TUNESIEN ENTSCHÄDIGT FAMILIEN DER MÄRTYRER DER REVOLUTION – La Tunisie indemnise les familles de martyrs, colère à Kasserine pour les dividendes de la démocratie

1. Tunesien entschädigt die Familien der Märtyrer, drei Wochen nach dem Sturz von Ben Ali
TUNIS (AFP) – 2011.02.04 00.00
Das “neue Tunesien” beginnt die Entschädigung der Familien der “revolutionären Märtyrer”, drei Wochen nach dem Sturz von Präsident Ben Ali, während Tunis und Paris versuchen zu zeichnen die Umrisse ihrer künftigen Beziehungen.
2. Tunesien: Kasserine ist wütend und fordert die Dividenden der Demokratie
Kasserine (Tunesien) (AFP) – 2011.02.04 18.08
Arm unter der Diktatur, arm in der Demokratie, bezahlt Kasserine den Blutpreis für den Sturz von Ben Ali. Aber jetzt knurrt diese elende Stadt in Zentral-Tunesien und will die Dividende “ihrer” Revolution berühren.
BEIDE DEUTSCHEN (VON MIR ETWAS VERBESSERTEN GOOGLE-ÜBERSETZUNGEN) WEITER UNTER DEM 2. FOTO

1er ARTICLE SUR DEUX: La Tunisie indemnise les familles de martyrs, 3 semaines après la chute de Ben Ali
TUNIS (AFP) – 04.02.2011 12:00
La “Tunisie nouvelle” commence à indemniser les familles des “martyrs de la révolution”, trois semaines après la chute du président Ben Ali, alors que Paris et Tunis tentaient de dessiner les contours de leurs futures relations.

Des jeunes filles tunisiennes à l'école, le 4 février 2011 à Kasserine
Foto (c) AFP: Tunesische Mädchen in der Schule, 4. Februar 2011, in Kasserine
Des jeunes filles tunisiennes à l’école, le 4 février 2011 à Kasserine

Jeudi, les autorités de transition du pays ont commencé à accorder des compensations aux familles des personnes tuées à Ben Arous, dans la banlieue sud de Tunis, durant les semaines d’émeutes qui ont fait tomber le régime.
Selon un communiqué officiel, le gouvernement a décidé des indemnisations de 20.000 dinars (10.300 euros) par mort et 3.000 dinars (1.546 euros) par blessé.
Le 1er février, le chef de la mission du Haut Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU, Bacre Ndiaye, avait avancé le chiffre d’au moins 219 morts et 510 blessés.
Lors d’une conférence de presse, il avait précisé que 147 personnes avaient trouvé la mort dans les troubles et 72 autres dans des prisons. Ces chiffres sont encore “provisoires” et l’ONU poursuivait ses enquêtes, avait-il encore indiqué.
Signe du retour à la normale qui se confirme depuis quelques jours, le gouvernement de Mohammed Ghannouchi a annoncé le rétablissement dès lundi prochain de la journée complète de travail dans les administrations et entreprises publique.
Ce régime dit de la “double séance”, 8H30-13H00, 15H00-17H45, avait disparu pendant les semaines agitées de la révolte et le début de la transition. Les fonctionnaires ne travaillaient alors que le matin.
Le pays est toujours confronté à de brèves grèves sectorielles (transports en commun, personnels intérimaires à Tunis Air) ou de petites manifestations (protestation des employés de la radio nationale contre des nominations de nouveaux patrons sans concertation).
Mais globalement, la machine économique a redémarré, notamment au port de Radès (Tunis), qui concentre 70% de l’activité import-export du pays.
Concernant le tourisme, un secteur vital, une délégation de l’ensemble des compagnies aériennes et voyagistes français est attendue la semaine prochaine à Tunis pour rencontrer les autorités, alors que le couvre-feu en vigueur depuis le 13 janvier les pénalise lourdement.
Au plan diplomatique, la France et la Tunisie post-Ben Ali cherchaient vendredi, lors d’une première rencontre bilatérale à Paris, à fonder une nouvelle relation en dépassant les critiques et incompréhensions suscitées par la position française.
Paris est accusé d’avoir attendu le départ de Ben Ali le 14 janvier pour apporter enfin son soutien à la révolution, et la rue tunisienne n’a pas digéré l’offre de coopération policière faite par la chef de la diplomatie française Michèle Alliot-Marie en pleine répression.
Lors d’un déjeuner avec son homologue Ahmed Abderraouf Ounaïs, Michèle Alliot-Marie devait exposer les actions menées par la France pour “donner un nouvel élan” à la coopération bilatérale.
Une délégation de parlementaires européens, arrivée jeudi pour quatre jours, devait rencontrer vendredi deux ministres (Justice, Enseignement supérieur), des responsables de partis politiques d’opposition mais aussi de la mouvance islamiste Ennahda, ainsi que des syndicalistes, étudiants et journalistes.
La Fédération internationale des ligues des droits de l’homme est également sur le terrain depuis quelques jours. Outre les autorités, la FIDH rencontre ONG, opposants et syndicalistes “pour dresser un état des lieux, a précisé à l’AFP sa représentante en Tunisie Khadija Chérif.
Symbole de la normalisation en marche, une célèbre salle de théâtre de Tunis, “El Teatro”, rouvre ses portes avec une première pièce dont la recette ira aux “blessés et handicapés de la révolution”.
“Lettre à mon seigneur” raconte “l’histoire d’un roi sot, d’un peuple terrorisé et du jour où s’allume l’étincelle de la révolte”.
© 2011 AFP

2. Tunisie: colère à Kasserine, qui réclame les dividendes de la démocratie
KASSERINE (Tunisie) (AFP) – 04.02.2011 18:08
Pauvre sous la dictature, pauvre en démocratie, Kasserine a payé le prix du sang pour faire tomber Ben Ali. Mais aujourd’hui cette ville misérable du centre de la Tunisie gronde et veut toucher les dividendes de “sa” révolution.
A près de 300 km au sud-ouest de Tunis, Kasserine, une cité grise de 100.000 habitants, porte encore les stigmates de la répression de janvier qui a fait plusieurs dizaines de morts.
Ici des impacts de balles ont fait éclater la pierre, là des murs sont noircis, a constaté un journaliste de l’AFP.
Comme un peu partout dans le pays, l’activité reprend timidement, mais au centre-ville les rues sont encore jonchées de débris divers, et on ne ramasse pas les ordures.
“Beaucoup de sang a été versé dans notre région. Les manifestants pour la liberté et la dignité ont été sauvagement réprimés, mais nous ne voyons rien venir. Les politiciens à Tunis ont confisqué notre révolution”, s’emporte Mohamed Abdel Moëz Gharsallah, un jeune lycéen de 16 ans.
Selon des sources hospitalières concordantes, 25 manifestants, essentiellement des jeunes, ont été tués dans la ville durant le soulèvement contre le régime, la plupart par des tirs de “snipers”.
Dans la cité Ezzouhour, un quartier surpeuplé de la ville particulièrement visé par les sbires du régime en janvier, des jeunes mettaient jeudi la dernière main à un “monument aux martyrs”. Il y a de l’émotion et de la colère.
“On l’a payé de notre poche avec une collecte de un dinar par habitant et voilà! On n’attend rien du nouveau gouvernement”, maugrée Tarek, un maçon de 25 ans.
“Il nous manque juste les noms de onze martyrs pour le terminer. Hier on a hissé le drapeau (tunisien) et en signe de réconciliation, il y avait des policiers”, poursuit Tarek.
Des policiers qui, sur la pointe des pieds, ont refait surface sur l’artère principale de Kasserine, l’avenue Habib Bourguiba, après une éclipse de plusieurs jours. Ils sont désormais en patrouilles mixtes avec des militaires et s’essayent à fraterniser avec les passants.
“Je fais partie du peuple et je partage aussi bien sa joie que sa douleur, plus rien ne m’interdit de dire ce que je ressens”, lance l’un d’eux, Salah Harhouri.
Ici, on veut la voir cette démocratie, mais avec du sonnant et trébuchant: “Kasserine doit avoir sa place dans le nouvel Etat démocratique ou alors la colère des habitants risque d’être ravivée”, avertit Mohamed Rhimi, un avocat qui anime un “comité de défense de la révolution”.
“Il n’y a pas de travail ici et quand on va à Tunis, les gens là-bas ne nous aiment pas. Pour faire vivre nos familles, il nous reste la contrebande avec l’Algérie”, quelques dizaines de kilomètres à l’ouest, désespère Abdelaziz, la trentaine.
La région pourrait pourtant être plus prospère, “le tout c’est de s’en donner la peine”, assure un médecin. “On est riche en eau douce, le sous-sol recèle des minerais, et les compétences existent. Le problème, c’est que depuis plusieurs décennies la région a purement et simplement été marginalisée, abandonnée”, dit-il.
Il y a quelques jours, nouvelle peur sur la ville, avec des pillages et saccages, notamment à la sous-préfecture où traînent encore par terre des dossiers éventrés, des milliers de papiers, du mobilier cassé.
Beaucoup d’habitants y ont vu l’ombre et la main du RCD, le Rassemblement constitutionnel démocratique du président déchu.
Mohamed Rhimi dit craindre “un retour des affidés” de l’ancien régime car, pour lui, pas de doute: ces pillages sont l’oeuvre de “malfaiteurs” payés par les “bénalistes”. Il affirme avoir été lui-même menacé par un de ces hommes de main du parti.
Le souffle économique de la démocratie n’est peut-être pas encore arrivé jusqu’à Kasserine, mais l’avocat a pu déposer une plainte en justice.
© 2011 AFP

Un vendeur de fruit tunisien à Kasserine, le 4 février 2011

Un vendeur de fruit tunisien à Kasserine, le 4 février 2011Foto (c) AFP: Ein Obstverkäufer in Kasserine Tunesien, 4. Februar 2011

1. Tunesien entschädigt die Familien der Märtyrer, drei Wochen nach dem Sturz von Ben Ali
TUNIS (AFP) – 2011.02.04 00.00
Die “neue Tunesien” beginnt die Entschädigung der Familien der “revolutionären Märtyrer”, drei Wochen nach dem Sturz von Präsident Ben Ali, während Tunis und Paris versuchen zu zeichnen die Umrisse ihrer künftigen Beziehungen.
Donnerstag haben die Übergangs-Behörden des Landesbegonnen, Entschädigungen der Familien der in Ben Arous Getöteten zu zahlen, südlicher Vorort von Tunis.
Laut einem offiziellen Statement beschloss die Regierung die Entschädigung von 20.000 Dinar (10.300 Euro) pro Toten und 3.000 Dinar (1546 Euro) pro Verletzten.
Am 1. Februar, der Leiter der Mission des Hohen Kommissars für Menschenrechte der Vereinten Nationen, Bacre Ndiaye, hatte die Zahl von mindestens 219 Toten und 510 Verletzten genannt.
Auf einer Pressekonferenz sagte er, dass 147 Personen in den Unruhen starben und weitere 72 in den Gefängnissen. Diese Zahlen sind noch “vorläufig” und die Vereinten Nationen “sind bei der Fortsetzung der Untersuchungen “, sagte er weiter.
Als Zeichen der Normalität, die in den letzten Tagen die Regierung von Mohammed Ghannouchi bestätigt, kündigte sie Montag die Wiedereinsetzung des vollen Tags der Arbeit in der Regierung und öffentlichen Unternehmen an.
Das System mit der Bezeichnung “Dual-Session”, 8.30 bis 13.00 Uhr plus 15.00 Uhr bis 17.45 Uhr, war in den hektischen Wochen der Revolte und dem Beginn des Übergangs verschwunden. Beamte kamen nur morgens zur Arbeit.
Das Land sah noch vor kurzem Streiks nach Sektoren (Verkehr, Zeitpersonal Tunis Air) oder kleinere Veranstaltungen (Proteste von Mitarbeitern der nationalen Radio gegen Ernennung der neuen Direktoren ohne Rücksprache). Aber insgesamt ist die wirtschaftliche Maschine neu gestartet, darunter der Hafen von Rades (Tunis), der 70% der Import-Export-Geschäfte konzentriert.
In Bezug auf Tourismus, ein wichtiger Sektor, eine Delegation von allen Französisch Reiseveranstaltern und Fluggesellschaften wird voraussichtlich nächste Woche in Tunis sein, um mit Behörden zu sprechen, denn die Ausgangssperre in Kraft seit dem 13. Januar bestraft sie schwer.
An der diplomatischen Front, suchten Frankreich und Tunesien Post-Ben Ali Freitag auf einem ersten bilateralen Treffen in Paris zu einer neuen Beziehung zu kommen, durch die Überwindung der Missverständnisse und Kritik der Franzosen.
Paris wird vorgeworfen, die Abreise des Ben Ali am 14. Januar abgewartet zu haben, um endlich seine Unterstützung für die Revolution klar zu machen, und die tunesische Straße hatte das Angebot (miiten in der Repression) zur Zusammenarbeit mit der Polizeiseitens Außenministerin Michele Alliot nicht verdaut.
Eine Delegation von europäischen Parlamentariern kam Donnerstag für vier Tage, um ab Freitag mit zwei Ministern (Justiz, Hochschulen), Führern der Oppositionsparteien, aber auch die islamistische EnNahda sowie Gewerkschaftern, Studenten und Journalisten zu sprechen.
Die Internationale Föderation der Ligen Menschenrechte ist auch auf dem Boden in den letzten Tagen. Zusätzlich zu den Behörden, trifft “der FIDH NGOs, Gewerkschafter und Gegner” für eine Bestandsaufnahme, sagte der AFP sein Vertreter in Tunesien, Khadija Cherif.
Symbol der Normalisierung: eine berühmte Theater von Tunis, “El Teatro”, öffnet seine Türen mit einem ersten Stück, von denen die Einkünfte “Verwundeten und Behinderten der Revolution” zugute kommen.
“Brief an meinen Herrn” erzählt “die Geschichte eines törichten Königs, eines terrorisierten Volkes und des Tags, wo leuchten die Funken der Rebellion.”
© 2011 AFP

2. Tunesien: Kasserine ist wütend und fordert die Dividenden der Demokratie
Kasserine (Tunesien) (AFP) – 2011.02.04 18.08
Arm unter der Diktatur, arm in der Demokratie, bezahlt Kasserine den Blutpreis für den Sturz von Ben Ali. Aber jetzt knurrt diese elende Stadt in Zentral-Tunesien und will die Dividende “ihrer” Revolution berühren.
Bei etwa 300 km südwestlich von Tunis, Kasserine, eine graue Stadt 100.000 Menschen, zeigt noch die Spuren der Repression im Januar, die Dutzende von Menschenleben gefordert hatte.
Hier Einschusslöcher haben Stein gebrochen, die Wände geschwärzt, sagte ein Journalist der AFP.
Wie überall im Land, werden wieder zaghaft aufgenommen Aktivitäten, aber Straßen der Innenstadt sind noch mit Schutt übersät, und niemand sammelt Müll.
“Viel Blut wurde in unserer Region vergossen. Demonstranten für Freiheit und Würde wurden brutal unterdrückt, aber wir sehen nichts kommen. Politiker in Tunis haben unsere Revolution konfisziert,” ereifert sich Mohamed Abdel Moez Gharsallah, ein junger Student von 16 Jahren.
Nach übereinstimmenden medizinischen Quellen wurden 25 Demonstranten, hauptsächlich Jugendliche, in der Stadt während des Aufstandes gegen das Regime getötet, die meisten durch Schüsse von Scharfschützen.
In Ezzouhour, einem überfüllten Viertel der Stadt, im Visier vor allem von den Schergen des Regimes im Januar, legten Jugendliche den letzten Schliff Donnerstag zu einem “Denkmal für die Märtyrer.” Es gibt Emotionen und Wut.
“Es ist auf unsere eigene Weise mit einer Sammlung von einem Dinar pro Kopf und voila bezahlt! Wir haben nichts von der neuen Regierung zu erwarten”, murrt Tarek, ein Maurer von 25 Jahren.
“Es fehlen nur die Namen von elf Märtyrer, um es zu beenden. Gestern haben wir die Fahne (Tunesien) erhoben und als ein Zeichen der Versöhnung gab es die Polizei”, sagt Tarek.
Polizeibeamte, auf die Zehenspitzen, sind auf der Hauptverkehrsader der Kasserine, Avenue Habib Bourguiba, nach einer Abwesenheit von mehreren Tagen wieder aufgetaucht. Sie sind jetzt in gemeinsamen Patrouillen mit dem Militär und versuchen, sich mit Passanten zu verbrüdern. “Ich bin einer vom Volk, und ich teile auch seine Freude wie seine Schmerzen, nichts hindert mich zu sagen, was ich fühle”, sagte einer von ihnen, Salah Harhoura.
Hier will man diese Demokratie sehen, aber mit harter Währung: “Kasserine muss seinen Platz im neuen demokratischen Staat haben oder der Zorn der Leute wird wahrscheinlich wiederbelebt”, warnte Mohamed Rhimi, ein Rechtsanwalt, der betreibt ein “Verteidigungsausschuss der Revolution.”
“Es gibt keine Arbeit hier, und wenn wir nach Tunis gehen, die Menschen dort mögen uns nicht. Um unsere Familien zu ernähren, haben wir noch Schmuggel mit Algerien,” ein paar Dutzend Kilometer Westlich, sagt in Verzweiflung Abdelaziz, 30 Jahre.
Die Region kann noch mehr Wohlstand haben, “mam muss sich nur die Mühe machen”, sagte ein Arzt. “Es ist reich an frischem Wasser, der Boden enthält Mineralien, und Fähigkeiten stehen zur Verfügung. Das Problem ist, dass seit Jahrzehnten die Region istt einfach den Rand gedrängt worden, aufgegeben”, sagte er.
Vor ein paar Tagen, Plünderungen starteten eine neue Angst in der Stadt, einschließlich der Unterpräfektur, wo noch auf dem Boden liegen kopierte Dateien, Tausende von Zeitungen, kaputte Möbel.
Viele Menschen sehen hier den Schatten und die Hand des RCD, der ehemaligen Präsidentenpartei.
Mohamed Rhimi befürchtetet “eine Rückkehr von Komplizen” des ehemaligen Regimes, weil für ihn kein Zweifel: diese Plünderungen sind das Werk von “Kriminellen” durch “Benalisten” bezahlt. Er sagte, er persönlich war von diesen Schlägern der Partei bedroht.
Der wirtschaftliche Atem der Demokratie ist vielleicht noch nicht bis Kasserine angekommen, aber der Anwalt konnte schon eine rechtliche Klage einreichen.
© 2011 AFP

Leave a Reply