßt im Gefängnis in Kigali, behauptet, dass im Laufe der Zeit bestimmte Details in ihrer Erinnerung wieder auftauchen und sie sie „in Heften notiert“, woraufhin die Verteidigung ironisch Empörung zeigt.
– ” In einer Kurve” –
Ein weiteres Hindernis ist die Sprache . Einige Zeugen sagen über einen Übersetzer aus, was mit Problemen behaftet ist. Nach Frage über die Menge der Gewehre, die der Angeklagte geladen hatte zur Verteilung in seinem Viertel von Kigali, gesteht ein Dolmetscher seine Bestürzung : ” in Kinyarwanda-Sprache ist das Wort Gewehr invariabel. ”
Wie der Angeklagte beantworten Zeugen ziemlich regelmäßig eine andere Frage als die gestellte, und zwingen, zu der Frage zurückzugehen. Aber nicht unbedingt erfolgreicher. “Sie wissen , es ist besser , wenn Sie die Fragen trotzdem beantworten” , sagt schließlich der Präsident zu Pascal Simbikangwa, denn er ist sehr sorgfältig bemüht, ihn sprechen zu lassen .
Also versucht man, die Fragen zu schließen, oft auch ohne das erwartete ja oder nein erhalten zu haben. “Konnten Sie von dem Haus, wo Sie waren, das Haus von Pascal Simbikangwa sehen? “, fragt der Präsident einen Zeugen. “Es liegt in einer Kurve. ”
Die Parteien des Verfahrens müssen sich anpassen . Eine technische Basis bei Schwurgerichtsverhandlungen, im Hinblick auf die Beeinflussung der Jury wichtige Fragen zu wiederholen, zieht hier in der Regel eine Antwort nach wie : “Ich habe diese Frage bereits beantwortet “, ” Ich werde mich nicht wiederholen ” oder ” das ist, was ich gesagt habe. ”
Eine sehr direkte Haltung von allen Zeugen, von denen manche nicht ohne eine gewisse Rauheit sind. Auf die Frage, wo Waffen im Haus des Angeklagten gelagert wurden, antwortet ein Mann, der bei Hauptmann Simbikangwa Zuflucht genommen hatte: ” Bitte schauen Sie in die Skizze der Ermittler. Für mich war es links , aber ich bin kein Architekt oder Baumeister , um Ihnen antworten zu können. ”
© 2014 AFP

9. Ruanda-Prozess: Anklage fordert lebenslänglich
Paris ( AFP) – 2014.03.12 07.39 – Von Stephane ORJOLLET
Die Staatsanwaltschaft forderte Mittwoch vor dem Schwurgericht von Paris lebenslange Haft wegen Völkermordes gegen Pascal Simbikangwa, dem ersten Ruander, der in Frankreich im Zusammenhang mit der Tragödie 1994 verhandelt und auch als “Völkermord-Leugner” gegeißelt wird.
Dieser maximale Satz soll ermöglichen, dass „die Strafe Sinn macht, für die Toten wie für die Lebenden , für künftige Generationen”, sagte der Generalanwalt Bruno Sturlese nach rund sieben Stunden Anklagerede in zwei Stimmen.
Der Angeklagte , der in den sechs Prozesswochen nie aufhörte zu leugnen und seine Rolle zu minimieren, war zu Beginn nur wegen Beihilfe zum Völkermord und Verbrechen gegen die Menschlichkeit angeklagt.
Aber der Generalstaatsanwalt hat seine Forderung nach Umgliederung der Anklage in “Völkermord” gerechtfertigt: “Das Strafgesetzbuch sieht ausdrücklich das gleiche Niveau vor für die Anstifter wie die Täter. Das scheint mir moralisch. Und Pascal Simbikangwas Haltung ist ähnlich der eines Anstifters. ”
“Er begeisterte und bewaffnete diejenigen, von denen er wusste, dass sie tollwütige Hunde, Schlächter , Säuberer werden würden(…) . Dies ist eine bewusste und absichtliche Wahl in der Linie seines politischen Engagements”, einem “radikalen, extremistischen” Engagement für das Hutu -Regime.
Zuvor betonte der Generalanwalt der Jury gegenüber die “in mehr als einer Hinsicht historische” Reichweite des Prozesses, die Bedeutung, “eine erschreckende Seite, noch eine, schwarzen Buch der Menschlichkeit” zu richten, die vor zwei Jahrzehnten mehr als 6.000 Kilometer entfernt geschrieben worden war.
Aber er betonte auch , dass es ” das erste Mal ist, dass ein Strafgericht in Frankreich eine solche Anklage, das Verbrechen der Verbrechen, Völkermord, verhandelt.”
Ruanda hatte Frankreich oft vorgeworfen , den Völkermord des Hutu -Regimes unterstützt und seine Führer geschützt zu haben. Pascal Simbikangwa wurde im Oktober 2008 in Mayotte in einem Fall von falschen Papieren festgenommen. Das Urteil seines Prozesses fällt in die Wochen der ruandischen Gedenkfeiern zum 20. Jahrestag des Genozids.
– ‘ Instrumente des Todes ” –
Aurélia Devos , die stellvertretende Staatsanwältin und Chefin des in Paris im Jahr 2012 gegründeten (staatsanwaltlichen) „Zentrums Verbrechen gegen die Menschlichkeit“ , kam lange auf die Vorwürfe gegen den Angeklagten zurück, ließ aber diejenigen in seiner Heimatregion Gisenyi (Nord -West) fallen, wo seine Präsenz an einem entscheidenden Treffen der Organisation der Massaker “nicht als bewiesen angesehen werden kann. ”
Sie ist auf seine Aktionen in Kigali konzentriert , beschuldigt ihn der Ermutigung und Bewaffnung der Milizen an den Straßensperren, den “Instrumenten des Todes, wo die Tutsi ausgefiltert und massakriert wurden“ .
“Die von Pascal Simbikangwa verteilten Waffen haben getötet, sie haben getötet und er wusste es und er wollte es”, hat sie gesagt. “Diese Waffen an die Interahamwe ( Miliz ) an den Barrieren verteilen, heisst, ihnen zu befehlen, zu töten. ” Und sie schildert ihn als “einen von denen, die für nichts in der Welt nicht bis zum Ende zu gehen gewollt hätten” , nach der Ermordung von Präsident Juvenal Habyarimana Hutu am 6. April 1994 , die die Massaker ausgelöst hatte.
Vor der Strafmaßforderung sagte Bruno Sturlese dem Angeklagten : “Sie haben Ihre Rolle des Völkermordverleugners nicht aufgegeben , und das ist eine Schande”, die “Sie gezwungen hat, unhaltbare Vorträge zu halten ” .
Der Angeklagte wollte während der 100 Tage Völkermord mit 800.000 Toten nicht eine Leiche gesehen haben.
© 2014 AFP

10. Ruanda-Prozess: Verteidigung besteht auf Zweifeln und fordert die Juroren zur Revolte auf
Paris ( AFP) – 2014.03.13 17.26 – Von Stephane ORJOLLET
Die Verteidigung von Pascal Simbikangwa hat am Donnerstag das „Kartenhaus“ der Zeugenaussagen methodisch in Frage gestellt, um die Jury zu bitten, ihn in einer Revolte gegen “den politischen Aspekt” des Prozesses freizusprechen.
In diesem Fall ohne direkte Opfer (nur fünf NGOs sind Zivilparteien ) sind Zeugenaussagen von eminenter Bedeutung. “Und man hat noh nie dermaßen fragile Zeugen gesehen”, attackiert Frau Bourgeot. “Und nicht, weil es 20 Jahre her ist, sie von weit her kommen oder die Sprache nicht sprechen “, sagte die Anwältin.
“Er lügt das Blaue vom Himmel.” “Nun, wir werden das definitiv niemals wissen, nicht wahr?” “Das passt auf keinen Fall.” “Er unterzog sich der Lobotomisierung auf ruandische Art.” Zeuge um Zeuge geht’s sie so durch und unterstreicht die „ermüdende“ Seite dieser Exerzizien. Sie betont die schwächsten Zeugen, und es gab viele, mit dem Ziel der Diskreditierung aller, auch der belastendsten, und es gab auch viele.
“Wie wollen Sie das sortieren? Manche Lügner werden sofort erkannt . Aber was machen wir mit denen, die gut lügen? Sie müssen eine beispielhafte Justiz ausüben. Es gibt keine Sortierung zu tun. Sie müssen eine Entscheidung treffen und diese Entscheidung sollte solide sein, kein Kartenhaus. ”
– ” Gefälligkeitsgewissheiten” –
“Es gibt nichts, um diese Straftaten mit Sicherheit festzustellen. Es ist nicht Aufgabe der Verteidigung , ein Szenario zu schaffen, es ist die der Staatsanwaltschaft, den Nachweis zu erbringen “, fügte Herr Epstein hinzu und kritisierte “den Einheitsgedanken , der in diesen Anhörungen herrschte. ”
Er denunziert eine Operation der Beschmutzung seines Mandanten . “Die Anklage braucht einen Angeklagten auf der Höhe der Vorwürfe. Und weil es der erste ist, keinen kleinen Schuldigen, (…) nein, einen sehr bösen. ”
Aber “um ihn zu verurteilen, muss der Nachweis sein, nicht halbe Beweise (…) schlagende Beweise. Doch der Zweifel gehört dem Angeklagten, Sie können sich mit Gefälligkeitsgewissheiten niht zufrieden geben.” ” Alles, was Sie haben, ist Gerücht und schlechter Nachruf. ”
Und er forderte von der Jury , ihre Entscheidung mit Zorn auf die Anklage zu motivieren. “Man will ein exemplarisches Urteil. (…) Sonst ist die französische Regierung nicht zufrieden, und Kigali auch nicht. ”
“Aber Sie richten nicht das Frankreich von 1994”, dem man nach dem Völkermord in Ruanda vorgeworfen hatte, das Hutu -Regime unterstützt und geschützt zu haben. “Sie verstehen , dass die Frage politisch ist. ”
Also rief der Anwalt die sechs Juroren zur Revolte und deutete an , dass die drei Berufsrichter sie ” manipulieren” könnten. ” Lasst Sie sich nicht beeindrucken. Ihre Stimmzettel werden nach jeder Runde verbrannt werden. Ich brauhe fünf Nein, jenes Nein von großen Männern, die beschlossen haben, aufzuhören klein zu sein. ”
Außergerichtlich wird er direkter. ” Seit Anfang an will der Präsident ( des Gerichts Olivier ) Leurent den Angeklagten fertigmachen. Das ist nicht etwas, das man vor einem Strafgericht sagen kann, aber hier draußen kann man es sagen. ”
© 2014 AFP

11. Völkermord in Ruanda : Simbikangwa zu 25 Jahren Gefängnis verurteilt
Paris ( AFP) – 2014.03.14 21.48 – Von Stephane ORJOLLET
Pascal Simbikangwa, der sagt, er habe den Völkermord in Ruanda durchlebt, ohne eine einzige Leiche gesehen zu haben, wurde Freitag zu 25 Jahren Haft verurteilt für seine Rolle in dieser Tragödie, 20 Jahre nach den Massakern, bei denen die Rolle Frankreichs allgemein kritisiert wurde. Das Schwurgericht von Paris erkannte den Ex-Offizier Präsidentengarde , der jetzt 54 Jahre alt ist, schuldig für Völkermord und Verbrechen gegen die Menschlichkeit , nach einem sechswöchigen fließenden Prozess und einer Jurorenberatung von 12 Stunden.
“Die Tatsache , dass er bestreitet, auch nur eine Leiche gesehen zu haben, zeigt deutlich, dass er seine Rolle in den und seine Kenntnisse über die Massaker, die unter seiner Augen stattfanden, zu minimieren versucht”, entschied das Gericht . Für das Gericht hat Simbikangwa Waffen an die Interahamwe -Milizen an den Straßensperren in Kigali verteilt und “gab Anweisungen, die Tutsi systematisch an Ort und Stelle hinzurichten. ”
Es fand auch ” unglaubwürdig angesichts seiner politischen Karriere , dass er inaktiv blieb” nach dem Attentat am Abend des 6. April 1994 gegen Präsident Juvenal Habyarimana , in dessen Umfeld er war.
“Die Echtheit meiner Unschuld benötigt keine Beweise mehr”, sagte er noch als letzte Worte an die Jury.
[… einige Absätze wiederholen Inhalte der vorangegangenen Artikel, Anklageseite…]
– ” Was kann ich gewinnen? ” –
Freitag Morgen meinte er sogar , dass dies (er habe keine Leiche gesehen) das “einzige Problem” gegen ihn sei. Denn “die französische ustiz hat nichts über mich”, sagte er. Und erhitzte sich ein letztes Mal: “Aber was habe ich zu gewinnen, wenn ich sage, dass ich keine Körper gesehen habe?”
[… einige Absätze wiederholen Inhalte der vorangegangenen Artikel, Verteidigerseite…]
Paradoxerweise waren die Aussagen von Tutsi, die Hauptmann Simbikangwa in Kigali gerettet hatte, die belastendsten für ihn. Manhe sagten, ihn viele Waffen daheim lagern und draußen verteilen gesehen zu haben. Ein Nachbar, der 18 war und die ganze Zeit über dabei, sprach von mehreren Wochen “in der Hölle.”
Das Gericht stellte fest, dass ( die Tatsache, dass ) “Zeugen von Pascal Simbikangwa das Leben gerettet wurde, ihre Aussagen glaubwürdiger macht. ”
Für den Verkauf von gefälschten Dokumenten auf der französischen Insel Mayotte verhaftet, wurde Pascal Simbikangwa unter der ” universellen Gerichtsbarkeit “, die für die schwersten Verbrechen vorgesehen ist, verhandelt.
Siebenundzwanzig Justizuntersuchungen zu Ruanda laufen derzeit im “Zentrum Genozid” der Pariser Staatsanwaltschaft, von denen zwei in der Nähe des Abschlusses sind.
© 2014 AFP

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