Sénégal: campagne présidentielle sans merci – Part IIb version francaise , portraits des candidats, reportages, Mouvement M23 ….

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1 sur 12: Sénégal: début de la campagne présidentielle,”méga-meeting” de l’opposition
DAKAR (AFP) – 05.02.2012 16:34
La campagne pour la présidentielle du 26 février au Sénégal a officiellement débuté dimanche, avec une opposition qui affiche son unité et sa détermination à obtenir le retrait de la candidature du président sortant Abdoulaye Wade, au pouvoir depuis douze ans.
En ce premier jour de campagne, huit candidats de l’opposition devaient tenir un “méga-meeting” commun au centre de Dakar, à l’appel du Mouvement du 23 juin (M23), qui regroupe opposants et représentants de la société civile.
“L’objectif est d’être tous ensemble pour le début de la campagne électorale”, a expliqué un responsable du M23, Cheikh Tidiane Dieye: “il ne s’agit pas d’une campagne classique (…), nous allons accentuer le combat pour le retrait de la candidature de Wade”.
Samedi, ces huit candidats, parmi lesquels les poids-lourds Moustapha Niasse, Macky Sall, Idrissa Seck Ousmane Tanor Dieng, ainsi que la star de la chanson Youssou Ndour, se sont engagés à “rester unis”.
Rejetant tout boycott du scrutin, ils ont réaffirmé leur “objectif premier”: empêcher la candidature de Wade.
Le scrutin “ne se tiendra pas avec la candidature inconstitutionnelle de Wade”, ont-ils affirmé, appelant les Sénégalais à poursuivre la “mobilisation populaire”.
Le président devait lui aussi faire son premier meeting dimanche après-midi à Mbacké, près de Touba (est).
La campagne, qui s’achèvera le 24 février au soir, débute après une semaine de vives tensions et de manifestations de l’opposition prônant la “résistance pacifique”.
Apaisement attendu
Le 26 février, plus de cinq millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour le dixième scrutin présidentiel depuis l’indépendance en 1960, dans un pays souvent cité en exemple de démocratie et de stabilité en Afrique.
Elu en 2000 puis réélu en 2007, Abdoulaye Wade, 85 ans, brigue un troisième mandat de sept ans face à 13 candidats.
Pour l’opposition il a épuisé ses deux mandats légaux et donc sa nouvelle candidature est un “coup d’Etat constitutionnel”. Côté Wade, on affirme que les réformes de la Constitution en 2001 et 2008 lui permettent de concourir.
Très en pointe, le M23 est né fin juin 2011 après des émeutes qui ont abouti au retrait d’un projet de loi qui visait à élire le président et le vice-président à un seul et avec 25% des voix.
A l’annonce le 27 janvier de la validation de la candidature de M. Wade par le Conseil constitutionnel, des violences avaient éclaté à Dakar et en province.
Mardi, plusieurs milliers d’opposants avaient été dispersés par la police à Dakar.
Au total, quatre personnes ont été tuées lors de ces manifestations. Vendredi, un appel à une “journée de prière” à Dakar a peu mobilisé.
Pour son meeting ce dimanche place de l’Obélisque à Dakar, désormais lieu symbole de la contestation, le M23 assure avoir informé les autorités.
Il a accusé des éléments infiltrés de la police – surnommés “les calots bleus” – d’avoir provoqué les récents heurts avec les forces de l’ordre.
Le président Wade a rejeté sur l’opposition la responsabilité des violences et clairement mis en garde ceux qui seraient tentés de “troubler l’ordre public” à l’approche du scrutin, assurant que les manifestants “ne représentent rien par rapport aux millions de personnes qui sont” avec lui.
La télévision nationale RTS accueillera chaque soir la profession de foi d’un candidat, avec Idrissa Seck en ouverture dimanche soir.
Alors que le Sénégal célèbre ce week-end l’anniversaire de la naissance du prophète, l’un des principaux dignitaires musulmans du pays, Cheikh Mouhamadou Mansour Sy, calife de la confrérie soufie des Tidianes, a appelé les responsables politiques à “l’apaisement”.
Ces confréries soufies – Tidianes, Mourides, Quadiriya et Layenne – ont une influence déterminante dans le pays et sont fortement courtisées par les politiques à l’approche des échéances électorales.
© 2012 AFP

Sénégal: le président Wade “n’accepte pas le diktat de l’extérieur”
PARIS (AFP) – 06.02.2012 10:58
Le président Abdoulaye Wade a vivement réagi au souhait d’une “relève des générations” au Sénégal exprimé par les ministres des Affaires étrangères de France et des Etats-Unis, en déclarant qu’il “n’accepte pas le diktat de l’extérieur”, dans une déclaration diffusée lundi par la radio France Inter.
© 2012 AFP

Sénégal: les candidats à la présidentielle courtisent les confréries
DAKAR (AFP) – 07.02.2012 10:53
Les influentes confréries soufies se voient plus que jamais courtisées par les candidats sénégalais, président sortant Abdoulaye Wade en tête, avec le début de la campagne électorale pour la présidentielle du 26 février.
Alors que le Sénégal célébrait ce week-end l’anniversaire de la naissance du prophète, le président Wade s’est rendu dimanche dans la ville sainte de Touba pour y rencontrer le calife général des Mourides, Serigne Cheikh Sidy Moctar Mbacké.
Jeudi, Wade avait visité la ville de Tivaouane, où il s’était entretenu avec Serigne Mansour Sy, le calife des Tidjanes, l’autre grande confrérie du pays.
Réunis au sein du Mouvement du 23 juin (M23), représentants de l’opposition et de la société civile mènent depuis des semaines le même genre de visites pour convaincre califes et marabouts.
Musulmans à 95%, les Sénégalais suivent un islam sunnite dominé localement par d’importantes confréries soufies, essentiellement Tidjane, Mouride, Qadiriya et Layenne.
D’origine arabe (Tidjane et Qadiriya) ou locale (Mouride et Layenne), ces confréries ont chacune leur ville (cité) sainte, leurs dignitaires et leurs disciples qui se comptent par millions.
Se consacrant en priorité aux questions religieuses, elles jouent aussi un grand rôle économique, culturel, et politique, agissant comme des régulateurs sociaux favorisant la cohésion nationale, dans un pays cité comme un exemple de stabilité depuis les indépendances en Afrique de l’Ouest.
Les portraits de soufis affichés aux devantures de magasins ou sur les pare-brises traduisent cette influence sur le quotidien des Sénégalais.
Les confréries “aident à gérer les frustrations des populations face aux insuffisances de l’Etat” et contribuent “à tempérer les tensions politiques”, explique le sociologue sénégalais Hadiya Tandian.
Pour cette raison, l’Etat sénégalais “a donc toujours flirté avec les confréries” et tenté de s’attirer leurs faveurs, souligne M. Tandian.
Ceci est particulièrement vrai à l’approche de la présidentielle, une échéance politique capitale pour le Sénégal alors que l’opposition conteste au président Wade, 85 ans et au pouvoir depuis 12 ans, le droit de se présenter à un troisième mandat.
Pas de consigne de vote
Les califes des deux principales confréries Mouride et Tidjane ont appelé la semaine dernière à l’apaisement, aidant sans doute à faire baisser la pression après les violences qui ont fait quatre morts depuis la validation le 27 janvier de la candidature de Wade par le Conseil constitutionnel.
Les voix qui se sont jusqu’à présent clairement exprimées pour ou contre Wade ne sont le fait que de quelques marabouts et branches des Tidjanes, comme la famille Abbas Sall de Louga (nord-ouest), une partie des Niassen de Kaolack (centre).
Si le calife général des Mourides (très hiérarchisés sous l’autorité de leur calife Moctar Mbacké) ne soutient pas explicitement Wade, il a appelé, via son porte-parole, à reconnaître la décision du Conseil constitutionnel.
Le chef de l’Etat sortant, lui-même Mouride, a clairement affiché ces dernières années son appartenance à la confrérie, suscitant même la polémique après son élection en 2000 en s’agenouillant devant son marabout.
“En forçant le trait, on pourrait dire que les dignitaires Mourides seraient plutôt favorables à Wade, leur calife n’ayant pas contesté sa candidature”, estime M. Tandian.
Les chefs Tidjanes (qui comptent plusieurs branches) seraient au contraire plutôt opposés à cette candidature, ayant pris leur distance avec un président trop associé au mouridisme.
Pour autant, “il ne faut pas s’attendre dans les prochains jours à une consigne de vote contre ou en faveur d’un candidat”, souligne M. Tandian.
Surtout, le camp présidentiel, comme l’opposition, “comptent des partisans parmi toutes les confréries”, rappelle le sociologue.
Et enfin, les “califes ont compris que leur mot d’ordre ne sera pas nécessairement suivi par les fidèles, comme c’était le cas dans le Sénégal d’autrefois”.
© 2012 AFP

Sénégal: les opposants maintiennent la pression sur Wade qui contre-attaque
DAKAR (AFP) – 07.02.2012 17:43
L’opposition sénégalaise a maintenu mardi sa pression pour obtenir le retrait de la candidature du chef de l’Etat Abdoulaye Wade à la présidentielle de la fin du mois avec une marche dans le centre de Dakar, à laquelle devait répondre le camp du pouvoir.
Le chef de l’Etat a prévu de participer plus tard dans la journée à ce qu’un des responsables de l’organisation de sa campagne électorale a appelé “une action de proximité” à partir du Palais présidentiel en centre-ville, pouvant prendre également la forme d’une marche.
Partis de l’université publique, quelques milliers d’opposants ont marché dans le calme pendant environ un peu moins de trois heures dans les rues de Dakar, sans pouvoir entrer dans le centre de la ville.
Ils se sont dispersés sans incidents après un face-à-face tendu avec un cordon de policiers qui les a empêchés de se rendre comme ils l’avaient prévu au ministère de l’Intérieur au coeur de la ville, près du Palais présidentiel.
Huit candidats d’opposition à la présidentielle, ainsi que le célèbre chanteur Youssou Ndour dont la candidature a été rejetée par le Conseil constitutionnel, ont décidé de mener en commun la campagne électorale qui s’est ouverte dimanche à l’approche du scrutin présidentiel du 26 février.
La marche de mardi est la troisième manifestation du M23 dans Dakar et sa banlieue depuis l’ouverture de la campagne, soit une chaque jour.
La plupart des candidats, dont les ex-Premiers ministres de M. Wade devenus opposants, Moustapha Niasse et Idrissa Seck, ainsi que le secrétaire général du Parti socialiste (PS) Ousmane Tanor Dieng ont participé à la marche entourés de leurs militants revêtus des couleurs de leurs partis et de leur matériel de sonorisation. Youssou Ndour était également là.
Election parallèle
De nombreux policiers surveillaient le cortège, long de plusieurs centaines de mètres.
Lors d’un meeting du M23 lundi à Rufisque (28 km à l’est de Dakar), un des huit candidats d’opposition, Cheikh Tidiane Gadio, ex-ministre des Affaires étrangères de M. Wade, a pour la première fois évoqué la création d’un “Conseil national de transition” au cas où le chef de l’Etat persisterait à se présenter.
“Si Abdoulaye Wade persiste, nous n’allons pas le reconnaître, ni reconnaître son gouvernement, et nous allons organiser une campagne pour la reconnaissance d’un Conseil national de transition que nous allons, nous autres, créer”, a-t-il dit. Il a également évoqué la possibilité de tenir une élection “parallèle” à celle du 26 février, regroupant tous les candidats d’opposition.
Selon lui, “la seule façon de servir le Sénégal dans l’honneur et la dignité, c’est de s’opposer à la candidature inconstitutionnelle d’Abdoulaye Wade jusqu’au bout”.
Elu en 2000 puis réélu en 2007, Abdoulaye Wade, 85 ans, brigue un troisième mandat de sept ans face à 13 candidats.
Pour l’opposition, il a épuisé ses deux mandats légaux et sa nouvelle candidature est un “coup d’Etat constitutionnel”. Dans le camp de M. Wade, on affirme que les réformes de la Constitution en 2001 et 2008 lui permettent de concourir.
La validation le 27 janvier de sa candidature par le Conseil constitutionnel, confirmée deux jours plus tard, a provoqué des violences qui ont fait quatre morts et plusieurs blessés à Dakar et en province en cinq jours.
Si, sur le plan politique, le scrutin risque d’être tendu, il ne connaîtra aucun “couac” sur le plan logistique, le matériel nécessaire pour le vote étant déjà réceptionné et en grande partie distribué, a affirmé le ministre chargé des élections, Cheikh Guèye.
© 2012 AFP

PORTRAITS-

Les principaux candidats à l’élection présidentielle sénégalaise du 26 février
DAKAR (AFP) – 28.01.2012 13:08
Le Conseil constitutionnel du Sénégal a validé les dossiers de quatorze candidats pour le premier tour de la présidentielle prévu le 26 février, dont voici les principaux.

– Abdoulaye Wade, 85 ans, avocat, président sortant. Surnommé “Gorgui” (le vieux”, en wolof).

Né le 29 mai 1926 à Saint-Louis (nord-ouest) selon sa biographie officielle, il a étudié au Sénégal et en France, où il a accumulé plusieurs diplômes, en droit et économie notamment, lui valant d’être qualifié par certains partisans d'”Africain le plus diplômé d’Alger au Cap”. Il a été député et ministre.
Il a été élu pour la première fois en 2000 pour sept ans contre Abdou Diouf après 26 ans d’opposition, une alternance politique pacifique qualifiée d’exemplaire en Afrique. Réélu en 2007 pour cinq ans après modification de la Constitution, il brigue un nouveau mandat ramené à sept ans suite à une nouvelle modification constitutionnelle.
Il est candidat du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir) et de la coalition des Forces alliées 2012 (FAL 2012) et c’est la septième fois qu’il est en lice pour une présidentielle depuis 1978.

– Ousmane Tanor Dieng, 65 ans, diplomate. Familièrement appelé par son 2e prénom.

Né le 2 janvier 1947 à Nguéniène (ouest), diplômé en droit, il est le Premier secrétaire du Parti socialiste (PS, opposition), formation qui a dirigé le Sénégal de 1960 à 2000. C’est un proche de l’ex-président Abdou Diouf, dont il a été l’homme de confiance, ministre et directeur de campagne lors la présidentielle de 2000, perdue par le PS. Ses détracteurs l’accusent d’être à l’origine du départ du PS de hiérarques socialistes dont Moustapha Niasse, qui a fondé son propre parti et avec lequel il n’a pu s’allier pour la présidentielle de février.
Il est candidat de la coalition “Benno ak Tanor” (L’unité avec Tanor) et brigue le fauteuil présidentiel pour la deuxième fois, après sa défaite face à M. Wade en 2007.

– Idrissa Seck, 52 ans, auditeur consultant, homme d’affaires, maire de Thiès (ouest). Surnommé “Idy”.

Né le 9 août 1959 à Thiès, il a étudié au Sénégal, en France et aux Etats-Unis. Ex-Premier ministre du président Abdoulaye Wade, il a été emprisonné pendant sept mois (entre 2005 et 2005) pour malversations présumées dans le cadre de chantiers publics. Libéré en février 2006, il a bénéficié en mai 2009 d’un non-lieu.
Ex-fidèle et dauphin pressenti de M. Wade, il est ensuite passé dans l’opposition, a tenté un retour au parti au pouvoir, qui l’a finalement exclu fin avril 2011 pour “démarche fractionniste”, le poussant à s’ancrer dans l’opposition. Battu en en 2007 par M. Wade, il se présente pour la deuxième fois et est candidat de la coalition “Idy4president”.

– Moustapha Niasse

Né le 4 novembre 1939 à Keur Madiabel, village de la région de Kaolack (centre), il est issu d’un milieu modeste et a eu un parcours politique exceptionnel. Il a été directeur de cabinet du président Léopold Sédar Senghor, deux fois Premier ministre des présidents Abdou Diouf et Abdoulaye Wade et plusieurs fois ministres des Affaires étrangères, sous le régime du Parti socialiste (PS) mais aussi médiateur pour des crises en Afrique.
Il a été un hiérarque du PS, dont il a démissionné en 1999 pour créer son parti, l’Alliance des forces de progrès (AFP). Il fut un allié de M. Wade, avant de rompre avec lui. Battu en 2000 et 2007, il se présente pour la troisième fois à la présidentielle et est candidat de la coalition “Benno Siggil Senegaal” (S’unir pour un Sénégal debout)

– Macky Sall, 50 ans, ingénieur, maire de Fatick (centre-ouest).

Né le 11 décembre 1961 à Fatick, il a été formé au Sénégal et en France. Ex-homme de confiance du président Wade, il a été son ministre des Mines (2001-2003), puis de l’Intérieur (2003-2004), son Premier ministre (2004-2007) avant d’être élu président de l’Assemblée nationale. Tombé en disgrâce, il a été évincé de la tête de l’Assemblée nationale en novembre 2008. La même année il crée sa formation, l’Alliance pour la République (APR).
Il se présente pour la première fois à une présidentielle et est candidat de la coalition “Macky 2012”.
© 2012 AFP

Abdoulaye Wade, le vieil opposant devenu président qui s’accroche au pouvoir
DAKAR (AFP) – 28.01.2012 13:05
Abdoulaye Wade, opposant pendant un quart de siècle élu triomphalement en 2000 président du Sénégal, ne compte pas quitter le pouvoir: âgé de 85 ans, il est à nouveau candidat à sa réélection en février, en dépit des pressions de ses opposants et de “pays amis”.
Son élection en 2000 avait suscité d’immenses espoirs après 40 ans de règne socialiste du premier président-poète Léopold Sédar Senghor, puis de son dauphin Abdou Diouf lequel avait reconnu sa défaite face à Wade, renforçant l’image du Sénégal comme modèle de démocratie en Afrique.
Douze ans après, de nombreux Sénégalais ne comprennent pas la volonté de s’accrocher au pouvoir de ce patriarche qui a contribué à doter le Sénégal de nouvelles infrastructures et qui, au lieu de partir la tête haute, risque de provoquer des violences jusqu’alors inédites dans son pays.
A l’image du groupe de rap à l’origine du mouvement citoyen “Y’en a marre”, à la pointe du combat contre la nouvelle candidature du président, dont la dernière chanson intitulée “Faux ! Pas forcé”, dit: “Sors par la grande porte avant que l’on ne te chasse. Qui joue avec la Constitution nous trouve sur son chemin. Abdoulaye! Faut pas forcer”.

Wade – 85 ans “plus la TVA”, ironisent ses opposants en affirmant qu’il a au moins cinq ans de plus – maintient sa position: entouré de partisans qui chantent ses louanges au quotidien, il se dit sûr d’être réélu dès le 1er tour du 26 février.
Alors que la tension monte au Sénégal autour de sa candidature jugée anticonstitutionnelle par ses opposants, il a déclaré que “légalement” il pouvait être candidat non seulement en 2012, mais aussi en 2019.
Imaginatif au puissant ego, “Gorgui” (le vieux, en wolof) fascine ou horripile: pour les uns, il est “le bâtisseur”, “le modernisateur”, pour les autres, “le monarque” ou “l’illusionniste”.
Né officiellement le 29 mai 1926, fils de négociant, Wade obtient une bourse pour poursuivre sa scolarité en France et étudie au prestigieux lycée parisien Condorcet, puis à Besançon où il rencontre sa future épouse française, Viviane.
“Président de la rue” Diplômé en droit, en économie et en mathématiques appliquées, il rentre au pays en 1960, année de l’indépendance. Il enseigne à la faculté de droit puis ouvre un cabinet d’avocat.
Alors que Senghor préside avec un parti unique, Wade le convainc en 1974 de le laisser créer le Parti démocratique sénégalais (PDS). Sous le régime Diouf, il est arrêté, emprisonné plusieurs fois. Grand orateur, l’opposant devient “président de la rue”.
En 2000, il a 74 ans lorsqu’il accède enfin au sommet, à sa cinquième tentative. En 2007, il est réélu pour un quinquennat, mais a, depuis, modifié la Constitution pour rétablir le septennat.
L’opposition et la société civile contestent sa candidature au sein du Mouvement du 23 juin (M23), jour d’émeutes en 2011 qui ont éclaté pour dénoncer un projet de loi visant à faire élire le président dès le premier tour avec 25% des voix. Le texte a été retiré sous la pression.
Systématiquement, le président a écarté ses proches qui lui faisaient de l’ombre, à l’exception de son fils, Karim, omniprésent: “super ministre”, il cumule Coopération internationale, Transports aériens, Energie.
En juillet, Alain Juppé, chef de la diplomatie française, saluant son action en Libye, notait cependant qu’il ne faudrait pas que son entêtement à rester au pouvoir comme Mouammar Kadhafi “produise les mêmes effets” au Sénégal.
Un haut responsable américain aux affaires africaines, William Fitzgerald, vient lui d’estimer que Wade aurait mieux fait “de partir à la retraite, pour protéger et soutenir une bonne transition dans la démocratie”.
Wade, libéral convaincu, construit: routes, aéroport et grand théâtre à Dakar, écoles, hôpitaux. Mais la presse, critique, dénonce les scandales financiers, les coupures d’électricité récurrentes, la pauvreté, les inégalités.
Et la Casamance (sud) reste en proie à un conflit indépendantiste meurtrier que Wade avait promis, en 2000, de résoudre “en 100 jours”.
© 2012 AFP

Sénégal: huit candidats d’opposition promettent un front commun face à Wade
DAKAR (AFP) – 04.02.2012 14:44
Huit opposants sénégalais, candidats à la présidentielle du 26 février, se sont engagés samedi à “rester unis” et à mener des “actions communes” lors de la campagne électorale pour obtenir le retrait de la candidature du président sortant Abdoulaye Wade.
“Nous prenons l’engagement de rester unis et de mener solidairement des activités communes de mobilisation et de lutte jusqu’au retrait de la candidature” de Wade, écrivent-ils dans une déclaration présentée samedi à la presse.
La “déclaration” est signée des quatres principaux candidats de l’opposition: Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niasse, Macky Sall et Idrissa Seck, ainsi que de Cheikh Bamba Dieye, Cheikh Tidiane Gadio, Ibrahima Fall.
Youssou Ndour, dont la candidature a été rejetée par le Conseil constitutionnel, est également signataire.
Tous sont membres du Mouvement du 23 juin (M23), une plate-forme qui regroupe partis d’opposition et représentants de la société civile et est à la pointe de la contestation contre la candidature du président sortant, qu’il estime être un “coup d’Etat constitutionnel”.
“Nous appelons le peuple sénégalais à rester déterminé, mobilisé et à se joindre massivement à toutes les initiatives et actions pour imposer le retrait de la candidature de Wade”, poursuit la déclaration.
“A 24 heures de l’ouverture de la campagne (dimanche), et Wade n’ayant pas reculé, il est donc clair que notre objectif premier et immédiat est d’arrêter (…) cette candidature”, ont précisé ces huit candidats en préambule.
“Nous ne boycottons ni la campagne, ni le scrutin”, ont-ils souligné: “mais un scrutin présidentiel ne peut pas se tenir et ne se tiendra pas avec la candidature insconstitutionnelle de Wade”.
“Nous prenons part à la campagne électorale officielle afin de poursuivre et d’amplifier la lutte, avec toutes les forces de la nation regroupées au sein du M23, pour le retrait de la candidature de Wade, tout en évitant le piège du boycott”, ont-ils précisé.
“Toutes les actions d’organisation, de manifestation populaire, de communication et de lutte politique active seront menées par tous les candidats”, ont ajouté ces mêmes candidats.
Ils ne précisent cependant pas les modalités de ces actions, s’il s’agissait notamment de meetings électoraux en commun ou encore d’une candidature unique au premier tour du scrutin face à Wade.
“Il faut d’abord arrêter la candidature d’Abdoulaye Wade, c’est la seule exigence du moment”, ont-ils simplement de nouveau martelé.
Ils ont par ailleurs “lancé un ultime appel à Abdoulaye Wade pour qu’il retire sa candidature afin de sauvegarder la paix et la stabilité, et épargner à la nation un crise aux conséquences désastreuses”.
© 2012 AFP

Sénégal: Wade poursuit sa campagne, l’opposition désunie
DAKAR (AFP) – 14.02.2012 12:13
Le collectif de rappeurs “Y’en a marre” appelle à partir de mardi soir à un sit-in permanent à Dakar pour tenter de relancer la mobilisation contre le président Abdoulaye Wade, plus que jamais en campagne pour la présidentielle du 26 février.
“Y’en a marre” lance mardi soir son opération “Fanaan”, ou veillée en langue locale wolof: ses militants occuperont en permanence la place de l’Obélisque où ils coucheront avec tentes et nattes.
Cette esplanade près du centre-ville a été le théâtre ces dernières semaines de plusieurs rassemblements de l’opposition et est devenue le symbole de la contestation contre la candidature de Wade au scrutin.
“Nous sommes à un moment décisif de la lutte, Wade continue à persister contre le peuple sénégalais”, selon le collectif de jeunes citoyens, qui tente ainsi de “passer à la vitesse supérieure”, mais surtout de relancer une mobilisation qui s’essoufle.
“L’unité” affichée il y a encore une semaine au début de la campagne par les candidats de l’opposition réunis au sein du Mouvement du 23 juin (M23), coalition qui regroupe opposants et représentants de la société civile, n’est visiblement plus d’actualité. Aux grands rassemblements “en commun” du M23, où tous exigeaient d’une seule voix le retrait de la candidature du chef de l’Etat sortant, ont succédé les classiques caravanes, meetings en province et promesses électorales.
Chaque candidat mène désormais campagne de son côté, dont les quatre “poids lourds” : Ousmane Tanor Dieng, leader du Parti socialiste (PS, au pouvoir de 1960 à 2000), Idrissa Seck, Macky Sall et Moustapha Niasse, trois ex-Premier ministres de Wade.
Egalement sur le devant de la scène bien que sa candidature ait été rejetée par le Conseil constitutionnel, membre du M23, le chanteur populaire Youssou Ndour affiche toujours comme “priorité” de “se battre contre la candidature de Wade” .”Les leaders candidats du M23 ont fait leur bilan, ils ont décidé de décliner leur programme auprès de l’électorat”, reconnaît un porte-parole de la coalition, Abdoul Aziz Diop. “Mais ils restent à l’écoute du M23 pour toutes les manifestations que nous allons organiser”, affirme-t-il, précisant qu’une assemblée générale était prévue mardi pour un nouveau mot d’ordre de manifestation.
La presse locale faisait état d’une manifestation du M23 prévue mercredi sur la place de l’Indépendance, à quelques centaines de mètres du palais présidentiel, au coeur du quartier des affaires de la capitale.
Lundi, à l’appel du M23, quelques centaines de personnes ont participé à une marche pacifique à Saint Louis (nord) au cri de “Wade dégage!”.
© 2012 AFP

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Dossier
Présidentielle au Sénégal

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Présidentielle au Sénégal: la police empêche de jeunes anti-Wade de se rassembler
DAKAR (AFP) – 14.02.2012 17:23
Y’en a marre” avait prévu de lancer mardi soir son opération “Fanaan”, ou veillée en langue locale wolof: ses militants devaient occuper en permanence la place de l’Obélisque.
Mais un important dispositif policier a été déployé autour et sur la place, empêchant les jeunes, ainsi que d’autres opposants, de s’y rendre.
Un porte-parole du comité d’organisation du sit-in, Ousmane Ndiaye, a affirmé que “toutes les dispositions avaient été prises, le préfet (de Dakar) avait été informé, mais quand nous sommes arrivés avec notre sono, la police nous a interdit l’accès. Nous n’avons pas compris”.
Un riverain a indiqué que les policiers étaient déployés sur la place depuis 10H00 (locales et GMT).
Kiliseu, un des rappeurs à l’origine de la création de “Y’en a marre” il y a treize mois et à la pointe du combat anti-Wade, a affirmé que les membres de son mouvement avaient l’intention “de revenir”.
© 2012 AFP

Sénégal: Youssou Ndour veut continuer à se battre contre Wade
DAKAR (AFP) – 28.01.2012 14:19
“Je suis candidat et je le reste”. La star de la chanson Youssou Ndour, dont la candidature à la présidentielle de février au Sénégal a été rejetée par le Conseil constitutionnel, veut continuer à se battre contre Abdoulaye Wade, le président sortant candidat à sa réélection.
Le rejet de sa candidature annoncée vendredi en même temps que la validation de celle, fortement controversée, du chef de l’Etat âgé 85 ans candidat à un troisième mandat, est “un coup de force”, a affirmé Youssou Ndour, ajoutant: “Abdoulaye Wade n’aurait même pas dû déposer sa candidature, car la loi fondamentale dit qu’il n’en a pas le droit”.
L’opposition, à laquelle il appartient, juge illégale la nouvelle et troisième candidate de Wade, en soulignant que la Constitution ne prévoit que deux mandats présidentiels. Mais le camp Wade rétorque qu’à la suite de diverses réformes, c’est bien à un second mandat qu’il se présente.
Le Conseil constitutionnel a motivé son refus de valider la candidature de Youssou Ndour en constatant qu’il “a produit une liste de 12.936 électeurs appuyant sa candidature, dont seulement 8.911 ont pu être identifiés et leurs signatures validées”, alors qu’il en faut 10.000 au minimum.
“You”, comme on l’appelle au Sénégal où il est très populaire, avait participé juste avant à un rassemblement de l’opposition sur une place de Dakar qui s’est enflammée à l’annonce de la décision du Conseil, provoquant des violences qui se sont propagées à plusieurs quartiers et à d’autres villes du Sénégal.
“Je m’adresse à nos partenaires et à nos amis occidentaux, mettez vous derrière ce peuple qui va se libérer ce soir”, avait-il dit, très applaudi.
Agir “étape par étape”
Le rejet de sa candidature est “une injustice”, a déclaré samedi à l’AFP Doudou Sarr, un de ses porte-paroles. “Il compte se battre jusqu’au bout contre Wade”, a-t-il ajouté. D’abord par la voie légale. “Ce matin, avec ses avocats, il a fait appel de son invalidation” auprès du Conseil”, selon Doudou Sarra.
“Il va déterminer un plan d’action” en cas de confirmation du rejet de sa candidature, a ajouté le porte-parole, agir “étape par étape”.
Agé de 52 ans, Yousso Ndour, très impliqué dans la vie économique et sociale de son pays, a, comme tous les opposants, des mots très durs à l’encontre du chef de l’Etat qui, après une élection triomphale en 2000, a profondément déçu nombre de Sénégalais dont une majorité continue à vivre dans la pauvreté.
Dans un entretien accordé début janvier à l’AFP, il avait affirmé que Wade n’est pas un “roi”. “Il n’est plus majoritaire dans ce pays, il n’est plus populaire, il utilise aujourd’hui l’appareil de l’Etat qu’on lui a délégué pour essayer de dire qu’il est populaire”, disait-il, ajoutant: “Il a fini aujourd’hui ce qu’il devait faire. Il a échoué. Merci”.
Il avait prédit les violences qui ont éclaté vendredi soir: “Moi je suis non violent, mais on ne maîtrise pas les Sénégalais. A partir du moment où il n’y a pas de justice, la paix n’est pas possible. Justice rime avec paix, paix avec justice”.
Il avait également appelé les dirigeants du monde à dire “clairement” au président Wade qu’il devait renoncer à se représenter.
Issu d’un milieu modeste du quartier populaire de la Médina à Dakar, Youssou Ndour n’a pas fait d’études supérieures, mais met en avant sa notoriété internationale et ses relation pour favoriser le développement du Sénégal.
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Youssou Ndour, star et homme d’affaires très impliqué dans son pays
DAKAR (AFP) – 28.01.2012 15:30
Star internationale du show-business, homme d’affaires avisé qui a choisi d’investir dans son pays, le chanteur sénégalais Youssou Ndour, 52 ans, entend continuer le combat politique en dépit du rejet de sa candidature à la présidentielle de février.
Le 3 janvier, “You”, comme on l’appelle au Sénégal où il est très populaire, avait annoncé sa candidature à la présidentielle du 26 février, arguant d'”un devoir patriotique suprême” et expliquant répondre à des sollicitations de nombreux Sénégalais”.
Vendredi, cette candidature a été rejetée par le Conseil constitutionnel au motif qu’il n’avait pas présenté suffisamment de signatures de soutien.
Baba Diop, journaliste sénégalais réputé, avait estimé début janvier que “Youssou Ndour, qui a déjà une renommée, peut attirer chez les jeunes une sympathie. Le profil de président qu’il veut rendre, c’est plus un président manager qu’un président sorti de l’université ou un président politique”.
Dans un entretien accordé à l’AFP début janvier, Youssou Ndour avait déclaré: “Je pense que je vais créer la surprise, je pense qu’il y a une évolution silencieuse, les gens vont voter Youssou Ndour”.
Issu d’un milieu modeste du quartier populaire de la Médina à Dakar, “You” n’a pas fait d’études supérieures. Père et grand-père, c’est un “self-made man”: parti de rien, il s’est fait un nom, un statut social et a fondé de nombreuses sociétés.
Et il met en avant sa notoriété internationale et ses nombreuses relations dans le monde pour favoriser le développement du Sénégal.
“Moi, (quand) je deviens président du Sénégal, je sais que je suis accueilli à bras ouverts un peu partout dans le monde, et là je pourrais changer la donne, faire partie d’une dynamique économique, parce que j’ai envie d’atteindre l’autosuffisance alimentaire”, avait-il dit à l’AFP.
Auteur de plus de 20 albums, il a chanté avec des célébrités: “7 Seconds”, en duo avec Neneh Cherry, fut un tube planétaire, mais il a aussi collaboré avec Peter Gabriel, Sting, Wyclef Jean, Paul Simon, Bruce Springsteen.
Il s’est parallèlement engagé, entre autres combats, contre le paludisme et la faim, en ayant réussi à préserver relativement bien sa vie privée.
Au Sénégal, il crée un studio, des sociétés de production, de micro-crédit, anime une fondation caritative, est patron de presse, possède un nightclub à Dakar, le “Thiossane”, où il se produit régulièrement en pleine nuit.
En 2010, il fonde un mouvement citoyen baptisé “Fekke ma ci bollé” (“Je suis là, donc, j’en fais partie” en langue nationale wolof), dont l’intention initiale était de soutenir publiquement, pour la première fois, un candidat à la présidentielle.
Un pas de plus dans son opposition à l’actuel chef de l’Etat Abdoulaye Wade, 85 ans, au pouvoir depuis 2000, dont il conteste comme beaucoup d’autres la candidature à un troisième mandat en février.
“Je voudrais faire du Sénégal un pays qui se fait tout seul par la main et la force de ses enfants. Ma vie est faite de 10% d’inspiration et 90% de transpiration. Voilà pourquoi j’ai les moyens de mettre le Sénégal au travail”, avait-il dit en présentant sa candidature.
Des Sénégalais de la rue, interrogés au moment de l’annonce de cette candidature, l’avaient accueillie avec sympathie, mais sans se faire d’illusion sur ses chances de victoire. “Ce n’est pas un chef d’Etat, c’est un artiste”, déclarait ainsi un agent de sécurité de Dakar en concédant que certains pourraient néanmoins voter pour lui afin de barrer la route au président Wade.
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Sénégal: maintien d’une manifestation interdite à Dakar après des violences
DAKAR (AFP) – 18.02.2012 14:18
L’opposition sénégalaise a décidé de maintenir samedi à Dakar une nouvelle manifestation interdite contre le président Abdoulaye Wade au lendemain de violences dans la capitale qui, pour la première fois, ont touché une mosquée de l’influente confrérie musulmane tidiane.
C’est dans ce climat de vive tension que quelque 23.000 militaires et paramilitaires ont commencé à voter, jusqu’à dimanche, à l’élection présidentielle à laquelle les autres Sénégalais prendront part le 26 février.
“Nous maintenons notre appel à manifester à 15H00 (locales et GMT) sur la Place de l’Indépendance”, a déclaré à l’AFP Abdoul Aziz Diop, un des responsables du Mouvement du 23 juin (M23, coalition de partis d’opposition et d’organisations de la société civile).
“Nous réitérons le caractère pacifique du M23, mais tant que les manifestations seront interdites, il faut s’attendre à des affrontements”, a-t-il ajouté.
Le M23 avait appelé vendredi à une manifestation sur cette même place située dans le centre-ville, près du Palais présidentiel, pour exiger le retrait de la candidature à ce scrutin du chef de l’Etat sortant Abdoulaye Wade, 85 ans et au pouvoir depuis douze ans.
La tentative des manifestants, dont de nombreux jeunes, d’accéder à la place bouclée par d’imposantes forces de sécurité, a dégénéré en violences avec les policiers, donnant lieu à des scènes de guérilla urbaine.
Gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc et canons à eau des policiers – un a tiré à balle réelle – ont répondu pendant plusieurs heures aux volées de pierres et projectiles divers de centaines de jeunes, qui ont également mis le feu à des barricades de fortune dans de nombreuses rues et avenues du centre-ville.
Ces violences ont été exacerbées par le geste d’un officier de police qui a lancé des grenades lacrymogènes à l’intérieur de la Zawiya (mosquée) El Hadj Malick Sy, de la confrérie des Tidianes, située dans l’une de ces avenues.
“Sacrilège”
Plusieurs centaines de fidèles ont aussitôt organisé un sit-in devant la mosquée, plus tard dispersé sans ménagement par la police.
Bilan de ces violences, une dizaine de blessés dont un policier, selon un décompte de l’AFP, et des actions de vengeance à Tivaouane, une des villes saintes des Tidianes, située à moins de cent kilomètres au nord-est de Dakar, où la mairie a été saccagée et incendiée.
Le député-maire de Tivaouane, El-Hadj Malick Diop, de la mouvance présidentielle, a déploré les incidents à la mosquée de Dakar.
Il a accusé “des jeunes, certainement manipulés par des politiciens en perte de vitesse”, d’être à l’origine des violences contre la mairie avant, selon lui, d’aller s’en prendre à des biens appartenant à des responsables du parti au pouvoir.
Un leader des Tidianes, Serigne Mansour Jamil, membre du M23, a accusé le gouvernement d’avoir “profané une des principales mosquées tidianes” et, à travers elle, “toute une communauté”, estimant que le président Wade devait “dégager”.
C’est la première fois qu’une mosquée est prise à partie par des policiers pendant les manifestations anti-Wade qui se sont intensifiées depuis la validation, fin janvier, par le Conseil constitutionnel de la candidature du chef de l’Etat au scrutin du 26 février dans ce pays à 95% musulman.
La dispersion, jeudi, d’un rassemblement prévu par le mouvement de jeunes Y’en a marre et interdit par les autorités, avait également été marquée par des violences, ainsi que l’arrestation de plusieurs membres du collectif, dont deux de ses leaders rappeurs, Kilifeu et Simon.
Depuis, “ils sont une bonne vingtaine” à être retenus par la police, a déclaré samedi à l’AFP un autre responsable du mouvement, Fadel Barro.
Dans un communiqué, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et trois ONG sénégalaises ont déploré les violences, en dénonçant des “dizaines d’arrestations” depuis trois jours. Elles ont exhorté les autorités “à cesser immédiatement la répression en cours” contre les manifestations.
DAKAR (AFP) – 18.02.2012 18:19
Au moins deux personnes ont été blessées dans de nouveaux heurts samedi à Dakar entre des policiers et des jeunes qui tentaient comme la veille d’accéder à une place où devait se tenir une manifestation interdite de l’opposition contre le président Abdoulaye Wade.
Par ailleurs, un jeune est mort après avoir été blessé vendredi soir à Kaolack (ouest du Sénégal) lors d’une manifestation organisée pour protester contre “la profanation” d’une mosquée de Dakar par la police.
Ce décès porte à cinq le nombre de morts depuis fin janvier en lien avec la contestation de la candidature d’Abdoulaye Wade à la présidentielle du 26 février.
Pour la cinquième journée consécutive, l’opposition et la société civile, rassemblés au sein du Mouvement du 23 juin (M23), avaient décidé de maintenir une manifestation interdite contre la candidature de M. Wade.
Des centaines de jeunes se sont retrouvés sur l’avenue Georges Pompidou menant à la Place de l’Indépendance où devait se tenir la manifestation. Ils ont jeté des pierres sur des policiers qui leur barraient l’accès, les policiers ont riposté à coups de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants et ont utilisé un canon à eau pour éteindre le feu à des barricades de fortune érigées sur l’avenue.
Des scènes similaires se sont produites dans plusieurs rues du centre-ville, où tous les commerces avaient fermé, alors que de nombreux riverains regardaient la scène sur le pas de leur porte ou sur les trottoirs, certains se couvrant le nez pour se protéger du mélange âcre de fumée et de gaz lacrymogènes.
Les gaz lacrymogènes n’ont pas épargné l’Hôtel de ville de Dakar où, selon le maire Khalifa Sall (opposition), 17 mariages étaient prévus samedi et ont été perturbés. “Ils jettent des grenades lacrymogènes ici, c’est l’irresponsabilité des forces de l’ordre”, a-t-il dit à l’AFP.
Toutes les rues et avenues menant à la Place de l’Indépendance, dans le quartier administratif et des affaires du Plateau où se trouve le Palais présidentiel, ont été barrées par les forces de sécurité, qui ont empêché plusieurs candidats opposants d’y accéder, dont le maire Cheikh Bamba Dièye et les ex-ministres des Affaires étrangères Ibrahima Fall et Cheikh Tidiane Gadio.
M. Dièye est néanmoins parvenu à se rendre sur la Place, où il s’est étendu à même l’asphalte, avant d’en être éconduit sans ménagement par des policiers.
Cela “ne va pas nous arrêter, Abdoulaye Wade ne pourra pas nous arrêter. Il peut barrer toutes les rues de Dakar, bloquer toutes les voies, sortir les chars de combat, ça ne nous arrêtera pas”, a affirmé M. Gadio à l’AFP, dénonçant un “forcing contre (le) peuple”.
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Sénégal: des membres de “Y’en a marre” devant la justice
DAKAR (AFP) – 22.02.2012 17:12
Des membres du mouvement de jeunes sénégalais Y’en a marre ont comparu mercredi à Dakar et plaidé non-coupable de “participation à une manifestation interdite”, au moment ou devait se tenir un nouveau rassemblement interdit contre le président Abdoulaye Wade.
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Sénégal: la campagne pour la présidentielle touche à sa fin, divisions sur un report
DAKAR (AFP) – 23.02.2012 13:43
La campagne pour la présidentielle de dimanche touche à sa fin au Sénégal où des divisions apparaissent au sein de l’opposition sur la nécessité d’un report du scrutin en raison de violences et d’interrogations sur l’impartialité des organes de régulation de l’élection
Sénégal: une présidentielle libre et apaisée impossible selon l’opposition
DAKAR (AFP) – 23.02.2012 20:53
Un premier tour “transparent, libre, apaisé” de l’élection présidentielle dimanche au Sénégal est “impossible” en raison d’un “climat d’insécurité générale”, a affirmé jeudi l’opposition, , alors que le camp présidentiel, mais aussi la communauté internationale, rejette toute idée de report.
Alors que la campagne touche à sa fin, le Mouvement du 23 juin (M23, partis d’opposition et organisations de la société civile), a estimé que “les dérives d’une gravité extrême” et le “climat d’insécurité générale et accélérée (…) rendent impossible la tenue d’un scrutin transparent, libre, apaisé et fondé sur le respect de la Constitution”.
Il “attire l’attention (…) sur la présence d’agents provocateurs” du président sortant Abdoulaye Wade, candidat à sa succession, “qui terrorisent manifestants, populations et leaders politiques et de la société civile, notamment par un harcèlement constant des personnalités du M23 et de leurs familles”.
Outre la violence, le M23 dénonce les “graves dysfonctionnements des institutions de régulation” de l’élection que sont le Conseil constitutionnel et la Commission électorale nationale autonome (Céna), qui “ne permettent pas la tenue d’un scrutin libre, sincère et transparent”.
Le M23 n’a cependant pas explicitement appelé dans ce communiqué à un report du scrutin, cette question faisant encore débat dans l’opposition.
Plusieurs candidats, tels que Cheikh Tidiane Gadio, Cheikh Bamba Dièye et Ibrahima Fall, sont favorables à un report en raison de “la situation quasi-insurrectionnelle” dans le pays, selon les mots d’Ibrahima Fall.
Mais d’autres, également membres du M23, s’y opposent, poursuivant leur campagne entamée le 5 février jusqu’au dernier jour vendredi, déterminés à participer au vote de dimanche.
Parmi eux, deux anciens Premier ministres de Wade: Macky Sall et Moustapha Niasse, ainsi que le leader du Parti socialiste (PS), Ousmane Tanor Dieng.
“Peur de perdre”
Pour sa part, le camp présidentiel, qui martèle qu’Abdoulaye Wade gagnera dès le premier tour, rejette catégoriquement toute idée de report en accusant ceux qui le réclament “de ne pas être prêts”, d’avoir “peur de perdre”.
La communauté internationale, ONU, Etats-Unis et Union européenne en tête, a de son côté lancé un appel à tous les acteurs politiques au Sénégal pour qu’ils encouragent la participation des électeurs à un scrutin libre et transparent, et sans violences.
L’ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, chef des observateurs de l’Union africaine (UA), poursuivait quant à lui ses rencontres avec les acteurs politiques du pays après s’être déjà entretenu avec plusieurs d’entre eux mercredi, dont le président Wade. Rien n’a filtré de leur entretien.
Plusieurs candidats d’opposition ont fait part à Olusegun Obasanjo de leur revendication commune: le retrait de la candidature du président sortant qui brigue un nouveau mandat à 85 ans, dont douze au pouvoir.
Jeudi, Obasanjo a rencontré M. Tanor Dieng et le célèbre chanteur Youssou Ndour dont la candidature a été rejetée par le Conseil constitutionnel.
M. Obasanjo est là comme observateur, mais aussi pour “une mission de paix” et éviter que le Sénégal n’aille “vers le précipice de la violence”, selon l’UA. Les violences liées à la candidature d’Abdoulaye Wade ont fait depuis fin janvier au moins six morts et des dizaines de blessés.
Une partie de ces violences ont eu lieu aux alentours de la Place de l’Indépendance en centre-ville, où les manifestations sont interdites, mais où tentent quand même de se rendre depuis dix jours des candidats d’opposition et leurs partisans.
Jeudi en fin d’après-midi, selon un scénario devenu quotidien, la place s’est vidée, les rues et avenues y accédant étant bouclées par les policiers anti-émeutes, mais aucun affrontement n’a opposé les forces de l’ordre et les manifestants, qui réclamaient le départ du président Wade.
© 2012 AFP

Sénégal: dernier jour de campagne avant la présidentielle de dimanche
DAKAR (AFP) – 24.02.2012 15:11
Le Sénégal a été le théâtre vendredi d’une nouvelle journée de manifestations et de réunions électorales, au dernier jour de la campagne pour la présidentielle de dimanche, dont la tenue est jugée “impossible” par l’opposition en raison des récentes violences.
Marche “pacifique” de femmes contre la candidature du président sortant Abdoulaye Wade, rassemblements de jeunes opposants dans le centre-ville et derniers meetings vont clore à Dakar la campagne qui prend fin à minuit.
Mais si la communauté internationale a appelé tous les acteurs à encourager la participation à un scrutin sans violences, le Mouvement du 23 juin (M23, partis d’opposition et organisations de la société civile), a estimé jeudi que “les dérives d’une gravité extrême” et le “climat d’insécurité générale (…) rendent impossible la tenue d’un scrutin transparent, libre, apaisé”.
Les violences liées à la candidature contestée d’Abdoulaye Wade, 85 ans, président depuis 2000, ont fait depuis fin janvier au moins six morts et des dizaines de blessés. Le M23 a parlé de “15 morts, 539 blessés”.
Il a dénoncé “la présence d’agents provocateurs” du président Wade, “qui terrorisent manifestants, populations et leaders politiques et de la société civile” et les “graves dysfonctionnements des institutions de régulation” de l’élection, Conseil constitutionnel et Commission électorale nationale autonome (Céna).
Le Mouvement n’a cependant pas explicitement appelé à un report du scrutin, cette question faisant débat au sein de l’opposition.
Plusieurs candidats, tels Cheikh Tidiane Gadio, Cheikh Bamba Dièye et Ibrahima Fall, sont favorables à un report, mais d’autres, également membres du M23, sont déterminés à participer au vote dimanche.
Macky Sall a ainsi invité jeudi le M23 à faire confiance au peuple sénégalais pour “battre par les urnes” Abdoulaye Wade.
Répondant à ceux qui menacent d’empêcher le scrutin, Abdoulaye Wade a lancé jeudi, lors d’un meeting près de Dakar, un appel aux jeunes de son parti, leur demandant de veiller à ce que l’opposition ne puisse pas “saboter le scrutin”.
“Vous les militants, en particulier les jeunes, protégez mes bulletins parce que ce sont les vôtres. Vous devez refuser qu’on vous les prenne. Et après, restez dans les bureaux de vote jusqu’au dépouillement, pour me téléphoner et me communiquer notre victoire”, a-t-il déclaré avec assurance.
Abdoulaye Wade tient vendredi son dernier meeting de campagne à Dakar. Son Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye s’est déclaré “à peu près certain” qu’il allait l’emporter dès le premier tour.
“S’il perd les élections, il appellera le candidat vainqueur et il le félicitera. Il n’y a pas d’autre alternative. C’est clair”, a-t-il ajouté sur la chaîne de télévision France 24, réfutant tout parallèle avec l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo.
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FIN DES DOSSIERS CAMPAGNE ELECTORALE
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    DAKAR (AFP) – 23/02/2012 21.51 Uhr
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