ZENTRALAFRIKA, GESCHICHTE: STRAFLAGER DES BOZIZE-REGIMES – En Centrafrique, le camp de Bossombelé, théâtre des horreurs du régime Bozizé

In Zentralafrika, das Lager Bossombelé, Schauplatz der Schrecken des Bozizé Regimes
BOSSOMBELE (Central) (AFP) – 2013.04.08 17.17 – By Patrick FORT
Folter, Hinrichtungen, unerträgliche Haftbedingungen: das Bossombelé Militärlager, 175 Kilometer nördlich von Bangui, zeigt die Schrecken des Regimes des Ex-CAR-Präsidenten François Bozizé, der am 24. März gestürzt wurde.
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En Centrafrique, le camp de Bossombelé, théâtre des horreurs du régime Bozizé
BOSSOMBELE (Centrafrique) (AFP) – 08.04.2013 17:17 – Par Patrick FORT
Tortures, exécutions sommaires, conditions de détention insupportables: le camp militaire de Bossombelé, à 175 kilomètres au nord de Bangui, révèle les horreurs du régime centrafricain du président François Bozizé, renversé le 24 mars.

Amadou Tidjani, qui a passé deux ans dans la prison du camp militaire de Bossombelé, revient sur les
Amadou Tidjani, der zwei Jahre im Militärgefängnis Camp Bossombelé verbrachte, kehrt zurück an den Ort, wo er gehalten wurde, 7. April 2013
Amadou Tidjani, qui a passé deux ans dans la prison du camp militaire de Bossombelé, revient sur les lieux où il a été détenu, le 7 avril 2013
Foto © AFP – by Patrick Fort

“C’était horrible. Inimaginable. Je suis resté trois mois et j’ai eu la chance que la communauté internationale se mobilise pour me faire libérer”, affirme à l’AFP Herbert Djono-Ahaba, actuel ministre des Mines, membre de la coalition rebelle Séléka, qui était alors député. “C’étaient des tueries. Je remercie Dieu d’être encore en vie”, poursuit M. Djono-Ahaba, libéré début 2012.
Dans un cadre bucolique à l’entrée de la ville, le camp militaire de Bossombelé est en fait un centre de formation de militaires. Mais une de ses maisons avait été transformée en geôle pour les prisonniers dits “politiques”. S’y côtoyaient des militaires et des civils détenus sans procès et considérés comme dangereux.
Ils étaient maintenus au secret total, dans l’impossibilité de communiquer avec leurs proches qui, souvent, les croyaient morts ou disparus pour toujours.
Les prisonniers ont tous été libérés le 23 mars, au début de l’offensive du Séléka qui a pris le contrôle de Bangui le lendemain. Une colonne de rebelles était passée à Bossombelé pour ouvrir une nouvelle voie vers la capitale et récupérer l’important matériel militaire qui s’y trouvait.
Aujourd’hui, dix-sept conteneurs sont visibles dans le camp, et des milliers de cartouches, des obus, des mortiers et des mitrailleuses parfois éparpillés sur le sol.
L’unique cellule de 40 m2 pouvait contenir jusqu’à 35 personnes. A la libération du camp, il y en avait 17.
Yaya Issa, membre de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), une des rébellions composant aujourd’hui le Séléka, y a passé plus de deux ans.
“On m’a torturé, frappé. Une fois, un GP (garde présidentiel) m’a tapé du soir au matin. 240 coups avec une cordelette militaire. Après, il a pissé sur mes blessures”, raconte-t-il, exhibant les stigmates sur sa tête et son dos. “Je me disais que j’allais mourir”.
“Pendant les quatre premiers mois, je ne suis pas sorti de la cellule. Pas possible de se laver. Les mêmes vêtements. On n’avait pas de toilettes, on faisait dans la pièce. Après, ils ont apporté un seau”.
“On mangeait un peu la +boule+ (boule de maïs ou de manioc) une fois par jour. On avait faim. Parfois, pour nous humilier, les GP la jetaient devant nous et on n’avait rien”, se souvient-il.
Frappés à mort, tués d’une balle
Amadou Tidjani, commerçant, avait été arrêté en septembre 2011 en possession de cartouches dont il dit aujourd’hui qu’elles ne lui appartenaient pas. Il a rejoint le Séléka à la libération du camp.
“On dormait à même le sol ou sur des cartons. On ne sortait presque jamais. Un seul d’entre nous sortait pour la corvée de seau et d’eau”, explique-t-il. Chaque jour, les prisonniers n’avaient droit qu’à cinq litres pour toute la cellule.
“Les gardes entraient et te tabassaient, à coups de pieds, de crosse de kalachnikov”, dit M. Tidjani. “Parfois, ils sortaient un prisonnier et le frappaient à mort. De mes yeux, je l’ai vu”, assure-t-il, expliquant avoir assisté à au moins cinq exécutions.
Il exhibe une longue cicatrice boursouflée: “Un capitaine a collé un pistolet sur mon ventre et a tiré. Pour me faire peur”, déclare-t-il, ajoutant que ce même officier a tiré une balle dans le pied d’un autre détenu.
Selon lui, un “mercenaire français” se trouvait au camp mais il ne l’avait pas vu participer aux exactions.
Le colonel du Séléka Ali Garba, auparavant membre de l’armée, a passé trois mois à Bossombélé en 2010 avant d’en être libéré. Lui aussi affirme avoir vu des exécutions sommaires. “C’était l’abattoir de Bozizé. Ils venaient, sortaient un soldat et le tuaient d’une balle. Il ne se passait pas deux jours sans une exécution”, soutient-il.
Selon lui, il s’agissait surtout de soldats qui s’étaient repliés lors de la prise de Birao (nord) par la CPJP en 2010. Bozizé avait ensuite dû faire appel à l’armée tchadienne pour reprendre la ville.
En se promenant à la périphérie du camp, les anciens prisonniers désignent une sorte de terre-plein. C’est là que seraient enterrés les cadavres des victimes. Des os sont visibles. D’humains ou d’animaux? Impossible de répondre en attendant un médecin légiste ou une commission d’enquête.
La plupart des geôliers sont aujourd’hui introuvables même si Amadou Tidjani affirme en avoir retrouvé à Bangui. “Certains n’étaient pas méchants et nous donnaient de la nourriture en cachette. Ce n’était pas de leur faute mais celle de Bozizé”.
Le colonel Ali Garba souhaite que justice soit faite : “Si je retrouve ceux qui m’ont torturé, je veux les arrêter pour qu’ils soient jugés. Bozizé aussi”.
© 2013 AFP

Le colonel reblle Ali Garba montre les deux caches dans le garage de la maison du président déchu, àDes munitions chinoises stockées dans une des unités du camp militaire de Bossembelé, le 7 avril 201
Rebellenoberst Ali Garba zeigt zwei Verstecke in der Garage des Hauses des abgesetzten Präsidenten in Sassara 6. April 2013
Chinesische Munition im Militärlager Bossembele, 7. April 2013 abgelegt
Le colonel reblle Ali Garba montre les deux caches dans le garage de la maison du président déchu, à Sassara le 6 avril 2013
Des munitions chinoises stockées dans une des unités du camp militaire de Bossembelé, le 7 avril 2013
Fotos © AFP – by Patrick Fort

In Zentralafrika, das Lager Bossombelé, Schauplatz der Schrecken des Bozizé Regimes
BOSSOMBELE (Central) (AFP) – 2013.04.08 17.17 – By Patrick FORT
Folter, Hinrichtungen, unerträgliche Haftbedingungen: das Bossombelé Militärlager, 175 Kilometer nördlich von Bangui, zeigt die Schrecken des Regimes des Ex-CAR-Präsidenten François Bozizé, der am 24. März gestürzt wurde.
“Es war schrecklich. Unvorstellbar. Ich war drin über drei Monate, und ich hatte das Glück, dass die internationale Gemeinschaft mobilisierte, mich freibekam”, sagte der Nachrichtenagentur AFP gegenüber Herbert Djono-Ahaba, aktueller Minister für Bergbau und Mitglied der Seleka Rebellen- Koalition, der damals ein Parlamentarier war. “Sie töteten. Gott sei Dank, lebendig geblieben zu sein”, meint Mr. Djono-Ahaba, der im Frühjahr 2012 freigelassen wurde.
In einer ländlichen Umgebung am Eingang der Stadt gelegen, ist das Militärlager Bossombelé eigentlich ein militärisches Schulungszentrum. Aber eines seiner Häuser wurde Gefängnis für so genannte “politische” Gefangene. Dort waren Militärs und Zivilisten, ohne Gerichtsverfahren inhaftiert und als gefährlich eingestuft.
Sie wurden in totaler Geheimhaltung festgehalten, nicht in der Lage, mit ihren Familien zu kommunizieren, die oft dachten, sie wären tot oder für immer verschwunden.
Die Gefangenen wurden alle am 23. März freigelassen, am Beginn der Offensive von Seleka für die Kontrolle über Bangui, gewonnen tags darauf. Ein Rebellenzug kam nach Bossombelé, um einen neuen Weg zu öffnen in die Hauptstadt und militärische Ausrüstung zu besorgen.
Heute sind siebzehn Behältern sichtbar im Lager, und Tausende von Patronen, Granaten, Mörsern und Maschinengewehren, manchmal auf dem Boden verstreut.
Die einzige Zelle von 40 m² war für bis zu 35 Personen. Bei der Befreiung des Lagers gab es dort 17.
Yaya Issa, Mitglied des Konvents der Patrioten für Gerechtigkeit und Frieden (PJZS), eine Komponente von Seleka heute, verbrachte dort mehr als zwei Jahre.
“Ich wurde gefoltert, geschlagen. Einmal schlug ein GP (Präsidentengarde) mich von morgens bis abends. 240 Schlage mit einer militärischen Kordel. Danach hatte er auf meine Verletzungen gepinkelt”, sagt er, zeigt die Narben auf seinem Kopf und Rücken. “Ich dachte, ich würde sterben.”
“In den ersten vier Monaten bin nicht aus der Zelle gekommen. Unmöglich, mich zu waschen. Immer dieselbe Kleidung. Es gab keine Toilette, es war erst direkt im Raum. Danach haben sie einen Eimer gebracht.”
“Wir aßen einen kleinen ‘Ball’ (aus Mais oder Maniok) einmal pro Tag. Immer hungrig gewesen. Manchmal, um uns zu demütigen, warf sie der GP weg und wir hatten nichts”, erinnert er sich.
Zu Tode geprügelt, getötet von einer Kugel
Amadou Tidjani, Kaufmann, wurde im September 2011 für den Besitz von Patronen verhaftet, die, sagt er heute, ihm nicht gehörten. Er schloss sich der Seleka an nach der Befreiung des Lagers.
“Wir schliefen auf dem Boden oder auf Karton. Kaum mal draußen gewesen. Einer von uns ging Eimer leeren und Wasser holen”, sagt er. Jeden Tag wurden den Gefangenen in der Zelle nur fünf Liter für alle erlaubt.
“Die Wachen kamen, und sie schlugen, mit Tritten und Kalashnikovkolben”, sagt Tijani. “Manchmal holten sie einen Gefangenen raus und schlugen ihn zu Tode. Mit meinen Augen sah ich es”, sagt er und erzählt, er besuchte mindestens fünf Hinrichtungen.
Es weist eine lange aufgeblähte Narbe. “Ein Kapitän steckte eine Pistole auf meinen Bauch und drückte ab. Um mich zu erschrecken”, sagt er und fügte hinzu, dass der gleiche Offizier auchin den Fuß eines anderen Häftlings schoss.
Ihm zufolge war ein “französischer Söldner” im Camp, aber nicht an den Misshandlungen beteiligt.
Der Seleka- Oberst Ali Garba, zuvor Mitglied der Armee, verbrachte drei Monate Bossombélé im Jahr 2010, bevor sie freigelassen wurde. Er behauptet auch, Hinrichtungen gesehen zu haben. “Es war der Schlachthof von Bozizé. Sie kamen, holten einen Soldaten raus und töteten ihn mit einer Kugel. Es gab nicht zwei Tage ohne eine Hinrichtung”, sagt er.
Ihm zufolge war es vor allem Soldaten, die sich bei der Einnahme von Birao (Norden) durch die PJZS in 2010 zurückgezogen hatten. Bozize hatte damals die tschadische Armee gebeten, die Stadt zurückzuerobern.
Am Rande des Lagers zeigen die ehemaligen Häftlingen eine Art höherer Ebene. Dort sollen die Leichen begraben sein. Knochen sind sichtbar. Menschen oder Tiere? Bis einer der medizinischen Prüfer oder eine Untersuchungskommission gekommen ist, unmöglich zu beantworten.
Die meisten Wärter sind jetzt unauffindbar, auch wenn Amadou Tidjani behauptet, in Bangui welche gesehen zu haben. “Einige waren nicht schlecht und gaben uns Essen im Geheimen. Es war nicht ihre Schuld, sondern die von Bozizé.”
Oberst Garba Ali will Gerechtigkeit: “Wenn ich die, die mich gefoltert haben, finde, will ich sie verhaften, damit sie vor Gericht kommen. Bozizé auch.”
© 2013 AFP

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