SÜDAFRIKA: DER FAST VERBOTENE GRAFFITTI-KÜNSTLER FALKO STARR – Au Cap, une brigade anti-graffiti menace les arts de la rue

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Au Cap, une brigade anti-graffiti menace les arts de la rue
LE CAP (AFP) – 08.10.2010 14:29
Quel point commun entre: un visage souriant peint sur une cabane en tôle, un buste sur une pancarte au bord de l’eau, le creux d’un bras dessiné sur l’enclos d’une bergerie et une marionnette affichée sur un mur du Cap ?
Réponse: réunies, les quatre images forment une fresque murale signée de Falko Starr, l’un des artistes graphiques les plus reconnus d’Afrique du Sud, et elles enfreignent toutes un nouveau règlement anti-graffiti adopté par la mairie du Cap (sud-ouest).
Très décrié par les défenseurs de la liberté d’expression, le texte définit tout dessin mural comme une nuisance et impose de demander une autorisation à la municipalité pour toute peinture, même sur une propriété privée.
Il prévoit surtout la création d’une “brigade anti-graffiti” composée de quatre agents qui peuvent condamner les contrevenants à des peines allant jusqu’à 15.000 rands (2.200 dollars, 1.600 euros) d’amende ou trois mois de prison.
“Nous avons eu besoin de cette réglementation à cause du nombre croissant de graffiti dans la ville, dont certains étaient des tags de gangsters ou des dessins insultants”, explique un responsable de la municipalité, Anton Visser.
“Notre intention n’est évidemment pas de cibler les artistes de rue (…) mais plutôt les zones infestées de gangsters”, ajoute-t-il.
Il n’empêche qu’une mère de famille de 43 ans est restée détenue pendant 48 heures pour avoir tagué son nom “René” sur un mur lors d’une manifestation contre la fermeture d’un lieu de rencontres de graffeurs.
“J’en avais tellement marre que j’ai saisi un spray et inscrit mon nom”, a ensuite expliqué Mme Sampson, contre laquelle aucune charge n’a été retenue.
La tradition du graffiti est très ancrée au Cap, où elle est exercée aussi bien par des amateurs soucieux de marquer leur territoire que par des artistes dont le travail est vendu et exposé à l’étranger.
Ses racines remontent aux années 80 dans le quartier métis des Cape Flats, où musique hip hop et arts de la rue étaient une forme de contestation au régime raciste d’apartheid.
“A l’époque, les graffitis avaient une connotation politique”, rappelle Falko Starr, 38 ans, qui a grandi comme d’autres adolescents en taguant “stop à la violence”, “sauvons la couche d’ozone” ou “non à la drogue” dans les ruelles du township.
“Au début, nous ne savions pas grand chose sur le hip hop parce que personne ne venait dans l’Afrique du Sud de l’apartheid”, poursuit-il. “Nous improvisions sur des causes sociales, juste pour apporter un changement.”
Aujourd’hui, la ville compte 100 à 200 graffeurs reconnus qui seront obligés de demander les autorisations officielles pour continuer à exercer.
Quelque 2.000 personnes ont signé une pétition pour s’opposer à la nouvelle réglementation mais M. Visser assure qu’elles sont mal renseignées.
“Les gens ne savent pas ce qu’il y a dans le texte. Les graffitis coûtent une fortune à nettoyer. C’est du vandalisme qui réduit la valeur des propriétés et nous devons lutter contre”, argumente-t-il.
Malgré toute cette agitation, Falko Starr reste impassible.
“Qu’est-ce-que ce règlement va faire comme différence ? Le graffiti était déjà souvent illégal”, souligne-t-il. “Même si on sait qu’on peut se faire choper, on continue…”
© 2010 AFP

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